EN DIRECT - Procès de l'affaire Théo : "J'espère que ces policiers seront punis", déclare la victime lors de son audition

Publié le 15 janvier 2024 à 17h05, mis à jour le 15 janvier 2024 à 20h47

Source : TF1 Info

Trois policiers sont jugés depuis mardi dernier aux assises de Seine-Saint-Denis pour "violences volontaires".
Les faits ont eu lieu le 2 février 2017 à l'encontre de Théodore Luhaka à Aulnay-sous-Bois.
Ce lundi après-midi, la victime, qui garde des séquelles à vie après avoir reçu un coup de matraque, doit être entendue.

Ce live est à présent terminé. 

FIN DE CE LIVE

Fin de ce direct, merci de l'avoir suivi. 

"CALVAIRE"

Me Louis Cailliez, avocat du principal accusé :"Il n'est pas question de remettre en cause le calvaire que vous avez vécu suite à votre blessure mais moi je défends un homme qui encourt 15 ans. Il se trouve qu'il y a des incohérences dans vos déclarations."

L'avocat commence :"Le cap est un point de deal connu de tous"


Théodore Luhaka :"Le cap c'est un centre culturel."

(Rires sur les bancs des parties civiles).

La défense enchaîne les questions et pointe les incohérences et évolutions dans les déclarations de la partie civile. 

"SANS LES VIDÉOS, JE SERAIS MORT"

Théodore Luhaka déplore les témoignages de certains commandants de l'IGPN qui ont soutenu les policiers, soutenant que le coup du principal accusé était légitime et règlementaire, mais aussi d'un expert ce matin qui n'est pas resté neutre comme l'exige sa fonction. 


L'avocat général : "Que se serait-il passé selon vous s'il n'y avait pas de vidéo?"


Théodore Luhaka :"Je serais mort". 

"J'AI PAS D'AVENIR, JE SUIS HANDICAPÉ A VIE"

Théodore Luhaka s'est assis sur une chaise à la barre  : "Le temps de l'amusement je l'ai raté. Moi 30 ans, je suis aux assises, j'ai pas d'avenir et ensuite je suis handicapé à vie." Les trois policiers assis un mètre derrière lui l'écoutent, sans bouger.  

"MOI JE SUIS VRAIMENT MORT"

Théodore Luhaka : "La réalité de la vie, c'est que moi je suis mort. Le 2 février 2017, moi je suis vraiment mort. Dans les manifestions contre les violences policières, les gens ils écrivaient : Zied, Bouna, Théo et Adama! Je ne suis pas un infirme, je suis mort. Je vais regarder Monk (Adrian Monk la série) jusqu'à la fin de ma vie. Ma famille va continuer à vivre avec un mort-vivant. Celui qui mettait la bonne humeur et la joie de vivre à la maison, il n'est plus là. Si quelqu'un le cherche, on sait qu'il est dans sa chambre en train de regarder Monk. La plupart de mes amis, ils sont mariés avec des enfants. Moi je serai toujours étiqueté Théo. Quoi que je fasse, je serai dérangeant."

"ILS M'ONT RAMENÉ AU COMMISSARIAT COMME UN TROPHÉE"

Selon Théodore Luhaka, les policiers qui l'ont interpellé, frappé,insulté et humilié l'ont "ramené au commissariat comme un trophée."

Sans le chef de poste qui a appelé les secours après avoir vu qu'il saignait, il ne sait pas où il en serait aujourd'hui. 

"UN POLICIER DIGNE DE CE NOM, C'EST TRÈS UTILE"

Puis Me Vey interroge son client sur le rôle des policiers au quotidien. "Un policier digne de ce nom, c'est très très utile, mais les trois policiers derrière moi, c'est même pas des policiers. Marc-Antoine C. est arrivé 3e de sa promo, 20e en France, il était pompier volontaire. Et il fait ça. C'est très triste" estime Théodore Luhaka.

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Me Vey rappelle que François Hollande est venu voir son client sur son lit d'hôpital. "Ca n'est pas vous qui l'avez appelé", demande-t-il avec ironie à son client. "Non pas du tout", répond Théo. 

