Intrusion dans une école à Douai : expertise psychiatrique pour le faux prof remplaçant

AS
Publié le 25 mars 2022 à 18h42
Image d'illustration

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Source : PHILIPPE LOPEZ / AFP

Un quadragénaire s'était introduit mardi dans une école primaire de Douai (Nord).
Se faisant passer pour un enseignant, il avait fait classe aux jeunes élèves avant d'être démasqué.
Il devait être jugé ce vendredi, mais son procès a été renvoyé à fin avril du fait de son comportement.

Il devait s'expliquer ce vendredi devant la justice, deux jours après les faits et après quelques heures en garde à vue. Finalement, le procès de l'homme âgé de 45 ans qui s'était fait passer mardi pour un instituteur remplaçant et qui avait donné cours dans à l'école primaire de Douai a été renvoyé vendredi au 29 avril, dans l'attente d'une expertise psychiatrique.

Le prévenu, déjà condamné à plusieurs reprises pour vols, agressions sexuelles et exhibition sexuelle - ce qui lui vaut un suivi et une interdiction de tout contact avec les mineurs - a été maintenu en détention.

Cours de morse et vol de Rubik's Cube

 "J'ai le droit de parler hein", lance le prévenu, cheveux grisonnants, lunettes tenues par un cordon, vêtements trop larges, à la présidente du tribunal judiciaire de Douai qui lui demandait de ne pas l'interrompre pendant qu'elle tentait de résumer les faits. Son avocat, Me Philippe Janneau, intervient pour évoquer "Eureka", une voix qui parle dans la tête de son client et à qui il semble s'adresser.

"Arrêtez de répondre à Eureka", lance alors la présidente au prévenu, selon l'AFP qui a assisté à l'audience. "Elle fait ce qu'elle veut de moi. Elle me l'a dit", répond-il.

Mardi dernier, le professeur d'un jour avait fait une dictée incohérente aux enfants de CM1-CM2, fait un cours de morse, parlé seul, et volé un Rubik's Cube... Ce sont les élèves qui ont alerté les autres enseignants. La directrice a ensuite demandé à l'intrus de partir, avant de déposer plainte après les faits. Entre temps, le quadragénaire avait eu le culot de glisser une demande d'embauche sur le bureau de la supérieure... "Vous aviez envie de voir ce qu'était être professeur", résume la présidente.

Une petite voix dans sa tête

Interrogé sur la petite voix dans sa tête, le prévenu, désormais bien plus calme, répond qu'"elle écoute religieusement". "On n'a rien préparé. Je ne savais pas qu'il allait nous faire une pareille démonstration", reprend son avocat au moment de réclamer une nouvelle expertise psychiatrique. Celle-ci semble à l'évidence nécessaire malgré une première expertise n'ayant relevé, selon un communiqué du parquet jeudi, "aucune abolition ni altération du discernement".

"L'attitude qu'il a ne peut aller que dans ce sens-là", convient la substitut du procureur. La présidente demande au prévenu s'il comprend l'utilité d'une telle expertise. Il se retourne vers son conseil : "Ah ? Non, je sais pas..."


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