L'affaire Penelope Fillon

EN DIRECT - 2 ans de prison ferme pour François Fillon : "Il est en colère", déclare son avocat Antonin Lévy sur LCI

La rédaction de LCI
Publié le 29 juin 2020 à 20h50, mis à jour le 30 juin 2020 à 8h41
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Source : Sujet TF1 Info

AUDIENCE - Les avocats de François Fillon demandaient une réouverture du procès pour faire la lumière sur d'éventuelles "pressions" pendant l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de son épouse. Mais l'ancien Premier ministre, sa femme Penelope et son ancien suppléant Marc Joulaud ont été déclarés coupables par le tribunal correctionnel. Ils font appel.

"UNE DÉCISION LOURDE"


Invitée chez Elizabeth Martichoux ce mardi matin, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, réagit ce matin à la condamnation de François Fillon. 

L'AVOCAT DE F. FILLON S'EXPLIQUE


Sur LCI ce lundi soir, Me Antonin Lévy revient sur l'état d'esprit de son client  : "François Fillon est assez en colère. Pour deux raisons : les mots sont durs et sont en partie injustes. Une telle sévérité n'est sans doute pas justifiée et, à la lecture du jugement, assez injustifiables.  Il est également en colère parce que tous les éléments de ces derniers jours qui démontrent, comme on le pense, qu'il y a quelque chose de problématique dans cette enquête ont été simplement éludés", explique le conseil de l'ancien Premier ministre, après la condamnation de ce dernier ce 29 juin  à deux ans d'emprisonnement ferme et à une lourde amende pour les emplois fictifs de son épouse Penelope. Les époux Fillon ont fait appel de ce jugement. 

"François Fillon est assez en colère" : Antonin Lévy, l'avocat de l'ex-Premier ministre revient sur la condamnation de son clientSource : TF1 Info
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L'oeil de LCI

LA DÉFENSE DE FILLON 📺


A 20H30, quelques heures après la condamnation de son client, Me Antonin Lévy, l'avocat de François Fillon, est l'invité de LCI (canal 26).

"STUPÉFACTION" CHEZ LR


Plusieurs responsables des Républicains ont apporté leur "amitié" à François Fillon et dit leur "stupéfaction" après sa condamnation.


"Soutien amical à François Fillon. Stupéfait de la sévérité de la décision rendue par le tribunal correctionnel", a affirmé sur Twitter le président de LR Christian Jacob, se disant "persuadé que l'appel permettra de faire la lumière sur la procédure, et notamment le rôle du PNF" (le parquet national financier).


Pour le député des Alpes-maritimes Eric Ciotti, cette condamnation "terriblement lourde" s’inscrit "dans la continuité d’un scénario politico-judiciaire dont on connaissait l’issue avant même le dénouement".

François Fillon condamné : du LR au RN en passant par LaREM, les réactions politiquesSource : TF1 Info
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Sur Twitter, le sénateur LR réagit à la condamnation de celui dont il est resté proche. 

REACTION


Sur LCI, Farah Zaoui, de l'association Anticor, revient sur le jugement rendu aujourd'hui dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon. Elle salue un "premier bon signal" alors que les époux Fillon ont annoncé qu'ils faisaient appel de cette décision. 

Les époux Fillon condamnés : "On salue la décision du juge", la réaction d'AnticorSource : TF1 Info
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RÉACTION


"La forme est désastreuse, c'est un procès politique qui a eu lieu et ça n'a pas été pris en compte par les juges", réagit Bernard Debré, le conseiller LR de Paris.  "On s'est fait voler l'élection présidentielle bien entendu", déplore l'ancien ministre.

L'AUDIENCE EST LEVÉE

CONDAMNATION SÉVÈRE


Les trois prévenus sont appelés à la barre. La présidente prévient que la condamnation sera sévère. 


Le tribunal prononce une peine de 5 ans d'emprisonnement dont 3 avec sursis à l'encontre de François Fillon, 375 000 euros d'amendes et une peine d'inéligibilité de 10 ans.


A l'encontre de Marc Joulaud, le tribunal prononce une peine de trois ans de prison avec sursis,  20.000 euros d'amende avec sursis et une peine d'inéligibilité de 5 années pour Marc Joulaud


Penelope Fillon est condamnée à une peine de trois ans de prison avec sursis, une amende de 375 000 euros et une peine d'inéligibilité de 2 ans

"MISE EN PLACE D'UNE ORGANISATION"


"Pendant neuf ans , François Fillon a élaboré et mis en place une organisation permettant de détourner la quasi totalité à son profit du crédit collaborateur de l’une ou l’autre des deux assemblées", continue la présidente Nathalie Gavarino.


Le tribunal a calculé ce détournement a 67.064 euros  par an et 5.588 euros / mois. Soit un total de 1.155.701 euros.  La majeure partie des faits a été commise alors que François Fillon était parlementaire.


"François Fillon a continué à éroder la confiance que lui ont donné les citoyens", estime le tribunal.


Les trois prévenus écoutent attentivement la présidente qui vient de les déclarer coupable".


La présidente pointe à plusieurs reprises "l'enrichissement personnel" des Fillon.



"Elle ne pouvait ignorer qu'elles commettaient des infractions", poursuit la présidente.

REVUE DES DEUX MONDES 


Concernant l'emploi de conseiller littéraire à la Revue des deux Mondes de Penelope Fillon, le tribunal parle "d'inconsistance de cet emploi", d'une "embauche de complaisance". Penelope Fillon s'est "rendue complice d'abus de biens sociaux". Il n'est pas contesté que Penelope Fillon ait rédigé des notes de lecture mais elles n'entraient pas dans le cadre du contrat de travail

 François Fillon est à l'origine de ce contrat. Il a eu un rôle déterminant dans cette embauche. 


Mais Penelope Fillon n'avait aucun moyen d'assurer la mission qui lui était confiée  Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la Revue des deux mondes. 

ENFANTS FILLON


Pour le tribunal, les recrutements de Penelope Fillon n'obéissent à aucune logique ni en terme de montant de la rémunération ni en terme de tâches accomplies. Rien ne démontre qu'elle ait joué un rôle dans le traitement des dossiers.


Marc Joulaud en recrutant et en rémunérant Penelope Fillon a lui aussi volontairement détourné des fonds publics.


Concernant l'emploi des enfants Fillon, de nombreux éléments démontrent, selon ke tribunal, que Marie Fillon a bien travaillé pour son père jusqu'en 2006 mais il n'y en a aucune trace pour la période qui suit. Pour Charles Fillon: son haut niveau d'étude et le temps qui est consacré ne lui permettraient pas d'effectuer d'autres actes pour son père. 

"PAS DE RÉELLES PRESTATIONS DE TRAVAIL"


Pour le tribunal, le principe de séparation des pouvoirs ne fait pas obstacle. 

"L'emploi de Penelope Fillon était un soutien qu’elle avait décidé d’apporter à la carrière de son époux, député. (...) La rémunération de Penelope Fillon était sans proportion avec l'activité", détaille la présidente de la 32 chambre. 


Pour le tribunal, Penelope Fillon "n’avait pas le rôle qui lui a été prêté". "Si elle transmettait le courrier, elle ne le traitait pas. Cette tâche incombait alors à une autre secrétaire". 


"Les recrutements de Madame Fillon "n’obéissent à aucune logique ni en terme de montant de rémunération, ni en terme des tâches effectuées, en réalité, par d’autres collaborateurs", explique le tribunal. Penelope Fillon "n’a jamais effectué de réelles prestations de travail, au-delà de quelques tâches. En tout cas, rien qui n’aurait pu justifier la rémunération perçue", continue la présidente de la 32e chambre du tribunal correctionnel.

"DÉCLARÉS COUPABLES" 


Nathalie Gavarino  préside de la 32e chambre correctionnelle . La présidente a décidé de ne pas rouvrir les débats comme l'avaient demandé les avocats. 


Le tribunal rend donc son jugement. Les trois prévenus François Fillon, Penelope Fillon et Marc Joulaud sont reconnus coupables des faits qui leurs sont reprochés. 

OUVERTURE DE LA SALLE D'AUDIENCE


La salle d'audience devrait ouvrir d'ici quelques minutes à la presse et au public. L'audience doit elle reprendre à 13h30.

REQUISITIONS 


Après deux semaines et demi d'audience au procès de soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon,   le parquet national financier avait requis le 10 mars contre François Fillon cinq ans de prison, dont deux ferme, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité. Une peine non aménageable.


Trois ans avec sursis et 375.000 euros d'amende ont été requis contre Penelope Fillon. Et deux ans avec sursis et 20.000 euros d'amende contre Marc Joulaud, actuel maire de Sablé-sur-Sarthe.

COMMUNIQUÉ DE LA DÉFENSE


Cinq jours après les déclaration d'Eliane Houlette et les retranscriptions dans la persse, Me Antonin Lévy, Me Pierre Cornut Gentille et Me Jean Veil, avocats de la défense écrivaient  dans un communiqué daté du 23 juin  : "En notre qualité de conseils de Pénélope et François Fillon et de Marc Joulaud, nous venons de saisir ce jour la 32ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris d’une demande de réouverture des débats afin que les évènements récents puissent être discutés entre toutes les parties. Il nous apparait en effet que les questions soulevées par l’audition de l’ancienne Procureur de la République financier devant une Commission d’enquête parlementaire ainsi que la saisine du Conseil Supérieur de la Magistrature éclairent d’un jour nouveau les dysfonctionnements que nous avons dénoncés dès le début de la procédure".


Le tribunal indiquera ce lundi s'il accepte ou non cette réouverture des débats.

JUGEMENT RENDU CE LUNDI ...OU PAS


Plus de trois mois après sa mise en délibéré le 11 mars 2020,  le jugement de François Fillon, de son épouse Penelope et de son ancien suppléant à l’Assemblée nationale Marc Joulaud doit être rendu lundi 29 juin au tribunal correctionnel de Paris.


