EN DIRECT - Procès de l'affaire Théo : 3 ans de prison avec sursis requis contre le principal accusé

Publié le 18 janvier 2024 à 9h15, mis à jour le 19 janvier 2024 à 11h11

Source : JT 20h Semaine

Trois policiers de 31, 34 et 43 ans sont jugés depuis le 9 janvier devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis.
Le principal accusé, poursuivi pour "violences volontaires", encourt jusqu'à 15 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende.
Suivez le procès en direct.

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FIN DE CE LIVE

Fin de ce direct, merci de l'avoir suivi.

AUDIENCE SUSPENDUE

L'audience est suspendue elle reprendra demain à 9h30.

"JE VOUS DEMANDE D'ACQUITTER MARC-ANTOINE C."

Me de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C. aux jurés : "Marc-Antoine C. ne vous demande pas de traitement de faveur (...) Je vous demande de peser les éléments objectifs, le droit, la bonne foi de Marc-Antoine C. et le bon sens. Si le coup d'estoc de Marc-Antoine C. avait causé un bleu à M. Luhaka, est-ce que l'on en aurait parlé? Je vous demande pour lui mais aussi pour le fonctionnement de notre société d'acquitter Marc-Antoine C. Il n'a pas commis de crime."

"PERCEPTION DU DANGER"

Me de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C.:"Vous avez la légitime défense de Marc-Antoine C. Il a peur que son collègue, alors piétiné, se prenne des coups au visage, au niveau des yeux. C'est la perception de Marc-Antoine C. du danger pour son camarade qui entraine le coup d'estoc de Marc-Antoine C."

L'avocat affirme que les policiers redoutaient aussi l'intervention d'autres jeunes de la cité. 

LÉGITIME DÉFENSE

Me de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C.:"La légitime défense ? M. l'avocat général vous a dit la preuve qu'il n'y a pas de légitime défense de M. Jérémie D. par Marc-Antoine C. est que Jérémie D. se relève, qu'il n'est pas blessé, qu'il ne fait pas de malaise. Sauf que la loi vous demande de vous mettre à la place de la personne. Imaginez une situation partie en vrille depuis plusieurs minutes, un homme qui est une masse (Théodore Luhaka mesure 1,94 m pour près de 90 kilos) et qui ne se laisse pas faire, des policiers engoncés par leur équipement...C'est parti en vrille, vous n'arrivez pas à l'attraper, à le menotter. Jérémie D. se relève, Marc-Antoine C. met 7 coups fouettés de bâton de défense télescopique dans les jambes, il fait très attention car il sait que les bras ça peut les casser. Et là, il voit M. Luhaka qui se relève, qui ne se laisse pas menotter..."

VIDÉOS

Me de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C. : "Alors les vidéos... On a deux vidéos. Une tournée par une caméra de la ville et une autre tournée par une riveraine avec son portable. On nous dit que sur la deuxième les policiers auraient conduit Théodore Luhaka derrière un muret à l'abri des caméras pour lui "faire sa fête !". L'avocat souligne que cet endroit, s'il n'y a effectivement pas de caméra de la ville, est visible de tous les habitants et de tous les passants.

"PHOTO TERRIBLE"

Me de Montbrial, avocat de Marc-Antoine C., conteste que les policiers ont été indifférents au sort de Théo. Il conteste aussi que son client a fait un faux en écriture après les faits, comme l'a soutenu l'accusation. Concernant la "photo terrible" de Théodore Luhaka allongé au commissariat prise par un policier, alors que son t-shirt, son visage et son caleçon sont en sang, l'avocat soutient qu'il est possible que son client et ses collègues n'aient rien vu car quelques minutes avant, en sortant de la voiture, Théodore Luhaka marchait.  

"L'ACCUSATION SOUTIENT QUE MON CLIENT A COMMIS UN CRIME !"

Me de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C. : "L'accusation soutient que ce qu'a fait mon client, c'est un crime. Il y a des règles sur lesquelles vous allez juger. Il faut que vous soyez convaincus par les preuves. Si vous avez un doute, il doit bénéficier à la défense."


Puis, il s'adresse à l'avocat général : "Vous avez eu des réquisitions décousues. Je n'ai pas eu de démonstration : c'était un mélange de dénaturation, de mauvaise foi... L'accusation s'appuie sur les déclarations de Théo, sur les vidéos et sur deux témoins."

DUPOND-MORETTI

Me de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C. : "La théorie du viol de Théo qui a été médiatisée, c'est son avocat (Eric Dupond-Moretti à l'époque) qui l'a médiatisée. D'ailleurs tout le monde pensait aujourd'hui que c'était le procès du 'viol de Théo'. Tout le monde est resté sur la communication de la partie civile de 2017 à 2019 (via son avocat)."

"IL DEVRAIT RESTER DANS LA POLICE"

Me de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C. : "Il se sent tellement mal de ce qu'il s'est passé ce jour-là (...) Bien sûr que je pense que Marc-Antoine C. devrait rester dans la police. Il s'attend à être condamné mais il attend que vous compreniez ce qu'il a fait. Il sait qu'il doit être condamné pour le coup de poing, mais par contre ce crime (le coup de matraque), il ne l'a pas commis. Vous vous rendez compte : un crime ! Le viol, c'est un crime ! Un meurtre, c'est un crime !"

