Ultradroite à Romans-sur-Isère : prison ferme pour 6 militants

par I.N avec AFP
Publié le 27 novembre 2023 à 19h57, mis à jour le 1 décembre 2023 à 14h11

Source : TF1 Info

Six personnes interpellées à Romans-sur-Isère (Drôme) lors de la descente de l'ultradroite, samedi 25 novembre, ont été condamnées ce lundi.
Ils écopent de six à dix mois de prison ferme, notamment pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences".

Ils ont participé à un rassemblement de l'ultradroite à Romans-sur-Isère (Drôme) pour "en découdre", selon les autorités, quelques jours après la mort de Thomas, adolescent tué à Crépol. Ce lundi 27 novembre, six personnes ont été condamnées à des peines de six à dix mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Jugés en comparution immédiate au tribunal de Valence, ces hommes âgés de 18 à 25 ans, pour la plupart inconnus de la justice (seul l'un d'entre eux a un casier judiciaire), ont également été interdits de séjourner dans la Drôme et de détenir une arme pendant cinq ans.

Ils ont tous été condamnés pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences" ou de "dégradations". Cinq ont aussi été condamnés pour "violence" sur policier. "Quand on vient avec des bâtons, on ne vient pas pour défendre une cause, mais pour attaquer", a asséné la procureure Vanina Lepaul-Ercole, qualifiant les accusés d'"irresponsables" et de "délinquants". Elle avait requis de six à douze mois de prison ferme.

Ça s'appelle une marche blanche, pas une marche noire.
Procureure Vanina Lepaul-Ercole

Des dizaines de militants de la mouvance identitaire, cagoulés, venus de toute la France, se sont retrouvés samedi 25 novembre au soir à Romans-sur-Isère "pour en découdre", selon les autorités, avec les jeunes du quartier de la Monnaie, dont seraient issues certaines des personnes impliquées dans la mort de Thomas. 20 manifestants ont été interpellés par les forces de l'ordre. Le lendemain, un nouveau rassemblement a débouché sur sept interpellations

Sur le banc des accusés, un militaire, un développeur informatique et des étudiants racontent avoir été informés du rassemblement sur les réseaux sociaux, principalement TikTok. Tous ont minimisé leur participation. "C'était important d'apporter notre soutien" à Thomas et sa famille, s'est justifié l'un d'eux. Les juges comme la procureure leur ont rappelé qu'un autre rassemblement "apolitique", à l'appel de la famille, a réuni plus de 6000 personnes, mercredi. "Ça s'appelle une marche blanche, pas une marche noire. On ne vient pas habillé de noir avec des bonnets, des têtes de mort et des bâtons", a tancé la procureure.

Me Peter Assaghle, conseil de trois prévenus, a dénoncé à l'issue du jugement "la volonté du tribunal de frapper fort, mais sans nuance", précisant que ses clients niaient appartenir à la mouvance d'ultradroite. "Nous sommes face à des jeunes ignorants" qui "regrettent" de s'être "laissés embarquer", selon lui. Ils ont dix jours pour faire appel.


I.N avec AFP

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