EN DIRECT - Procès de l'affaire Théo : la "police des polices" s'explique sur le déroulé de l'enquête

Publié le 10 janvier 2024 à 9h48, mis à jour le 10 janvier 2024 à 19h29

Source : TF1 Info

Trois policiers sont jugés pour "violences volontaires" commises en 2017 à l’encontre de Théodore Luhaka depuis mardi à Bobigny devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis.
Ce mercredi, plusieurs commandants de police de l’IGPN, la "police des polices", sont appelés à témoigner.
Suivez le procès en direct.

Deuxième jour au procès de trois policiers jugés, devant les assises de Seine-Saint-Denis, pour "violences volontaires" commises à l’encontre de Théodore Luhaka le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois.  

Ce mercredi, la cour doit entendre plusieurs commandants de police de l’IGPN, police des polices, dans cette affaire rebaptisée depuis 7 ans "l’affaire Théo". Frappée d’un coup de matraque au niveau du rectum au moment de son interpellation, le jeune homme âgé de 28 ans aujourd’hui, garde des séquelles à vie.  

Ce live est à présent terminé. 

FIN DE CE DIRECT

Fin de ce direct. Merci de l'avoir suivi.

AUDIENCE SUSPENDUE

L'audience est suspendue, elle reprendra demain à 9h30. 

"AUCUN DES POLICIERS NE LUI A PORTÉ ASSISTANCE"

Me Honegger, autre avocat de la partie civile, répète qu'au commissariat, Théodore Luhaka a entendu un policier dire à son collègue : "Il saigne du fion". L'avocat s'étonne qu'aucun des policiers n'ait alors eu le réflexe de porter assistance à l'interpellé. Ce dernier ne sera pris en charge plus tard, quand la chef de poste a appelé les secours. "Ils n'ont pas aidé M. Luhaka alors qu'il était dans un état grave !" pointe la robe noire.


"Heu oui", répond Gilles R., ancien commandant de police de l'IGPN. 


Me De Montbrial, avocat de Marc-Antoine C., principal accusé, rappelle que cette phrase "il saigne du fion", n'est rapportée que par Théodore Luhaka et que rien ne la corrobore. 

"ON VA LUI FAIRE SA FÊTE"

La présidente revient sur les déclarations au commandant de l'IGPN. Le jeune homme lui a dit qu'après avoir été frappé manu militari et par un policier avec sa matraque télescopique, il est tombé au sol et a été menotté. Là, il affirme avoir entendu l'un des policiers dire à son collègue :"On va le mettre derrière le mur, on va lui faire sa fête". 

Cette séquence derrière le mur a été filmée par une riveraine. Les images ont été diffusées à l'audience. On y voit Théodore Luhaka au sol, entouré par les policiers, et subir visiblement de nouvelles violences. Me Vey a expliqué aujourd'hui que son client n'excluait pas d'avoir été violée à ce moment-là volontairement par l'un des policiers avec sa matraque, alors qu'il se trouvait dans un "angle mort" des caméras de la ville. 

2 FÉVRIER 2017

Gilles R., ancien commandant de police de l'IGPN: "Théodore Luhaka est intervenu ce jour-là (le 2 février 2017, jour des faits) car il n'a pas apprécié qu'un policier gifle un de ses amis. Il dit qu'il a tenté d'échanger avec les policiers, il cherche des explications mais il ne dit pas qu'il a été violent". 

La présidente rappelle à l'enquêteur que Théodore Luhaka lui a dit qu'"il y en avait un qui était énervé dès le départ". Selon Théodore Luhaka, c'était ou Jérémie D. ou Marc-Antoine C., aujourd'hui accusés. 

"RESSENTI DE LA DOULEUR"

La présidente demande au commandant de l'IGPN pourquoi avoir entendu deux fois Théodore Luhaka. "Pour avoir le plus d'éléments possibles. On voulait avoir le ressenti de la douleur. On sait que tout ne sort pas au premier jet, il fallait deux auditions" répond-il. 

Selon le commandant, Théodore Luhaka était en état d'être auditionné les 3 et 4 février. 

"IL ME DIT QU'IL AVAIT CRU MOURIR"

Gilles R., ancien commandant de police de l'IGPN indique avoir réentendu Théodore Luhaka le 4 février 2017, deux jours après les faits. Théo évalue alors sa douleur à 10 sur une échelle de 1 à 10. "Il me dit même qu'il avait cru mourir" détaille le policier à la barre. 

Théodore Luhaka explique aussi que dans la voiture, les fonctionnaires se sont moqués de lui. Selon Théo, les fonctionnaires n'ont pas pris conscience de la gravité de sa blessure. "Il m'explique également qu'il a été frappé à plusieurs reprises entre les lieux des faits et le commissariat", poursuit le commandant. 

Sur le banc des accusés, Marc-Antoine C. fait non de la tête.

"GESTE DÉTERMINÉ"

Gilles R., ancien commandant de police de l'IGPN qui a entendu Théodore Luhaka le 3 février 2017, au lendemain de son interpellation musclée, indique que Théodore Luhaka a désigné, sur planche photographique, Marc-Antoine C. comme étant le plus virulent. "Pour M. Luhaka, le geste réalisé avec le bâton télescopique était déterminé."