Mais le 18 juin dernier,  des déclarations troublantes ont changé quelque peu la donne. Devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’indépendance de la justice,  Éliane Houlette, ancienne patronne du Parquet national financier (PNF),  a en effet indiqué avoir subi début 2017 des "pressions " multiples de sa hiérarchie, via la procureure générale de Paris  Catherine Champrenault qui souhaitait avoir une "transmission rapide" des  actes d’investigation concernant François Fillon, alors en  campagne présidentielle. La procureure, à la retraite depuis un an, a ensuite précisé que ces "pressions" "étaient d'ordre purement procédural".


Suite à ces déclarations, les avocats du couple Fillon ont demandé une réouverture des débats. La présidente de la 32ème chambre correctionnelle de Paris, Nathalie Gavarino, dira d'abord si elle accepte ou non de rouvrir les débats, comme le réclament les conseils de François Fillon, de son épouse Penelope et de Marc Joulaud, l'ancien suppléant du député Fillon dans la Sarthe.


Si la présidente accepte, cela pourrait reporter le jugement de plusieurs mois.Si elle refuse, elle rendra sa décision dans la foulée.

AUDIENCE SUSPENDUE


Délibéré donc le 29 juin à 13h30

"RIEN A AJOUTER "


Les trois prévenus se succèdent à la barre et répètent: "Je n'ai rien à ajouter"


Le délibéré sera rendu le lundi 29 juin à 13h30. 

"BESOIN DE PENELOPE"


"En 2002, Marc Joulaud a tout simplement besoin de Penelope Fillon. Elle a apporté à Marc Joulaud une crédibilité locale. Elle était une source d'information formidable au niveau local. Elle était connue de tous. Elle discutait naturellement avec les habitants. Ce qui n'était pas le cas au début de Marc Joulaud qui préférait travailler sur ses dossiers dans son bureau", poursuit Me Léornor Hennerick, avocate de Marc Joulaud.


"Elle a pu représentée aussi Marc Joulaud au cours d'événements locaux, indique-t--elle. Elle a également participé à la mise en avant de lieux dans la Sarthe. Et elle s'est occupée enfin de la coordination avec Paris". 


"La poursuite est emmurée dans ses schémas et ne peut comprendre qu'un contrat peut-être oral, s'agace l'avocate.  (...) Marc Joulaud a employé Penelope Fillon dans le strict respect des règles de l'Assemblée nationale". 


Elle dit que Marc Joulaud et sa famille ont été très éprouvés par cette affaire. Elle évoque la perquisition, les larmes de la fille de Marc Joulaud...


"Marc Joulaud est un homme dévoué à la collectivité depuis plus de 30 ans, il n'a rien à faire dans ce prétoire. Vous n'aurez d'autres choix que de le relaxer".

PLAIDOIRIE 


Me Léonor Hennerick débute sa plaidoirie, elle revient aussi sur les dates de ce procès,  procès qui s'achève à cinq jours du vote pour les municipales. 


"Les parlementaires recrutent librement leur assistant, on l'a répété", dit-elle. 

FIN DE LA PLAIDOIRIE DE JEAN VEIL

"JETER EN PÂTURES"


L'avocat de Marc Joulaud poursuit sa plaidoirie. "Je trouve qu'il n'était pas bien dans le dossier Fillon d'ouvrir aussi vite ces procédures, de jeter en pâtures les intéressées dans les conditions dont cela a été fait". 


"Marc Joulaud a totalement respecté la loi", soutient-il. 

ME JEAN VEIL


Pour Me Veil, Penelope Fillon a beaucoup aidé Marc Joulaud. "il avait besoin d’une aide, et cette aide, personne mieux que Mme Fillon ne pouvait lui apporter". Sur la rémunération de Penelope Fillon, Jean Veil assure que Marc Joulaud  n'est pas "jaloux". 


Remarque personnelle de Jean Veil :"Moi qui vote depuis des années, je me rends de la baisse de qualité des parlementaires". 


 

TIMING


Me Jean Veil, avocat de Marc Joulaud, "Que cette affaire vienne au moment où il y a les élections municipales, c’est quand même assez surprenant". (Marc Joulaud brigue un troisième mandat à Sablé-sur-Sarthe).




"

L'AUDIENCE A REPRIS


L'audience a repris il y' a une dizaine de minutes. Me Jean Veil, avocat de Marc Joulaud a débuté sa plaidoirie. Il est debout à la barre. "Je pense que tout a dit donc je pense que je serai relativement court" débute-t-il. 

AUDIENCE SUSPENDUE JUSQU'À 16h30

"VOUS JUGEREZ EN DROIT"


""J'ai souvent entendu dire que dans ce dossier vous ne pourriez que condamner parce que si vous ne condamniez pas, cela voudrait dire que l'élection aurait été confisquée au peuple français. Je suis intimement convaincu qu'il n'y a aucune raison de vous faire cette injure. Vous jugerez en droit, en fait, et vous relaxerez Mr Fillon", conclut Antonin Lévy. 

HATVP


Concernant la HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique), Me Lévy considère que c'est "n'importe quoi". "

CHARLES ET MARIE


"Concernant Charles et Marie (Fillon ndlr), le mot relaxe n'est pas un gros mot, on a le droit de le prononcer même quand on est le ministère public, dit Me Lévy. La preuve de leur travail a été apportée". (Ils ne sont pas poursuivis). 


"Vous devrez avoir la même logique concernant leur mère Penelope Fillon", poursuit Me Lévy.

"SÉPARATION DES POUVOIRS"


Me Lévy en vient à la question de la séparation des pouvoirs : "Ce que nous soutenons, c’est que l’appréciation de la valeur d’un travail accordé par un parlementaire ne relève pas du pouvoir du juge judiciaire". 

"ROLE SOCIAL DE L'ÉPOUSE"



Me Lévy :"La question, c’est de savoir si Madame Fillon a suffisamment travaillé. En qualité ou en quantité. Mais ce n’est pas le débat. Je sais, cela peut être frustrant pour le ministère public. Mais l’ordonnance de renvoi des époux Fillon parle d’un emploi fictif.".


Me Lévy, très énervé, en vient au "rôle social de l'épouse". "Ça veut dire quoi ? c'est quoi ? On vous dit que le rôle de la femme est d'être à côté de son époux. Pardonnez-moi, de lui pondre des gosses ! C'est même pas le XXe siècle mais le XIXe siècle. C'est madame Dambreuse dans l'Education sentimentale ? C'est de la mauvaise littérature". 

DEJEUNER MILITANT


Me Lévy tient en main un document, un plan de table pour un déjeuner militant avec 3 tables,  l'une présidée par François Fillon, l'autre par Penelope et la dernière par Marc Joulaud. 

RÉCEPTION DES ADMINISTRÉS


"Sur la réception des administrés au domicile, "vous avez plusieurs témoins qui attestent de cette pratique peut-être sarthoise", continue Me Lévy. Il ironise en disant que non, il n'y avait pas devant le domicile des Fillon d'appareil pour distribuer des tickets avec des numéros pour que les gens puissent avoir chacun leur tour, "comme à la Sécu".

COURRIER


"Cette audience nous a appris que La Poste a pu faire fortune avec le courrier, si tous les députés recevaient autant de courrier que Mr Fillon", commence Me Lévy donnant le chiffre de 566 députés. 


" Si Penelope Fillon voyait la secrétaire de son mari pour lui transmettre le courrier, c'est bien qu'il fallait discuter des réponses à y donner, pas une simple transmission", lance l'avocat. 

DISCOURS


Autre mission de Mme Fillon : les discours. "Enterrement, commémoration, repas des anciens. Le repas des anciens mérite autant d'attention qu'un discours en haut du perchoir. C'est aussi ça la politique", lance Me Lévy. 


"Mr Fillon disposait de petites notes, d'éléments de langage que lui faisait Penelope Fillon. Ces notes n'avaient aucune raison d'être gardées", poursuit l'avocat.


Il parle d'un mail évoquant des éléments pour la rédaction d'éloges funèbres. "Soit Penelope Fillon aimait particulièrement les personnes décédées et avait plaisir, le soir, à lire des notices biographiques des gens morts. Soit Penelope Fillon avait pour rôle de recueillir les éléments pour les discours que François Fillon devait prononcer".

MISSIONS DE PENELOPE


Me Lévy revient sur la mission de "représentation" de Penelope Fillon. 'La représentation du député rentre parfaitement dans les missions du collaborateur, contrairement à ce qu'affirme l'accusation", insiste Me Lévy. 


"La représentation, il y a deux volets : remplacer le député ou savoir l'aiguiller," poursuit l'avocat. (...) Penelope Fillon a assisté son mari. Elle avait une connaissance fine des événements où il devait aller, elle  vous l'a dit. Elle connaissait son agenda". 


"Vous avec 18 attestations soutenant le rôle de 'représentation' de Penelope Fillon, attestant de la réalité de cette mission", insiste Me Lévy.

RÉALITÉ DU TRAVAIL


"Puisque tout est fictif, je devrais être bref", commence Me Lévy. 


"Le 30 janvier 2017 en audition libre, vous avez ces deux-là (les Fillon, ndlr) qui viennent face aux enquêteurs. Vous ferez l'exercice de voir la concordance de leurs réponses. Soit ils se sont accordés, soit ils disent la vérité. Ce qui n'est pas exclu", poursuit Me Lévy. 


Une enquête préliminaire avait été ouverte le 25 janvier sur les chefs de détournement de fonds publics, d’abus de biens sociaux et de recel de ces délits. Le maire de Sablé, ex-employeur de Penelope Fillon, sera auditionné dans la semaine.  Pendant cinq heures, le 30 janvier, le couple Fillon avait été interrogé par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF).


Me Lévy revient maintenant sur ces personnes qui connaissaient le travail le Mme Fillon et d'autres qui savaient ce qu'elle faisait mais qui ignoraient le rapport contractuel. 


"Quatre préfets confirment le rôle et les fonctions qu'elle avait auprès de son époux. Quelle raison auraient-ils de venir mentir?", poursuit Me Lévy. 

LE BADGE DE BENALLA


"Absence de badge, d'adresse mail. Mr Benalla avait un badge pour l'Assemblée nationale, il dit que c'était pour aller à la salle de sport. Le badge n'est pas un indice. Je vous laisse juger de l'importance de ce badge",  ironise Me Lévy. 