CONSÉQUENCES DRAMATIQUES

Me de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C. : "Marc-Antoine C. vous dit : 'Je l'ai fait car je ne pouvais pas faire autrement, je n'avais pas le choix au regard des circonstances. Il vous dit qu'il a fait le choix de la solution la moins dangereuse mais son acte a eu des conséquences dramatiques et totalement imprévisibles. Vous devrez répondre à la question : si ce geste est légitime, vous l'acquitterez, s'il est disproportionné, vous le condamnerez."

"IL A BROYÉ LA PARTIE CIVILE"

Me de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C. : "La défense vient vous dire non pas 'c'est pas moi', non pas 'bah oui, c'est moi. La défense vous dit 'oui j'ai commis cet acte'. Il a broyé la partie civile. La défense vient vous dire : cet acte je l'assume, j'avais le droit de le faire et je suis dévasté par les effets qu'il a eu sur M. Luhaka mais pour autant, j'avais le droit de le faire."

L'AUDIENCE REPREND

Me de Montbrial, autre avocat de Marc-Antoine C., débute sa plaidoirie : "Quel drame ! Théodore Luhaka, jeune homme sans histoire, fan de foot, sportif, costaud, la joie de vivre incarnée, Marc-Antoine C. jeune idéaliste, intello, qui rentre dans la police comme gardien de la paix pour aider, pour servir..."

AUDIENCE SUSPENDUE

L'audience est suspendue 10 minutes.

"CET HOMME N'EST PAS DANGEREUX"

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C., policier : "Je vous demande de prendre conscience que cet homme n'est pas dangereux, que ce sont les circonstances qui ont fait l'acte. Il est sous traitement psychiatrique, il vous l'a dit. Marc-Antoine, vous devez lui permettre de retrouver l'apaisement."

"ON PLAIDE LA RELAXE POUR LE COUP DE MATRAQUE"

Me Cailliez, avocat du policier Marc-Antoine C. : "On plaide la relaxe pour le coup de bâton de défense télescopique."

"PAS DE DISPROPORTION"

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C. policier :"La blessure périanale était n'était pas souhaitée. Il fait un geste qui peut faire mal selon des méthodes de police mais je ne vois pas où il y a de disproportion. (...)"

"PERSONNE N'A ANTICIPÉ UN TEL CAS DE FIGURE"

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C., sur le coup de matraque : "Marc-Antoine C. a eu un geste qui lui a été enseigné à l'école de police. Marc-Antoine C. reçoit une préconisation qu'il applique. Personne n'a anticipé un tel cas de figure. Oui ce geste avait un risque. Mais Marc-Antoine C. n'a jamais pu envisager que son coup d'estoc causerait une infirmité permanente."

"TREMOLOS DANS LA VOIX"

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C. : "Il vous l'a dit des trémolos dans la voix, il a 'prié" pour que Théo puisse se remettre. Sa blessure, il y pense tous les jours..."

"GROS NOUNOURS"

"Marc-Antoine C. a un côté gros nounours. Il n'a pas de côté impulsif. Le Dr Zagury, expert psychiatre vous l'a dit. On est dans l'antithèse du cow-boy. Il n'est pas parfait, il met une gifle," rappelle Me Cailliez, avocat du principal accusé. 

"UNE ANOMALIE DANS UNE COUR D'ASSISES"

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C. principal accusé :"L'acquittement qu'on va vous plaider, vous allez l'étudier sereinement. Marc-Antoine C. est une anomalie dans une cour d'assises. L'experte psychologue vous l'a dit, elle ne comprend pas ce qu'il fait là. Ça n'arrive jamais des profils comme cela dans une cour d'assises."

Marc-Antoine C. a un Bac S, est sorti 3e de sa promotion au concours de l'école de police, 20e du concours national, a eu des lettres de félicitations, actes de bravoure, a été pompier, très bon nageur... Il n'a pas de casier. 

"ILS SE SONT FAIT UN FILM"

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C. principal accusé : "La focalisation de mon client, c'était le dossier, le droit. Il a dit au Dr Zagury (expert psychiatre) : 'ils se sont fait un film' (...)".

L'avocat dit croire "dur comme fer à l'acquittement".

DUPOND-MORETTI

Me Cailliez, avocat de Marc-Antoine C, principal accusé : "Nous avons débattu du caractère légitime des violences mais lui il revient de loin mais il n'oubliera pas les mots qui ont été dits en 2017, pas par M. Luhaka mais par son avocat de l'époque, le garde des Sceaux qui est venu parler de viol. Il a joué la carte du sensationnel au mépris de la vérité. Le sujet n'est plus le viol, mais le caractère légitime."

La qualification de viol n'a pas été retenue dans ce dossier. Les faits ont été requalifiés en violences volontaires ayant entraîné une ITT de 15 jours et une infirmité permanente.

"CLOUÉ AU PILORI"

Me Cailliez, avocat du policier Marc-Antoine C. principal accusé, débute sa plaidoirie. Il évoque d'office son client qui a été "depuis sept ans cloué au pilori, jeté aux chiens, dont la présomption d'innocence a été bafouée". Il dit être très fier de le défendre.