"ÊTRE COUVERT PAR LES CAMÉRAS DE VIDÉOSURVEILLANCE"

Gilles R., ancien commandant de police de l'IGPN: "Ce qui est frappant dans cette audition c'est que Monsieur Théodore Luhaka répète que sa préoccupation majeure est de se mettre dans un champ où il y a des caméras de vidéosurveillance. Il veut regagner la balustrade pour être couvert par les caméras de vidéosurveillance."

VIOLENCES ET PLAINTE

Gilles R., ancien commandant de police de l'IGPN: "Le 3 février, je charge les collègues qui m'accompagnent de placer les policiers en garde à vue. Moi, je vais me rendre à l'hôpital Ballanger où Théodore Luhaka occupe une chambre. Je m'assure qu'il est disposé à être entendu. Il me dit qu'il est disposé à être entendu et qu'il veut déposer plainte à l'encontre des policiers qui l'ont frappé et violenté avec un tonfa."

COMMANDANT DE L'IGPN

À la barre maintenant, M. Gilles R., 53 ans, commandant et ancien chef de groupe du premier cabinet d'enquête de l'IGPN à Paris. "Je suis intervenu à deux reprises dans ce dossier, au début de l'affaire et après pour auditionner M. Théodore Luhaka. J'ai reçu un appel le 3 février d'une magistrate du tribunal judiciaire de Bobigny signifiant la mise en cause de quatre fonctionnaires d'Aulnay-sous-Bois. Elle me dit que l'interpellé a été conduit à l'hôpital pour y être soigné car il a une blessure importante. Elle me dit aussi qu'il a été entendu par une policière d'Aulnay sous le régime de la garde à vue à qui il a confié qu'un policier lui avait introduit un bâton dans l'anus..."

"GESTE LÉGITIME"

Me de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C. rappelle que quatre experts en maniement et analyse technique ont été entendus par les enquêteurs de l'IGPN. Tous ont estimé que le policier qui avait utilisé le bâton télescopique avait conclu à une utilisation proportionnée de l'arme. 


Me De Montbrial: "Le geste de Marc-Antoine C. était-il légitime ?"


Fabienne V., commandant de police IGPN : "Oui".


Me De Montbrial : "Peut-on dire que Marc-Antoine C. a choisi le geste le moins dangereux (en utilisant son bâton de défense télescopique)  ? 


La policière : "Oui." 


La policière déclare aussi que "Même si les conséquences de ce geste sont aussi dramatiques qu'improbables, ça n'empêche pas qu'il soit tout à fait légitime."


Fin de l'audition de Mme Fabienne V. 

"KILLERS DE FLICS"

Me De Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C. : "On est dans un quartier surnommé "Killers de flics. Ça vous paraît habituel ou choquant qu'un policier arrive en intervention avec une matraque télescopique sortie ?"


Fabienne V., commandant de police IGPN : "Habituel, je ne sais pas. Mais choquant, non."

TÉMOINS

Me Louis Cailliez, avocat de Marc-Antoine C., policier et accusé :"Vous identifiez sur la vidéo (de la ville) douze personnes hors police. Combien ont témoigné ?"


Fabienne V., commandant de police IGPN : "Une seule"


L'avocat dit qu'il y en a un peu plus, trois en l'occurrence. Il rappelle que plusieurs personnes sur les douze qui se trouvaient sur la scène de l'interpellation de Théodore Luhaka n'ont pas été identifiées ou qu'il y a eu "carence à convocation" pour six d'entre elles (elles ne se sont jamais manifestées). Me Cailliez s'en étonne, d'autant que plusieurs ont filmé la scène selon lui. 

La policière convient que ce faible taux de témoignage est "rare."

UN DANGER POUR LES POLICIERS ?

L'avocat général demande à Fabienne V. si selon elle, le moment où Théodore V. est frappé par le bâton télescopique de défense, il représente un danger pour les policiers, alors qu'il est appuyé sur le muret. (Ce moment a été filmé par l'une des caméras de la ville d'Aulnay-sous-Bois et a été largement diffusé dans les médias).

La policière répond qu'à ce moment, pour elle, Théodore Luhaka s'oppose toujours à son interpellation. Elle concède qu'il représente un danger moindre à cet instant (où il reçoit ce "coup d'estoc" comme elle l'appelle), il représente un danger moindre. 

SCÈNE DE VIOLENCES

Un autre avocat de la partie civile, Me Honegger,  interroge la commandante de l'IGPN sur la deuxième vidéo filmée par une riveraine et sur laquelle on voit Théo au sol, entouré par les policiers qui manifestement le frappent. Il n'y a pas de caméras de la ville à cet endroit. 


L'avocat : "On est d'accord, c'est bien une scène de violences que l'on voit ici ?"


La policière : "Moi je vois surtout des policiers qui maintiennent un individu au sol. Je ne vois pas de violences."

GIFLES ET COUPS

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Il y a quelque chose qui se passe et qui n'apparait pas sur les caméras. Les médias se sont beaucoup concentrés sur les images que l'on voit sur la vidéo de la ville. Une autre vidéo filmée par une riveraine avec son téléphone portable montre Théodore Luhaka au sol, entouré par des policiers.  Il prend une gifle de Marc-Antoine C., des coups portés par Tony H. (autre policier accusé)."


