Lundi dernier, des parents élèves et des enfants ont été pris de panique après avoir entendu selon eux des menaces de mort alors qu'ils se trouvaient devant deux écoles de Valence.
Mardi, les enseignants, en solidarité et pour dénoncer ces faits, ont exercé leur droit de retrait.
L'école devrait reprendre jeudi, avec une cellule psychologique dans chacun des établissements.

"On ne pensait pas que ça arriverait mais il n'est pas rare ces derniers temps que Valence soit comparée à Marseille. Les règlements de compte sont devenus très fréquents et leur issue s'est malheureusement avérée depuis janvier souvent tragique", reconnaît auprès de LCI une source policière qui souhaite garder l'anonymat. Ces histoires sanglantes, sur fond de trafic de stupéfiants, sont-elles à l'origine des événements survenus lundi dernier devant une maternelle et une école primaire de la ville de la Drôme? 

Si le lien n'est pas clairement établi, pour certains il ne fait guère de doute. Ainsi, lundi dernier, plusieurs parents et enfants assurent avoir fait l'objet de menaces de mort, par des personnes qui seraient des trafiquants ou des dealers. "Il y a eu un mouvement d'inquiétude de la part de parents d'élèves lundi vers 13h20 au moment où ils ramenaient leurs enfants à l'école après la pause méridienne. Il s'agit selon les premières investigations, de menaces qui ont été proférées par des personnes qui circulaient à bord d'une ou plusieurs voiture (s) à l'encontre de famille qui se trouvaient devant l'école primaire Brossolette dans le quartier du Plan. Des échanges entre ces parents et ces tiers non identifiés ont eu lieu avant que les parents et leurs enfants ne trouvent refuge dans l'école", détaille ce mercredi Pascal Clément, directeur académique de la Drôme, à TF1info. 

"Ces événements interviennent dans un climat de forte tension sur le secteur des deux quartiers des hauts de Valence marqués par des violences ces temps-ci avec plusieurs assassinats et règlements de compte. L'inquiétude est là, et elle a débouché sur un droit de retrait des enseignants de deux écoles mardi 6 juin : l'école primaire Brossolette et l'école maternelle Jules Vallès" ajoute-t-il. Dans ce deuxième établissement en effet, et presque au même moment, le même genre d'événements seraient survenus. 

"On va revenir vous tuer"

Pacal Clément, qui rappelle qu'une enquête a été ouverte par le parquet, n'a pas souhaité livrer davantage d'éléments sur les menaces qui auraient été proférées par les agresseurs. 

France bleu rapporte, elle, qu'un groupe de cinq à six jeunes se battaient près de l'école Brossolette ce 5 mai et qu'une maman et plusieurs mineurs auraient entendu ces phrases : "On va revenir tous vous tuer, vous gênez notre business". Le directeur du groupe scolaire qui n'a pas assisté à la scène indique également que d'autres parents ont vu des jeunes brandir une arme, selon les informations de nos confrères. 

Alertées, les forces de l'ordre qui se sont rapidement rendues sur place n'ont pu rattraper les auteurs qui avaient pris la fuite. Ils étaient toujours recherchés ce mercredi. 

Cellule psychologique

Après le droit de retrait de mardi, et la journée sans école de mercredi - les deux établissements faisant la semaine de quatre jours-, les enfants et leurs enseignants devraient retrouver leur salle de classe jeudi. 

"Différentes mesures ont été mises en place. D'abord, une cellule psychologique dans ces deux écoles pour qu'élèves, familles et enseignants puissent verbaliser leurs inquiétudes. Ensuite, des moyens de remplacement ont été prévus pour prendre en charge les élèves quand les professeurs iront à la rencontre de la cellule psychologique s'ils le souhaitent. Enfin, l'équipe mobile de sécurité académique sera mobilisée", insiste le directeur académique.  Des patrouilles de police seront également en place autour des établissements scolaires dans les prochains jours au moins. 

"Les récents évènements survenus dans le quartier du Plan à Valence ont conduit la Préfète de la Drôme à renforcer immédiatement la présence des forces de l’ordre. Elle a par ailleurs obtenu, grâce au soutien de la zone de défense Sud-Est, la présence d’une CRS sera présente dès  mercredi et jusqu’à vendredi", détaille la préfecture de la Drôme dans un communiqué. "Des interpellations et perquisitions sont en cours", a-t-elle ajouté. 

Contacté par TF1info au sujet de cette affaire, le parquet de Valence n'avait pas, ce mercredi en fin d'après-midi, répondu à nos questions. 


Aurélie SARROT

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TF1 Info