"LA COUR NE POURRA QUE LE RELAXER"

Me Merchat, avocat de Jérémie D., policier : "Jérémie D., il n'y a pas de quoi entrer en voie de condamnation. La cour ne pourra que le relaxer. Si d'aventure la cour doit estimer qu'elle doit entrer en voie de condamnation, je demanderai de dire coupable mais dispensé de condamnation".

GAZEUSE

Me Merchat, avocat de Jérémie D., policier : "Pour la gazeuse, je suis convaincu qu'il y a eu un déclenchement intempestif et incontrôlé de la part de mon client."

Jérémie D. a, par trois fois, projeté du gaz lacrymogène au cours de l'interpellation de Théodore Luhaka le 2 février. Il a soutenu à l'audience l'avoir fait "involontairement", arguant notamment que lui-même et ses collègues s'étaient pris du gaz au niveau du visage, notamment les yeux. 

LÉGITIMITÉ DE L'INTERPELLATION

Me Merchat, avocat de Jérémie D., policier : "Le débat porte uniquement sur la légitimité de l'interpellation et du comportement des fonctionnaires de police après ou en cours d'interpellation. Poser la question de la blessure, c'est poser la mauvaise question et prendre le risque d'apporter la mauvaise réponse."

SANG

Me Merchat, avocat de Jérémie D., policier, débute sa plaidoirie. "Ces policiers, c'est pas un brevet d'impunité, une garantie de perfection...", explique-t-il. "Dans cette affaire, il y a du sang, dans la voiture, au commissariat. Les policiers ont une intimité quotidienne avec le sang. C'est probablement la seule chose qui ne s'apprend pas à l'école mais en mission. Les gardiens de la paix interviennent à 90% dans des affaires où il y a du sang, que ce soit sur un accident, des rixes, des suicides... Ils ont l'habitude du sang, une familiarité avec le sang. On ne peut pas reprocher à des gardiens de la paix, qui dans leurs interventions quotidiennes voient du sang, de ne pas avoir été choqués, surpris, étonnés, par des traces de sang. D'autant plus que les médecins vous ont expliqué que l'épanchement de sang a été tardif."

"JE VOUS DEMANDE D'INNOCENTER TONY H."

Me Chirac Kollarik, avocate de Tony H., policier : "Je vous demande d'innocenter Tony H."

"JE PLAIDERAI LA NON-CULPABILITÉ D'UNE VIOLENCE"

Me Chirac Kollarik, avocate du policier Tony H. : "Que reproche-t-on à Tony H. ? Des violences volontaires commises en réunion à l’encontre de M. Luhaka. Pour lui, de quoi parle-t-on ? Un geste porté au niveau du ventre de M. Luhaka pour le menotter et un geste donné avec son pied. 

Pour moi, le geste au niveau du ventre est légitimé par la loi. Pour le coup de pied, je plaiderai la non-culpabilité d’une violence. Pour le geste dans le ventre, je souhaite plaider l’ordre de la loi. "


Elle rappelle que le 2 février 2017, Tony H. est dans cette brigade d’Aulnay depuis environ 5 mois, il a 23 ans. "A cette époque, il a deux armes. Mais à aucun moment, sur l’interpellation, il n’a fait usage de sa bombe lacrymogène ou de son Sig Sauer (ndlr : son arme à feu )", souligne l'avocate.

L'AUDIENCE A REPRIS

L'audience a repris vers 15h15 avec les plaidoiries de la défense. Théodore Luhaka, pour la première fois, n'assiste pas à l'audience.

Me Sandra Chirac Kollarik, avocate de Tony H. est la première à plaider. Elle dit que des policiers ont été "catapultés dans un tourbillon juridicomédiatique". "Depuis 7 ans, ces hommes qui bénéficient de la présomption d’innocence encore au moment où je vous parle ont été réduits à des violences policières" ajoute-t-elle. 

Elle indique que sur le site de l'INA, l'affaire est référencée ainsi : "Affaire Théo" : récit en archives d'un symbole des violences policières."

"Je vais plaider l’acquittement de Tony H. qui n’a fait que son travail. Messieurs les jurés, vous allez dire le droit et rien que le droit. Vous allez juger sur le code de procédure pénale", ajoute l'avocate.

AUDIENCE SUSPENDUE

L'audience a été suspendue une heure. Elle doit reprendre à 15h10 avec les plaidoiries de la défense.

RÉQUISITIONS

Loïc Pageot, avocat général, déclare coupables les trois accusés et requiert : 

- 3 ans d'emprisonnement assorti du sursis, 5 ans d'interdiction d'exercer sur la voie publique, et 5 ans d'interdiction de port d'arme à l’encontre de Marc-Antoine C., principal accusé âgé de 34 ans ;

- 6 mois d'emprisonnement assorti du sursis, 2 ans d'interdiction d’exercer sur la voie publique et 2 ans d'interdiction de port d'arme à l’encontre de Jérémie D., 43 ans ;

- 3 mois d'emprisonnement avec sursis à l’encontre de Tony H ., 31 ans.

