Le procès de l'attentat de Nice
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Procès de l'attentat de Nice : les images de vidéosurveillance diffusées

Aurélie Sarrot
Publié le 14 septembre 2022 à 9h00
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Deux nouveaux témoins, une policière et un médecin légiste, sont appelés à la barre ce mercredi au procès de l'attentat de Nice, en 2016.
L'une expliquera comment s'est faite l'identification des 86 personnes décédées, l'autre reviendra sur les autopsies et les examens pratiqués sur les corps.
Suivez l'audience avec nous.

Comme pour les attentats du 13-Novembre 2015, il y a eu, après l'attentat de Nice, une attente interminable de plusieurs familles à ne pas savoir où était leur proche. Il aura fallu cinq jours aux spécialistes pour déterminer l'identité des 86 victimes, parmi lesquelles 15 enfants. À cette souffrance sans fin, s'est ajoutée pour certaines familles l'horreur de découvrir que les organes de leurs proches avaient été prélevés lors des autopsies. 

C'est cela qui sera abordé ce mercredi au procès de l'attentat de Nice. Elvire Arrighi, cheffe de la division criminalistique et des unités opérationnelles de la Sous-Direction de la Police Technique Scientifique (SDPTS) qui a procédé avec d'autres à l'identification des victimes doit témoigner devant la cour d'assises spéciale. Lui succèdera Gérald Quatrehomme, directeur de l'institut médico-légal, médecin légiste qui reviendra sur les autopsies et les examens médico-légaux. 

"CERTAINS CORPS N'ONT PU ÊTRE RÉPARÉS"


Une autre avocate de la partie civile évoque une famille qui n'a pas pu voir le corps de son proche décédé. 

"Certains corps n'ont pas pu être réparés car trop abîmés" répond le médecin légiste.

CORPS ABÎMÉS 


Me Le Roy : "Je vais vous parler de la famille d'Amie. Elle a une petite sœur. Elle n'a pas pu dire au revoir à sa sœur tellement son corps était abimé." 

Gérald Quatrehomme: "Nous présentons tous les corps. Là, le corps n'a pas été présenté à l'IML mais dans une athanée."

Selon Me Le Roy, le corps de l'enfant n'a pu être présenté à sa sœur tellement son visage avait été abimé par l'autopsie. 

DEUX LISTES QUI NE CORRESPONDENT PAS


Me Le Roy : "La mention des organes prélevés s'est fait sous forme de tableau." 

L'avocate précise que deux listes de prélèvements ont été faites et qu'elles ne correspondent pas. 


"Les familles de défunt, qu'est-ce qu'elles doivent croire? Le PV ou le rapport d'autopsie?" demande-t-elle au médecin légiste. 

Gérald Quatrehomme : "Le rapport d'autopsie. "

INTERROGATIONS SUR LES AUTOPSIES PRATIQUÉES


Me Le Roy, avocate de nombreuses parties civiles et de la Promenade des Anges, pose de nombreuses questions à Gérald Quatrehomme, médecin légiste sur les autopsies. Elle ne comprend pas pourquoi, certains corps ne répondant pas aux critères donnés par François Molins pour qu'une autopsie soit réalisée, ont été autopsiés. Le médecin légiste assure que sur ces corps il y. avait des doutes sur les causes du décès. 

L'AUDIENCE VA REPRENDRE


L'audience va. reprendre dans quelques minutes avec l'audition de Gérald Quatrehomme, ancien directeur de l'institut médico-légal, médecin légiste. Il sera question des autopsies et des examens médicaux pratiqués sur les victimes.                   

"IL EST MORT EN TENTANT DE SAUVER SON FILS"


Elvire Arrighi finit son exposé en évoquant le cas de la famille Copeland. Sean , 51 ans, est mort en tentant de sauver son fils Brodie âgé de 11 ans. L'enfant était en train d'acheter des bonbons sur un stand quand le camion lui a foncé dessus. Sean a essayé de pousser son enfant. Les deux sont décédés. 

Très émue, Elvire Arrighi explique comment l'identification des corps de cette famille venue du Texas a pu être faite. 

TROIS TABLES D'EXAMEN


Elvire Arrighi :"A l'institut médico-légal, les équipes ont travaillé jour et nuit pour réaliser les examens corporels. Il y avait trois tables d'examens avec à chaque table trois effectifs." Une fiche était en bout de table pour noter les constatations. Les effets personnels ont été pris en photo avant d'être rassemblés et transmis à l'atelier "effet personnel".

Certains corps ont été examinés en priorité. Par exemple ceux qui avaient au moment du décès une carte d'identité sur eux, ou ceux qui sont morts dans les bras de leurs proches.

IDENTIFICATION FAITE AVANT TOUTE AUTOPSIE


Elvire Arrighi, commissaire de police : "Les corps ont été acheminés progressivement vers l'institut médico-légal dans la matinée du 15 juillet. Ceux qui sont décédés à l'hôpital ont été acheminés après. L'identification a été faite avant toute autopsie."

À 6 H DU MATIN, LA MAJORITÉ DES CORPS ÉTAIENT ENCORE PRÉSENTS 


Elvire Arrighi, commissaire de police :"Les premiers membres de la police technique et scientifique sont arrivés le 15 à 6 heures du matin sur la promenade des Anglais, la majorité des corps étaient encore présents."

UN ESPACE DÉDIÉ POUR L'IDENTIFICATION DES VICTIMES 


Elvire Arrighi, commissaire de police : "Entre les deux attentats (du 13 novembre et de Nice) a été fait un travail de fond avec les instituts médico-légaux de France. (...) Nous avons pu souligner la nécessité d'avoir un espace dédié dans chaque établissement pour l'identification des victimes. "

ÉLÉMENTS SECONDAIRES


Elvire Arrighi : "Si les corps ne sont pas morcelés et que les éléments secondaires (tatouages, piercings...) sont nombreux ou probants, l'identification peut se faire plus facilement". "Cela a permis de procéder aux identifications les plus évidentes dès les premières heures suivant l'attentat. Elles seront bien sûr confirmées derrière avec un ADN, une empreinte ou tout autre élément primaire".

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Jeudi, des pédopsychiatres seront entendus. Suivra la projection, dans la salle d'audience, des 4 minutes et 17 secondes d'horreur montrant la course meurtrière du camion.


Aurélie Sarrot

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