#JauraisFaitCommeElle : en cavale avec sa fille depuis 11 ans, une mère condamnée à de la prison ferme

Y.R. avec AFP
Publié le 4 janvier 2023 à 19h35, mis à jour le 4 janvier 2023 à 21h40

Source : Sujet TF1 Info

Priscilla Majani a été condamnée en appel, mercredi 4 janvier, à deux ans et neuf mois de prison ferme, après 11 ans de cavale avec sa fille.
Elle voulait, disait-elle, vouloir mettre son enfant à l'abri d'un père, qu'elle accuse d'être auteur de viols et d'agressions incestueux.
Depuis quelques jours, de nombreuses personnalités et anonymes la soutenaient à travers le hashtag #JauraisFaitCommeElle.

En 2011, elle s'était enfuie, avec sa fille de cinq ans, après avoir accusé le père de viols et d'agressions sexuelles. Priscilla Majani, retrouvée 11 ans plus tard en Suisse avec sa fillette, depuis devenue adolescente, a été condamnée en appel, mercredi 4 janvier, à deux ans et neuf mois de prison ferme pour "soustraction d'enfant". En outre, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a ordonné son maintien en détention, sa privation de droits civiques, civils et de famille pendant une durée de trois ans.

La mère de famille, aujourd'hui âgée de 48 ans, a été condamnée à verser 30.000 euros à son ex-époux au titre du préjudice moral. Elle a été relaxée, en revanche, des chefs d'accusation de dénonciations calomnieuse et mensongère envers son ancien mari, qui avaient donné lieu à des condamnations contre elle, en 2015 et 2016, alors qu'elle était en cavale.

Une cavale qui a duré 11 ans

Pour comprendre cette affaire, il faut remonter au mois de février 2011. En instance de divorce, Priscilla Majani et son mari se déchirent autour de la garde de leur petite fille, Camille, née de leur union en 2005. La femme s'oppose à la garde alternée prononcée, en mai 2010, par la juge aux affaires familiales. Mais sa plainte à l'encontre de son ex-mari, qu'elle accuse de viol et d'agression sur leur enfant, est classée sans suite. Des faits que le père nie catégoriquement. Après avoir refusé de présenter sa fille à son père, comme l'y oblige la décision de justice, la mère s'enfuit, avec l'objectif, selon elle, de mettre sa fillette à l'abri. 

Pendant 11 ans, il n'y a aucune trace d'elles. Leur cavale prend fin en mars 2022, à la suite d'un banal contrôle routier en Suisse, où la quarantenaire se cache sous une fausse identité. Recherchée par Interpol, l'ingénieure militaire de formation et employée par la Direction générale de l'armement est extradée en août vers la France pour être jugée.

La fille confirme les accusations et porte plainte contre son père

En septembre, lors de son procès en première instance, devant le tribunal correctionnel de Toulon, elle est condamnée à cinq ans de prison. Une peine qui cumule deux précédentes condamnations, pour dénonciation calomnieuse et non-présentation de son enfant, prononcées en son absence. En novembre, lors de l'audience en appel, à Aix-en-Provence, l'avocat général requiert cinq ans de prison, dont quatre ferme. Il souligne l'importance du "traumatisme de la fille" de l'ancien couple, résultat d'une "séparation particulièrement conflictuelle" notamment autour de la garde de l'enfant. Le père affirme que son ex-épouse a "tout fait pour retirer l'enfant de la résidence alternée" qu'il avait obtenue.

À l'issue de ce procès, la peine de Priscilla Majani, maintenue en détention à la prise des Baumettes, à Marseille, est allégée à deux ans et neuf mois. Son avocate Me Sophie Benayoun, qui avait plaidé la relaxe, s'est déclarée "très déçue", annonçant former un pourvoi en cassation et chercher à obtenir en attendant son examen une libération conditionnelle. Cela "démontre un aveuglement de la justice face aux violences faites aux enfants", a-t-elle dit à l'AFP. "Madame Majani a été relaxée du chef de dénonciation calomnieuse, ça veut bien dire qu'elle n'a pas menti, qu'elle a rapporté la parole de sa fille et que c'est une mère protectrice".

Selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux, quelques soutiens de la mère de famille s'étaient rassemblés près de la cour d'appel d'Aix pour manifester leur soutien à la prévenue, qui a bénéficié de l'appui de diverses personnalités réunies sous le hashtag #JauraisFaitCommeElle, à l'instar d'Enora Malagré, Alex Lutz ou Catherine Marchal. 

Placée sous curatelle en Suisse, la fille du couple, aujourd'hui âgée de 17 ans, a porté plainte contre son père auprès de la justice helvétique pour des faits de violences psychologique, physique et sexuelle. Le 30 décembre, Camille a confirmé les accusations de sa mère dans une vidéo sur YouTube.


Y.R. avec AFP

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