Corps retrouvés sur la ligne TGV Paris-Nantes : un scénario macabre qui s’est joué en quelques heures

par Aurélie SARROT
Publié le 14 juin 2017 à 13h15
Corps retrouvés sur la ligne TGV Paris-Nantes : un scénario macabre qui s’est joué en quelques heures

FAIT DIVERS – Les deux corps retrouvés lundi matin sur la ligne TGV Paris-Nantes à hauteur de Beauvilliers (Eure-et-Loir) sont ceux d’un couple trentenaire, parents de plusieurs enfants. Les enquêteurs privilégient la thèse d’un homicide volontaire suivi d’un suicide. Les investigations se poursuivent.

C’est le conducteur d’un train qui avait donné l’alerte lundi vers 6 heures du matin, après avoir vu quelque chose sur les voies. "Les agents SNCF qui se sont rendus sur place ont remarqué la présence d’un corps. Quand les gendarmes sont arrivés sur place à 7H10, ils ont vu qu’en réalité il y avait deux victimes : un homme et une femme, dont les chevilles étaient entravées avec du scotch, précise le procureur de la République, Rémi Coutin, à notre rédaction. Non loin des voies, la BMW de cette jeune femme a été retrouvée, et les enquêteurs ont pu constater que le grillage de sécurité avait été coupé".  

 "Les premières investigations ont permis d’établir que les victimes avaient été percutées par le premier train roulant sur la ligne, vers 4h30 du matin, alors qu'il faisaint nuit noire. Un train sans voyageurs, chargé de vérifier que tout est ok sur la ligne, précise une source proche du dossier à LCI ce mercredi. Deux trains avec des voyageurs sont passés par là ensuite, et c'est le conducteur du troisième train qui a appelé pour signaler la présence de choses suspectes". 

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L’immatriculation du véhicule retrouvé à proximité des voies ferrées a permis très rapidement d’identifier les deux victimes. Les photos de leur profil Facebook et les signes particuliers sur les deux corps, en l’occurrence des tatouages, n’ont pas laissé de place au doute.

"Il s’agit d’un couple de trentenaires. A ce stade des investigations, nous excluons formellement l’intervention d’une tierce personne. Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un homicide volontaire suivi d’un suicide. La jeune femme avait les chevilles liées mais n’était pas attachée aux rails. Lui était né en 1980 et elle en 1983. Elle devait fêter ses 34 ans lundi, le jour du drame", ajoute le procureur.

Quatre enfants

Les deux trentenaires s’étaient récemment séparés. Lui vivait chez ses parents à Lucé depuis plusieurs semaines tandis qu’elle avait gardé leur maison à Luisant. Ensemble, ils avaient un enfant âgé de 15 mois. Lui avait deux enfants âgés de 8 et 10 ans issus d’une première union et elle un autre enfant âgé de 10 ans également.

 "Dans la nuit de dimanche à lundi, les enfants de ce monsieur était chez leur mère, son enfant à elle était chez ses parents depuis plusieurs jours, semble-t-il à cause d’une situation tendue avec son ex, et le bébé était avec elle à la maison, indique le procureur. Lui était rentré d’un séjour de dix jours aux Baléares le samedi, il a passé le reste du week-end chez ses parents, où il a été vu pour la dernière fois vers 1 heure du matin. A 3h30, il les a appelés pour leur dire d’aller chercher le bébé qui était tout seul dans la maison de son ex-compagne… "

"Tendance suicidaire"

Dans la maison du couple, les enquêteurs ont retrouvé des bouts de scotch identique à celui retrouvé sur les chevilles de la victime. "Il n’y avait pas de trace d’effraction au domicile de la victime alors que les serrures avaient été récemment changées. L’auteur présumé des faits est sans doute passé par le garage. Il avait encore le bip", fait savoir le magistrat. 

La jeune femme décédée était secrétaire administrative chez Engie. Lui était employé dans un garage à Rouen mais il était actuellement en arrêt maladie. "Dans la BMW près des voies a d’ailleurs été retrouvée l'ordonnance d’un médecin généraliste orientant l'auteur présumé des faits vers un psychiatre, précisant que ce monsieur avait des tendances suicidaires", souligne Rémi Coutin. 

Les corps autopsiés jeudi

Les corps des deux victimes vont être autopsiés jeudi à l'Institut médico-légal de Garches dans les Yvelines. Des analyses toxicologiques vont également être réalisées.  "Les résultats permettront notamment de déterminer si la jeune femme est morte sur place ou si elle a été tuée avant, de savoir si elle avait ou non été droguée…", commente une source proche du dossier. 

"Une enquête de flagrance est ouverte pour homicide volontaire, avec un suicide concomitant.  Les examens médicaux comme le travail des enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie de Lucé chargés des investigations nous donneront des réponses, mais malheureusement, il restera des zones d’ombres du faits du décès des deux trentenaires", note le procureur de la République. 


Aurélie SARROT

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