Fabienne V., commandant de police IGPN, embêtée: "Je n'ai pas souvenir d'avoir exploité cette vidéo."


Me Vey :"M. Luhaka est par terre. Et il a le ressenti que c'est peut-être là qu'on lui a porté le coup dans la zone périanale..."


Me De Montrial intervient :"Juste pour que l'on soit au courant. Il y a une nouvelle version de la partie civile!?"


Me Vey rappelle que son client sera entendu lundi prochain et qu'il s'expliquera.

"ESTOCADE" OU COUP PORTÉ AVEC UNE MATRAQUE ?

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Vous parlez d'estocade. Pourquoi pas parler de coup porté avec une matraque ?"


 Fabienne V. commandant de police IGPN :"C'est la façon dont le coup a été porté, à l'horizontal".


Me Vey :"Pour vous, le coup qui a engendré les lésions est le coup que l'on voit dans la vidéo? Les blessures ne peuvent pas avoir été portées dans un autre cadre?"


La policière répond par l'affirmative. 


Me Vey: "Moi je suis pas policier mais je vois un coup de matraque, pas un estoc. Pour vous, votre regard objectif, c'est le coup de l'estoc qui a causé le préjudice sur la zone périanale?"

"Tout à fait", répond la policière

"ANGLE MORT"

Xavière Siméoni, assesseure, demande à Fabienne V., commandant de police IGPN, pourquoi, selon elle M. Luhaka a été conduit par les policiers dans cet endroit sans caméra dit "angle mort" après avoir été menotté le 2 février 2017, jour des faits. 

"Parce qu'il y avait beaucoup d'individus hostiles" répond la policière. 

La partie civile pense que le coup de matraque du policier Marc -Antoine C., policier et principal accusé, peut avoir été porté au niveau du rectum de Théodore Luhaka volontairement  alors qu'il se trouvait dans cet "angle mort". 

"DANS LES RÈGLES"

Fabienne V. commandant de police IGPN :"De l'ensemble des auditions des policiers, il ressort que l'interpellation de M. Théodore Luhaka a été faite dans les règles. Tous disent que les policiers placés en garde à vue étaient de très bons policiers."

DEUXIÈME CAMÉRA

Fabienne V. commandant de police IGPN à la barre "L'exploitation de la caméra 39 permet de voir sous un autre angle et de façon plus rapprochée, ce que je viens de vous décrire. A 16h48, on observe, quand Marc-Antoine C. adresse ce coup d'estoc en bas du dos de Théodore Luhaka, un mouvement de tissu, qui pourrait correspondre au caleçon de M. Luhaka et un trait blanc qui pourrait correspondre à la matraque de Marc-Antoine C. La suite du visionnage n'a pas permis d'apporter d'autres éléments utiles à l'enquête".

Le commandant évoque à présent les témoignages de témoins qui doivent être entendus demain à l'audience, dont l'un en faveur des policiers.

COMMANDANT DE POLICE IGPN

La cour entend maintenant Fabienne V., commandant de police IGPN âgée de 52 ans qui a travaillé sur l'enquête juste après les faits, en février 2017. 


"Dans le cadre de l'enquête de flagrance, j'ai été chargée d'exploiter les images de vidéosurveillance. Trois caméras couvrent l'esplanade. L'une d'elle n'a rien apporté à l'enquête", explique-t-elle. "Sur caméra C38, caméra fixe, on voit Thédore Luhaka rejoindre des individus sur l'esplanade rue Edgar Degas, ils se saluent. Puis, on voit des policiers arriver dans un véhicule pour procéder à leurs contrôles. La suite est hors champ."


"Après une minute, apparait un policier qui marche à reculons avec un homme qui semble vouloir échapper à la situation", poursuit-elle. "En second plan, deux policiers tentent de maîtriser un individu qui se débat fortement, il sera identifié comme Théodore Luhaka. Il chute au sol. Il n'a plus sa veste. Son pantalon est baissé. On voit son caleçon. Il tombe à terre. Il y a un jet de gaz lacrymogène. Marc-Antoine C. assène deux ou trois coups de bâton, télescopique de défense de M. Luhaka, ce dernier continue à se débattre. Les policiers le relèvent. Marc-Antoine C. donne un coup d'estoc à Théodore Luhaka, on apprendra malheureusement que ce coup a blessé M. Luhaka qui tombe à terre. Les policiers parviennent alors à le menotter au sol. Il est palpé dans les règles. Beaucoup d'individus hostiles se sont rapprochés, des renforts de police arrivent."

CALEÇON TROUÉ

Me Cailliez: "Théodore Luhaka dit qu'un policier a écarté son caleçon pour faire pénétrer la matraque. Mais un trou a été retrouvé dans son caleçon. Après Théodore a dit à la juge d'instruction qu'il n'a jamais parlé de ce caleçon. Alors soit vous avez inventé ce détail, soit il a menti."

 

Audrey R. : Le trou laisse supposer que la matraque a plutôt traversé le caleçon..."


