Disparition de Sihem, 18 ans, dans le Gard : ce que l'on sait de l'enquête

par A.S
Publié le 1 février 2023 à 19h12, mis à jour le 2 février 2023 à 11h00

Source : JT 20h Semaine

Le 25 janvier dernier, une jeune femme âgée de 18 ans a disparu à La Grand-Combe dans le Gard.
Mardi dernier, deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte.
Le corps sans vie de la victime a été retrouvé, suite aux aveux d'un des deux suspects, dans la nuit de mercredi à jeudi dans un bois non loin du lieu de sa disparition.

Où est passée Sihem ? Depuis une semaine, cette jeune femme âgée de 18 ans est portée disparue. Un appel à témoins a été lancé le week-end dernier pour tenter de la retrouver, en vain. 

Mardi, deux personnes soupçonnées d'être impliquées à différents niveaux dans cette disparition ont été interpellées et placées en garde à vue. Mercredi,  la procureure de la République de Nîmes a donné de nouveaux éléments connus sur cette affaire.

Quelques heures plus tard, l'un des deux gardés à vue, un homme de 39 ans prénommé Mahfoud H., est passé aux aveux. Il a reconnu avoir tué Sihem et a conduit les enquêteurs dans la nuit de mercredi à jeudi à l'endroit où se trouvait le corps de la jeune femme, dans un bois près de la Grand-Combe. TF1info fait le point. 

Elle est partie de chez elle le 25 au soir vers minuit

C'est le jeudi 26 janvier que le père de Sihem, 18 ans, s'est présenté au commissariat de police d’Alès pour y signaler la disparition inquiétante de sa fille de la Grande-Combe dans le Gard depuis minuit. La veille, la jeune femme était allée rendre visite à sa grand-mère. Vers minuit, cette dernière a été alertée par un bruit, s'est levée et a réalisé que sa petite-fille n'était plus là. La porte d'entrée était alors entrouverte et les affaires de Sihem, toujours dans sa chambre. 

Alertée de ces faits, la brigade de gendarmerie a très rapidement pris le relai pour mener les investigations. Celles-ci ont montré que la jeune fille avait pour la dernière fois communiqué avec des amis aux alentours de minuit et qu’elle s’apprêtait à sortir de son lieu de domicile, probablement pour rejoindre une personne de sa connaissance. Par la suite, plus aucune nouvelle de Sihem. "Des éléments pouvaient laisser penser à une disparition en lien avec des faits visant à obtenir des fonds", précise Cécile Gensac, procureure de la République de Nîmes mercredi dans un communiqué. 

Gendarmerie du Gard

L'enquête rapidement requalifiée

Dès le jeudi, une enquête du chef de "disparition inquiétante" avait été ouverte. Rapidement, elle a été requalifiée en "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage" dans le but d'obtenir l'exécution d'un ordre ou d'une condition, avant que la procédure d’enquête de flagrance ne soit transférée au pôle criminel du tribunal judiciaire de Nîmes. 

Le groupement de gendarmerie du Gard et la section de recherches sont en charge des investigations.

Deux personnes placées en garde à vue

Elles ont notamment permis, le mardi 31 janvier, le placement en garde à vue d'un homme et de son ex-compagne. "L’homme est interrogé sur une participation à la disparition, tandis que la femme pourrait détenir des informations permettant de localiser la jeune fille, ou (...) de faire avancer les investigations. Elle est entendue du chef de non-assistance à personne en danger", détaille la procureure dans son communiqué ce jour. 

  

Cet individu, Mahfoud H., âgé de 39 ans, est déjà connu des services de justice, devait comparaître le 1er février. Il devait assister à son procès aux assises pour "vol avec usage d’une arme". Il avait d'ailleurs fait l’objet d’une détention provisoire. Déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour vol et braquages, "il a purgé l’intégralité des peines prononcées à son encontre", a précisé la magistrate. 

Les deux gardes à vue, qui avaient débuté mardi, ont été prolongées mercredi. Elles se sont achevées ce jeudi 2 février 2023 au terme des 48 heures légales. "L’ouverture d’une information judiciaire est envisagée jeudi après-midi, dernier délai. Les investigations se poursuivront alors sous le contrôle et la direction d’un magistrat instructeur", a ajouté Cécile Gensac sans donner aucune précision sur ce qu'avaient pu dire les deux gardés à vue devant les enquêteurs. 

Aucune nouvelle de Sihem

À ce jour, ni les proches de Sihem, ni les autorités, n'ont eu de nouvelles de la jeune femme. D’importants moyens ont été engagés par la gendarmerie,  les militaires ayant survolé des zones en hélicoptères et ont déployé des chiens pisteurs. "Une cellule spécialisée a été constituée à la brigade de La Grande Combe. Une unité de surveillance spécialisée en provenance de Montpellier a également été mobilisée", insiste la procureure de la République, Cécile Gensac. 

Mouvement de soutien devant le palais de justice

La famille de la victime, représentée par trois membres, a été reçue mercredi matin par la procureure de la République. Dans le même temps, un mouvement de soutien à Sihem était organisé par son entourage devant les marches du palais de justice. "Il leur a été confirmé que tous les moyens étaient mis en œuvre afin de tenter de retrouver au plus vite leur sœur et cousine", informe la magistrate. 

Le corps sans vie de la victime retrouvé

Une semaine après la disparition de Sihem, 18 ans, dans le Gard, un corps a été retrouvé jeudi matin dans un bois grâce aux indications du principal suspect, un proche de la jeune fille, qui a avoué son meurtre en garde à vue.

Entendu depuis mardi, avec son ex-compagne, une cousine de la disparue, l'homme de 39 ans, déjà condamné à plusieurs reprises, a reconnu mercredi soir avoir tué la jeune fille, puis il a conduit les enquêteurs vers le corps, dans un bois, sur la commune des Salles-du-Gardon, village limitrophe de La Grand-Combe, où Sihem résidait, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"J'ai assisté un homme qui a décidé d'affronter sa lourde responsabilité dans la disparition de Sihem et faire cesser un suspense insoutenable pour ses proches en guidant les enquêteurs", a déclaré à LCI-TF1Jean-Marc Darrigade, l'avocat du meurtrier présumé.

"Il sait que sa faute n'est pas pardonnable mais son silence n'aurait fait que l'aggraver", a ajouté Me Darrigade, dont le client devait initialement comparaître mercredi devant la cour d'assises du Gard pour vol à main armée.


A.S

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