MENSONGES

Loïc Pageot, avocat général : "On va venir vous dire que Théodore Luhaka a menti, mais encore faut-il savoir comment s’est comporté Marc-Antoine C. Il a signé le procès-verbal rédigé par son collègue Tony H. Mais il y a plein d’omissions dans celui-ci. Les omissions dans ce procès-verbal vont toutes dans le même sens. Ce qui est omis, c'est tout ce qui est susceptible de mettre en cause la responsabilité pénale de ces trois fonctionnaires.  "On va vous dire que Théodore Luhaka a menti. Moi, je vous dis qu'il n'a pas menti."

"Théodore Luhaka est un garçon qui ne fait pas parler de lui, il ne touche pas aux stupéfiants, ce jour-là, il va remettre une paire de chaussures à une amie de sa sœur, il est pris dans la nasse d'un contrôle d'identité..." ajoute l'avocat général. Il évoque aussi  la "vie brisée" de Théodore Luhaka depuis sept ans.

"ON AURAIT FINI PAR CROIRE QUE C'ÉTAIT LUI LA VICTIME!"

L’avocat général décrit les accusés et leur comportement. "On notera la réaction sanguine de Jérémie D. qui a du mal à contrôler ses réactions. Il dit même à l’époque qu’il intervient dans un ‘quartier pourri’ et en a ‘marre de ses cons’", tacle-t-il.


Il poursuit : "Marc Antoine C. (principal accusé), c'est le gendre idéal, il se tient bien. Au premier abord, on peut se dire qu'il est parfait. C’est peut-être le plus intelligent des trois. C’est le seul qui va exprimer sa compassion à ce qui est arrivé à Théodore Luhaka mais quand même, vous aurez remarqué s’il s’est beaucoup épanché sur les conséquences de cette interpellation sur sa vie personnelle et professionnelle que sur le sort de Théodore Luhaka. On aurait fini par croire, à l'écouter, que c’était lui la victime !"

PEINES ENCOURUES

L'avocat général rappelle les peines encourues par les trois policiers : Marc-Antoine C., 15 ans de réclusion criminelle, Jérémie D., 10 ans, Tony H., 7 ans. 

"GESTES D'ÉNERVEMENT, DE VENGEANCE", "VIOLENCE GRATUITE"

Loïc Pageot, avocat général, poursuit en commentant l'interpellation : "Tous ces gestes sont des gestes d'énervement, de vengeance, après avoir vu quelqu'un qui se rebellait. (...) Ces gestes sont des gestes de violence gratuite."

"PURE VIOLENCE POLICIÈRE"

Loïc Pageot, avocat général : "Ensuite, il y a les autres gestes (les coups de poing, de genou...)... Ce qui leur est reproché (aux trois policiers), ce sont ces gestes violents commis par les uns et par les autres. Il y a ce deuxième coup d'estoc alors que Théodore Luhaka se trouve au sol. Pourquoi ? On n'est pas dans la légitime défense, dans des gestes proportionnés. On n'a pas le droit d'utiliser de tels gestes. (...) On n'est pas dans une situation de légitime défense, on est dans une situation où on veut interpeller coûte-que-coûte. Théodore Luhaka est terrassé par la blessure qu'il vient de subir.


Tony H. porte ensuite un coup de poing au ventre de Théodore Luhaka pour le menotter. Mais quelle était la nécessité ? Théodore Luhaka n'oppose plus de résistance, il est allongé au sol inerte. Il y a un autre geste, le geste qu'il décrit comme celui d'un footballeur pour l'envoyer. Il nous dit que c'était pour dégager un objet sous Théodore Luhaka. Son pied percute le corps de Théodore Luhaka ! Qu'est-ce qui justifie ce geste ? Théodore Luhaka est tenu par quatre policiers et menotté au sol ! Ce geste est un geste de violence gratuite, c'est une violence policière ! Jérémie D. lui met un coup de genou qui va balancer la tête de Théodore Luhaka dans le muret. Là encore, on est dans de la pure violence policière !"

"MUTILATION ET INFIRMITÉ PERMANENTE"

Loïc Pageot, avocat général : "Je rappelle qu'il n'est pas reproché à Marc-Antoine C. d'avoir volontairement causé les dégâts sur Théodore Luhaka. (...) Mais il y a mutilation et infirmité permanente. Mutilation pourquoi ? Le sphincter de M. Luhaka ne remarchera pas. Il a été rompu par le coup d'estoc. Il y a une détérioration d'une partie du corps de manière irréversible. Son corps ne pourra plus jamais fonctionner comme il devrait fonctionner. Théodore Luhaka a des incontinences et des gaz depuis ses 22 ans. Difficile d'avoir une vie sociale et affective... (...) Il y a aussi infirmité permanente..."


Théodore Luhaka écoute tête baissée, comme ses proches à ses côtés.

"PETITE ALTERCATION AVEC DES JEUNES"

Jérémie D. à l'époque avait rapporté à ses collègues après l'intervention une "petite altercation avec des jeunes". Voilà sans doute ce qui mérite le coup d'estoc qui a été donné à Théodore Luhaka et qui a engendré des séquelles irréversibles", tacle l'avocat général. 

