Le Premier ministre révèle ce vendredi plusieurs mesures pour faire face à la délinquance chez les jeunes.
Gabriel Attal veut notamment mettre en place des comparutions immédiates pour les moins de 18 ans.
Il se dit favorable à la création de "très courts séjours" en foyer pour les mineurs, au "premier fait grave".

Il avait débuté fin avril ses consultations des groupes politiques autour de ses propositions destinées à endiguer la violence d'une partie de la jeunesse après le décès de Matisse, 15 ans, à Châteauroux, suite à une bagarre impliquant un mineur et le passage à tabac mortel à Viry-Châtillon (Essonne) de Shemseddine, 15 ans. 

Un peu plus de trois semaines après le début de ces entretiens, portant notamment les réponses à apporter en matière de prévention et de gestion de la délinquance des mineurs, le Premier ministre annonce de nouvelles mesures dans une interview accordée à l'Agence France Presse (AFP) ce vendredi. Gabriel Attal annonce ainsi la mise en place prochaine de la comparution immédiate pour les mineurs de plus de 16 ans. 

"Je souhaite que dans certains cas, par exemple dans les cas de violence aggravée, quand vous avez plus de 16 ans, quand vous êtes récidiviste, il puisse exister une procédure, un peu comme une comparution immédiate, dans laquelle le tribunal se prononce à la fois sur la culpabilité et la sanction, tout de suite après l’infraction", indique-t-il.

Bientôt une courte peine pour les mineurs ?

Le Premier ministre se dit également favorable à la création d'une très courte peine visant à envoyer les jeunes entre 7 et 14 jours en foyer. Il s'agirait d'une décision du juge pour des mineurs qui ont déjà été interpellés pour délinquance, notamment délinquance physique, et sur qui d'autres moyens de prévention ont été essayés. 

"Je souhaite que nous puissions décider de très courts séjours en foyer", détaille le Premier ministre. "Au premier fait grave, on facilite le placement en foyer pendant une quinzaine de jours. Je pense que cela permet d’apporter une réponse immédiate et concrète à un acte de délinquance en coupant le jeune de ses mauvaises fréquentations, et que cela permet aussi aux services d’évaluer la situation."

Pendant ce court séjour, qui aurait lieu durant les vacances, une figure d'autorité (policier, gendarme, militaire) viendrait inculquer les valeurs civiques, et un expert serait chargé de profiter de cet isolement pour faire le diagnostic des raisons de la délinquance (milieu familial, mauvaises fréquentations, etc.).

Sanctionner les élèves perturbateurs

Gabriel Attal souhaite également réfléchir à un moyen de sanctionner les élèves qui perturbent gravement les cours, avec des conséquences sur le brevet, le CAP ou le bac. Il estime que si un élève s’amendait et rentrait dans le droit chemin, cette sanction puisse être levée.

"Avant d’en arriver aux sanctions, il faut remettre l’École au cœur du projet républicain et citoyen. Il faut aussi insuffler une culture du civisme et du respect, que les élèves se lèvent quand un adulte entre dans la classe, participer à des activités collectives, organiser des cérémonies et des événements associant les parents et les valorisant, responsabiliser les élèves avant qu’ils n’aient à réparer leurs méfaits", insiste le chef du gouvernement. 

Quid des parents "défaillants"?

Concernant les parents "défaillants", Gabriel Attal a décidé d’une répression plus large et plus sévère de leurs manquements  à leurs obligations, notamment avec la possibilité pour le juge des enfants de prononcer une amende pour les parents qui ne répondent pas à ses convocations. Ainsi, lorsqu’un jeune commettra des dégâts, les deux parents seront cherchés pour payer les réparations.

Par ailleurs, le Premier ministre annonce la mise en place d’un contrat que les parents signeront avec les établissements scolaires. Ce contrat donnera des droits, mais portera aussi des obligations et pourra ouvrir à des sanctions.

 Gabriel Attal estime également qu’il est nécessaire de prévoir que la peine de travaux d’intérêts généraux soit encourue à titre de peine complémentaire en modifiant les textes du délit de soustraction par un parent à ses obligations légales.


A.S avec AFP

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