"TRÈS GROSSE ÉPREUVE"

Théodore Luhaka: "Aujourd'hui, c'est une très grosse épreuve, de parler comme ça devant ma famille, de montrer que je suis triste."

CÉLÉBRITÉ

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "À l'approche du procès, vous m'avez dit :"Personne ne souhaite être connu pour quelque chose qu'il n'a pas désiré. Avant cette histoire, vous vouliez être connu."


Théodore Luhaka explique qu'il voulait être connu comme footballeur. "Aujourd'hui, je suis connu parce que je suis aux assises, pas parce que j'ai eu le Ballon d'or. (...) Je serai toujours celui qui s'est fait violer peu importe ce que je dis."

ANNIVERSAIRE

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Vous êtes né le 9 janvier 1995. Le jour de l'ouverture de votre procès, c'était votre anniversaire..."


Théodore Luhaka:"Oui malheureusement."

"FRAPPÉ MENOTTÉ"

Me Honegger, avocat de la partie civile : "Concernant les violences commises derrière le mur hors caméra, vous dites à l'occasion de votre première déclaration le jour des faits, que les policiers vous ont frappé à plusieurs reprises, que vous avez reçu des coups de matraques, des coups de poing, de pieds, alors que vous étiez menotté."


Théodore Luhaka assure en effet qu'il a reçu des coups, dont d'autres coups, de matraques aussi derrière le mur, hors caméra. Il dit aussi avoir été frappé et insulté dans la voiture par plusieurs policiers.

"J'ESPÈRE QUE CES POLICIERS SERONT PUNIS"

Théodore Luhaka est  "très content que ce procès soit aux assises". Il ajoute :"Ca me fait mal de voir ce métier sali par des individus mal intentionnés. Je suis très triste que ces policiers soient encore sur le terrain, c'est un très gros risque. Dans la voiture, ils étaient très fiers d'eux. Aucun d'eux n'a pensé qu'ils étaient allés trop loin ! Aucun d'eux! C'est eux trois qui font que je suis là. J'espère que le procès sera favorable et qu'ils seront punis pour ce qu'ils ont commis."

"VIOLÉ"

Xavière SIméoni demande à Théodore Luhaka s'il a des projets. "Madame, je vais dire la vérité, je viens (au procès) pour ma famille", répond la victime indiquant que plusieurs membres de sa famille vivent à l'étranger. 

Il dit que sinon il ne serait sans doute pas venu tous les jours à l'audience comme il le fait depuis le début du procès. Il dit aussi que ça a été compliqué de regarder les photos de son agression dans le détail à l'audience. Concernant ses projets, il répond :"Je ne peux pas avoir de projets. Quoi que je fasse, on me dira : 'Théo Luhaka, si t'as un truc, c'est parce qu'on t'a violé'. Ils m'ont mis une matraque dans les fesses, pour moi on m'a violé", répond la partie civile qui dit avoir "aujourd'hui les séquelles d'une femme qui vient d'accoucher".

MENOTTES

Théodore Luhaka indique avoir été menotté jusqu'à l'arrivée des pompiers au commissariat. Les secouristes avaient été appelés par la cheffe de poste qui avait constaté ses saignements importants au niveau de l'anus. 

"ON VA LUI FAIRE SA FÊTE!"

Théodore Luhaka soutient que les policiers l'ont amené à l'abri des caméras pour pouvoir le frapper sans être filmé: "Quand ils m'ont mis les menottes, ils ont commencé à me frapper. L'un d'eux à dit: 'Frappe-le pas ici, il y a des caméras. Viens, on va là-bas (à l'abri des caméras) on va lui faire sa fête!"

1ere audition

Xavière Siméoni, assesseure : "Le 3 mars 2017, vous êtes entendu par le juge, un mois après les faits et votre audition par les policiers. Vous dites alors que la policière, qui vous a entendu le 2 février dans la soirée, vous a forcé à répondre à ses questions alors que vous n'étiez pas en état."

Théodore Luhaka répète que la policière l'a forcé à répondre, alors qu'il était allongé sur son lit d'hôpital. "La policière m'a dit que c'était important que je le fasse maintenant, elle m'a signifié l'urgence. Aujourd'hui, je la remercie." Sa déposition n'aurait pas été la même le lendemain. 

