Mort d'une agricultrice sur un point de blocage en Ariège : les derniers détails de l'enquête

par C.Q
Publié le 23 janvier 2024 à 8h47, mis à jour le 23 janvier 2024 à 15h59

Source : TF1 Info

Une femme est décédée et deux autres personnes ont été blessées ce 23 janvier en Ariège.
Un véhicule a forcé un barrage mis en place dans la nuit par des agriculteurs.
Une enquête a été ouverte pour "homicide involontaire aggravé" et "blessures aggravées".

Une femme est morte et deux autres personnes ont été blessées tôt ce mardi 23 janvier sur une route nationale bloquée par des agriculteurs à hauteur de Pamiers, en Ariège. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a prévu de se rendre sur place dans la journée. Voici ce qu'il s'est passé. 

Un barrage de fortune forcé

Qui sont les victimes ? L’information a été donnée ce mardi matin par le président de la FNSEA, confirmant les dires de France 3 Occitanie, puis consolidée par le parquet au service police-justice de TF1/LCI. Au micro de RMC, Arnaud Rousseau précise que les trois victimes sont adhérentes au syndicat agricole. La personne décédée est une agricultrice "d'une trentaine d'années", a indiqué le parquet, dans un communiqué publié dans la matinée. Les deux personnes grièvement blessées se trouvent être son époux, âgé "d'une quarantaine d'années", et sa fille "âgée de 14 ans", qui a depuis "été héliportée au centre hospitalier de Toulouse" en raison de son état "jugé préoccupant". 

Que s'est-il passé ? Les faits se sont déroulés vers 5h30 du matin, à hauteur de Pamiers sur la RN20.  Selon France 3 Occitanie, un véhicule a forcé l'entrée du barrage et foncé à vive allure en direction d'un mur de paille érigé par les agriculteurs. Ce que confirme le parquet dans son communiqué : "Un véhicule automobile, arrivant de Toulouse et se dirigeant vers l'Andorre, avec à son bord un couple et une de leurs amies, tous trois de nationalité étrangère, ont emprunté la route nationale 20, malgré le dispositif mis en place pour en interdire l'accès."

Le procureur de Foix ajoute qu'"en circulant sur la double voie, leur véhicule a percuté, en pleine nuit, et sans éclairage public à proximité, un mur de bottes de paille, érigé sur toute la hauteur jusqu'au pont, et alors que ce mur de paille était recouvert d'une grande bâche noire". Selon nos informations, confirmées par le parquet, des manifestants se trouvaient justement derrière ce mur de paille lorsque cette voiture s'est engagée sur la route. "Le véhicule a alors percuté trois personnes, avant de finir sa course contre la remorque d'un tracteur", indique le parquet, selon qui "les faits en cause ne paraissent pas revêtir un caractère intentionnel."

Que dit l'enquête ? Selon les premiers éléments de l'enquête, l'objectif aurait été d'éviter les manifestants. Les trois personnes à bord de la voiture bélier, de nationalité arménienne selon le préfet de l'Ariège, ont été interpellées et placées en garde à vue. Le conducteur, "âgé de 44 ans et inconnu des services de justice", a été testé négatif à l'alcool et aux stupéfiants, d'après le parquet. Selon des informations du Parisien confirmées par TF1-LCI, les trois occupants du véhicule avaient déposé une demande d'asile en 2022, qui leur avait été refusée. Après plusieurs recours, ils ont été déboutés l'an dernier. Des obligations de quitter le territoire français (OQTF) avaient été prises. Une enquête a été ouverte pour "homicide involontaire aggravé" et "blessures aggravées".

Un centre opérationnel a été activé par la préfecture de l'Ariège, ainsi qu'une cellule de soutien psychologique. "Le préfet s’est rendu sur les lieux de l’accident. 35 sapeurs pompiers, 13 policiers et 20  gendarmes sont mobilisés et un cod est activé en préfecture", soit un centre opérationnel départemental faisant office d'outil de gestion de crise, selon la préfecture qui invite sur X à "ne pas relayer les rumeurs qui pourraient circuler". Dans un court communiqué, le ministre de l'Agriculture a adressé ses "condoléances très émues à sa famille et à ses collègues de l’Ariège".  


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