Me Cailliez :" Mais à ce moment-là (à l'hôpital le 2 février 2017), ni vous ni Théodore Luhaka ne savez qu'il y a un trou dans son caleçon. Donc Théodore Luhaka rajoute un détail accablant mais c'est un mensonge..."


Audrey R. :" L'élément du décalage de caleçon est accablant. Pourquoi j'aurais inventé un tel détail qui met en cause des fonctionnaires de police ? Ce que j'ai écrit dans le procès-verbal est ce qui m'a été décrit par Théodore Luhaka".  


"Je n'ai pas le souvenir d'avoir parlé de mon caleçon lors de ma première audition (...) Je crois même que je ne l'ai pas relue. Je n'ai jamais parlé de mon caleçon" a déclaré Théodore Luhaka à la juge d'instruction le 3 mars 2017 après avoir appris qu'il y avait un trou ans son caleçon. 

L'AUDIENCE REPREND

Me Louis Cailliez, autre avocat de Marc-Antoine C. s'adresse à la policière à la barre : "Théodore Luhaka a dit que vous l'avez forcé ( à parler) qu'il n'était pas en état de le faire. "


Audrey R., gardien de la paix, qui a recueilli le témoignage de Théodore Luhaka sur son lit d'hpooital le 2 février 2017: "On ne l'a pas forcé, il avait l'air fatigué mais ses déclarations ont été faites sans aucune contrainte de notre part. Il n'a pas souhaité d'avocat comme le précise le procès-verbal."


Me Cailliez commente :" C'est un mensonge donc". 

UN JURÉ A UNE URGENCE

En pleine audience, l'un des jurés supplémentaires se lève et s'apprête à quitter la salle, très pressé. La présidente lui rappelle qu'il ne peut pas partir comme ça. Il patiente quelques minutes mais a visiblement une réelle urgence. L'audience est suspendue 5 minutes.

"TRAVAIL D'ÉQUILIBRISME"

Me Thibault de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C., s'adresse à la fonctionnaire de police à la barre. Audrey R. a recueilli le témoignage de Théodore Luhaka peu après son interpellation et alors qu'il se trouvait sur son lit d'hôpital. L'avocat parle d'un "procès-verbal écrit à quatre mains" dans lequel Théodore Luhaka "tente" de faire croire à une version, "dans un travail d'équilibrisme, qui ne colle pas du tout à la réalité. "Théodore Luhaka dit qu'un policier lui tenant les bras, un autre les jambes, le troisième lui baisse le pantalon, écarte le caleçon et met la matraque dans ses fesses" décrivant les propos retenus dans le procès-verbal d'audition. L'avocat mime la scène qui lui semble totalement improbable. 

MÉDICAMENTS

Audrey R., fonctionnaire de police à la barre "pense que Théodore Luhaka, au moment de son audition est assez sincère. 

L'avocat général demande si des médicaments ont été administrés à Théodore Luhaka pendant son audition à l'hôpital le 2 février 2017, jour des faits. La jeune femme a dit qu'elle ne s'en souvenait pas. Entendue par l'IGPN vingt jours après les faits, elle avait dit à l'époque que plusieurs médecins étaient venus le voir pendant son audition pour lui administrer des médicaments (probablement des antidouleurs). 

UNE PHOTO DU BLESSÉ A L'HÔPITAL ET DE SES VÊTEMENTS ENSANGLANTÉS

Une photo du visage de Théodore Luhaka, couvert de bleus et de pansements, prise alors qu'il est sur son lit d'hôpital par une policière, dans le cadre des investigations de l'IGPN, est projetée à la demande de Me Vey, avocat de Théodore Luhaka. Des clichés du t-shirt bleu de Théodore couvert de sang et de son pantalon noir sont projetés à l'écran. Une photo d'une chaussure est projetée (l'autre n'a jamais été retrouvé). La dernière photo est celle du caleçon de Théodore Luhaka, couvert de sang, avec un trou. Les vêtements sont sous scellés. 

Me Vey :"Le trou dans le caleçon correspond certainement à la matraque qui a atteint la zone périanale."

La policière à la barre aquiesce. Le pantalon de la victime n'a pas été troué car il était baissé. 

VIDÉO

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka: "Nous avons vu ce matin une vidéo où Théo est debout, accroché à un muret, où il prend un coup d'objet, une estocade. Il y a une deuxième scène, derrière un muret, où il est entouré par des policiers et où on ne sait pas trop ce qu'il se passe."


Audrey R. fonctionnaire de police :"Quand je l'interroge, il me parle vraiment d'un coup au niveau des fesses, avec une matraque qui pénètre dans son anus."


Me Vey: "Théodore se demande encore aujourd'hui si la blessure provoquée par la matraque est intervenue alors qu'il est accroché au muret ou après, alors qu'il est derrière, entouré par les policiers". 

(La seconde hypothèse accréditant un geste volontaire de la part des policiers ). 

AUDITION DE 2 HEURES A L'HÔPITAL

Xavière Siméoni, assesseure, demande à la fonctionnaire de police comment était Théodore Luhaka quand elle l'a entendu le soir des faits à l'hôpital. Audrey R. : "Je le trouve assez calme, pas d'agressivité. Il parle correctement. Il arrive à nous expliquer ce qu'il s'est passé. Il est lucide, cohérent. L'audition a dû durer 2 heures. Il est allongé sur un lit." 

