10 mois de prison pour un antivax qui avait menacé de mort des députés

Julien Moreau
Publié le 8 avril 2022 à 6h40
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Plusieurs dizaines de députés avaient reçu, au début de l'année, des menaces de mort de la part d’un antivax de 44 ans.
Ce dernier a déclaré qu’il voulait simplement faire peur aux élus.
Il a été condamné à dix mois d’emprisonnement

Xavier S., un antivax âgé de 44 ans, a été condamné, ce jeudi 7 avril, à dix mois d’emprisonnement pour avoir menacé de mort plusieurs dizaines de députés au début du mois de février. Une peine aménagée sous bracelet électronique.

Le 5 janvier 2022, onze jours avant l’adoption par le Parlement du projet de loi renforçant les outils de la crise sanitaire, incluant l’instauration du pass vaccinal au Parlement, Xavier S. avait envoyé un premier courriel, qu'il avait signé de son propre nom, à 77 députés. Dans cet écrit de 26 pages, il avait notamment rapporté avoir envie de "lancer une grenade" à chaque fois qu'il a croisé une voiture de police.

Jérôme Salomon, Yves Lévy et Christophe Barbier également menacés

Le 2 février, il avait adressé un nouveau courriel, à 81 députés de la majorité. Intitulé "futur proche", il était accompagné de deux vidéos : l'une montrait l'épisode de la "chemise arrachée" d'un dirigeant d'Air France par des salariés en 2015, l'autre une exécution par guillotine. "La première vidéo montre ce qui risque de vous arriver dans le meilleur des cas et la seconde dans le pire", avait écrit Xavier S. aux parlementaires en leur souhaitant une "bonne nuit".

Mais les députés français n’ont pas été les seules victimes de cet ancien toxicomane résidant en Suisse. Il avait envoyé le même message à Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, à Yves Lévy, ancien président de l'Inserm et mari de l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, ainsi qu'à l'éditorialiste Christophe Barbier. Pour lui, Yves Lévy a tout fait pour plomber Didier Raoult.

Je n'ai tué personne

Xavier S.

Il a reconnu sans la moindre hésitation avoir envoyé les messages depuis la Suisse, où il a travaillé en tant qu’infirmier. Mais il a tenu à nuancer les accusations. Pour lui, ce ne sont pas des menaces de mort, mais plutôt des mises en garde. Cette vidéo de guillotine, qui a symbolisé pour lui "la Révolution française", il l'a envoyée car, dit-il, des parlementaires ont été "sifflés, hués" par des députés de la majorité à l'Assemblée. Ces derniers "méritent une petite tapette, une petite gifle", a estimé Xavier S.

"Je n'ai tué personne. J'avais juste envie de leur faire peur. Ils ont reçu cette vidéo et une semaine après on ne parlait plus du tout du Covid. Je ne sais pas si c'est dû à moi ou à la baisse du variant", a déclaré Xavier S., sous les yeux effarés des magistrats.

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Jusqu'au délibéré, Xavier S. a eu du mal à se départir de son sourire.  S'inquiétant du "profil très spécial" de cet ancien toxicomane et d'un "risque de départ en Suisse", le parquet a requis un an d'emprisonnement ferme avec maintien en détention. 

La prison, "ce n'est pas cela qui va le réconcilier avec la République", a plaidé l'avocat de Xavier S. L'homme a également été condamné à payer 250 euros à chacun des 74 députés s'étant constitués parties civiles, ainsi qu'un euro symbolique à l'Assemblée nationale et à Yves Lévy. Il avait déjà été condamné en 2019 pour des menaces de mort.


Julien Moreau

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