Suisse : chute mystérieuse d'une famille française à Montreux

Drame familial de Montreux : ce qu'a révélé l'enquête

A.S
Publié le 29 mars 2022 à 18h20, mis à jour le 29 mars 2022 à 19h15
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le 24 mars, en Suisse, cinq personnes d'une même famille ont chuté du 7e étage d'un immeuble.
Quatre d'entre elles sont mortes, mais un garçon de 15 ans a survécu.
La piste d'un suicide collectif est privilégiée.

Le tragique fait divers survenu à Montreux, en Suisse, jeudi 24 mars, a choqué partout dans le monde. Comment cinq membres d'une seule et même famille, parmi lesquels deux enfants, ont-ils pu chuter du 7e étage d'un immeuble  ?

Le seul survivant de ce terrible fait divers, un adolescent de 15 ans, est plongé, depuis le drame, dans le coma et n'a pu être entendu par les enquêteurs. Sa sœur, âgée de 8 ans, son père âgé de 40 ans, sa mère âgée de 41 ans et la jumelle de celle-ci, qui vivait avec eux, sont tous morts.  Ce mardi 29 mars, la police cantonale vaudoise a détaillé dans un communiqué de presse les premiers éléments révélés par l'enquête. Voici ce que révèle le document.

Il n'y a pas eu d'intervention d'un tiers

Le matin du 24 mars, deux gendarmes sont intervenus dans l’immeuble de la rue du Casino à Montreux, pour exécuter un mandat d’amener à l'encontre du père de famille. Une procédure qui était, comme cela avait déjà été dit la semaine dernière, en lien avec la scolarisation à domicile de son fils âgé de 15 ans. Les deux agents ont sonné à la porte, se sont annoncés. Faute de pouvoir entrer, après avoir attendu quelques minutes et "conformément aux règles applicables", les gendarmes ont quitté les lieux "sans avoir pu mener à bien leur mission". Quelques minutes plus tard, un témoin appelait les secours pour signaler que cinq corps avaient chuté au sol, de plusieurs étages. 

La police cantonale vaudoise confirme ce mardi, comme cela avait été évoqué dans un premier communiqué le 24 mars, qu'il n'y a pas eu l'intervention d'un tiers dans ce drame. La piste du suicide collectif est privilégiée par le procureur et les enquêteurs de la police cantonale.  Les investigations techniques ne montrent pour l'heure aucun signe avant-coureur d’un tel passage à l’acte. 

Un escabeau et "aucune trace de lutte"

Avant ou pendant les faits, aucun témoin n’a entendu le moindre bruit ou cri en provenance de l’appartement ou du balcon.

Les trois adultes et les deux enfants sont tombés d’une hauteur de plus de vingt mètres, les uns après les autres, dans un intervalle de cinq minutes. Un escabeau a été retrouvé sur le balcon de l'appartement. Par ailleurs, sur place, aucune trace apparente de lutte n'a été relevée. 

"Quasi-autarcie", "complotisme" et "survivalisme"

Selon les constatations et les témoignages recueillis, la famille était, depuis le début de la pandémie de Covid-19, "très intéressée par les thèses complotistes et survivalistes". Dans l'appartement de la rue du casino, les enquêteurs ont ainsi découvert "un stock impressionnant de vivres en tout genre, très bien organisé, occupant la majeure partie des différentes pièces de l’appartement, devant lui permettre de faire face à une crise majeure". 

La famille vivait aussi en quasi-autarcie, en retrait de la société. Seule la sœur jumelle de la maman travaillait à l’extérieur du domicile. "La mère de famille, dentiste de profession, et sa fille de 8 ans n’étaient inscrites officiellement au contrôle des habitants, ce qui explique l’absence de scolarisation de ce deuxième enfant". Elles avaient également "été annoncées partantes pour le Maroc en avril 2016" et "n’étaient pas censées vivre à Montreux", ajoute la police, qui rappelle que l'adolescent, lui, faisait l'école à domicile. "L’ensemble de ces éléments suggère, chez les membres de cette famille, la crainte d’une immixtion de l’autorité dans leur vie", commente la police cantonale.

Lire aussi

La police informe que les victimes "ont été formellement identifiées comme étant les membres d’une même famille de ressortissants français", mais ne donne aucun nom.

 

Néanmoins, dans son édition du 27 mars, le JDD avait donné les identités et détaillé le parcours de cette famille. Le père, Éric D. aurait grandi à Marseille. Cet élève "discret et doué" serait sorti quelques années plus tard parmi les cinq premiers de Polytechnique. L'ingénieur aurait travaillé ensuite, de 2009 à 2013, à la direction informatique des ministères du Budget, des Affaires étrangères et de la Jeunesse et des Sports. En 2013, il a rejoint la société Secutix à Lausanne avant de devenir indépendant en 2016. Les jumelles, petites-filles de l'écrivain algérien Mouloud Feraoun, ont grandi dans le 5e arrondissement de Paris, sont passées par le lycée Henri IV, près du Panthéon. L'un d'elle a été dentiste, l'autre ophtalmologue de renom. Seule la seconde continuait à exercer. La première, mère des enfants, s'est vue retirer son autorisation d'exercer en 2014 pour "raisons administratives"

 La police cantonale vaudoise précise également que l'adolescent de 15 ans, seul rescapé, est toujours hospitalisé. Il est actuellement dans le coma, et son état est stable. Reste à savoir si ce dernier pourra un jour être entendu. 


A.S

Tout
TF1 Info