La jeune femme a constaté que Théodore Luhaka avait aussi, en plus de sa blessure au rectum, une blessure au niveau du visage. "Il se plaint de douleur au niveau des fesses" dit-elle.

Les policiers écoutent, tête baissée, le témoignage de la jeune femme. 

PAS DE CONTACT AVEC LES 4 POLICIERS

Audrey R. indique qu'elle n'a pas eu de contact avec les quatre policiers qui seront placés en garde à vue un peu plus tard dans le cadre de ce qui deviendra "l'affaire Théo". "Moi j'étais dans les bureaux, mon travail était de m'occuper des personnes en garde à vue. Les quatre policiers, je n'ai jamais travaillé avec eux" explique-t-elle. 

"CA MÉRITE UN SNAP"

La présidente explique qu'il y a un autre épisode de violence, dans le véhicule, selon Théodore Luhaka. "Oui il dit qu'il va recevoir des coups, un crachat, et la fameuse photographie Snapchat de lui prise par le passager avant", explique Audrey R. fonctionnaire de police qui a entendu Théodore Luhaka après son interpellation. "Le passager arrière aurait dit ça mérite un Snap", poursuit la présidente. 

La présidente demande également à la jeune femme s'il y a eu des insultes racistes dans le véhicule. La fonctionnaire de police ne s'en souvient pas. 

CAMÉRA ET COUP DE MATRAQUE

Audrey R. fonctionnaire de police, relate à la demande de la présidente ce que Théodore Luhaka lui a raconté, qu'il était intervenu après avoir assisté à un contrôle d'identité qui se passe mal sur un groupe de jeunes, qu'il avait été frappé, aspergé de gaz lacrymogène dans le visage et dans la bouche et violé avec une matraque. Elle dit que Théodore Luhaka lui a indiqué qu'il savait qu'il y avait une caméra sur la dalle où il a été interpellé à Aulnay-Sous-Bois et qu'il a essayé de se mettre dans le champ de celle-ci. 


La présidente : "Théodore Luhaka explique que l'un des policiers lui a mis un coup de matraque volontairement dans les fesses?"


Audrey R. ! "Oui, et que les autres (policiers) le maintiennent."

L'AUDIENCE EST REPRISE

L'audience a repris. Audrey R. fonctionnaire de police est à la barre. Elle a 32 ans. Elle est habillée en noir, chemise blanche, cheveux ondulés bruns. "Le soir des faits, j’étais en fonction au commissariat d’Aulnay. Je n’étais pas présente quand les policiers sont arrivés avec M. Luhaka. On m’a dit qu’il fallait que j’aille entendre Théodore Luhaka à l’hôpital Ballanger. Il avait une blessure au niveau du rectum." Elle a entendu Théodore Luhaka le 2 février à 20h40. 

La présidente : "Pourquoi on vous demande de l’entendre aussi rapidement. Il est sous médicament, sous morphine…." La fonctionnaire explique qu’elle a fait ce qu’on lui a demandé. "Le médecin nous a garanti qu’il était tout à fait possible de l’entendre."

AUDIENCE SUSPENDUE

L'audience est suspendue, elle reprendra à 14 heures. 

"SUR LE COMPTE DE LA DOULEUR"

Thibault de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C.: "M. Luhaka a déclaré dans un premier temps que quatre fonctionnaires l'avaient violé, deux lui tenant les bras, un lui baissant le pantalon et un autre introduisant une matraque dans son rectum. Comment qualifieriez-vous ces déclarations ? 

Romain F. ancien commandant de police de l'IGPN, ne parle pas de déclarations mensongères. Il répond finalement : "C'est quelqu'un qui a subi un grave traumatisme, je mets ça sur le compte de la douleur."

VERSION PUBLIQUE

Me Thibault de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C.: "La version publique véhiculée à l'époque était que la victime avait subi un viol. Si nous n'avons pas récupéré les vidéos et les témoignages des amis de Théodore Luhaka, n'est-ce pas parce que les vidéos et la réalité ne correspondait pas du tout à cette version publique ?"

Romain F. ancien commandant de police de l'IGPN pense que c'est possible. Un peu plus tôt il avait dit avoir trouvé bizarre qu'il n'y ait pas plus de vidéo de cette interpellation à une époque où chaque intervention de la police est filmée par des téléphones et diffusée sur les réseaux sociaux. 

"FOUTAGE DE GUEULE" OU "BONNE FOI"?

Me Thibault de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C.: "Quand Marc-Antoine C. vous dit, pour expliquer la blessure de Théodore Luhaka, qu'il a pu glisser sur la matraque, vous prenez ça comme du foutage de gueule ou de la bonne foi de quelqu'un qui a une interrogation légitime, qui ne comprend pas ?". 

Romain F. ancien commandant de l'IGPN: "Votre deuxième hypothèse, comme de la bonne foi."

Répondant à une autre question de l'avocat, l'ancien commandant estime aussi qu'au moment de l'interpellation de Théodore Luhaka, sa blessure ne pouvait pas forcément se voir. 