"VOUS FAITES COURIR UN DOUBLE RISQUE A THÉODORE LUHAKA"

Loïc Pageot, avocat général, à Marc-Antoine C. principal accusé : "Vous choisissez de donner ce coup d'estoc au niveau de la cuisse, du fessier, près de la zone annale, alors que vous êtes aveuglé par des gaz lacrymogènes et que vous êtes sur le côté de Théodore Luhaka. Vous lui faites courir un double risque alors qu'il ne représente pas de danger. Tout ça ne ressemble ni de près, ni de loin, à de la légitime défense. Je crois que les policiers ont perdu pied au cours de leur tentative d'interpellation."

"PAS DE DANGER IMMÉDIAT"

Loïc Pageot, avocat général : "Le risque de pénétration annale existe. Un tel risque doit-il être pris face à quelqu'un qui ne présente pas un danger immédiat ? Ce geste (le coup de matraque) n'a pas lieu d'intervenir à ce stade-là."

"LÉGITIME DÉFENSE?

Loïc Pageot, avocat général : "La légitime défense ? On a compris que Marc-Antoine C. a craint que son collègue Jérémie D. qui se trouvait sous Théodore Luhaka ne soit blessé (c'est ce que l'accusé a dit). (...) Théodore Luhaka n'a qu'un but : échapper à son interpellation, il ne cherche pas à piétiner Jérémie D. Jérémie D. se relève, il ne présente aucune trace de quoi que ce soit, aucun étourdissement, il n'est pas blessé. Dans ces conditions, est-ce que ce geste est réellement un geste de défense légitime (le coup d'estoc du principal accusé), la question se pose ?"


L'avocat général estime qu'il n'y a "pas de légitime défense de Marc-Antoine C. quand il donne ce coup d'estoc."


Toute la famille Luhaka a les yeux rivés sur l'avocat général. Les policiers regardent ailleurs.

PAS UN "REGRETTABLE ACCIDENT"

Loïc Pageot, avocat général : "S'agit-il d'un regrettable accident ? Non, c'est un geste volontaire. Ce qui est regrettable, ce sont les conséquences que ce geste a entraînées."

"INFRACTION CRIMINELLE"

Loïc Pageot, avocat général : "Un coup qui a entraîné la mort sans intention de la donner est une infraction criminelle, il en va de la même façon pour les faits qu'a subis Théodore Luhaka à partir du moment où des violences ont entraîné des mutilations."

"LA PÉNÉTRATION, IL L'A SUBIE"

Loïc Pageot, avocat général : "Théodore Luhaka a-t-il été violé ? Non évidemment. D'ailleurs ce terme il ne l'a jamais dit. Être violé, c'est subir un acte de pénétration à caractère sexuel. La pénétration, il l'a subie mais il n'y a pas de caractère sexuel. Marc-Antoine C. se voit reprocher un geste (le coup avec sa matraque) mais bien évidemment il n'a pas volontairement pénétré Théodore Luhaka. On ne vous demande pas si l'accusé voulait pénétrer Théodore Luhaka, ou s'il voulait causer ces dommages. La question que l'on vous pose est de savoir si Théodore Luhaka a été victime."

"DES COMPORTEMENTS DOIVENT ÊTRE CONDAMNÉS"

Loïc Pageot, avocat général : "Le rôle de l'intérêt public, ce n'est pas de stigmatiser. Stigmatiser d'abord la police. Nous avons tous besoin de la police, de la sécurité qu'elle nous apporte. La police est sur le terrain et amenée parfois à gérer des situations difficiles. Elle doit avoir tout notre soutien à conditions que les policiers respectent la loi, les personnes, sur lesquelles ils sont amenés à intervenir. L'immense majorité des policiers exercent un travail remarquable mais il existe des cas particuliers qui ne vont pas dans ce sens-là et, là, ces comportements doivent être condamnés. Toute autorité ne peut se concevoir que si elle est juste et proportionnée."

"THÉODORE LUHAKA EST UNE VICTIME, ON NE PEUT PAS LE CONTESTER"

Loïc Pageot, avocat général: "Théodore Luhaka est une victime et ça on ne peut pas le contester. Il y a des vidéos, des expertises médicales...."

TROPHÉE

Loïc Pageot, avocat général : "Je ne suis pas là aujourd'hui pour rapporter un trophée mais pour tenir la parole de l'intérêt publique dans un dossier dans lequel Théodore Luhaka a été victime."

Théodore Luhaka a dit il y a quelques jours que les policiers l'avaient ramené le 2 février 2017 au commissariat "comme un trophée." 

RÉQUISITIONS

Loïc Pageot, avocat général : "Il ne s'agit pas de demander à la légère la condamnation d'une personne, quels que soient les faits qui lui sont reprochés. Les arguments doivent être étayés. Je sens poindre des accusations ad hominem contre des personnes."

L'AUDIENCE REPREND

L'avocat général, Loïc Pageot, débute son réquisitoire. Beaucoup de soutiens dans la salle aux policiers et à Théodore Luhaka. Assa Traoré notamment est présente.

AUDIENCE SUSPENDUE

L'audience est suspendue 10 minutes.