CONTRAT D'ASSISTANT PARLEMENTAIRE


Me Lévy :"Le contrat d'assistant parlementaire, cessons d'en fait un contrat comme un autre. (....)  Il nécessite une confiance entre l'assistant et son employeur". 


"On s'est beaucoup moqué de l'oralité de la mission de Mme Fillon. Peut-être est-ce intéressant de voir comment font les autres", continue Me Lévy. Il cite plusieurs assistants qui n'ont rien gardé, un autre qui n'avait même pas d'adresse mail ou de bureau, une autre qui indique qu'elle ne sait pas "si son travail était quantifiable". 


"On indique que Mme Fillon n'apporte pas la preuve des revues de presse qu'elle réalisait. Très bien, si elle ne les faisait pas, quelqu'un d'autre les faisait. Où sont-elles alors ?", interroge Me Lévy. 

TÉMOIGNAGES


Me Lévy revient sur les nombreux témoignages figurants dans l'ORTC et qui ont eux aucun intérêts selon lui, ceux notamment de personnes qui ne connaissaient même pas Penelope Fillon. 


Il reprend  le témoignage d'un opposant politique "battu 9 fois par François Fillon ! 9 FOIS ! Mais qui dit n'en garder aucune rancune.. ""Lui il est entendu tout de suite!", souligne la robe noire.


"Nous avons les journalistes qui sont la preuve absolue et cardinale, soyez-en flatté, continue Me Lévy en regardant les bancs de la presse, de la fictivité de l'emploi de Penelope Fillon". Huit journalistes ont été entendus rappelle l'avocat. 


Il parle d'un journaliste de l'AFP à Rennes, qui ne couvre que des événements nationaux, sur 21 départements. "Quant à Mme Fillon, je peux dire qu'on ne la voyait jamais". Le journaliste cite l'exemple d'un comice agricole. Me Lévy insiste sur le fait que 3 préfets le contredisent sur ce point.  "3 préfets à qui il convient d'accorder le plus de crédit". 


Un autre du Maine libre, "qui se déplace rarement à Sablé, et qui est incapable de donner le nom d'un assistant parlementaire de François Fillon"."A ce moment-là, il fallait poursuivre tous les assistants parlementaires, si c'était une preuve de la fictivité", dit Me Lévy.


"Je suis désolé c'est long mais c'est pas moi qui ai fixé le nombre de témoins", s"excuse Antonin Lévy. 


Quant à la biographe de François Fillon n'a vu sa femme que 30mn. "Elle n'est pas pertinente pour dire s'il ya avait ou non un emploi fictif de Mme Fillon". 


"Je termine par mon préféré, celui de Michel Aubry", dit Me Lévy qui cite un article de l'Orne Hebdo. Article intitulé "Fillon ou la délectation morose". 

L'article débute ainsi :"Ancien membre des Renseignements généraux (RG) en poste dans la Sarthe, Michel Aubry a côtoyé François Fillon, de décembre 1995 à mai 2008". La suite de l'article :"Alors, Pénélope ? « Nous, Renseignements généraux, on ne l’a jamais vue. Nos interlocuteurs, c’était Pierre Molager qui faisait un vrai travail astreignant d’assistant comme naguère Anne Koenig-Haguet, puis Marc Joulaud, attaché à son cabinet, successivement au Département puis à la Région".


"Si ça se trouve il n’est pas membre des RG cette personne est complètement folle", déclare l'avocat disant que ceci n'a même pas été vérifié.


"Vous prendrez avec parcimonie ce témoignage", dit Me Lévy qui depuis quelques minutes maintenant fait rire toute la salle. 

COSTUMES


Me Lévy ironise sur le fait qu'on ait entendu le tailleur de chez Berluti. "Il a livré, dans un PV de 11 pages,  des informations essentielles, ironise Me Lévy. Un costume, c'est environ 4m2 de tissu. C'est intéressant, fondamental pour l'enquête... Ce soir, on s'endormira tous avec cette information essentielle". 

TÉMOINS


"44 personnes entendues hors mis en cause", rappelle Me Lévy. "Qui sont-ils ?" Il va citer tous les témoins, prévient-il. Et il commence... 


Il cite des témoignages de personnes qui ont témoigné, mais qui n'ont pas été entendues. Pourtant il y avait toutes les coordonnées, ces témoignages étaient clairs et circonstanciés. 


"Pour être entendu par les enquêteurs, il faut dire que Penelope Fillon n'a jamais travaillé", tacle Me Lévy. Il parle d'un témoin de la perquisition au domicile qui n'a pas été entendu, alors que le jardinier, oui. "Ça questionne sur le choix des personnes entendues", dit-il. 


Il rappelle que Mme Lelièvre, interviewée dans Envoyé Spécial, ne fait même pas l’objet d’une retranscription alors qu’on a pris un traducteur assermenté pour l’interview au Sunday Telegraph... 

"PAS DE BUNKER SOUTERRAIN"


Me Lévy : "La perquisition à Beaucé, on dit que si on garde des fiches de paie on doit aussi garder la trace d'un travail. 47 cartons ministère à Beaucé, 27 cartons PM, qui manifestement ne se rattachent pas à l'activité de François Fillon comme député". 


Il continue :  "Il n'y a pas à l'Assemblée nationale de bunker souterrain de plusieurs centaines de mètres où seraient gardés les centaines de courriers que reçoivent les députés. Ces courriers sont détruits à la fin de chaque mandature, tout simplement pour faire de la place". 

PERQUISITIONS


Me Lévy :"La manière dont la preuve a été collectée est éclairante sur la manière dont cette instruction s'est déroulée. Double perquisition à l'Assemblée nationale. Pas fréquent dans un dossier d'avoir une perquisition réitérée par les mêmes enquêteurs..."


"31/01/17 : les enquêteurs ont pris deux docs papiers, deux enveloppes, deux pochettes cartonnées vides..."


Deuxième perquisition ;"Boîte de courrier saisie".  Les enquêteurs ont conclu après dix heures de travail que 38 documents sur les 1626 portaient la mention PF (Penelope Fillon). "Des courriers, il y en a d'autres, mais on ne les a pas exploités", affirme-t-il.

PRÉVENTION


Me Lévy revient sur la prévention. "J'invite chacun à savoir ce qu'il faisait en 1981. Pas le jour de l'élection de Mitterrand", dit-il. "L'ancienneté de la preuve rend difficile la réunion des éléments qui permettent à votre tribunal de statuer pleinement".


"J'avais conseillé à François Fillon de ne pas parler, de garder le silence devant les enquêteurs. Il n'a pas suivi mon conseil, c'est son droit", explique Me Lévy. "Et on vient pointer ses contradictions dans ses déclarations?" ironise-t -li.


"Il a le droit de mentir, il ne l'a pas fait non plus", poursuit Me Lévy. 

"UN RÉPUBLICAIN"


Me Lévy :" François Fillon est un républicain au sens institutionnel du terme. Il sait et connait le respect à l'égard de l'autorité judiciaire". 

"ENQUÊTE FOLLE"


Me Lévy débute sa plaidoirie : "Dans cette époque de passion et de discrédit de la politique, tout a été dit, sauf l’essentiel. Il a été dit d’une part qu’il fallait absoudre François Fillon parce qu’il n’avait pas été pire que les autres.(...) Une chose a été absente. C’est une chose toute simple qui s’appelle la vérité. Et c’est d’elle dont je voudrais vous parler. Ce dossier pose une double question démocratique.  Comment concevons-nous la politique et son exercice en 2020 ? Comment concevons-nous encore la question de la présomption d’innocence ?". 


Me Lévy poursuit et critique une "enquête folle": " 14 perquisitions, 44 personnes entendues en dehors des mis en cause, 106 scellés". Il parle brièvement des costumes et annonce qu'il reviendra "là-dessus". Il parle des factures de mobile regardées de près... 


"François Fillon a été d'un respect absolu envers l'autorité judiciaire", souligne Me Lévy. Il a toujours respecté les magistrats en face de lui, je ne suis pas certain que l'on puisse dire que la réciproque a toujours été vraie. Il n'a jamais fait jouer une immunité parlementaire. Il n'a jamais refusé de déférer à la moindre dérogation..."

FUITES DANS LA PRESSE


Me Lévy revient sur les fuites dans la presse, Le Monde en l'occurrence, le 7 février 2017. "Manifestement, les interrogatoires ont été transmis ou au moins lus à des journalistes", insiste Me Lévy. Le parquet avait expliqué que la fuite de ce PV en enquête préliminaire n’était pas forcément d’origine judiciaire. 


Me Lévy explique que la plainte déposée n'a donné lieu à aucune vérification. Il rappelle que dans le texte, il y a "14 occurrences de violation du secret professionnel", indique Me Lévy. 


"On est certain que la fuite ne peut pas venir de nous", poursuit Me Lévy. In continue : "L'ORTC, elle,  est un roman à charge qui a été transmis massivement dans une partie de la salle". 

ME LÉVY


Me Lévy commence sa plaidoirie : " Dans cette période de passion et discrédit, tout a été dit sauf l'essentiel (...)   Il a été dit d’une part qu’il fallait absoudre François Fillon parce qu’il n’avait pas été pire que les autres. Il a été dit qu'il fallait le condamner parce qu’il aurait dû se montrer plus exigent que les autres et qu’il aurait dû, compte tenu de ses fonctions, ne pas faire comme les autres"

Une chose a été absente des réquisitions du ministère public, la vérité, et c'est d'elle dont je voudrais vous parler". 


"La question de la présomption d'innocence, j'aimerais qu'on s'y attarde un peu. Il y a le secret de l'instruction qui doit protéger la présomption d'innocence. (..) J'ai entendu hier beaucoup d'éléments du ministère public qui s'attaquaient à la défense". 


"Venir s'en prendre à la défense de François Fillon, c'est venir s'en prendre au droit de la défense. La défense se doit d'être stratège, machiavélique". 


"Ce que l'on reproche à Mr Fillon c'est de se défendre, de se victimiser. Je revendique le droit de le défendre. Il revendique le droit de se défendre"

L'AUDIENCE EST REPRISE

SALLE COMBLE


Les époux Fillon viennent d'arriver dans la salle. François Fillon a repris sa place entre son épouse Penelope et Marc Joulaud.