IGPN

Me Thibault de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C., s'adresse maintenant à l'ancien commandant de police de l'IGPN à la barre. "Vous avez précisé lors de votre exposé que le service auxquels appartenaient les accusés n'était pas dans le collimateur de l'IGPN. Ca vous donne quoi comme indication avant de vous occuper du dossier, ça vous inspire quoi" demande l'avocat. "c'est plutôt l'inverse, si les noms étaient connus, ça nous aurait inspiré quelque chose", explique le policier.  

AVOCAT DU PRINCIPAL ACCUSÉ

Me Louis Cailliez, avocat de Marc-Antoine C., prend la parole. Il rappelle que M. Luhaka a déclaré dans un premier temps que les policiers avaient volontairement baissé son pantalon pour introduire dans son rectum une matraque télescopique. "Ce qui nous posait des questions, avant la vidéo, c'était les déclarations de M. Luhaka, qui disait que quatre fonctionnaires l'avaient violé, que deux lui avaient tenu les bras, un autre baissé son pantalon et un autre introduit une matraque dans son rectum" se souvient l'ancien fonctionnaire de l'IGPN à la barre. Il poursuit :"les vidéos arrivées par la suite montrent qu'il n'y a pas d'éléments intentionnels de la part de Marc-Antoine C. (principal accusé aujourd'hui)". 

REFUS DE MENOTTAGES ET DOMMAGES PHYSIQUES

L'avocat général revient sur l'un des propos de l'ancien commandant de police de l'IGPN. Au début de son intervention, ce dernier a dit que pour menotter quelqu'un, il fallait le faire par surprise. "C'est là qu'on se rend compte qu'un taser aurait été utile. Marc-Antoine C. n'avait que son bâton télescopique de défense, et M. Théodore Luhaka fait 1,90m. Le refus de menottage peut entraîner des dommages physiques sur la personne. On peut parfois lui casser un bras", commente l'ancien commandant de police de l'IGPN. 

AVOCAT GÉNÉRAL

"Il a pu glisser sur le bâton télescopique de défense (explication donnée au départ par l'accusé Marc-Antoine C. policier). Ca évoque quoi pour vous ? Moi ça m'interroge" relève Loïc Pageot, avocat général. 

"On pense à une sodomie mais moi je n'imagine pas la scène" répond Romain F. ancien commandant de l'IGPN à la barre. 

L'avocat général poursuit :"N'est-ce pas plutôt le bâton qui a pénétré et pas l'inverse?". Le policier à la barre acquiesce. 

"IL A GLISSÉ SUR LA MATRAQUE"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka, s'étonn des versions données par des policiers pour expliquer la blessure de Théodore Luhaka. "Selon Marc-Antoine C. Théodore Luhaka a glissé sur la matraque. Marc-Antoine C. est dans une forme de déni et minimise ce qu'il vient de commettre ", estime l'avocat. Marc-Antoine C. policier accusé, a porté un coup de matraque télescopique au niveau du fessier de Théodore Luhaka. Ce coup a occasionné des séquelles irréversibles.

Pour l'ancien commandant de l'IGPN à la barre, si Marc-Antoine C. a pu dire que Théodore Luhaka avait glissé sur la matraque, c'est sans doute parce qu'il se demandait alors comment cette blessure avait pu être occasionnée. Me Vey ne croit pas du tout à cette explication.

"CE MONSIEUR A DU SANG SUR LE VISAGE, DU SANG SUR LES FESSES"

"Ce monsieur a du sang sur le visage, du sang sur les fesses, et ça ne vous interpelle pas. Cette photo que l'on voit à l'écran, qui a été prise par un policier dans le commissariat alors que Monsieur Luhaka est très mal, ne vous interpelle pas ?" interroge Me Vey. 

Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, à la barre, répond que la photo n'était pas le sujet de cette affaire et sous-entend qu'ils avaient d'autres choses à voir pour l'enquête en cours. 

APPEL TARDIF AUX SECOURS

Me Vey relève que l'appel du chef de poste aux secours pour venir en aide à Théodore Luhaka intervient tardivement. "Pourquoi les fonctionnaires n'ont pas appelé les secours avant? Dans la voiture il saigne, il a du sang sur le visage, un saignement au niveau du rectum, il est conduit au conduit au commissariat, allongé au sol. Il faut attendre l'appel, sans doute du chef de poste, aux secours pour que cet homme soit aidé", rappelle-t-il. "Pourquoi les fonctionnaires en cause n'ont pas fait un signalement pour que ce monsieur soit conduit à l'hôpital", demande l'avocat. 

"Vous demanderez aux fonctionnaires en cause", répond l'ancien commandant de police de l'IGPN à la barre. 

