"Bats-toi, accroche-toi et reviens vite, je t'aime" : le message de la mère de Lina à sa fille disparue

Publié le 2 février 2024 à 16h28

Source : JT 20h Semaine

Lina, 15 ans, a disparu le 23 septembre après avoir quitté son domicile à Plaine (Bas-Rhin), pour se rendre à la gare de Saint-Blaise-la-Roche.
Sa mère a été reçue jeudi par les deux juges d’instruction chargées de l’enquête, et a donné à l'issue une conférence de presse aux côtés de son avocat.

C'est une femme bouleversée qui est apparue devant les caméras ce vendredi. En début d'après-midi, Fanny Groll, mère de Lina, 15 ans, disparue le 23 septembre 2023, a donné une conférence de presse aux côtés de son avocat, Me Matthieu Airoldi, au lendemain d'un rendez-vous avec les deux juges d’instruction chargées de l’enquête.

Près de cinq mois après que sa fille s'est volatilisée après avoir quitté le domicile familial de Plaine (Bas-Rhin) pour se rendre à la gare de Saint-Blaise-la-Roche, la mère de famille ne baisse pas les bras, bien au contraire. "Je garde toujours espoir. C'est ce qui fait que je me lève tous les matins. Je n'ai pas d'autre choix que de garder espoir", a-t-elle déclaré face à la presse. 

Où est passée l'adolescente ? Comme tous, Fanny Groll l'ignore. Mais au cas où elle l'entendrait, sa mère lui a adressé ce jour un message, la voix remplie d'émotion : "Bats-toi, accroche-toi et reviens vite, je t'aime". 

"Rien n'est laissé au hasard"

Début octobre, une dizaine de jours après la disparition de la jeune fille, la procureure de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, qui avait récupéré ce dossier initialement ouvert à Saverne, avait expliqué dans un communiqué que l'enquête s'orientait "vers des investigations de longue haleine sous l'autorité des deux magistrats instructeurs en charge de l'affaire". 

Que s'est-il dit alors jeudi dans le bureau des deux juges d'instruction  à l'occasion de cette audition de parties civiles ? "Mme Groll n'a aucune information sur le dossier. Quand on est partie civile, on se doit de pouvoir consulter le dossier de la procédure", a rappelé Me Airoldi. "Je voudrais savoir, je voudrais comprendre et ça c'est quelque chose de terrible au quotidien de ne pas savoir. Je cogite tout le temps, j'analyse, je fais des hypothèses", a renchéri Fanny Groll.

Selon l'avocat, le rendez-vous avec les deux juges d'instruction s'est "bien passé". "Elles nous ont expliqué que l'enquête était longue. On a pu avoir des détails sur la façon dont travaillaient les gendarmes. On a reçu l'assurance que toutes les pistes étaient vérifiées", dont celles "farfelues", et celles "des médiums", a ajouté Me Airoldi. "Les juges d'instruction nous ont assuré que rien n'était laissé au hasard. Dès qu'il y aura un événement important, c'est Mme Groll qui sera informée en premier et nous avons reçu l'assurance qu'on ne nous cachait rien."

Au sujet de la plainte pour viol

L'avocat a également souhaité, à l'occasion de ce point presse, évoquer deux autres aspects attenants à cette affaire. D'abord, la plainte pour viol que Lina avait déposé dans un temps très antérieur à sa disparition, en 2022 en l'occurrence, à l'encontre de deux personnes. "Je ne comprends pas la façon dont ce dossier a été traité par le parquet de Saverne", a dénoncé l'avocat alors que la plainte a fait l'objet d'un classement sans suite, bien avant la disparition de Lina, sans que les parents de la jeune fille n'en soient informés. "Cette plainte a été maltraitée", a-t-il estimé.

"Nous avons décidé de porter plainte avec constitution de parties civiles dans ce dossier-là", a annoncé Me Matthieu Airoldi alors que le dossier doit être réexaminé par le parquet de Saverne. Sur cette affaire de viol, l'avocat se veut discret. "Ce que je peux vous dire, c'est que Lina avait 13 ans et demi. Ce n'était pas du tout une soirée, Lina ne sortait pas à cet âge-là. C'était une activité de fin d'après-midi et elle était en train de passer un moment avec deux ou trois amis et elle s'est fait abuser. Son consentement a été abusé. Je ne rentrerai pas dans les détails et j'appelle à de la réserve, à ne pas tirer des leçons ou des conclusions hâtives de ce qui apparait dans la presse quant aux comportements et aux habitudes que l'on aurait pu prêter à Lina de par cette plainte pour viol", a-t-il fustigé.


Aurélie SARROT

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