Crack à Paris : "Il n’y a plus de scène de consommation et de vente à ciel ouvert", selon le préfet de police

M. L.
Publié le 15 janvier 2023 à 16h26, mis à jour le 16 janvier 2023 à 9h10
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Laurent Nuñez a dressé un premier bilan de ses six premiers mois passés à la tête de la préfecture de police de Paris.
Chargé par Gérald Darmanin d'éradiquer le crack de la capitale en un an, il assure que plus aucun site ne permet la vente et la consommation à ciel ouvert, après l'évacuation du square Forceval en octobre.

Six mois après avoir pris la suite de Didier Lallement, Laurent Nuñez dresse un premier bilan de son action de préfet de police de Paris. Dans les colonnes du Journal du Dimanche (JDD), l'ancien secrétaire d'État de 58 ans est notamment revenu sur la lutte contre le crack dans la capitale, l'un des principaux chantiers qui lui ont été confiés par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors de sa nomination en juillet dernier. Si "tout n'est pas réglé", des progrès sont déjà notables, a-t-il défendu.

Le chef de la police parisienne a reçu l'épineuse mission d'éradiquer de la capitale en un an seulement cette substance dérivée de la cocaïne, un objectif auquel il "travaille", a-t-il assuré dans cet entretien. À mi-parcours, "il n’y a plus de scène de consommation et de vente à ciel ouvert grâce au démantèlement du square Forceval le 5 octobre", a-t-il déjà affirmé. 

"300 à 600 effectifs" mobilisés tous les jours

Ce campement de consommateurs situé porte de la Villette avait été installé en septembre 2021 par la préfecture de police de Paris à la limite de la capitale, de Pantin et d'Aubervilliers, pour y rassembler des centaines de toxicomanes qui erraient jusque-là aux Jardins d'Éole, dans le XVIIIe arrondissement. Cette dispersion a permis de "rendre plus difficile l’accès au produit pour les consommateurs et l’accès à ces derniers pour les trafiquants", se félicite Laurent Nuñez. Le prix de la dose, lui, a grimpé selon lui de quatre à cinq euros à Forceval à "dix euros minimum" aujourd'hui.

Depuis ce démantèlement, "je mobilise de 300 à 600 effectifs chaque jour, pour sécuriser les territoires du Nord-Est parisien où les consommateurs se sont dispersés, empêcher qu’ils ne se regroupent et occasionnent des nuisances aux riverains, dont je comprends la détresse", a poursuivi le préfet de police. Malgré tout, des difficultés subsistent dans la zone : il a reconnu "encore des soucis à Stalingrad le soir", et des "reports les plus problématiques" dans des stations de métro, "dans le 19e arrondissement, et dans le 18e entre les portes de la Chapelle et d’Aubervilliers, et notamment le boulevard Ney"

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Sur le volet judiciaire enfin, "tous les services sont mobilisés", a assuré le préfet de police. "Cette année, 285 trafiquants ont été arrêtés et 3,5 kilos de crack ont été saisis", a-t-il expliqué, une quantité pouvant "paraître faible", mais comme le sont "les quantités vendues". "Depuis mon arrivée, pour les trafiquants, c’est soit la case prison, soit la case reconduite. Une cinquantaine de ces trafiquants de crack ouest-africains ont été éloignés", s'est-il félicité.

Il dit désormais attendre "la montée en puissance des dispositifs de prise en charge" des toxicomanes. Selon lui, "541 consommateurs bénéficient tous les soirs d’un hébergement et d’un accompagnement sanitaire et social", et d'après un premier bilan "encourageant", "87 % d’entre eux réduisent leur consommation et 19 % arrêtent".  


M. L.

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