UNE PHOTO DE LA VICTIME AU SOL DANS LE COMMISSARIAT

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka, demande qu'une photo soit projetée. Il s'agit d'une photo de Théodore Luhaka, t-shirt bleu, yeux fermés, sang sur le visage, allongé sur le sol du commissariat, dans un état grave. Cette photo a été prise par Jérémie D. l'un des policiers accusés. Le fonctionnaire a ensuite effacé la photo de son téléphone. Pour se justifier de l'avoir prise, il a dit qu'elle serait utile pour rédiger le procès-verbal de l'intervention. "Je ne vois pas en quoi cette photo peut aider à la rédaction d'un PV", pointe Me Vey. L'avocat se demande si l'idée du policier n'était pas plutôt de diffuser cette image à des collègues ou via snapchat pour se moquer de lui. 

COMMISSARIAT

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka, revient sur les suites de l'interpellation de Théodore Luhaka, au commissariat. "Ce qui a changé l'attitude des policiers, c'est l'alerte donnée par une personne au commissariat sur l'état de santé de Théo" dit-il, reprenant ce qu'avait dit plus tôt l'ancien commandant de police de l'IGPN, à la barre. 

Théodore Luhaka qui était alors menotté a été allongé au sol. L'ancien commandant suppose qu'il a été démenotté avant d'être allongé. 

CONTRÔLE DE POLICE

Xavière Siméoni, assesseure, interroge l'ancien commandant de l'IGPN. Elle demande si la personne qui devait au départ être interpellée sur ce contrôle de police était connue. Le commandant répond que oui, pour trafic de stupéfiants. "Les fonctionnaires se sont concentrés sur M. Luhaka, tous les autres qui avaient des choses à se reprocher ont filé", commente l'ancien commandant à la barre. 

DEUXIÈME VIDÉO

Une autre vidéo est projetée. Il s'agit de la fin de l'interpellation de Théodore Luhaka. On voit sur les images le jeune homme conduit dans la voiture de police de la Brigade spécialisée de terrain (BST) d'Aulnay-sous-bois. La vidéo a été prise par une femme depuis son appartement. 

"ON VOIT QUE M. LUHAKA EST TOUCHÉ, IL A DU MAL À SE LEVER"

La présidente commente les images de l'interpellation projetée à l'écran :"Là, on voit que Monsieur (Théodore) Luhaka est touché. Il a du mal à se lever."

VIDÉO DE L'INTERPELLATION

Voici la vidéo qui est projetée actuellement dans la salle d'audience.

Affaire Théo : de nouvelles images montrent l'arrestation musclée du jeune hommeSource : JT 20h Semaine

COUPS ET GAZ LACRYMOGÈNE

L'ancien commandant de police de l'IGPN commente la vidéo extraite d'une caméra de police, vidéo largement diffusée à l'époque des faits. On voit Théodore Luhaka être aspergé de gaz lacrymogène et être frappé par les policiers au moment de son interpellation sur la dalle et avant son menottage. 

Les accusés et la victime regardent attentivement les images. 

LES VIDÉOS DE L'INTERPELLATION PROJETÉES

Les vidéos de l'interpellation musclée de Théodore Luhaka, prises le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois, par une caméra de la ville et par un témoin, sont projetées à l'écran. L'ancien commandant de police de l'IGPN explique avant de les voir que le pantalon de Théodore Luhaka tombait avant même qu'il ne soit interpellé (dans un premier temps avait été dit que c'étaient les policiers qui lui avaient baissé son pantalon). 

UN TROU DANS LE CALEÇON DE LA VICTIME

Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, à la barre, indique que l'IGPN a découvert "lors de la reconstitution des scellés un trou dans le caleçon de Théodore Luhaka" que n'avaient pas vu ses "collègues d'Aulnay". Ce trou a pu être occasionné par le coup de matraque télescopique porté par Marc-Antoine C. , policier accusé, au niveau du rectum du jeune homme.

Des traces de sang se trouvaient aussi sur le t-shirt de la victime. 

TRACES DE SANG

Des photos et des plans des lieux de l'interpellation qui a mal tourné sont projetés sur les écrans dans la salle d'audience. Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, les commente tandis que les trois policiers accusés - qui comparaissent libres- l'écoute attentivement depuis les chaises sur lesquelles ils sont assis. L'ancien commandant indique que des traces de sang ont été constatées à certains endroits des lieux de l'interpellation. À d'autres, des restes de grenades. 

Des traces de sang ont également été retrouvées dans le véhicule qui a conduit Théodore Luhaka au commissariat. Des photos de l'intérieur de police sont projetées à l'écran, on y voit ces traces. Les trois accusés regardent les clichés sur les grands écrans de la salle. 

PHOTO DE LA VICTIME

Les téléphones de policiers placés en garde à vue ont été saisis. Un des fonctionnaires poursuivi aujourd'hui, Jérémie D. a pris une photo de Théodore Luhaka avant de l'effacer. "Pourquoi ce policier a-t-il effacé la photo si elle devait servir à rédiger un rapport (pour décrire les blessures de l'interpellé dans le procès-verbal d'interpellation selon lui)?" demande la présidente Jadis Pomeau. 

"Je ne sais pas, il faudra poser la question", répond Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, à la barre. 

"ASSEZ BIZARREMENT, PERSONNE N'A FILMÉ"

Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN à la barre, note quelque chose de "bizarre" sur l'affaire Théo. "Assez bizarrement, personne n'a filmé, la seule vidéo que l'on ait, c'est celle de la ville, et une autre partielle, montrant la fin de l'intervention. Personne n'a sorti son portable pour filmer. Dans d'autres affaires impliquant des fonctionnaires, des vidéos apparaissaient et se retrouvaient automatiquement sur les réseaux sociaux. Là, il n'y avait rien."