On va reprendre avec ls plaidoiries de la défense. 


La salle est comble. Pour la première fois d'ailleurs. la salle de retransmission est ouverte. 

L'AUDIENCE VA REPRENDRE 


L'audience va reprendre dans quelques minutes. La salle se remplit. Tout le monde discute. Marc Joulaud est arrivé dans la salle. Les époux Fillon ne sont pas encore là. 

Procès Fillon : les plaidoiries de la défense ont débutéSource : TF1 Info
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AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue, elle reprendra à 14h30.

PARANOÏAQUE


Me Cornut-Gentille revient sur le caractère discret de Penelope Fillon: "Elle ne se met jamais en avant, elle ne sait pas se faire valoir. Elle dit :'Je me suis recroquevillée sur moi-même' depuis cette affaire. "A chaque interrogatoire qu'elle a eu, c'est sa personnalité qui était remis en cause: 'timide comme vous êtes', 'vous n'étiez que la femme de François Fillon, ce que vous avez fait, n'importe quelle femme le fait'". 


Elle dit: "Je crois que je suis devenue paranoïaque, à chaque fois j'ai le sentiment que j'ai été observée, mise à nue". 


"Vous lui contestez d'exister, vous en faites une femme victime, et vous dites que vous avez de l'empathie pour elle", s'énerve l'avocat qui plaide la relaxe. 

"En la relaxant, vous ne lui rendrez pas sa sérénité, vous ne lui rendrez pas son honneur, mais vous lui rendrez justice", conclut-il.  

NOTES DE LECTURE


Me Cornut-Gentille revient sur les notes de lecture de Mme Fillon pour La Revue des deux mondes. "Si elle n'avait pas retrouvé les autres documents, vous n'auriez pris en compte que les deux fiches publiées. Vous auriez dit :'elle ment!'". (Onze fiches au total ont été rédigées et deux seulement publiées mais les 9 autres ont été retrouvées).


"Vous avez la preuve du travail qui a été accompli, du sérieux, et de l'intérêt qu'elle trouvait à exercer une fonction en dehors de la sphère politique, assure l'avocat.

MARC LADREIT DE LACHARRIÈRE


"Le fait que Marc Ladreit de Lacharrière ait reconnu les faits n'implique pas que nécessairement que Penelope Fillon doit être reconnue coupable. D'ailleurs, il s'attribue la faute de ne pas avoir suffisamment veillé à ce qu'on lui donne du travail", plaide Me Cornut-Gentille. 


Marc Ladreit de Lacharrière  a été condamné en décembre 2018 pour abus de biens sociaux au terme d'une procédure distincte de "plaider-coupable".

REVUES DE PRESSE


"Les revues de presse, ça c'est vrai, n'importe quel collaborateur local aurait pu les faire. On n'en a pas garder la trace, la semaine passée, ça n'avait pas d'intérêt", commente Me Cornut-Gentille.

MANIFESTATIONS LOCALES


"On nous dit qu'il n'y a pas de photos de Penelope Fillon. Il y en a. Très anciennes. Elle était jeune ça l'amusait de voir sa photo dans le journal", indique Me Cornut-Gentille. 


"Les journalistes ont dit qu'elle allait très souvent au festival de musique baroque de Sablé, pourtant, il n'y pas de photo", pointe l'avocat.

"PLUS-VALUE?"


Me Cornut-Gentille : "Quelle plus-value? On vous oppose qu'il n'y a pas de traces de ses interventions. Les lettres ne portent pas ses initiales. Il est établi que Penelope Fillon intervient. Elle ne rédige pas les courriers, c'est Mme Fourmont. Mais sa plus-value est là: il arrive au domicile de Sablé 30 ou 40 courriers par semaine. Quel est son rôle : elle ouvre, trie et lit ce courrier. C'est un petit travail, mais il n'y a pas que ça. A partir du moment où il y a des demandes d'interventions, elle est en lien avec Mme Fourmont". 


Penelope Fillon sait mieux que Mme Fourmont, selon l'avocat, rediriger telle personne sur telle personne... "Sylvie Fourmont aussi excellente qu'elle soit, elle n'a pas la confiance de François Fillon de ce point de vue-là, il vous l'a dit. Sylvie Fourmont,  elle n'est pas ses yeux et ses oreilles contrairement à Penelope Fillon". 


"La plus-value est-elle considérable? Si vous regardez du point de vue du gain de temps pour le député oui", assure l'avocat.

2012-2013


Me Cornut-Gentille sur la période 2012-2013: "Là on a des archives. On a retrouvé dans l'armoire de Sylvie Fourmont (secrétaire historique de François Fillon ndlr) des documents que nous avons fournis au dossier et nous avons donné des exemples. Egalement le contenu de la boîte mail de Mme Fourmont, 60 échanges. Les enquêteurs eux se sont bornés à compter le nombre de pochettes  qu'il y avait dans le bureau de Sylvie Fourmont, 1626 retrouvées dans le bureau de Mme Fourmont, les avocats de la défense en ont fournies 38, c'est 0,2% du courrier du parlementaire, ont-ils dit". 

DOCUMENTS ÉPARS


"On a retrouvé des documents épars. Il n'y a pas de système d'archivage à l'Assemblée. Sauf quelques discours, peut-être plus importants", continue Me Cornut-Gentille.

"INTIME CONVICTION"


Me Cornut-Gentille :"Comment pour vous forger une intime conviction allait vous prendre en compte le nombre réduit d'écrits? Penelope Fillon ne disposait pas d'un ordinateur. Elle faisait des notes manuscrites pour François Fillon. Elle lui notait des anecdotes, des éléments biographiques sur les gens qu'il allait rencontrer, sur les associations. Elle remettait les notes à son mari et elles étaient jetées après. Moi avant cette audience, j'ai pris des notes, je fais toujours ça, puis j'ai fait un plan. Mes notes manuscrites sont ensuite supprimées. Quand on vous dit : preuve à charge, on a pas de note, c'est pas vrai, c'est pas une preuve". 

"CÉCILIA SARKOZY"


"C'est important aussi qu'elle soit telle qu'elle est. Mme Fillon est discrète, elle ne se met jamais en avant, elle est timide. Mais ça ce sont des qualités aux yeux des électeurs", dit Me Cornut-Gentille. 

"Dans la Sarthe, vaut-il mieux avoir Cécilia Sarkozy ou Penelope Fillon comme assistante parlementaire ?", interroge-t-il. (rires dans la salle).


Il assure que tous les collaborateurs, Pierre Molager... savaient que Mme Fillon avait cette fonction d'assistante. "Tous ceux qui avaient des raisons de savoir savaient. Il rappelle que  5 préfets ont été interrogés et qu'un seul n'avait pas souvenir. 


"Madame Fillon était "les yeux et les oreilles de son mari' ont dit certains, c'est exactement ce qu'elle était", souligne Me Cornut-Gentille.

"QUALITÉ DE LA MISSION"


Me Cornut-Gentille, avocat de Penelope Fillon: "J'en viens aux questions que vous vous posez: la qualité de sa mission? Puis, qui savait? Puis, quelles conséquences vous pouvez tirer ? Enfin, quelle plus-value a-t-elle apportée? 


"La première question est fondamentale. Quelle était sa mission. Pourquoi c'était mieux que ce soit elle que quiconque?", poursuit l'avocat. 


"Elle était plus que quiconque apte à remplir la mission, soutient l'avocat. Il s'agit d'une circonscription rurale en partie, composée de 80 petits villages. Evidemment, s'il avait été l'élu d'une circonscription urbaine, il n'aurait pas fait appel à Penelope Fillon. Dans une circonscription rurale, elle avait une relation personnelle, un rôle d'échange, elle entretenait le contact avec les gens. Aux yeux des électeurs, elle n'est pas un simple collaborateur, c'est Mme Fillon, c'est elle qui permet de faire le lien. Et pour eux c'est mieux de s'adresser à l'épouse qu'à l'assistante".


Il poursuit : "Les électeurs se moquent de savoir si elle est payée ou non, ce qu'ils veulent, c'est rencontrer la femme de François Fillon, susceptible  de leur répondre, de les recevoir".

Me CORNUT-GENTILLE


Me Cornut-Gentille, avocat de Penelope Fillon, est resté à sa place pour plaider, il est debout. Il fixe la présidente et ses assesseurs. 

il revient sur l'interview au Daily Telegraph de 2007, ressortie en 2017.  "C'était la preuve avec un grand P". "En quoi cette interview peut-elle influer sur votre décision?", interroge l'avocat. 

Me Cornut-Gentille relit des passages de l'interview. Il continue :" Peu importe la question de la traduction, l'interprétation que pouvaient en faire les Anglais, dans le contexte de l'époque elle n'imaginait pas que l'on puisse lui dire que son emploi était fictif. Si ça avait été le cas, elle aurait dit qu'elle était assistante parlementaire, elle l'aurait dit haut et fort."

Me CORNUT-GENTILLE


Me Cornut-Gentille, avocat de Penelope Fillon, débute sa plaidoirie. Il parle tout bas. On demande le micro. "On vous demande de condamner Mme Fillon avec une formule pleine de mépris de 'Victime consentante', débute-t-il.. 

Le parquet a dit hier "Je souffre pour vous parce que vous êtes prisonnière d'un système de défense que vous impose votre mari. c'est insultant!  On lui dit qu'elle n'est rien d'autre que l'instrument de son mari, qu'elle ne peut exister par elle-même? C'est d'une violence inouïe" 

"Femme fictive, emploi fictif...", poursuit l'avocat.


"Si vous déniez à comprendre Penelope Fillon. Si vous lui déniez toute liberté, toute humanité, alors vous ne pouvez pas la juger", dit-il

L'AUDIENCE REPREND

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue 10 minutes. Elle reprendra avec la plaidoirie de Me Cornut-Gentille, avocat de Penelope Fillon. 

RECEL


Me Joris Monin de Flaugergues demande également de constater la prescription d'extinction publique pour le recel (prescription qu'il demande pour tout).

FIN DE L'ANNÉE 2013



Me Joris Monin de Flaugergues sur les emplois de MMe Fillon que François Fillon aurait voulu nettoyé fin 2013, faire disparaitre, pour regarder l'avenir sereinement. 

