Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

"Il n'y a pas de mots pour décrire ce massacre" : au procès du 13-Novembre, la parole aux victimes

La rédaction de LCI
Publié le 1 octobre 2021 à 19h03, mis à jour le 19 janvier 2022 à 9h55
JT Perso

Source : TF1 Info

JUSTICE - Les rescapés des attentats du 13 novembre 2015 et les proches des personnes décédées qui le souhaitent ont commencé à prendre la parole à la barre. Des témoignages qui doivent s'étaler sur cinq semaines.

La parole aux victimes. Pour la quatrième semaine du procès des attentats du 13-Novembre, les rescapés ont commencé à se succéder à la barre pour témoigner. Raconter le choc de cette soirée festive qui a basculé dans l'horreur, mettre des mots sur les souffrances et ces traumatismes qui persistent, six ans après.

Les victimes du Stade de France ont été les premières à être entendues par la cour d'assises spéciales. Ont suivi celles des terrasses, avant celles du Bataclan. Leurs auditions doivent durer cinq semaines. Outre les rescapés, plusieurs proches de personnes décédées viendront évoquer l'être cher qu'ils ont perdu. 

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Un moment éminemment difficile pour de nombreuses parties civiles, certaines ayant dû interrompre leur témoignage sous le coup de l'émotion. D'autres ont d'ailleurs préféré s'abstenir,  Mais pour beaucoup, cette prise de parole est aussi une étape indispensable pour leur reconstruction. 

"JE SUIS LÀ POUR PRENDRE UNE PEINE"


Me Topaloff avocate de parties civiles, interroge l'accusé Algérien Adel Haddadi:  Que pensez-vous du GIA en Algérie

Adel Haddadi : C'est un groupe terroriste en Algérie. Je suis contre 

Me Topaloff :  comme vous êtes aujourd'hui contre Daech

Adel Haddadi  : Ouais je suis contre. 


Me Topaloff :Donc vous condamnez les attentats qui ont été commis à Paris

Adel Haddadi : Je condamne tous les actes de violences dans le monde

Me Topaloff : finalement heureusement que vous avez été arrêté avant. 

Adel Haddadi : J'ai fait des fautes, je suis là pour prendre une peine, être condamné, mais j'accepte ça. 

INTERPELLÉS UN MOIS APRÈS LES ATTENTATS


Les enquêteurs ont conclu qu'Adel Haddadi et Muhammad Usman étaient en route pour rejoindre le groupe terroriste et que les attentats en France le 13 novembre 2015 avant leur arrivée avait stoppé leur progression. 

Les deux hommes attendaient-ils des renforts, devaient-ils rejoindre la cellule belge? Oussama Atar leur avait-il donné des consignes aux deux hommes qui selon l'accusation étaient toujours en mission pour le compte de l'Etat Islamique? 

Adel Haddadi, et Muhammad Usman ont été interpellés le décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche.

MISSION SUICIDE


Adel Haddadi devait faire une mission suicide en France avec l'accusé, Muhammad Usman, ainsi que les deux Irakiens Ahmad Al Mohammad et Mohamad Almahmod (qui se sont fait exploser au Stade de France). Ils ont quitté la Syrie le 1er octobre 2015 et entamaient leur périple vers la France. 

"FAIRE DE L'HUMANITAIRE"


Le président : Si vous allez en Syrie pour de l'humanitaire on ne comprend pas bien le but de l'entraînement militaire..

Haddadi  :Au début j'y allais pour de l'humanitaire, on savait qu'il ne s'agirait pas de donner des bonbons aux gamins/ Moi j'étais contre ce qu'il se passait en Syrie. Chez nous quand quelqu'un voit le mal et qu'il veut aider, on dit qu'il va faire de l'humanitaire. 

Le président : je ne vois pas le rapport entre l'humanitaire et les tirs à la Kalachnikov.

"MONTER ET DÉMONTER UNE KALACH"


Haddadi  déclare ::"On nous a appris comment tirer". Il a dit qu'il faisait aussi beaucoup de sport, qu'on leur avait appris à monter et démonter une kalachnikov. Les journées commençaient par la prière, sport, petit déjeuner, cours de religion, exercice à la Kalach"

KRAYEM REFUSE TOUJOURS DE COMPARAITRE


L'accusé Osama Krayem refuse toujours de comparaitre. Il était hier dans le box pour son interrogatoire et ne devrait y revenir que pour son prochain interrogatoire. 

INTERROGATOIRE D'ADEL HADDADI


Adel Haddadi, 34 ans, un Algérien né le 17 juillet 1987. Il a été interpellé avec  Muhammad Usman, 28 ans, un Pakistanais né le 15 mai 1993,  en décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche.

Les deux hommes ont quitté la Syrie et rejoint l'Europe par la route des migrants avec deux kamikazes du Stade de France. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu commettre un attentat en France.

Muhammad Usman est un ancien artificier de groupes jihadistes pakistanais réputés proches d'Al-Qaïda.

Ils sont détenus en France depuis juin 2016.


La rédaction de LCI

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