"TRISTE D'ÊTRE DANS UN PROCÈS COMME CELUI-CI"

Théodore Luhaka sur sa vie d'aujourd'hui : "Je peux que regarder Monk (Adrian Monk sa série) encore et encore". Il poursuit : "Ça fait plaisir de voir des policiers intègres, dignes de ce nom (ceux qui encadrent le procès). Et je suis triste d'être dans un procès comme celui-ci."

Il explique aussi avoir pris 10 kilos depuis les faits car il ne fait plus de sport. 

"CA MÉRITE UN SNAP"

Toujours selon Théodore Luhaka, l'un des policiers aurait dit alors qu'il venait d'être frappé et insulté :"Ça mérite un Snap".

INSULTES, MOQUERIES ET CRACHATS

Puis il poursuit, expliquant ce qu'il s'est passé à son arrivée au commissariat, une fois interpellé par les policiers.   "Ils ont dit au commissariat : 'Il saigne du fion' et ils rigolaient, explique Théodore Luhaka à la barre. Il affirme aussi que les trois policiers aujourd'hui accusés l'ont insulté dans la voiture qui l'a amenée au commissariat, en le traitant de "Sale nègre" et de "bamboula". Selon lui, les policiers lui auraient aussi craché dessus dans le véhicule. 

Pour la partie civile, ce sont les policiers Marc-Antoine C. et Jérémie D., deux des trois accusés aujourd'hui, qui ont été les plus virulents à son égard. Concernant les insultes, il pointe Marc-Antoine C. "J'avais la tête baissée mais avec l'accent du Nord (le policier est du Nord)" justifie-t-il. 

"MAL AUX FESSES"

Théodore Luhaka dit que Tony H. autre policier accusé, a essayé de le saisir par ses parties intimes, qu'il lui a envoyé un coup de tête. Il dit qu'il a tellement mal aux fesses qu'il ne sent pas vraiment cette nouvelle douleur. 

PLUSIEURS COUPS AU NIVEAU DE L'ANUS SELON LA VICTIME

La présidente interroge la partie civile :" Il y a eu combien d'introduction du bâton (sans son anus) derrière le mur".

Théodore Luhaka : "Mon médecin généraliste m'a dit qu'il était impossible qu'il n'y ait eu qu'un coup". 

Selon Théodore Luhaka, il y a eu plusieurs coups portés au niveau de son anus, devant le muret (partie filmée par les caméras de surveillance de la ville), et d'autres coups portés derrière le muret, dans "l'angle mort" où les policiers l'ont amené selon lui pour ne pas être filmés. 

MENOTTÉ

La présidente interroge la partie civile sur la vidéo filmée derrière le mur par un témoin, à un emplacement où il n'y a pas de caméra de vidéosurveillance. 

Théodore Luhaka la commente "Un policier me prend la jambe gauche, l'autre la jambe droite, alors que je suis menotté!" 

"IL VOULAIT FAIRE MAL"

La présidente: "Concernant le coup d'estoc (porté par Marc-Antoine C. policier), que ressentez-vous?"

Théodore Luhaka ! "Pour moi,  il n'y a plus d'après, la douleur était tellement forte.... Pour moi,  c'était impossible que j'aie encore mon caleçon. Il (Marc-Antoine C. policier accusé) voulait faire mal. Il l'a fait volontairement."

"LACRYMO DANS LA BOUCHE"

Selon Théodore Luhaka, Jérémie D. policier accusé, lui a mis du gaz lacrymogène dans la bouche au cours de l'intervention policière. "Je pense pas que ce soit volontaire (qu'il ait visé la bouche NDLR)" concède la partie civile.

PANTALON

Concernant son pantalon, Théodore Luhaka dit que celui-ci est tombé car les policiers lui tenaient les jambes. 

La présidente demande si le pantalon était "lâche". Théodore Luhaka rappelle qu'avant la confrontation avec la police, son pantalon tenait. 

