Décès à la maternité d’Orthez : l’anesthésiste en détention provisoire

Le service METRONEWS
Publié le 2 octobre 2014 à 18h18
Décès à la maternité d’Orthez : l’anesthésiste en détention provisoire

DRAME – L’anesthésiste mise en cause dans le décès d’une jeune femme venue accoucher à l’hôpital d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques) a été mise en examen et placée en détention provisoire ce jeudi. Elle souffre d’un problème d’alcool. L'erreur médicale est envisagée.

L'ivresse du médecin pourrait être à l'origine du drame. Quarante-huit heures après le décès d’une maman victime d’un " accident d’anesthésie " alors qu’elle accouchait, à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), la spécialiste a été mise en examen ce jeudi pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité" et placée en détention provisoire. 

L’accident est survenu dans la nuit de vendredi à samedi, lors d’un accouchement par césarienne sous anesthésie générale. La victime, âgée de 28 ans, a fait un arrêt cardiaque et est décédée mardi. Son bébé est, lui, sain et sauf.

"Un comportement bizarre"

Convoquée à la gendarmerie mardi, l’anesthésiste s’est présentée devant les gendarmes avec un taux d'alcool supérieur à 2 grammes par litre de sang, et a reconnu avoir un problème avec les boissons alcoolisées. L'équipe médicale présente le soir de l'accident a déclaré avoir "constaté un comportement bizarre, sans savoir à quoi il se rattachait", a indiqué ce jeudi Jean-Christophe Muller, le procureur de la République de Pau, citant "des difficultés d'expression, de compréhension et des problèmes de réactivité". De source proche de l'enquête, on évoque ainsi une "erreur médicale manifeste" le soir de l'accouchement. En tentant de ranimer la patiente, l'anesthésiste aurait intubé son œsophage au lieu de ses voies respiratoires.

L'une des avocates du médecin, Me Florence Hegoburu, a mis en garde contre toute "conclusion hâtive". "Ma cliente assumera ses responsabilités par rapport aux faits qu'elle a reconnus, mais elle n'est pas seule responsable, il existe des zones d'ombre que l'enquête élucidera", a-t-elle lancé. Pour ces faits, l'anesthésiste encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

L'activité de la maternité suspendue

En début de semaine, les autorités sanitaires ont suspendu immédiatement l'activité de la maternité. Le service, déjà en sursis à cause de difficultés chroniques de recrutement de gynécologues-obstétriciens, pourrait ne jamais rouvrir. Une enquête sanitaire sur l'accident mortel avait été lancée dès le 29 septembre, mais la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a assuré qu'elle était distincte de la procédure engagée "de longue date" sur la possible fermeture de la maternité.

A la sortie de la réunion du gouvernement, à Matignon ce jeudi matin, la ministre a estimé que "sa première préoccupation" était "de faire la lumière sur ce qui s'est passé et d'apporter des explications à la famille de cette jeune maman qui a perdu la vie en accouchant de son bébé".


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