Mort d'Adama Traoré

Émeutes à la mort d'Adama Traoré : son frère Bagui acquitté aux assises

La rédaction de LCI
Publié le 9 juillet 2021 à 23h38
Émeutes à la mort d'Adama Traoré : son frère Bagui acquitté aux assises

Source : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

JUSTICE - Bagui Traoré, accusé de tentative de meurtre sur des forces de l’ordre pendant les violences ayant suivi la mort de son frère, Adama, le 19 juillet 2016, a été acquitté par la cour d’assises du Val-d’Oise, vendredi 9 juillet. Deux hommes ont été condamnés à douze ans de réclusion criminelle et huit ans de prison pour des violences commises pendant ces émeutes.

En juillet 2016, le décès d’Adama Traoré, âgé de 24 ans, dans une cour de gendarmerie, avait entraîné cinq nuits d’affrontements dans le Val-d’Oise. Treize gendarmes et policiers avaient été légèrement blessés, notamment par arme à feu. 

Depuis le 21 juin, cinq personnes étaient jugées à Pontoise pour des tirs d’armes à feu sur les forces de l’ordre à Persan et Beaumont-sur-Oise lors de ces affrontements. Outre Bagui Traoré, son ex-compagne et un homme accusé d’avoir été l’un des tireurs ont été acquittés. Deux hommes ont été reconnus coupables d’avoir été les auteurs de tirs. Ils ont été condamnés à douze ans de réclusion criminelle et huit ans de prison, conformément aux réquisitions du parquet.

"La justice ne peut pas se passer de preuves, or c'est ce qu'il s'est passé dans le cas de Bagui Traoré", a déclaré le président de la cour, Marc Trévidic en lisant la motivation du verdict, prononcé après une trentaine d'heures de délibération dans ce dossier "hors normes" aux 13.000 pièces cotées et 90 parties civiles.

L'ancien juge antiterroriste a eu des mots particulièrement durs pour l'enquête qui a désigné Bagui Traoré comme tireur ou donneur d'ordres lors des émeutes et a abouti, au terme de cinq ans de procédure, à son renvoi devant les assises. " Personne, ni dans la procédure ni à l'audience, n'a indiqué l'avoir vu tirer sur des forces de l'ordre ou même s'être tenu à proximité d'un tireur. De même, personne ne l'a entendu donner des consignes ou avoir fourni une arme à feu (...) L'enquête en était restée aux simples hypothèses et un débat sur de simples hypothèses a certainement sa place dans un bureau d'enquêteurs, mais pas devant une cour d'assises", a détaillé le Président. 

Des applaudissements lors du verdict

Aux débuts du procès, des gendarmes et policiers parties civiles ont défilé à la barre pour raconter le chaos et la tension extrême de ces nuits d’émeutes, où leur hiérarchie a refusé l’utilisation d’armes létales pour riposter aux tirs, en dépit du danger.

Dans ses plaidoiries de ce mercredi, la défense de Bagui Traoré a pour sa part fustigé un "naufrage" de l’institution judiciaire et accusé les enquêteurs de l’avoir ciblé pour "faire diversion" à la mort de son frère Adama. Un drame toujours en cours d’instruction et dont l’ombre a hanté tout le procès. Depuis cinq ans, des juges d’instruction tentent de déterminer les causes de cette mort, s’appuyant sur des expertises médicales dont les conclusions divergent sur la responsabilité des gendarmes, qui ne sont pas mis en examen à ce stade.

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À l'annonce de l'acquittement de Bagui Traoré, des applaudissements et vivats de dizaines de ses soutiens ont éclaté dans une des grandes tentes de retransmission, installées dans le hall du tribunal. Une partie des dizaines de gendarmes parties civiles étaient venus en uniforme, dans la salle, assister au prononcé du verdict.

Émue aux larmes, sa sœur Assa Traoré, devenue depuis 2016 une militante iconique de la lutte contre les violences policières, a estimé à la sortie du tribunal que "le chemin n'est pas fini", en référence à l'instruction toujours en cours à Paris sur les circonstances de la mort d'Adama. Détenu depuis quatre ans et demi, notamment en raison d'autres condamnations, Bagui, le "jumeau" de cœur d'Adama, a toujours clamé son innocence dans cette procédure.


La rédaction de LCI

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