"Dans son entreprise machiavélique, Monsieur Fillon, il va commettre une erreur. Les bulletins de paie retrouvés à la Revue des deux mondes courent de mai 2012 à décembre 2013. Le contrat a pris fin en décembre 2013. La déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique date du 24 janvier 2014. Cette déclaration va mentionner profession du conjoint : collaborateur Revue des deux mondes. Quel génie du mal que François Fillon qui va déclarer publiquement l'emploi de son épouse alors qu'il n'aurait pas eu l'obligation de le faire". 

"ARGUMENTS DE DISSIMULATION"


L'avocat revient sur les arguments de dissimulation invoqués par le parquet. IL parle de l'emploi à la Revue des deux mondes qui n'était pas dissimulé. 

Pour lui, tous les arguments évoqués "frisent le ridicule". 


"Pour le ministère public, le fait d’utiliser son nom de jeune fille constitue une dissimulation. Le tribunal appréciera", lance-t-il.


"Le paiement par chèque honnêtement, je ne comprends pas pourquoi ce dernier permettrait de justifier la moindre dissimulation pour les prévenus", dit-il citant de nombreux exemples donnés par le parquet "de prétendue dissimulation". 


Sur les deux notes de lecture publiées, sous le pseudonyme de Pauline Camille", l'avocat rappelle "qu'en réalité madame Fillon avait travaillé sur 11 ouvrages mais que seules deux notes avaient été publiées".

INTERVIEW


Me Joris Monin de Flaugergues revient l'interview au Sunday Telegraph en 2007. Dans cette interview Penelope Fillon disait n’avoir " jamais réellement été l'assistante" de son époux, tout en ajoutant que ses enfants la voyaient comme une « maman ».


"L'interview du Sunday date de mai 2007, elle est alors future première dame. En 2010, le Sunday c'est plus de 500 000 exemplaires de tirage papier, c'est rien, article repris par un média anodin: l'AFP", insiste l'avocat.


L'avocat ironise :"vous avez un délinquant qui crie sa culpabilité dans un journal et ça c’est pas assez public pour engager l’action publique?"


Il plaide la prescription des faits car l'infraction si s'en est une n'était  pas dissimulée. 

"INCOHÉRENCE DES POURSUITES"


Me Joris Monin de Flaugergues : "Je voudrais dire un mot sur l'incohérence des poursuites dans ce dossier (..)Je n'ai pas trouvé les raisons pour lesquelles les prévenus ne sont pas poursuivis pour les contrats à partir de 1981. Si on écoute le parquet, on aurait pu poursuivre. Je m'étonne que ça ne soit pas le cas".


Il poursuit: "Je pense qu'on peut mettre en examen la moitié des français si l'on suit cette jurisprudence".


"L'Assemblée nationale avait connaissance avant 3 ans au moins, non seulement de l'emploi exercé par Penelope Fillon mais aussi de sa prétendue fictivité., continue Me Joris Monin de Flaugergues. 

TROMBINOSCOPE


Au sujet de l'absence de Penelope Fillon dans le trombinoscope, il n'est pas étonné que la presse ait repris cet élément" mais  il s'étonne que le ministère public se soit servi de cet argument dans son accusation. 

"Ce document, madame la présidente, il est sous scellé", rappelle Me Monin de Flaugergues.


"Quand on vient vous prétendre que Mme Fillon n'aurait pas exercé son emploi car elle n'est pas dans le trombinoscope, on se moque de vous", continue l'avocat. Pour lui, le "parquet se raccroche aux branches".


"Il y a une transparence totale de la part des députés Fillon et Joulaud". Il évoque des déclarations de François Fillon, sur lesquelles on peut lire : "Profession du conjoint": "collaborateur de député" ou "assistante parlementaire". 

"Il y a eu une régularité, une transparence permanente", assure l'avocat"

"INSTRUCTION A L'ACIDE"


Me Joris Monin de Flaugergues parle "d'une instruction à l'acide sur un dossier sorti de la naphtaline qui ne permet pas un procès équitable".


Il revient sur l'article du Canard enchaîné qui a fait éclater l'affaire. Puis de l'article du Monde. Articles parus début 2017. 


"S'agissant de l'emploi de Penelope Fillon, auprès de son époux et Marc Joulaud, avez-vous des preuves de manoeuvres caractérisées? A l'évidence, non, le parquet ne nous a pas parlé de manoeuvres caractérisées mais d'indices de dissimulation" poursuit l'avocat. Il cite en exemple l'absence de bureau à l'Assemblée ou l'absence de photo sur le trombinoscope.

"Sur les lieux d'exécution, je ne suis pas certain de comprendre quel serait l'indice de dissimulation des lieux d'éxécution de contrat de Mme Fillon", continue l'avocat.



Me Joris Monin de Flaugergues évoque également les témoins qui étaient "au courant de l'emploi d’assistante parlementaire de Penelope #Fillon". Pour lui « pour une information clandestine beaucoup de personnes sont au courant".

"IMMENSE HONNEUR" 


 Me Joris Monin de Flaugergues, associé d'Antonin Lévy, débute sa plaidoirie. Il veut montrer que les faits sont prescrits . Il  parle d'une accusation "caricaturale" et indique avoir l"immense honneur de défendre un ancien Premier ministre". 


Il invoque la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale". 


"La prescription est une garantie fondamentale, le conseil constitutionnel le dit", rappelle l'avocat. "Les délais de prescription ont plusieurs finalités : mettre les défendeurs  potentiels à l'abri de plaintes tardives peut-être difficiles à contrer et empêcher l'injustice qui pourrait se produire si les tribunaux étaient appelés à se prononcer sur des événements survenus loin dans le passé à partir d'éléments de preuve auxquels on ne pourrait plus ajouter foi et qui seraient incomplets en raison du temps écoulé ", cite l'avocat.

 

Il rappelle que certains faits reprochés datent de 40 ans ou 22 ans. "Qui peut fournir la preuve de travail sur des périodes aussi lointaines?, interroge-t-il? Personne ne garde dans un local à archives autant de documents. Au delà des preuves, quel témoignage est suffisamment précis, suffisamment étayé pour parler de réunions qui auraient eu lieu il y a près de 20 ans?"


Il continue : "Personne ne garde dans un local à archives des dossiers avec une note :'Pour le PNF, en cas de perquisitions pour un dossier d'emploi fictif'".

"INTÉRÊTS CIVILS"


Pauline Lambouroud, avocate de Penelope Fillon avec Me Pierre Cornut-Gentille est la première à plaider. Elle plaide "à titre subsidiaire sur les intérêts civils". Elle rappelle que la question des intérêts civils se posera uniquement si les prévenus sont jugés coupables. Pour la défense, ils ne le sont pas. 


L'avocate évoque, comme l'ont déjà fait plusieurs personnes au cours de ce procès la jurisprudence Kerviel. La défense  considère en effet que la justice ne peut pas demander le remboursement du million d’euros perçu par la prévenue, comme le demande la partie civile si les prévenus sont condamnés. 


Justifiant la constitution de partie civile de l'Assemblée nationale, Me Yves Claisse avait lancé lundi, au sujet de la jurisprudence Kerviel :"Si Penelope Fillon est Jérôme Kerviel, qui est la Société générale? Ses employeurs, les députés François Fillon et Marc Joulaud! Pas l’Assemblée nationale.".


"Dans notre affaire, les trois prévenus n'ont absolument rien dissimulé", assure l'avocate qui demande  au tribunal de limiter intégralement le droit à réparation de l'Assemblée nationale et de la débouter de toutes ses demandes.

LA DÉFENSE VEUT RÉPONDRE AU PARQUET


Ce mercredi sera dédié aux plaidoiries de la défense.  Mardi, l'accusation a requis cinq ans de prison, dont deux ferme, à l'encontre de l'ancien Premier ministre, réaffirmant que les emplois de son épouse Penelope étaient "fictifs". Elle également demandé contre François Fillon, retraité de la politique, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité.


Contre Penelope Fillon, "victime en quelque sorte consentante des agissements de son mari", trois ans avec sursis et 375.000 euros d'amende ont été requis. Elle avait touché 613.000 euros d'argent public pour trois contrats d'assistante parlementaire entre 1998 et 2013, auprès de son mari député et du suppléant de celui-ci dans la Sarthe, Marc Joulaud. Les procureurs ont requis deux ans avec sursis et 20.000 euros d'amende contre Marc Joulaud, actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, candidat à sa réélection.


HIer, à l'issue de l'audience, l'avocat de François Fillon Me Antonin Lévy avait  déclaré :"Le parquet national financier a démontré depuis le début qu'il allait avoir cette approche extrêmement ferme, une approche d'ailleurs plus de principe que de droit et qui fait abstraction du dossier pour tenter de faire passer un message plus politique que juridique".  La robe noire poursuit sur sa lancée, voyant même dans cette sévérité "une forme de manque de respect de la part du procureur de la République financier pour un homme qui a servi la France pendant 40 ans".


"Un réquisitoire c'est un dossier, on confronte les faits avec le droit, on en tire une peine. Là, on a beaucoup de punchlines, beaucoup d'éléments pour être repris, pour bien fonctionner dans les médias mais qui, très concrètement, quand on regarde le dossier, quand on est un peu rigoureux en droit, ne vont pas tenir très longtemps. On attend avec impatience de pouvoir répondre",  ajoute-t-il. 


Commentant l'expression de "victime consentante des agissements de son mari", Me Pierre Cornut-Gentille, l'avocat de Penelope Fillon a déssiné sa cliente en "victime de réquisitions excessives et d'un comportement du parquet très méprisant à son égard". L'"empathie" que les procureurs se sont relayés à déployer à l'égard de Penelope Fillon n'a pas été digérée : "Sous couleur de compassion, en réalité, on laisse penser qu'elle se fait instrumentaliser depuis le premier jour par son mari, ce qu'elle conteste. C'est une femme qui assume ce qu'elle a fait et je le démontrerai demain". 

DANS LA SALLE


Journalistes, prévenus et avocats sont dans la salle. Les procureurs du parquet national financier sont en place. La salle se remplit doucement. Il y aura sans doute autant de monde qu'hier. 


