PROCÈS - La cour d’appel de Paris a ordonné mercredi un procès en correctionnel pour "homicides involontaires" à l'encontre d'Air France et d'Airbus pour leurs responsabilités dans le crash meurtrier du Rio-Paris en 2009.

Coup de théâtre. La cour d'appel de Paris a invalidé mercredi le non-lieu prononcé en 2019 en faveur d'Air France et d'Airbus dans l'affaire du crash Rio-Paris. Les juges ont ainsi décidé de renvoyer les deux sociétés vers les juridictions pénales pour "homicides involontaires".

À l'annonce de cette décision, les quelques proches des victimes présents se sont étreints, soulagés, parfois  en larmes. "C'est une immense satisfaction d'avoir le sentiment d'avoir enfin été entendu par la justice", a indiqué, très émue, la présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447, Danièle Lamy. "Nous déplorons cependant qu'il ait fallu douze longues années pour en arriver là, douze années de détermination sans faille, peuplées d'incertitudes, de procédures tracassières et obscures, de découragement, mais jamais de résignation", ajoute-t-elle. 

"Pas de faute pénale", maintient AirFrance

Les deux géants de l'aérien, eux, font grise mine. Les avocats d'Airbus, Me Simon Ndiaye et Antoine Beauquier, ont dénoncé une "décision injustifiée" qui serait "en contradiction avec les juges d'instruction qui connaissaient bien le dossier"

"Air France conteste avoir commis une faute pénale qui soit à l'origine de ce terrible accident", a réagi l'un des avocats d'Air France, Me François Saint-Pierre. Dans une déclaration transmise à l'AFP, la compagnie "maintient qu'elle n'a pas commis de faute pénale à l'origine de cet accident aussi tragique soit-il". Un pourvoi en cassation a été formé par Airbus. Une question pas encore tranchée par Air France, qui s'en "réserve la possibilité". 

Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s'était abîmé au milieu de l'Atlantique, entraînant la mort des 216 passagers et 12 membres d'équipages. Désorientés par une défaillance technique lors du passage dans une zone météorologique très instable, les pilotes n'avaient pu empêcher le décrochage de l'A330.

Le 29 août 2019, après dix ans d'investigations marquées par une bataille d'expertises, les juges d'instruction du pôle accident collectif du tribunal de Paris avaient rendu un non-lieu général ne parvenant pas à établir des "manquements fautifs des deux firmes en lien [...] avec les fautes de pilotage [...] à l'origine de l'accident". 

Une conclusion qui n'avait pas satisfait le parquet général selon qui les "causes indirectes" du drame étaient imputables aux manquements des deux entreprises. Air France n'aurait notamment pas rempli ses obligations en matière de "formation et d'information des équipages" tandis qu'Airbus aurait "sous-estimé la gravité des défaillances des sondes" de vitesse Pitot. Pour rappel, le givrage de ces sondes fut l'élément déclencheur de la catastrophe, désorientant les pilotes quant à la vitesse de l'appareil.


Maxence GEVIN avec AFP

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