BLESSURE

La présidente demande au commandant s'il lui a semblé qu'on essayait de l'orienter. "Non pas du tout. Je pense que Marc-Antoine C. pensait qu'il était à l'origine de ces blessures (sur Théodore Luhaka) mais qu'il se demandait comment il avait pu les provoquer"répond Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN. 

Ce dernier évoque par ailleurs une "hiérarchie assez pressante à ce moment-là".

PAS DE TRACE DE SANG SUR LA MATRAQUE TÉLESCOPIQUE

Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, à la barre, explique que l'IGPN a récupéré le bâton télescopique de défense de Marc-Antoine C. ,qui a frappé Théodore Luhaka. "Il n'y avait pas de trace de sang sur ce bâton après analyse. Entre le moment où il a été saisi et placé sous scellé, on ne sait pas s'il a été nettoyé ?", demande la présidente. Le commandant répond par la négative. 

"INCONNUS" DE L'IGPN

Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, à la barre, indique que des noms de policiers revenaient assez facilement dans les procédures IGPN mais que les noms des trois policiers poursuivis aujourd'hui devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis n'étaient pas connus. 

SAIGNEMENT

Théodore Luhaka est arrivé le 2 février 2017 au commissariat après son interpellation avec un saignement important au niveau du rectum. C'est un policier présent au poste qui s'est inquiété de son état. La présidente demande au commandant de police de l'IGPN à la barre s'il sait qui est cette personne qui a alerté de l'état de la victime. "Certainement le chef de poste. Si c'est le chef de poste, c'était une femme" dit-il sans certitude. 

Les policiers qui ont procédé à l'interpellation de Théodore Luhaka n'avait "pas vu" ce saignement en amont. 

"ENTENTE PRÉALABLE SUR UNE VERSION À DONNER ?"

Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN, dit ne pas avoir senti de réticence des policiers placés en garde à vue pour lui parler. La présidente lui demande s'il a eu l'impression qu'il y ait "eu une entente préalable sur une version à donner". Le témoin répond qu'il ne croit pas. Selon le commandant, les policiers se sont même demandés comment la blessure au niveau de Théodore Luhaka au niveau du rectum avait pu être occasionnée. 

ANCIEN COMMANDANT DE L'IGPN

À la barre, Romain F., ancien commandant de police de l'IGPN et aujourd'hui retraité de la police nationale. Il a travaillé sur l'affaire Théo juste après les faits. "Dans la nuit du 2 au 3 février 2017, nous étions de permanence. Mon équipe d'astreinte a été appelée par le parquet de Bobigny pour quatre fonctionnaires d'Aulnay-sous-Bois accusés de viols en réunion. Quatre policiers de l'IGPN se sont déplacés sur place et ont placé en garde à vue les quatre policiers d'Aulnay à 2h15 du matin". 

Depuis, l'un des quatre policiers a bénéficié d'un non-lieu et la qualification de viol n'a pas été retenue. Aujourd'hui, trois policiers sont poursuivis pour "violences volontaires".

L'AUDIENCE EST REPRISE

L'audience reprend.

THÉODORE LUHAKA ET SES PROCHES SONT ARRIVÉS AUSSI

Théodore Luhaka est arrivé dans la salle d'audience. Il est, comme hier, entouré de ses proches. 

IGPN

Plusieurs commandants de l'IGPN doivent être entendus ce mercredi. 

L'AUDIENCE VA REPRENDRE

L'audience va reprendre dans quelques minutes. Moins de monde qu'hier dans la salle d'audience. Les trois accusés sont arrivés, deux d'entre eux, Marc-Antoine C. et Jérémie D. discutent avec leurs avocats respectifs. 

"Un coup légitime" selon le policier

Mardi, la cour s’était penchée sur la personnalité des trois accusés. Le principal d’entre eux, Marc-Antoine C. avait reconnu être à l’origine d’une "blessure désolante", mais n’avoir jamais eu l’intention de causer les séquelles constatées par la suite par les médecins.  Le gardien de la paix a même assuré avoir usé de la force "légitime" pour interpeller Théo Luhaka. "J'ai utilisé un coup qui est à l’origine de cette blessure qui m'a été enseigné à l'école, un coup légitime", s’est justifié le policier à la barre. 

"J'ai conscience que c'est une blessure grave. Je souhaiterais renouveler ma profonde compassion" à la victime, a ajouté le fonctionnaire de police de 34 ans avant de déclarer : "Je ne suis pas un violeur, je ne suis pas un criminel." 

À quelques mètres de lui, Théodore Luhaka, vêtu d'une doudoune bleue, a écouté attentivement les déclarations de Marc-Antoine C. Ce dernier est poursuivi pour des violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente, avec la circonstance aggravante de sa qualité de personne dépositaire de l'autorité publique, sans le regarder. Il encourt jusqu'à quinze ans de prison. Ses deux collègues, jusqu’à sept ans d’emprisonnement. 


Aurélie SARROT

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