Françosi Fillon est assis entre son épouse Penelope et Marc Joulaud, son ancien suppléant. Les deux hommes sont en costume sombre, comme tous les jours (bleu marine il me semble) et Penelope Fillon porte elle aussi une veste bleu marine ou noire.

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue, elle reprendra demain à 10 heures avec les plaidoiries de la défense.

urgent

Urgent

REQUISITIONS


A l'encontre de François Fillon, le parquet national financier a requis cinq ans de prison dont trois avec sursis, 375.000 euros et 10 ans d'inéligibilité.


A L'encontre Penelope FIllon, 3 ans de prison avec sursis et  375 000 euros d'amende.


A l'encontre de Marc Joulaud, deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende.

PENELOPE FILLON


A l'encontre de Penelope Fillon, "victime consentante", Aurélien Létocart estime "qu'elle disposait de tous les moyens pour distinguer l'illégalité de ses rémunérations". 

RÉQUISITIONS


Aurélien Létocart reprend la parole. Il  va requérir les peines pour chacun des trois prévenus. 


Il rappelle les peines encourues par les trois prévenus. 



"Votre tribunal a le choix entre deux orientations : la clémence, ou la légitime exemplarité attendue d'un parlementaire" poursuit-il. Il insiste sur la durée de la pratique dans le temps et sa "systématisation".


"François Fillon a pris en otages son épouse et son suppléant", pour obtenir un supplément de revenu significatif, dit-il.Il rappelle qu'il s'agit de fonds publics, il rappelle que Fillon a fait de "la probité une marque de fabrique". 


Il ajoute "Marc Joulaud et Penelope Fillon se sont rendus sciemment coupables". 


Il cite François Fillon en 2012 au sujet de l'augmentation du SMIC : c'est trop facile d'être généreux avec l'argent des autres, au détriment de l'emploi des autres" 


 "Un tel comportement traduit un mépris du bien commun" dit Aurélien Létocart qui appelle à une réponse particulièrement ferme contre François Fillon.

CHARLES DE GAULLE 



Bruno Nataf : "Je veux rappeler cette phrase d'un des maîtres à penser de François Fillon. Il cite Charles de Gaulle :"Comme un homme politique ne croit jamais ce qu'il dit, il est étonné quand il est cru sur parole"

"DERNIER CAILLOU DE LA GODASSE"


"Le dernier caillou dans sa godasse, à Monsieur François Fillon, est le chèque de Marc Ladreit de Lacharrière en 2012 d'un montant de 50 000 euros qui n'a pas été déclaré à la  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)", lance le procureur.


"Comment savons-nous qu'il s'agit d'un prêt et pas d'un don ? François Fillon dit que c'est un prêt, Penelope Fillon dit que c'est un prêt, Monsieur Ladreit  dit que c'est un prêt", détaille-t-il.


"L'omission de ce prêt est substantielle et l'omission est intentionnelle", estime le procureur. 

2013


Bruno Nataf : "François Fillon sait très bien en 2013 que ses opposants politiques ne lui feront aucun cadeau. A mon sens, il fait à cette époque l'inventaire de toutes ses faiblesses, la première étant les emplois fictifs de son épouse". 

REVUE DES DEUX MONDES


Bruno Nataf, procureur,  rappelle "qu'en 2012-2013 le couple a besoin de trésorerie"

"François Fillon en mai 2012 a pleinement conscience que l'aide que pourrait apporter Penelope Fillon à La Revue des deux mondes ne peut être que superficielle", poursuit-il.


"François Fillon a conscience dès le 10 juillet 2012, date de la signature du contrat avec son épouse qui devient son assistante parlementaire à temps plein, que le contrat de son épouse à La Revue des deux mondes ne lui prend pas beaucoup de temps. Il avait conscience de la vacuité du contrat de son épouse à la Revue des Deux mondes", ajoute Bruno Nataf. Il parle d'un "emploi de complaisance sans autre consistance que les fiches de lecture".


Le magistrat du PNF demande au tribunal de reconnaitre François Fillon coupable de complicité de l'abus de bien social et Penelope Fillon d'abus de bien social.

REVUE DES DEUX MONDES


Au sujet de l'emploi de conseiler littéraire de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes, Bruno Nataf  demande:" Sommes-nous en présence d'un emploi réel, d'un emploi fictif, d'un emploi partiellement fictif, d'un emploi devenu fictif. Pour ma part, il s'agit d'un emploi totalement fictif". 


"Nous sommes là encore au coeur du jeu de dupes auquel se prête le couple Fillon dans ce dossier", poursuit le procureur. Il revient sur la phrase de François Fillon à cette audience: "Si Penelope Filllon n'était pas mon épouse, elle n'aurait pas à répondre de son emploi à la Revue des Deux mondes....". François Fillon parlait ensuite des salariés "placardisés" et disait que c'était aux employeurs de donner du travail à leurs employés. 


Bruno Nataf rappelle que Marc Ladreit de Lacharrière et François Fillon se connaissent depuis plus de 30 ans. "Ils sont amis. Un partie de Matignon est venue dans son chalet à la montagne", rappelle-t-il. Puis il parle du prêt de 50 000 euros accordé par Marc Ladreit de Lacharrière à François Fillon, prêt qui n'a pas été déclaré.


Il revient sur la rémunération mensuelle de 5000 euros bruts qui est "comme Penelope Fillon l'a dit, 'généreuse'". Elle touchera cette somme pendant 19 mois, en publiant deux fiches de lecture (elle en a rédigé 11 en tout), en n'étant connu de personne à la Revue, sans jamais mettre les pieds rue de Lille au siège de la Revue des deux mondes.  Il indique que 11 fiches, en piges, auraient fait un peu plus de 1000 euros.... 


Bruno Nataf évoque tour à tour "les éléments de dissimulation (au nombre de 7)". 


"Le paiement par chèque est le symbole que l'on sait des deux côtés que tout cela ne pourra pas durer bien longtemps, 19 mois quand même", continue le procureur qui ne cesse de parler du "jeu de dupes des époux Fillon". 


"N'y a-t-il pas une forme d'obscénité  dans le contrat de Penelope Clarke à la Revue des deux mondes ?", pointe le procureur évoquant notamment le salaire de l'épouse de François Fillon par rapport à ceux des autres employés.


Fin du contrat de Penelope Fillon : "On est à la limite de l'abandon de poste depuis chez soi!" lance Bruno Nataf.  

(Rires dans la salle)

EMPLOIS DES ENFANTS

 

Bruno Nataf revient sur l'emploi des enfants Fillon, collaborateurs de leur père quand celui-ci était sénateur. Il revient sur les éléments à charge : "Ils n'ont gardé aucune trace de leurs travaux" et "les flux financiers qui peuvent interroger."


"Connaissons-nous autour de nous beaucoup de parents aisés qui récupèrent le salaire de leurs enfants ?" interroge le procureur.

"EMPATHIE"


Bruno Nataf va aborder les faits par ordre chronologique : les emplois des enfants Fillon, l'emploi à La Revue des deux mondes et l'omission de déclaration de prêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.


Il souhaite faire une mise au point au sujet de mots prononcés contre Penelope Fillon. "Quand nous avons dit : "Madame, nous avons mal pour vous, ça n'était pas feint. C'était le ressenti que chacun a pu avoir entre ces quatre murs. Un procureur peut considérer que Penelope Fillon était partie prenante des faits qui lui sont reprochés, et être en empathie avec elle".


François Fillon ne laisse pas passer : "C'est encore pire. C'est encore pire, ce que vous venez de dire".


Bruno Nataf continue. "L'empathie, c'est notre conviction et notre ressenti". Pour le procureur, Penelope Fillon est "prisonnière" d'une stratégie de défense établie par son mari. 

L'AUDIENCE EST REPRISE


Bruno Nataf, procureur, prend la parole. 

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue une quinzaine de minutes. 

ENTRER EN VOIE DE CONDAMNATION


Pour Aurélien Létocart, les trois délits de détournements de fonds publics, de complicité et de recel sont constitués. "En conséquence, votre tribunal ne pourra qu'entrer en voie de condamnation à l'encontre des trois prévenus". 


Il cite François Fillon qui, en 2014, alors qu'il menait campagne sur une ligne vertueuse, en opposition à Nicolas Sarkozy, avait dit : "La politique cela ne sert pas à se servir mais à améliorer le quotidien des gens ! #Cannes #UMP"

ATTESTATIONS


Aurélien Létocart revient ensuite sur les témoignages de notables et élus sarthois censés prouver l'activité locale de Penelope Fillon : "La défense croit pouvoir s'appuyer sur les 34, et maintenant 42 attestations, 35 sont dépourvues de force probante. Sur les 7 attestations recevables, aucune n'atteste d'une activité parlementaire".


Il revient sur le timing des attestations versées par surprise par la défense jeudi dernier, capable de "produire en quelques jours ce qu'elle a été incapable de produire en deux ans d'enquête !"


Et souligne ce qui ressemble à une incongruité : "Ni Penelope Fillon, ni François Fillon n'ont été en mesure de citer des noms de témoins capable d'attester de l'activité de Penelope Fillon". La défense, ironise-t-il, est capable de "produire en quelques jours ce qu'elle a été incapable de produire en deux ans d'enquête !" Et de revenir sur les explications de François Fillon, qui a soutenu à la barre que les attestations n'avaient pas été versées en amont car ceux qui les avaient rédigées voulaient garder l'anonymat. "Quel malheur aurait-il pu arriver à ces personnes ? Quel malheur ?  Dans quel pays vit François Fillon ou dans quel pays veut-il faire croire qu'il vit ?"

INTERVIEWS 


"Dans l'interview au Sunday Telegraph en 2007, Penelope Fillon a dit:  'J’aime observer le monde au travail, c’est assez amusant'. Qui prononcerait une telle phrase après avoir exercé une activité professionnelle intense?" s'interroge le magistrat.


Aurélien Létocart ajoute par ailleurs que : "Jamais François Fillon n'a lui même évoqué l'activité professionnelle de Penelope Fillon à ses côtés. Dans une interview à Paris Match, il a dit qu'elle le soutenait". 


