Corse : un croque-mort jugé pour avoir jeté des cadavres dans une décharge sauvage

Publié le 7 décembre 2022 à 11h26
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Un croque-mort était jugé mardi à Bastia pour "atteinte à l'intégrité de cadavres".
En avril, des cercueils et ossements humains avaient été retrouvés dans une décharge sauvage en contrebas d'une route de Bigorno (Haute-Corse).
Le parquet a requis mardi six mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende à son encontre.

L'histoire peut sembler invraisemblable, pourtant les faits ont bien eu lieu sur l'île de Beauté au printemps dernier. Mardi, le parquet de Bastia a requis six mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende contre un croque-mort, pour "atteinte à l'intégrité de cadavres".

"L'affaire est d'une gravité particulière, avec une atteinte au respect dû aux morts", a insisté la procureure de la République.

Le dossier avait commencé en avril, avec la découverte de sept cercueils et d'ossements humains dissimulés dans des sacs-poubelle, au milieu d'une décharge sauvage en contrebas d'une route pentue du village de Bigorno (Haute-Corse). L'enquête de la gendarmerie avait alors fait le lien entre les ossements et une demande d'exhumation faite auprès d'une entreprise de pompes funèbres pour un caveau familial d'un village voisin, afin de procéder à une crémation.

"Qui a rempli les sacs-poubelle ?

Huit mois plus tard, le gérant de la société comparaissait ainsi devant le tribunal correctionnel de Bastia, aux côtés d'un de ses sous-traitants, les deux hommes se renvoyant la responsabilité des faits. "Qui a rempli les sacs-poubelles ? Qui avait connaissance du contenu ? Qui savaient ce qu'ils allaient devenir ? Les versions divergent. Et ils ont fait n'importe quoi de la mission confiée", a lancé la procureure à l'audience.

À l'encontre du gérant, elle a requis six mois de prison avec sursis, 5000 euros d'amende et l'interdiction d'exercer une profession en lien avec le funéraire, pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre" et "abus de confiance". Pour le sous-traitant, elle a demandé une amende de 5000 euros pour atteinte à l'intégrité d'un cadavre.

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Devant les magistrats, le croque-mort, déjà condamné à six mois de prison avec sursis pour extorsion par menace ou contrainte et un an de prison avec sursis pour abus de confiance, a plaidé la bonne foi. "Je n'ai pas vu les ossements dans les cercueils. (...) Je me demande encore comment c'est possible. Pour moi, le cercueil était vide", a-t-il déclaré à la barre.

L'autre prévenu, agent de sécurité de profession au casier vierge, n'a pas plus d'explication sur la présence des ossements, dont certains font pourtant trente centimètres. Officiellement employé ce jour-là pour un travail de maçonnerie, il a assuré avoir pris les sacs-poubelle sans savoir qu'il y avait des corps à l'intérieur : "J'ai jeté le tout dans le maquis en sachant que ce n'était pas légal", a-t-il indiqué.   

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe. La décision a été mise en délibéré au 10 janvier. 


La rédaction de TF1info

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