Cela fait maintenant un mois que le petit Emile a disparu sans laisser de traces du hameau du Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Tandis qu'une information judiciaire a été ouverte, l'enquête suit son cours.
Et malgré les rumeurs, le village tente de retrouver un semblant de normalité.

Un mois après, le mystère reste toujours entier. Le 8 juillet dernier, aux alentours de 18 heures, Émile, deux ans et demi, s'est volatilisé alors qu'il jouait dans le jardin de ses grands-parents, dans un petit village des Alpes-de-Haute-Provence. Un important dispositif de recherches et de nombreuses battues ont été effectuées dans cette zone au relief escarpé, mais cela n'a pas suffi à permettre aux enquêteurs de préférer une piste parmi les nombreuses qui se dégagent pour tenter d'expliquer la disparition du petit garçon.

"Toutes les pistes restent envisagées, aucune n'étant ni exclue ni privilégiée", déclarait le procureur Rémy Avon au moment de l'ouverture d'une information judiciaire, le 18 juillet dernier. L'enquête se poursuit donc tandis qu'au Haut-Vernet, les habitants tentent de retrouver un semblant de normalité.

De nouvelles recherches, mais en vain

Fin juillet, des chiens et des drones ont été de nouveau déployés au Vernet, dans le cadre de l'enquête autour de la disparition du petit Émile. Ces nouvelles recherches, qui ont duré du 25 au 29 juillet, ont été effectuées sur une zone de cinq kilomètres autour du domicile des grands-parents. Elles se sont ajoutées aux premières fouilles qui ont eu lieu à la suite de la disparition du petit garçon.

Dès le lendemain, les 30 maisons du Haut-Vernet ont effectivement été fouillées, tous les habitants interrogés et tous les véhicules inspectés. Quatre-vingt-dix-sept hectares de champs, de bois ou de terrains escarpés ont été "minutieusement" scrutés. Des battues ont également eu lieu, organisées à la fois par des volontaires, des centaines se sont mobilisés, mais aussi par des gendarmes de la section de recherche de Marseille ou de la brigade de recherche de Digne. Aucune de ces recherches n'a néanmoins permis de retrouver la trace du petit garçon.

Une enquête judiciaire toujours en cours

Les fouilles et recherches qui ont eu lieu dès le lendemain de la disparition d'Émile ont néanmoins permis aux enquêteurs de collecter une "masse considérable d'éléments", ont fait savoir les magistrats, au moment de l'ouverture d'une information judiciaire, mi-juillet. Dans ce cadre, tous ces éléments recueillis, comme les "près de 1600 lignes téléphoniques" qui ont borné "dans le secteur au moment de la disparition", sont en cours d'analyse. C'est également le cas des 1400 signalements téléphoniques enregistrés sur la ligne dédiée lors d'un appel à témoins, désormais terminé. Mais pour l'heure, ces éléments n'ont pas permis de faire avancer l'enquête.

Un mois après la disparition du petit garçon, aperçu pour la dernière fois il y a un mois dans une rue de ce minuscule hameau de 25 habitants, le parquet d'Aix-en-Provence a fait savoir que "les investigations se poursuivent, mais pour l’heure, il n'y a aucun élément nouveau".  La famille du petit garçon s'est de son côté constituée partie civile, afin d'avoir accès au dossier.

La crainte du drame familial

Au cours de l'enquête, les spéculations sont allées bon train autour de la disparition du petit garçon et les regards se sont tournés vers l'entourage familial, resté discret depuis le début de l'affaire. C'est effectivement le grand-père qui a signalé la disparition du petit garçon. À ce moment-là, une dizaine de membres de la famille était présent dans cette maison où la mère d'Émile passait ses vacances depuis une vingtaine d'années. Mais aucun des deux parents de l'enfant, avait précisé le procureur, le petit garçon ayant été déposé par sa mère chez ses grands-parents la veille pour les vacances.

Le profil de la famille a également interpellé, certains habitants relevant qu'elle était "très pieuse" tandis que d'autres la comparait à une "secte". "La famille est particulière parce qu'elle est très pratiquante et très croyante. Mais, nous sommes en République et c'est droit !", défendait auprès de TF1info une source contactée dans le village. 

Un point de vue partagé par François Balique, le maire de la commune. Lors d'un point presse, début juillet, il assurait qu'il s'agissait d'"une famille des plus normales, qui est très soudée, une belle famille". "Très habitué à notre commune et que nous apprécions, qui participent à la vie du village du Haut-Vernet et du Bas-Vernet. C'est une situation anormale, dramatique, avec une famille et un village des plus normaux", avait-il poursuivi.

Preuve que toutes les pistes sont étudiées, Le Parisien révélait que quatre maisons avaient brulé à une dizaine de kilomètres du Haut-Vernet, où le petit Émile a disparu. Parmi elles, l'une d'elle appartenait à la famille maternelle de l'enfant. L'incendie avait d'abord intrigué les enquêteurs avant que la piste soit mise de côté, aucun élément ne pouvant lier le feu, d'origine criminel, et la disparition du petit garçon de deux ans et demi. Il s'agit d'un "élément non-prioritaire", confiait une source proche du dossier auprès de BFMTV.

La tentative de revenir à un semblant de normalité

Alors que l'enquête suit son cours, tout le monde tente de retrouver un semblant de normalité. Des proches du petit garçon, restés sur place, ont ainsi été aperçus à la piscine ou en randonnée, tandis que le village tente également de poursuivre ses activités estivales. La fête de la Transhumance, prévue ce mardi 8 août, a ainsi été maintenue. 

L'arrêté interdisant depuis un mois tout accès sur place au public afin de laisser les enquêteurs travailler et pour repousser le tourisme malveillant a par ailleurs été levée samedi. "On est habité par cette perplexité sur la cause de cette disparition, mais en même temps, il faut bien continuer à vivre", insistait ainsi le maire du village François Balique sur RTL.


Aurélie LOEK

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