VICTIMES

Me Honegger, avocat de Théodore Luhaka :"Peut-on enfin dans ce dossier ne pas être aveugles face aux vidéos, ne pas être dupes face aux mensonges des policiers. (...) Certes tant mieux, les policiers reconnaissent parfois à demi-mot leur culpabilité... (...) La famille de Théo attend de vous de savoir les reconnaître pour ce qu'ils sont : victime pour Théo des gestes de ces policiers, gestes illégaux qui n'auraient jamais dû avoir lieu, et reconnaître les souffrances de la famille de Théo."

"URGENCE VITALE"

Me Honegger, avocat de Théodore Luhaka et de sa famille : "Imaginez quand un expert vient vous dire : "Théo, si on n'avait rien fait, il serait mort à l'heure qu'il est car c'était une urgence vitale ! À côté de quoi on est passé. La famille veut remercier ce policier qui a sauvé la vie de Théo en appelant les pompiers et qui a fait le devoir qui est le sien."


Le chef de poste du commissariat d'Aulnay-sous-Bois a appelé les secours en voyant Théodore Luhaka couvert de sang, notamment au niveau du rectum. Les trois policiers poursuivis font profil bas.

"TSUNAMI"

Me Honegger, autre avocat de Théodore Luhaka et de sa famille, débute sa plaidoirie. "Il faut imaginer le tsunami qui s'est abattu sur cette famille du jour au lendemain. Théo part amener des chaussures à une amie de sa sœur et se retrouve au commissariat. Sa famille se dit : 'C'est impossible'. Elle va au commissariat et là on leur dit que Théo est parti à l'hôpital en fauteuil roulant. Après, l'histoire est partout, sur internet, sur les chaines d'infos, sur les réseaux. Ça devient quoi : 'Théo est parti amener des baskets et a été violé par des policiers'."

"THÉO, TU PEUX CHANGER CETTE INJUSTICE EN JUSTICE"

"Je veux donner de Théodore Luhaka l'image de quelqu'un qui s'est comporté avec énormément de dignité dans le combat qui était le sien", affirme Me Vey, avocat de Théodore Luhaka.

"Théo, tu peux changer le cours des choses et changer cette injustice en justice. Messieurs les jurés, je voudrais que vous le fassiez passer du statut de mort-vivant à celui de vivant. Je voudrais que cette affaire demeure une affaire de justice et pas de violence", conclut Me Vey.

"LE DANGER POUR LES POLICIERS N'EXISTE PAS"

"Au moment de l'interpellation, le danger pour les policiers n'existe pas. Théodore Luhaka n'a pas de gestes qui visent à faire mal. Il essaie de se dégager. À aucun moment, les policiers n'ont agi en légitime défense (...) Le geste est volontaire, commis en réunion, et le préjudice est infini. Il suffisait d'un homme pour dire : 'Arrêtez les gars!'", pointe Me Vey, avocat de Théodore Luhaka. "Je vois un comportement qui est très violent", insiste-t-il. 

La robe noire répète que les policiers ont menti à maintes reprises. Les trois policiers l'écoutent sans réagir. "Vous avez manqué d'humanité et de probité" lance enfin l'avocat aux accusés.

"LES POLICIERS ONT CHERCHÉ À TERNIR TOUTE CETTE FAMILLE"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka: "Dans les 7 ans de procédure, les policiers ont beaucoup cherché à ternir toute cette famille. (...) Théo a-t-il pu dire quelque chose qui n'a pas existé ? Non, car on a la vidéo. (...) Les policiers ont eu des propos volontairement lacunaires sur beaucoup de choses. Jérémie D. ne parle pas spontanément de la photo qu'il a prise de Théo avant de l'effacer, les policiers ont dissimulé le fait qu'ils n'avaient pas fourni des soins à Théo qui en avait besoin..."

Il ajoute : "C'est pas possible pour Marc-Antoine C. (principal accusé) de dire : 'J'ai pété un câble et la violence, je l'ai minimisée."

SÉQUELLES IRRÉVERSIBLES

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka, revient sur les séquelles irréversibles de son client après avoir pris ce coup de matraque dans le rectum : des gaz, des incontinences. Théodore Luhaka a dit qu'il était aujourd'hui un "mort-vivant". Celui qui devait devenir footballeur professionnel reste aujourd'hui dans sa chambre à regarder des séries.

BAFFE ET ÉNERVEMENT

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Il ne peut pas y avoir de débat sur l'intentionnalité des violences. On vous dit ce sont des gestes réflexes, pris par le stress. (...) On se demande si Marc-Antoine C. était dépassé ou en pleine maîtrise. (...) Marc-Antoine C. il prend une baffe (Théodore Luhaka lui a porté involontairement un coup quand il était aux mains des policiers), et il est énervé, et il restera énervé jusqu'à la fin. Et son coup d'estoc est particulièrement fort car ce policier est particulièrement énervé car il s'est pris une baffe. Ce sont des violences volontaires et illégitimes. Ces violences sont extrêmement graves, causées par une personne dépositaire de l'autorité publique."

Le principal accusé fait des petits mouvements de la tête de droite à gauche, pour contester ce que dit l'avocat.

"IL AURAIT PU MOURIR"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka estime que "le coup d'estoc n'est pas porté face à un danger mais pour le faire menotter". Ce coup d'estoc a causé les blessures irréversibles de Théo. 