GIFLE

Théodore Luhaka assure qu'il ne se serait jamais interposé le 2 février 2017 si l'un de ses amis n'avait pas pris une gifle de la part d'un policier. Il dit que son manteau a été "déchiré" par les policiers, que son sac qu'il tenait en bandoulière est "foutu". 

"MOI CA ME DÉRANGE PAS D'ALLER AU COMMISSARIAT

Théodore Luhaka : "À aucun moment les policiers n'ont dit qu'ils voulaient me menotter. Moi si ils m'avaient dit dès le début :'On t'interpelle pour telle accusation', j'aurais dit :'On y va'. Moi ça me dérange pas d'aller au commissariat."

"FERME TA GUEULE SALE NÈGRE!"

Au moment de son interpellation, Théodore Luhala reconnaît qu'il a pu donner un coup involontairement à un policier quand il se débattait. Il dit avoir demandé à plusieurs reprises aux policiers qui l'interpellent : "Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi vous faites ça ?" "La seule réponse que j'ai eue, c'est 'Ferme ta gueule sale nègre, ferme ta gueule !"

"ANGLE MORT"

La présidente: "Dans cet angle mort (l'endroit de la dalle d'Aulnay où il n'y avait pas de caméras de vidéosurveillance NDLR)  il y a quand même des gens qui filment". 

Une jeune femme a filmé cette séquence, celle-ci a été diffusée à l'audience. On voit Théodore Luhaka entouré par des policiers et frappé. 

LES POLICIERS UN MÈTRE DERRIÈRE THÉODORE LUHAKA

Les trois policiers sont assis un mètre derrière Théodore Luhaka et l'écoute attentivement sans bouger. 

Théodore explique que les policiers, le jour des faits, l'ont traîné dans un "angle mort" et que la seule choses, qu'il avait alors en tête, c'était de revenir vers l'endroit de la dalle d'Aulnay où il y a des caméras pour qu'il y ait des preuves de son agression. 

"LES REPRÉSAILLES? 'QU'IL SE MANGE UNE THÉO"

La présidente demande à Théodore Luhaka pourquoi l'un de ses amis, présent lors de son agression, n'est pas venu témoigner. La partie civile explique que c'est par peur des représailles. 

"Quelles représailles?" interroge la présidente. "Qu'il se mange une Théo" répond la partie civile à la barre. Elle lui fait répéter sa phrase, puis comprend ce qu'il veut dire. 

ADRIAN MONK

Théodore Luhaka revient sur la journée du 2 février 2017, jour des faits. Ce jour-là, il regardait sa série, Adrian Monk, quand sa sœur l'a appelé pour lui demander de lui apporter des chaussures. Il part là-bas et voit un attroupement au loin. Il veut "rentrer vite pour voir sa série" mais va "saluer" ses amis dans le groupe. "Je connaissais tout le monde, c'est des gens qui ont participé à mes activités" explique l'ancien footballeur et animateur.

5 FRÈRES ET DEUX SŒURS

Théo est le dernier d'une fratrie. Il a cinq frères et deux sœurs. Il ne vivait plus à Aulnay-sous-Bois au moment des faits. Il attendait que son appartement en Belgique se libère pour aller jouer au foot, en tant que professionnel. 

FOOT

Théodore Luhaka revient sur sa carrière de footballeur. Il devait devenir footballeur professionnel, a joué un an en Belgique. "Mes parents ont accepté que je sacrifie l'école pour le foot. Toute ma famille s'est mobilisée pour que Théo joue au foot", souligne la partie civile. 

"THÉO EST DEVENU CELUI QUI S'EST FAIT VIOLER"

Théodore Luhaka à la barre, massif, et voix troublée : "Après cette affaire, Théo est devenu celui qui s'est fait violer, celui qui s'est fait manger les fesses par la police". 

Il explique qu'avant dans le quartier, il avait un bon relationnel avec tout le monde, qu'il était l'ancien animateur et joueur de foot.

PSY

Théodore Luhaka à la barre : "Ma psy m'a beaucoup aidé, c'est la seule personne à qui je pouvais dire ce que j'avais envie de dire."

