Disparition de Lina : l'adolescente avait porté plainte pour viol en 2022

par M.L (avec AFP)
Publié le 20 janvier 2024 à 10h11, mis à jour le 22 janvier 2024 à 13h44

Source : JT 20h Semaine

L'avocat de la famille de Lina, portée disparue depuis près de quatre mois en Alsace, a révélé que la jeune fille avait porté plainte pour viol contre deux jeunes majeurs en 2022.
Une information confirmée par le parquet à TF1/LCI.
Les enquêteurs n'ont toutefois pas fait de lien entre ces jeunes hommes et la disparition de l'adolescente en septembre dernier.

Alors que l'enquête se poursuit, près de quatre mois après la disparition de la jeune fille, un nouvel élément vient d'être révélé. Lina, une adolescente de 15 ans disparue en septembre en Alsace et toujours introuvable depuis, a porté plainte pour viol en juin 2022 contre deux jeunes majeurs, a appris vendredi l'AFP auprès de l'avocat de sa famille, confirmant une information des Dernières Nouvelles d'Alsace

Selon le quotidien régional, elle a passé une soirée au domicile d'un jeune homme au printemps 2022, aux côtés d'un ami de ce dernier et d'une autre jeune femme, tous quatre appartenant au même cercle d'amis. Au cours de cette soirée, Lina aurait eu des rapports sexuels avec les deux jeunes majeurs. La jeune fille, alors âgée de 13 ans et 8 mois à l'époque, a ensuite porté plainte pour viol le 27 juin 2022, mais sa plainte aurait été classée sans suite par le parquet de Saverne (Bas-Rhin), pour infraction "insuffisamment caractérisée", toujours selon le journal. Les deux jeunes ont assuré que les rapports sexuels étaient "consentis"

Mis hors de cause dans la disparition

Comme le rappellent nos confrères, le seuil du non-consentement est pourtant fixé à 15 ans depuis une loi de 2021, impliquant que toute relation sexuelle entre un mineur en deçà de ce seuil et un majeur est considérée comme un viol. Mais il existe une exception : si la différence d'âge entre l'auteur et le mineur est inférieure à cinq ans, et que la relation est légitime et librement consentie.

Sollicité par TF1/LCI, le parquet de Saverne a confirmé ce lundi "le dépôt de plainte de Lina et de sa mère au mois de juin 2022 pour des faits qualifiés de viol en réunion". "Cette plainte a donné lieu à une enquête à l’issue de laquelle une première analyse juridique a été effectuée. Celle-ci n’a pas permis de suffisamment caractériser les faits", précise le parquet. "Dès l’ouverture de l’enquête en disparition inquiétante de Lina, ces informations ont été immédiatement communiquées et exploitées par les enquêteurs. Dans le même temps, une nouvelle étude juridique a été effectuée de la procédure qui donnera lieu à une décision de mon parquet dans les prochaines semaines. Cette décision sera communiquée en tout premier lieu à la famille de Lina."

De son côté, l'avocat de la famille, Me Matthieu Airoldi, a confié au journal régional son "étonnement" au sujet de l'enquête : "On nous avait dit qu’une confrontation allait être organisée entre Lina et les deux hommes qu’elle met en cause. Or cette confrontation n’a jamais eu lieu", a-t-il affirmé. Il a aussi assuré que le classement sans suite dans cette affaire "n'a jamais été notifié" à la mère de Lina, qui n'a pourtant "eu de cesse de demander que l’enquête vérifie si des liens pouvaient exister entre les deux dossiers".

Selon les informations du journal, les enquêteurs de la section de recherches de Strasbourg se sont toutefois intéressés à ces deux jeunes majeurs, qui ont fait l'objet de vérifications, dans le cadre des investigations sur la disparition de Lina. Mais la piste n'aurait pas abouti, les deux jeunes hommes ayant fourni un alibi permettant de les mettre hors de cause. 

La jeune fille a disparu le 23 septembre après avoir quitté son domicile pour se rendre à la gare de Saint-Blaise-la-Roche, dans le Bas-Rhin, à environ trois kilomètres de là, un trajet qu'elle avait l'habitude de faire. Plusieurs battues ont été organisées depuis sa disparition mais n'ont pas permis de découvrir d'indices probants. Des points d'eau ont également été sondés, sans résultat.

L'enquête sur sa disparition a d'abord été menée par le parquet de Saverne, qui s'est ensuite dessaisi au profit du parquet de Strasbourg. Une information judiciaire "contre X" a été ouverte pour "enlèvement et séquestration non suivie d'une libération volontaire de plus de sept jours". Dans sa dernière communication sur l'affaire, le 2 octobre, le parquet de Strasbourg a annoncé que l'enquête s'orientait "vers des investigations de longue haleine sous l'autorité des deux magistrats instructeurs en charge de l'affaire, (...) aucune piste n'étant écartée ni privilégiée".


M.L (avec AFP)

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