Crash du vol Rio-Paris : 13 après, l'heure du procès

Crash du vol Rio-Paris : 13 ans après la catastrophe, le procès d'Airbus et Air France s'ouvre ce lundi

Laetitia A.D.
Publié le 10 octobre 2022 à 6h51
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le procès du crash Rio-Paris s'ouvre ce lundi, plus de 13 ans après le décès des 228 passagers.
À la barre : la compagnie aérienne Air France et le constructeur Airbus, qui seront jugés pour "homicides involontaires".

La fin d'une longue d'attente. Plus de 13 ans après le crash du vol Rio-Paris, la compagnie aérienne Air France et l'avionneur Airbus vont être jugés pour homicides involontaires. Ce drame avait coûté la vie aux 216 passagers et 12 membres d'équipage. Le procès s'ouvre ce lundi 10 octobre, et se déroulera sur deux mois au tribunal correctionnel de Paris.

Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro et Paris s'est abîmé en pleine nuit dans l'Atlantique, seulement 3h45 après son décollage. Avec ces 228 victimes, c'est la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire d'Air France. 

Bien que les premiers débris et plusieurs corps aient été retrouvés quelques jours après, l'épave de l'avion n'a été localisée que deux ans plus tard, le 2 avril 2011. Les boîtes noires ont confirmé que les pilotes, désorientés par le givrage des sondes de vitesse Pitot, n'ont pas pu rattraper le décrochage de l'appareil qui a eu lieu en moins de cinq minutes.

Un "combat judiciaire" pour les familles

Après une longue succession d'expertises, les juges d'instruction ont prononcé un non-lieu le 29 août 2019. Scandalisés, les proches des victimes et les syndicats de pilotes ont fait appel. Le 12 mai 2021, la chambre de l'instruction a prononcé le renvoi pour homicides involontaires des deux entreprises devant le tribunal.

À l'issue d'un "combat judiciaire" et d'une instruction "chaotique", "nous attendons que ce procès soit bien le procès d'Airbus et d'Air France" et non "celui des pilotes", a déclaré Danièle Lamy, présidente de l'association de proches de victimes Entraide et Solidarité AF447. "Nous attendons un procès impartial, exemplaire, pour que cela ne se reproduise plus et que, par ce procès, les deux prévenus mettent la sécurité aérienne au centre de leurs préoccupations plutôt que seulement la rentabilité."

Dans un communiqué, la compagnie Air France a affirmé "garder en mémoire le souvenir des victimes de ce terrible accident et exprime sa plus profonde compassion à l'ensemble de leurs proches". L'entreprise a ajouté qu'"elle avait bénéficié d'un non-lieu à l'issue de l'instruction, continuera à démontrer qu'elle n'a pas commis de faute pénale à l'origine de l'accident et plaidera la relaxe". L'avionneur européen Airbus, qui n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès, conteste lui aussi toute faute pénale.

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Lors du procès, de nombreux experts et pilotes se succèderont à la barre. La 31e chambre correctionnelle du tribunal de Paris devra déterminer si Airbus et Air France, qui encourent 225.000 euros d'amende, ont commis des fautes en lien certain avec l'accident.

Dans son arrêt de renvoi, la cour d'appel a estimé qu'il existait des charges suffisantes contre Air France pour s'être "abstenu de mettre en œuvre une formation adaptée (et) l'information des équipages qui s'imposait" face au givrage des sondes, "ce qui a empêché les pilotes de réagir comme il le fallait". Airbus a été renvoyé pour avoir "sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques équipant l'aéronef A330, en ne prenant pas toutes les dispositions nécessaires pour informer d'urgence les équipages des sociétés exploitantes et contribuer à les former efficacement".

Les défaillances de sondes s'étaient multipliées dans les mois précédant l'accident. Après la catastrophe, le modèle concerné a été remplacé dans le monde entier. Le drame a aussi entraîné d'autres modifications techniques dans le domaine aéronautique et une formation renforcée au décrochage ainsi qu'au stress des équipages.


Laetitia A.D.

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