"REVIVRE LE TRAUMATISME"

Théodore Luhaka indique qu'il a voulu faire des soins mais que les médecins lui ont dit que le résultat n'était pas garanti. "J'ai essayé avec la première rééducation mais vous savez madame, je suis un grand monsieur. Quand on vous dit de vous mettre tout nu, qu'on va vous mettre un truc dans les fesses, et qu'on va revivre le traumatisme que l'on a vécu... ", se souvient-il ému. Il explique que si les médecins lui avaient dit que les soins porteraient leurs fruits à coup sûr, il les aurait suivis, notamment pour pouvoir reprendre le football. Il explique qu'il mange moins pour régler ses problèmes de transit suite aux violences qu'il a subies de la part des policiers. 

INCONTINENCE

Théodore Luhaka détaille les soucis qu'il a eus d'un point de vue physique après le "viol", comme il le qualifie, qu'il a subi de la part d'un policier (Marc-Antoine C. aujourd'hui accusé qui, selon lui, lui a enfoncé volontairement sa matraque télescopique dans les fesses le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois). Lui qui rêvait d'être footballeur ne peut plus jouer. Il a des incontinences, modifie son menu pour éviter ces incontinences et d'éventuels gaz. 

EUPHORIE PUIS ENFERMEMENT

Théodore Luhaka, partie civile, explique qu'après l'affaire et la médiatisation, il y avait une espèce d'euphorie : "2018, c'était une période de ma vie où tout ce que je voulais, je l'avais." 

À partir de 2019, il se renferme sur lui, s'enferme chez lui. 

"JE SUIS MORT"

Théodore Luhaka, partie civile, est en accord avec les expertes psychologues que l'on a entendues plus tôt à son sujet. La première a dit qu'en 2018, il n'était finalement pas trop impacté, disait-il en tout cas. Les expertises de 2020 et 2023 ont montré qu'il était dépressif depuis les faits. Lui-même a dit "Je suis mort" à l'une des expertes après ce qu'il qualifie d'un "viol".

"JE SUIS PLUS AIGRI, PLUS MÉCHANT"

Accroché à la barre, voix basse, Théodore Luhaka dit avoir beaucoup "changé" depuis les faits. Il n'a plus qu'un ami, selon ses déclarations à la psychologue. "Je suis plus aigri, plus fâché, plus méchant. Je ne prenais pas en compte la vie des autres. J'avais l'impression d'être le seul à souffrir", explique-t-il à l'audience. 

SURPRIS PAR LES DÉCLARATIONS DE CERTAINS

Théodore Luhaka  dit avoir été surpris de certaines déclarations des commandants de l'IGPN à son sujet à la barre."Je suis aussi surpris par certaines choses qui ont été dites de la part de la partie adverse, comme quoi, j'ai mis des coups", dit-il aussi.  

"AUJOURD'HUI JE NE FAIS PAS GRAND-CHOSE"

Théodore Luhaka à la barre :  "Bonjour à tous, je m'appelle Théodore Luhaka, j'ai 29 ans. Aujourd'hui je suis à la maison, je ne fais pas grand-chose. Je reste à la maison"

L'AUDIENCE EST REPRISE

L'audience reprend. Théodore Luhaka, 29 ans, 1,94 mètres, s'avance à la barre, enveloppé dans une grosse doudoune rouge malgré la chaleur qui règne dans la salle d'audience. Plus une seule place de libre sur les bancs du public, que ce soit du côté des soutiens de la partie civile, des soutiens de la défense, ou de la presse. Théodore Luhaka souhaite rester debout. 

AUDIENCE SUSPENDUE AVANT L'AUDITION DE THÉODORE LUHAKA

L'audience est suspendue 10 minutes avant l'audition de Théodore Luhaka. 

"COMMENTAIRES DÉGOÛTANTS"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka précise que son client doit aussi essuyer les commentaires terribles sur les réseaux sociaux. "Ce dossier génère des commentaires dégoûtants sur les réseaux sociaux, par exemple, à l’approche du procès", dit-il. Il demande que soit projeté à l’écran une vignette," largement diffusée" selon lui depuis le début du procès. On voit un bonhomme se prendre un bâton de défense télescopique dans les fesses et le logo "Je suis Théo", détourné du célèbre "Je suis Charlie". L’avocat évoque aussi la photo d’un charnier dans un trou (la photo est projetée). "On sous-entend que le corps est celui de M. Luhaka", insiste l'avocat. La robe noire indique qu’il y a aussi, sur les réseaux, des insultes racistes à l’encontre du jeune homme noir. 

