Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

13-Novembre : pour les familles de victimes du Bataclan, "c'était important d'être là" vendredi

Publié le 16 septembre 2021 à 12h45
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

JUSTICE - La deuxième semaine du procès des attentats de novembre 2015 s'est achevée vendredi 17 septembre devant la cour d'assises spéciale de Paris. Près de six ans après les attaques qui ont fait 130 morts, de nombreux enquêteurs ont été entendus.

Deuxième semaine au procès des attentats de novembre 2015. Après l'enregistrement des parties civiles et le résumé des faits, ce sont les enquêteurs français et belges, à la barre, en visioconférence, anonymisés ou non, qui ont été entendus tout au long de la semaine pour revenir sur l'enquête et les éléments qui ont permis de remonter la piste des commandos djihadistes.

Tentaculaires, les investigations menées en Europe et au-delà ont permis de reconstituer la préparation et le déroulement des attaques pilotées par le groupe État islamique (EI), qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et Saint-Denis. Même si des questions demeurent, les enquêteurs sont parvenus en quatre ans à identifier les commanditaires, planificateurs, artificiers, convoyeurs et intermédiaires de la cellule présumés, ainsi que leur parcours de la Syrie à la Belgique puis la France, via la route des migrants.

Lire aussi

La semaine a aussi été marqué par les récits des enquêteurs intervenus sur l'enquête du Bataclan. Vendredi, l'un d'eux a fait revivre à la salle d'audience, mètre par mètre, sa progression "dans l'horreur" de la salle de spectacle le soir des attentats.

Vendredi, le père d'un jeune homme tué au Bataclan, Hugo Sarrade, a notamment expliqué "l'importance", pour lui "d'être là aujourd'hui". "Ça fait partie de mon travail de deuil", a-t-il poursuivi.

"JE SUIS LÀ POUR PRENDRE UNE PEINE"


Me Topaloff avocate de parties civiles, interroge l'accusé Algérien Adel Haddadi:  Que pensez-vous du GIA en Algérie

Adel Haddadi : C'est un groupe terroriste en Algérie. Je suis contre 

Me Topaloff :  comme vous êtes aujourd'hui contre Daech

Adel Haddadi  : Ouais je suis contre. 


Me Topaloff :Donc vous condamnez les attentats qui ont été commis à Paris

Adel Haddadi : Je condamne tous les actes de violences dans le monde

Me Topaloff : finalement heureusement que vous avez été arrêté avant. 

Adel Haddadi : J'ai fait des fautes, je suis là pour prendre une peine, être condamné, mais j'accepte ça. 

INTERPELLÉS UN MOIS APRÈS LES ATTENTATS


Les enquêteurs ont conclu qu'Adel Haddadi et Muhammad Usman étaient en route pour rejoindre le groupe terroriste et que les attentats en France le 13 novembre 2015 avant leur arrivée avait stoppé leur progression. 

Les deux hommes attendaient-ils des renforts, devaient-ils rejoindre la cellule belge? Oussama Atar leur avait-il donné des consignes aux deux hommes qui selon l'accusation étaient toujours en mission pour le compte de l'Etat Islamique? 

Adel Haddadi, et Muhammad Usman ont été interpellés le décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche.

MISSION SUICIDE


Adel Haddadi devait faire une mission suicide en France avec l'accusé, Muhammad Usman, ainsi que les deux Irakiens Ahmad Al Mohammad et Mohamad Almahmod (qui se sont fait exploser au Stade de France). Ils ont quitté la Syrie le 1er octobre 2015 et entamaient leur périple vers la France. 

"FAIRE DE L'HUMANITAIRE"


Le président : Si vous allez en Syrie pour de l'humanitaire on ne comprend pas bien le but de l'entraînement militaire..

Haddadi  :Au début j'y allais pour de l'humanitaire, on savait qu'il ne s'agirait pas de donner des bonbons aux gamins/ Moi j'étais contre ce qu'il se passait en Syrie. Chez nous quand quelqu'un voit le mal et qu'il veut aider, on dit qu'il va faire de l'humanitaire. 

Le président : je ne vois pas le rapport entre l'humanitaire et les tirs à la Kalachnikov.

"MONTER ET DÉMONTER UNE KALACH"


Haddadi  déclare ::"On nous a appris comment tirer". Il a dit qu'il faisait aussi beaucoup de sport, qu'on leur avait appris à monter et démonter une kalachnikov. Les journées commençaient par la prière, sport, petit déjeuner, cours de religion, exercice à la Kalach"

KRAYEM REFUSE TOUJOURS DE COMPARAITRE


L'accusé Osama Krayem refuse toujours de comparaitre. Il était hier dans le box pour son interrogatoire et ne devrait y revenir que pour son prochain interrogatoire. 

INTERROGATOIRE D'ADEL HADDADI


Adel Haddadi, 34 ans, un Algérien né le 17 juillet 1987. Il a été interpellé avec  Muhammad Usman, 28 ans, un Pakistanais né le 15 mai 1993,  en décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche.

Les deux hommes ont quitté la Syrie et rejoint l'Europe par la route des migrants avec deux kamikazes du Stade de France. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu commettre un attentat en France.

Muhammad Usman est un ancien artificier de groupes jihadistes pakistanais réputés proches d'Al-Qaïda.

Ils sont détenus en France depuis juin 2016.

En plus des près de 1800 parties civiles déjà constituées, plusieurs centaines d'autres se sont présentées à la barre pour demander que leur qualité de victimes soit reconnue. Jeudi, 2232 personnes au total s'étaient portées parties civiles. D'autres constitutions devraient encore être examinées le 4 octobre, notamment les demandes des communes de Paris et Saint-Denis, du Bataclan et du bistrot La Belle équipe, auxquelles s'oppose le ministère public.

Les attentats du 13 novembre 2015, les plus sanglants jamais commis en France, ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis. 

Vingt personnes soupçonnées d'être impliquées à divers degrés dans ces attaques sont jugées pendant neuf mois. Quatorze accusés, dont le seul membre encore en vie des commandos Salah Abdeslam, sont présents. Six autres, dont cinq présumés morts, sont jugés en leur absence.


La rédaction TF1 Info

Tout
TF1 Info