"L’enquête a démontré que Penelope Fillon avait mené surtout la vie d’une femme impliquée dans l’éducation de ses enfants et la vie de son foyer, parfait compatible avec un investissement social local et culturel évident", continue-t-il.

"IMPRESSIONNISME" 


Aurélien Létocart appuie sur le manque de caractère palpable du travail fourni par Penelope Fillon : "'Les yeux et les oreilles de François Fillon', ont dit certains sans jamais pouvoir détailler les missions de Penelope Fillon. Ces témoignages se font sur des perceptions, des impressions et rarement sur des éléments concrets et tangibles".


Et de pencher vers une métaphore artistique : "Sur l'ensemble des douze années, le travail de Penelope Fillon relève davantage de l'impressionnisme que du figuratif". 

"IMPOSÉ PAR FRANÇOIS FILLON"



Aurélien Létocart : "L'emploi de Penelope Fillon a été imposé par François Fillon dans des conditions avantageuses pour le couple et non dans des conditions décidées par l'employeur (Marc Joulaud ndlr).  Aucun élément ne corrobore l'idée d'un fonctionnement à trois". 


Le magistrat rappelle qu'en "sa qualité de député, même suppléant, Marc Joulaud avait la responsabilité de l’utilisation de fonds publics".

FRÉQUENCE 


Aurélien Létocart pointe les contradictions entre les différents témoignages : "Penelope Fillon évoque des rencontres fortuites le week-end dans la Sarthe, Marc Joulaud, lui, devant les enquêteurs, évoque des rencontres plus organisées".


Penelope Fillon a la tête baissée depuis le début des réquisitions. François Fillon fixe tout droit. Marc Joulaud regarde parfois le procureur, parfois le sol.

TRAVAILLER MOINS ET GAGNER PLUS


En tant qu'assistante parlementaire de Marc Joulaud, "Penelope Fillon gagnait plus tout en travaillant moins", ironise le procureur.

ACTIVITÉ AUPRÈS DE MARC JOULAUD


Aurélien Létocart : "Cette activité auprès de Marc Joulaud a eu encore moins de consistance. Marc Joulaud s'est contenté de signer un contrat pré-rempli par François Fillon", "mentor" de Joulaud. 


"Le couple Fillon n'a pas manqué d'élever le seuil de rémunération de Penelope Fillon". "Il n’a pas manqué l’occasion d’accroître encore la captation  de l’enveloppe  réduisant mécaniquement et sans état d’âme la marge de manœuvre de Marc Joulaud".


"Personne n'a pu justifier l'avance sur salaire de 6000 euros ou l'augmentation significative de salaire", poursuit le représentant du PNF.

COURRIERS


"Comment ne pas relever les contradictions des témoignages entre Penelope Filon qui dit qu'il s'agissait d'orienter les courriers et ses enfants Marie et Charles qui disent qu'elle répondait au courrier", s'interroge le procureur du PNF. 

INTÉRÊT


Aurélien Létocart : "Penelope Fillon mettait de côté ce qui pouvait l'intéresser. Rien de professionnel là-dedans". 

RÉQUISITIONS


Aurélien Létocart : "Les mails versés par la défense ne témoignent d'aucune trace d'activité professionnelle de Mme Fillon mais montre qu'elle était tenue au courant de l'agenda et qu'elle allait parfois à des soirées, des pièces de théâtre...(...) Elle signait parfois des chèques, elle rendait service". 


"Sur le traitement des demandes d'intervention, tout a montré que Penelope Flon avait donné une version très déformée de la réalité, poursuit le représentant du parquet. Les nombreuses lettres que recevait François Fillon au domicile, Penelope faisait naturellement le tri, sans que cela soit son travail, c'est uniquement ces lettres qui passaient entre ses mains. Son rôle était de les transmettre à Sylvie Fourmont, c'est tout".


"Aucune trace d'un quelconque pré-traitement", relève le magistrat.


Sur le travail de Penelope Follon, il ajoute : "Désolé, je ne peux pas m'en empêcher mais rappelons tout de même que Penelope Fillon avait une certaine expertise puisqu’elle avait rédigé un rapport en 1982 sur l’organisation du secrétariat, rémunéré 30 000 francs".

PARÉIDOLIE


Aurélien Létocart nous parle maintenant de paréidolie (sorte d’illusion d’optique qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale).


Mauvaise foi et Insulte au bon sens. Penelope Fillon aurait tenu une permanence au domicile? Sans horaire, sans lieu dédié, les personnes étaient reçu dans la cuisine, le hall d'entrée, François Fillon restant invisible... Et bien évidemment, s'il y a eu un cahier de doléance, il n'a bien sûr pas été conservé". 


"Evidemment que des gens ont pu venir de façon épisodique au domicile, mais cela ne pouvait constituer une activité régulière".

AUCUNE TRACE


"François Fillon a toujours été assisté d'une multitude de collaborateurs", ce sont eux qui faisaient l'essentiel des tâches selon le parquet qui cite notamment Sylvie Fourmont, Pierre Molager, Anne Faguer... 


Aurélien Létocart : "Dans ces conditions, on peine à saisir l'espace professionnel que Penelope Fillon pouvait bien occuper. Aucune trace ces mémos et des fiches, pas une revue de presse..."


Le magistrat du pNF relève que les discours retrouvés sont annotés par François Fillon mais jamais par son épouse. Que par ailleurs les 3/4 des discours, étaient improvisés", selon ses propos.


"Penelope Fillon n'a jamais écrit aucun discours, sauf peut-être ceux qu'elle a prononcés pendant la campagne présidentielle de 2017, mais elle n'était plus assistante parlementaire", ajoute-t-il.


Il indique également que Penelope Fillon, qui participait à des événements selon ses soutiens, n'était pourtant jamais citée dans les articles ou présente sur les photos, sinon, dans des événements qui l'intéressaient et auxquels elle s'était rendue.

SOUTIEN


Aurélien Létocart : "François Fillon a soutenu que Penelope l'aidait au quotidien, qu'elle lui apportait conseil et soutien et entretenait son lien avec la circonscription Nous ne nions pas le fait qu'un conjoint puisse soutenir son époux dans l'exercice de son mandat. Un conjoint d'élu peut soutenir la carrière politique de son conjoint". 


Mais le parquet pointe "l'inconsistance des missions" et "l'incohérence avec le montant des rémunérations". Il rappelle que Penelope Fillon n'a jamais pu à la barre décrire dans le détail ses missions pendant chacune de ses périodes. "Quel salarié ne pourrait pas faire cela? Quel salarié ne serait pas en mesure de décrire de façon circonstanciée le contenu de son travail?". 

CONTRAT ADAPTÉ


Aurélien Létocart : "Penelope Fillon a une époque où elle est  employée par la Revue des deux Mondes et son mari, elle puisse garder son petit-fils le mercredi et suivre des cours (...) Ce n'est pas Penelope Fillon qui s'adapte et son contrat, c'est son contrat qui s'adapte à elle"


"Pas de mail, pas d'agenda pas de présence à l'Assemblée nationale, aucune consistance à ces contrats de travail", explique le magistrat.

"COMÉDIE HUMAINE"


Aurélien Létocart sur les contrats de Penelope Fillon "Soit Mari et femme avaient décidé d'occulter une partie de la réalité soit, et c'est le plus probable,  cette collaboration était à ce point inconsistante et artificielle qu'ils en avaient oublié l'existence". 


Il parle d'une "comédie humaine que Balzac ou Chabrol n'aurait pas reniée". 

Il pointe l'"Intention frauduleuse de Fillon" dès 1986.

"ÉLÉMENTS TROUBLANTS"


Aurélien Létocart "Il n'est nullemment contesté que le parlementaire à toutes les libertés pour définir les missions de ses collaborateurs, mais celle-ci à des limites". Il parle de "l'examen de la consistance de l'activité d'assistant parlementaire". 


Penelope Fillon a été employée sur trois périodes: 1981-1990; 1998-2007, 2012-2013. 

Il évoque des "éléments troublants" : l'absence de lieu de travail à l'Assemblée nationale,  ensuite l'absence de prise de congés maternités et de congés. La qualité d'assistante parlementaire était tenue secrète" . 


Il poursuit : "Nous avons encore aujourd’hui, à l’heure des réquisitions des difficultés à comprendre les raisons rationnelles d’une telle discrétion" du couple Fillon sur l’emploi de madame Fillon. Si ce n’est la preuve du "caractère parfaitement dévitalisé des dit-contrats".


Il répète que les Fillon ont eu 5 enfants et que les contrats semblaient être signés à chaque fois que les besoins augmentaient. Il cite trois contrats signés en 1984, année de naissance de Charles .  "A chaque naissance succède une période contractuelle".


"Volonté constante de François Fillon de se constituer un complément substantiel de rémunération", déclare Aurélien Létocart.

"FICTIVITÉ"


Aurélien Létocart rappelle que durant toute l’instruction les prévenus ont souligné que Pénélope Fillon avait réalisé les mêmes tâches qu’elle soit ou non sous contrat. Pourquoi avoir donc mis un terme au contrat? 


"Participations de Penelope au meeting, activité de tractage ne peuvent s'inscrire dans son contrat de travail d'assistante parlementaire", pointe Aurélien Létocart. 


Il évoque "l'absence de preuves tangibles d'activité professionnelle". 

"PRÉSOMPTION DE MORALITÉ"


"Le parlementaire bénéficie légitimement d'une présomption de moralité", poursuit Aurélien Létocart. Il revient sur le caractère "occulte du détournement".


"Les arguments de la défense relative à la prescription des faits sont inopérants. Penelope et François Fillon ont sciemment cultivé une discrétion sur le statut de cette dernière. Seuls quelques très proches, qui doivent leur carrière à François Fillon ont revendiqué l'existence de ces contrats de travail".

"FICTIVITÉ"


Aurélien Létocart :"La fictivité réside dans l'exécution même du contrat, et c'est cette exécution que votre tribunal doit examiner". 


Il parle d'une "défense de dissimulation à l'image des faits reprochés".


Il revient sur l'interview il y a 13 ans:  "Je n'ai jamais été son assistante ", déclarait Penelope Fillon en 2007.