Il s'adresse aux jurés : "Vous avez les taches de sang dans la voiture, les taches sur le caleçon, sur le t-shirt, et les policiers n'auraient rien vu ? On est face à une succession de comportements incompatibles avec la mission de policier. Les policiers, quand ils passent les menottes, doivent protéger les personnes interpellées. Là, monsieur Luhaka, sans l'intervention de la cheffe de poste qui a appelé les secours, il aurait pu mourir".

"ABSENCE D'HUMANITÉ"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "On voit des coups, des coups qui sont portés. On voit un coup de gazeuse. C'est pas le comportement digne d'un policier.(...) On a à juger des comportements qui sont des atteintes au discernement, de maîtrise, de contrôle, par des gens qui sont formés pour ça, qui portent un uniforme pour ça, et l'absence d'humanité, quand Théodore Luhaka est conduit à la voiture alors qu'il lui manque sa chaussure. Après, les policiers sont 'dans leur bulle', alors qu'ils ont à côté d'eux dans la voiture quelqu'un qui est en train de cracher son sang. Et on le prend en photo dans la voiture. Pourquoi M. Jérémie D. a effacé la photo ? Juste avant que tout commence ? Parce qu'il s'est dit : 'Oh merde' "

L'avocat rappelle qu'il y a de la violence quand Théodore Luhaka est menotté, quand il est blessé... Sans qu'il y ait la moindre attention à son égard. "Il y a quelqu'un qui crache des boules de sang, qui a taché de sang la banquette de la voiture", martèle l'avocat. "On s'en fout du coup d'estoc, c'est que 1 parmi 9. C'est tout ce qu'il a vécu qui nous occupe."

SE CACHER DES CAMÉRAS

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka, soutient que si les policiers ont amené son client derrière un mur dans la seconde partie de l'interpellation, c'est parce que cet endroit n'était pas pourvu de caméra et que, du coup, les policiers n'allaient pas être filmés quand ils s'en prenaient à Théo en lui assénant de nouveaux coups.

VIDEOS

"Alors maintenant, on a des vidéos. Il faudrait être aveugles pour ne pas dire qu'il y a des violences illégitimes dans ce dossier. Et on a une absence de son. Le procès n'est pas le procès du coup de matraque mais le procès de toute cette interpellation, de l'absence d'aide à cette personne blessée, le procès de photos de la victime qui ont été prises par des policiers, c'est le procès de gens qui minimisent et qui dissimulent", insiste Me Vey, avocat de Théodore Luhaka.

"QUELQUE CHOSE N'A PAS ÉTÉ FAIT DANS LES RÈGLES"

"Théodore Luhaka, ce 2 février 2017, il intervient : une thèse dit qu'il s'en est pris aux fonctionnaires de police mais pourquoi  ? Qu'est-ce que M. Luhaka aurait eu à vouloir dans ce contrôle ? Manifestement, il y a quelque chose qui n'a pas été fait dans les règles. Une baffe ? Un geste brutal ? Quelque chose a fait partir l'étincelle. (...)" plaide Me Vey, avocat de Théodore Luhaka. 

ARTICLES DE PRESSE

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Les articles de presse, ça vous attaque, j'en sais quelque chose. (rires dans la salle) Théodore Luhaka a dû faire avec ça pendant 7 ans (...)"

"THÉO N'EST PAS UN HABITUÉ DES TRIBUNAUX"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Théodore Luhaka c'est un garçon qui avec toute sa famille s'est tenu très loin de la violence. C'est pas quelqu'un qui a déjà eu affaire à un contrôle de police qui aurait mal tourné. Ce n'est pas quelqu'un qui est habitué des tribunaux. Il aspirait à devenir footballeur. Il ne jouait pas au Barça ou au Real mais ça lui allait. Le 2 février, il regardait sa série "Monk", sur un policier exemplaire, et il est allé amener des chaussures à une amie de sa sœur à la demande de celle-ci. Et il se retrouve dans cette situation d'interpellation. Ce qui est certain, c'est que M. Luhaka ce jour-là, il ne savait pas qu'il allait se retrouver avec la police. Il partait avec ses écouteurs et ses chaussures à la main."

"M. THÉODORE LUHAKA, C'EST UN SOLEIL"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Théodore Luhaka est un garçon véritablement attachant, c'est quelqu'un que l'on a envie d'avoir comme pote, il joue au football, il est très drôle, c'est un soleil, quelqu'un de rayonnant, de charismatique, d'intelligent, qui a un regard et un humour sur les choses. M. l'avocat général et moi aussi, M. Luhaka nous imite à merveille". (rires dans la salle). 

7 ANNÉES DIFFICILES

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Avant de dire de quoi ce procès est le procès, pour le compte de Théodore Luhaka qui a été présent à toutes les audiences, qui a vécu difficilement les 7 ans de procédure, avec des interrogatoires, il faut rappeler que c'est 7 années de procédure ont été vécues avec beaucoup d'anxiété par M. Luhaka et ses proches. À la veille de votre jugement, il faut que Théodore Luhaka et sa famille aient le sentiment d'avoir été entendus."