EXPERTS PSYCHOLOGUES

Avant l'audition de Théodore Luhaka, deux expertes psychologues ont été entendues par la cour. Les deux ont évoqué le retentissement de cette affaire sur ce jeune homme, tant physique que psychologique. Celui qui a eu un BAFA, qui a été animateur et qui rêvait d'être footballeur professionnel a déclaré aux expertes être aujourd'hui "un mort-vivant", après ce qu'il nomme "un viol", ou encore "Je suis mort". "Il n'a plus de projet, plus de projection, il ne se soigne pas", dit l'une d'elle. Théodore qui avait plein d'amis n'en aurait plus qu'un aujourd'hui. Il vit enfermé dans sa chambre, à regarder des séries.  Il a une carte d'invalidité. 

VEUVE DE CÉDRIC CHOUVIAT

Fatima Chouviat, veuve de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans mort le 3 janvier 2020, après une clé d'étranglement lors d'un contrôle de police, est aussi présente dans la salle d'audience. 

AMAL BENTOUNSI

 Amal Bentounsi, fondatrice du collectif "Urgence notre police assassine", est arrivée dans la salle d'audience.

THÉODORE ENTOURÉ PAR SES PROCHES

Depuis le début du procès, Théodore Luhaka, dernier d'une fratrie de huit, est entouré par de nombreux membres de sa famille. Plusieurs d'entre eux se sont constitués partie civile à l'audience par la voix de leur avocat.

URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE

Dans la salle sont aussi présents des membres du collectif "Urgence notre police assassine". 

MICHEL ZECLER

Michel Zecler, producteur de musique frappé par des policiers à Paris en 2020, est présent sur les bancs du public. 

La semaine dernière, Dominique Sopo, président de SOS racisme, est venu à l'audience, comme la mère de Nahel

SALLE COMBLE

La salle d'audience est comble. Les soutiens à la victime sont venus en nombre. Beaucoup de soutiens également du côté des policiers. 

LA PARTIE CIVILE ENTENDUE

Près d'une semaine après le début du procès de trois policiers jugés pour violences volontaires, la partie civile, Théodore Luhaka, 29 ans, va être entendue ce lundi. 

Une semaine après le début du procès de l'affaire Théo, c'est une audition très attendue qui doit se tenir ce lundi devant les assises de Bobigny où sont jugés trois policiers, Tony H., Jérémie D. et Marc-Antoine C., pour "violences volontaires". En effet, à 17 heures, la victime doit prendre la parole et décrire ce qu'elle a vécu, le 2 février 2017, sur une dalle de la ville d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). 

Ce jour-là, Théodore Luhaka, aujourd'hui partie civile, était intervenu au cours d'un affrontement opposant des jeunes, dont un ami à lui, et des policiers. Rapidement, le jeune homme, âgé alors de 22 ans, avait été isolé par les forces de l'ordre, puis frappé à plusieurs reprises, notamment à l'aide d'un bâton de défense télescopique. C'est un coup porté par cette arme au niveau du rectum par Marc-Antoine C, policier poursuivi et aujourd'hui âgé de 34 ans, qui lui a causé des séquelles irréversibles.

La semaine dernière, plusieurs enquêteurs de l'IGPN sont venus à la barre, indiquant que pour eux, le coup porté par Marc-Antoine C. était "légitime". Une inspectrice de l'IGPN, Fabienne V., a notamment assuré, au sujet du violent coup de matraque, que, "même si les conséquences de ce geste sont aussi dramatiques", cela n'empêche pas que la technique utilisée est "tout à fait légitime". Il s'agit du "geste le moins dangereux" dans l'usage de la force avec un bâton télescopique de défense, avait-elle dit. 

Les trois policiers seront entendus mardi et mercredi. 


Aurélie SARROT

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