"L'infraction serait apparue par cette interview si la situation contractuelle de Penelope Fillon était effectivement connue", dit le magistrat du PNF.

"DÉTOURNEMENT DE FONDS PUBLICS"


Aurélien Létocart :"J'en viens au fait de détournement de fonds publics et complicité de détournement."

"Il poursuit  :" Afin d 'apprécier au plus juste les faits de détournement de fonds publics, il convient de fixer les principes juridiques qui guideront votre raisonnement" . Il cite l'article 432-15 du code pénal. 

USAGE DE FONDS PUBLICS


Aurélien Létocart : "Il ne s’agit pas d’apprécier l’acte parlementaire, d’amender un texte, de poser des questions écrites au gouvernement mais de contrôler l’usage des fonds publics alloués à un collaborateur".


"Personne ne contestera, pas même l’intéressé lui-même, je pense, que l’ouverture de l’enquête préliminaire était susceptible de constituer un retentissement national" ditil

"COHABITATION HERMÉTIQUE"


Aurélien Létocart : " La séparation des pouvoirs ne saurait procéder d'une cohabitation hermétique des pouvoirs". 


Il cite à nouveau Montesquieu "Pour qu'on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir."


Puis il évoque les emplois fictifs de la Ville de Paris.

"RÔLE DE REPRÉSENTATION"


Aurélien Létocart : "Assister c’est seconder, ce n’est ni suppléer, ni représenter. D’ailleurs comment représenter un élu de la nNation quand on n’a pas reçu soit même l’onction du suffrage"


Il évoque le "rôle essentiel de représentation" de Penelope Fillon, rôle qui ne il " pouvait juridiquement constitué l'essence même des contrats"


"Le contrat conclut entre un parlementaire et son collaborateur est détachable du rôle de représentation.  Le contrat qui lie le parlementaire à son collaborateur est un acte juridique qui peut subir un contrôle. Les assistants parlementaires sont des employés comme les autres employés par des personnes par comme les autres parce qu'il s'agit de député qui se doivent d'être exemplaires, qui votent des lois..."

RÉQUISITIONS


Aurélien Létocart : "Ce que la défense sollicite de votre part c'est bien de consacrer de facto une forme d'immunité aux parlementaires". 


Il cite l'article 5 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. 


Il poursuit : "Il ne s'agit pas de vérifier et de contrôler l'exercice d'un collaborateur parlementaire mais de vérifier l'utilisation des fonds publics. Et d'ajouter :"la réalité de son emploi doit pouvoir être vérifiée" . 

RÉQUISITIONS


Aurélien Létocart : "Les conseils de Mr Fillon ne sauraient affirmer que l'enquête diligentée par le PNF porterait atteinte à la séparation des pouvoirs.

La défense trouvant appui sur une doctrine partisane, certains ayant signé une tribune qualifiant le dossier de coup d'Etat institutionnel"

"SÉPARATION DES POUVOIRS"


Aurélien Létocart aborde maintenant un des arguments avancé plusieurs fois au cours du procès par la défense: celui de la séparation des pouvoirs. 


"La séparation des pouvoirs est d'abord une séparation des fonctions, séparation des pouvoirs de l'Etat", poursuit Aurélien Létocart . 


Il  cite ensuite Montesquieu "Pour qu'on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir."

"ARTISAN DE SON MALHEUR"


Aurélien Létocart : "François Fillon a été , en définitive, le propre artisan de son malheur (....) François Fillon doit ses déboires à ses propres turpitudes et non à l’action de la justice"


François et Penelope Fillon ont la tête baissée. Marc Joulaud regarde tantôt face à lui, tantôt en direction du procureur.

PV QUI ONT FUITÉ


Aurélien Létocart : " Nous n'avons pas de mots assez durs pour condamner ces fuites (PV dans la presse ndlr). Ces fuites sont inacceptables et nous les condamnons avec force".


Il cite les extraits du PV et les extraits de l'article du Monde du 6 février 2017. 


"L’article ne mentionne pas le prêt de Matc Ladreit de Lacharriere reconnu en toute fin d’audition par François Fillon. "Comment imaginer que les journalistes soient passés à côté?» «Le champ des possibles de l’origine de la fuite s’élargit considérablement", s'interroge le magistrat du PNF. 


"Les fuites provenant d'enquête judiciaire ne contribuent qu'à détériorer l'image de l'autorité judiciaire", commente Aurélien Létocart. 

"DISTILLER LE POISON"



Aurélien Létocart : "Toute critique sur le bien fondé des mises en examen est à ce stade inaudible". 

"L'enquête du PNF ne viole pas la séparation des pouvoirs", assure Aurélien Létocart

"La défense a décidé de distiller le poison du soupçon sur le caractère politique de cette procédure", souligne Aurélien Létocart. 

RÉQUISITIONS


Aurélien Létocart : "Dans cette affaire, le calendrier s'est imposé au parquet. D'abord l'article du Canard enchaîné, ensuite, la réforme de la prescription qui nous a contraint a ouvrir en urgence une information judiciaire".


"Nous ne pouvions en effet prendre le risque de voir se prescrire certains faits. Notre seule alternative était donc d'ouvrir une information".

ARTICLE DU CANARD ENCHAÎNÉ


Aurélien Létocart décrit l'évolution de la déontologie et de la transparence appliquée et réclamée à la classe politique, cite la création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. "Le contexte a changé, nos sociétés sont devenues de plus en plus intolérantes à l’égard des dérives avérées ou présumées de nos dirigeants", ajoute-t-il. 


"L'ouverture de cette enquête au lendemain de l'article du Canard Enchaîné dans le cadre de la campagne présidentielle est-elle inédite? Oui. Pour autant, cette ouverture d'enquête est-elle surprenante? Non"


"De nombreuses enquêtes ont été ouvertes sur la base d'articles, avant, pendant et après l'affaire Fillon", insiste le magistrat du parquet. 


Il ajoute : "L'ouverture d'une enquête préliminaire ne préjuge en rien des décisions que nous serons amenés à prendre".

DÉBUT DES RÉQUISITIONS


Aurélien Létocart commence par des mots prononcés par François Fillon le 20 septembre 2012 à Poitiers : "ll y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l'argent public". 

LA PAROLE AUX PROCUREURS

L'AUDIENCE EST OUVERTE 

SALLE COMBLE


Il n'y a maintenant plus de place dans la salle d'audience.

PLUS DE 3 HEURES DE RÉQUISITIONS


Le parquet national financier indique que son réquisitoire devrait durer entre trois et quatre heures. Aurélien Létocart prendra la parole en premier, suivi de Bruno Nataf. 


Marc Joulaud et les autres avocats, défense et partie civile, viennent eux aussi d'arriver dans la salle.


Les deux parquetiers discutent pour l'instant avec Me Claisse, avocat de la partie civile.

ARRIVÉE DANS LA SALLE


Les époux Fillon viennent d'arriver dans la salle d'audience ainsi que leurs avocats.

LA SALLE D'AUDIENCE EST OUVERTE


La salle d'audience vient d'ouvrir. La presse et le public entrent progressivement. On nous demande de nous serrer pour que tout le monde puisse rentrer. Beaucoup, beaucoup de monde aujourd'hui.


Le parquet national financier prend cet après-midi ses réquisitions contre l'ancien Premier ministre, sa femme Penelope et son ancien suppléant, jugés à Paris pour les soupçons d'emplois fictifs. 

Procès Fillon: l'heure des réquisitionsSource : TF1 Info
JT Perso

AUDIENCE SUSPENDUE


L'audience est suspendue. Elle reprendra demain à 13h30 avec les réquisitions du parquet national financier.


Suivront les plaidoiries de la défense mercredi. "Ça risque de finir très tard", prévient Me Cornut-Gentille, avocat de Penelope Fillon, qui demandait à ce que l'audience puisse se poursuivre jeudi matin, mais qui n'a pas obtenu de réponse favorable.

AUCUNE CONDAMNATION


La présidente rappelle qu'aucun des trois prévenus n'a été condamné par le passé et que "leurs casiers judiciaires sont vierges de toute mention"

François Fillon va-t-il être fixé sur son sort ? C’est ce lundi à 13h30 que le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement dans l’affaire des emplois fictifs de Penelope Fillon. Un jugement qui sera très suivi, dans un contexte tendu autour du Parquet national financier. L'ancien champion de la droite à la présidentielle de 2017, dont la campagne avait été empoisonnée par cette affaire, risque gros : mi-mars, le parquet national financier (PNF) a requis contre lui deux ans de prison ferme. Mais nul ne sait quel tournant prendra l'audience.

La présidente de la 32e chambre correctionnelle de Paris, Nathalie Gavarino, dira d'abord si elle accepte ou non de rouvrir les débats, comme le réclament les conseils de François Fillon, de son épouse Penelope et de Marc Joulaud, l'ancien suppléant du député Fillon dans la Sarthe. 

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Condamné ou en sursis ?

La défense espère rebondir sur de récentes déclarations d'Eliane Houlette, ancienne patronne du PNF, qui a fait état de "pressions" procédurales de son autorité de tutelle, le parquet général, pendant cette enquête sensible.  Une déclaration dont l'intéressée avait regretté qu'elle soit déformée, ses remarques ne remettant pas en cause le fond de l'affaire.

La défense, qui dénonce depuis trois ans une enquête "à charge" menée en pleine campagne présidentielle, espère que le tribunal attendra l'avis du CSM et la fin de la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, devant laquelle s'exprimait Eliane Houlette, pour en discuter et statuer. Si la présidente accepte, cela pourrait reporter le jugement de plusieurs mois. Si elle refuse, elle rendra sa décision dans la foulée. 

Le 10 mars, le PNF avait dénoncé le "profond sentiment d'impunité" de celui qui avait "fait de la probité une marque de fabrique" et requis contre lui cinq ans de prison, dont deux ferme, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité. Une peine non aménageable. Trois ans avec sursis et 375.000 euros d'amende ont été requis contre son épouse. Et deux ans avec sursis et 20.000 euros d'amende contre M. Joulaud, maire sortant de Sablé-sur-Sarthe.


La rédaction de LCI