"C'EST LE PROCÈS DE LA VIOLENCE LÉGITIME"

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka : "Théo, une fois les caméras éloignées, a été abandonné à son statut de victime (...) Ce procès n'est pas le procès de la police car les personnes qui portent la voix des victimes ont besoin de la police. Théodore Luhaka n'est pas un dealer, pas un délinquant. Il ne faut pas non plus un procès dans lequel les victimes s'accusent et les accusés se victimisent. Ce n'est pas non plus le procès de la malchance ou de l'accident. Ce n'est pas non plus le procès de la légitime défense. C'est le procès de la violence illégitime."

UNE LONGUE MARCHE

Me Vey, avocat de Théodore Luhaka, rappelle qu'il défend habituellement des accusés. Pour une fois, il défend une victime. "La force pour être juste doit être encadrée (...) Ce procès pour Théo n'est pas autre chose qu'une longue marche vers la justice et la vérité (...) Derrière Théo, il y a une masse de gens à qui il faut rendre hommage, des gens qui pendant ces 7 années ont fait preuve d'une dignité exemplaire car ils n'ont jamais fait le procès d'un symbole, d'une institution ou appelé à la violence."

PLAIDOIRIES

Me Vey, avocat de la partie civile, débute sa plaidoirie. 


"Il y a quelque chose de magique et d'inquiétant avec la justice, c'est que contrairement à ce que l'on pourrait penser, rien n'est jamais gagné. La justice est quelque chose d'impalpable (...) On a le sentiment que chaque nouveau procès remet en jeu tous les acquis de la justice. (...) Cette instabilité est crainte par les accusés mais pour les victimes, la soif est différente. Elles souhaitent que l'équilibre soit rétabli. (...) Je suis sûr que cette affaire, Théo, sa personnalité vous marquera et un jour, plus tard, vous vous demanderez : 'Ai-je rendu justice ?'".


Dans la salle, tout le monde écoute attentivement l'avocat.

L'AUDIENCE REPREND

L'audience est reprise. 

TOUT LE MONDE REVIENT DANS LA SALLE

Les avocats et l'avocat général sont de retour dans la salle d'audience.

TOUS LES AVOCATS DANS LE BUREAU DE LA PRÉSIDENTE

Message à l'instant dans la salle d'audience : "M. l'avocat général, messieurs et mesdames les avocats, la présidente souhaite vous recevoir dans son bureau". Tous partent dans le bureau de la présidente sans que l'on sache pourquoi.

LES ACCUSÉS DÉJÀ DANS LA SALLE

Les trois accusés, poursuivis pour violences volontaires, sont arrivés il y a cinq minutes dans la salle. Ils sont tous les trois assises sur leurs chaises placées derrières la salle. Le policier Tony H., 31 ans, encourt 7 ans d'emprisonnement, son voisin de droite, Jérémie D., 43 ans, encourt 10 ans de prison. Le principal accusé, Marc-Antoine C., 34 ans, qui a causé les blessures irréversibles sur Théodore Luhaka avec sa matraque télescopique, encourt lui jusqu'à 15 ans de prison.

L'AUDIENCE VA REPRENDRE DANS QUELQUES MINUTES

L'audience doit reprendre dans quelques minutes. Elle commencera avec les plaidoiries des avocats de la partie civile, Me Vey et Me Honegger, suivies des réquisitions de l'avocat général, Loïc Pageot.

Ils encourent respectivement 7, 10 et 15 ans de prison pour les faits qui leur sont reprochés. Jeudi 18 janvier, après plus d'une semaine de procès et après les plaidoiries de la partie civile, l'avocat général doit prononcer son réquisitoire à l'encontre de Tony H., 31 ans, Jérémie D.,43 ans, et Marc-Antoine C., 34 ans. Les trois policiers sont jugés depuis le 9 janvier devant les assises de Seine-Saint-Denis pour avoir, le 2 février 2017, commis des violences volontaires sur Théodore Luhaka, alors âgé de 22 ans. La partie civile garde aujourd'hui des séquelles irréversibles après cette violente interpellation.

Le verdict attendu ce vendredi

Au cours des huit jours d'audience, les accusés ont évoqué "une situation difficile" ce jour-là, face à un individu qui s'était interposé au cours d'un contrôle et qui était devenu "agressif" et "violent" ce qui aurait justifié ainsi la réponse qu'ils avaient apportée pour y remédier. "Je sais pourquoi je suis renvoyé devant la cour d'assises, j'ai commis une blessure désastreuse, désolante, mais je n'ai jamais eu l'intention de provoquer ça, vraiment pas", a déclaré mercredi le principal accusé, Marc-Antoine C. qui a provoqué la terrible blessure au niveau du rectum de la victime.

"Ce sont des gestes que je regrette, car ils m'amènent aujourd'hui ici devant vous et ils ne sont pas révélateurs du policier que je suis. J'estime que j'ai mordu la ligne blanche, mais je ne l'ai jamais franchie", a dit Jérémie D. à qui l'on reproche l'usage de sa gazeuse, et deux coups violents sur la victime. "Je pense que le coup est proportionné et légitime dans le sens où Théodore Luhaka est toujours sur Jérémie D. et qu'il faut faciliter le menottage. Pour moi, c'était nécessaire", a affirmé Tony H. à qui l'on reproche un coup de poing à l'abdomen. Le verdict est attendu vendredi.


Aurélie SARROT

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