Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

13-Novembre : après s'être muré dans le silence, Abdeslam réaffirme avoir "renoncé" à tuer le soir des attentats

Aurélie Sarrot
Publié le 30 mars 2022 à 15h25
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

La cour d'assises spéciale de Paris va interroger le seul survivant du commando des attaques du 13-Novembre 2015.
Salah Abdeslam, 32 ans, devra notamment expliquer pourquoi il ne s'est pas fait exploser.
L'interrogatoire doit durer deux jours, dès ce mercredi.

Y A-T-IL EU UN ESSAI ?


Une assesseure demande à l'expert à la barre : "On peut savoir s’il y a eu un essai (Si Salah Abdeslam a-t-il tenté d'enclencher sa ceinture).

- On peut pas savoir. C’est un coup, ça marche ou ça marche pas quoi." répond l'expert. 

- "Y'avait-il un moyen de voir qu’il était dysfonctionnel ? demande Me Chemla, avocat de parties civiles

- Non" selon l'expert.

ABDESLAM DIT AVOIR RENONCÉ À ENCLENCHER SA CEINTURE


Alors qu'il avait demandé à faire usage à son droit au silence, Salah Abdeslam a fini par répondre à Me Josserand-Schmidtt, avocate de parties civiles. Concernant la ceinture explosive, il assure qu'il n'y a pas eu de dysfontionnement, mais qu'il a bien renoncé à se faire exploser. 

"J'ai renoncé à enclencher ma ceinture. Pas par lâcheté, pas par peur. Mais parce que je voulais pas, c'est tout", dit l'accusé. 

Pourquoi a-t-il menti par la suite à "ses frères"? 

"J'avais peur du regard des autres. J'avais honte de ne pas avoir été jusqu'au bout, et j'avais 25 ans aussi", poursuit l'accusé, très calme.

"LA LÂCHETÉ EST VRAIMENT LA MARQUE DE FABRIQUE DES TERRORISTES"


 L'avocat général à Salah Abdeslam qui fait usage de son droit au silence:"La lâcheté est vraiment la marque de fabrique des terroristes. Vous aviez la possibilité d'apporter des réponses après votre pseudo buzz. C'est vraiment de la lâcheté,je n'ai pas d'autre expression."

UN TEXTE ATTRIBUÉ À SALAH ABDESLAM


Dans l'ordinateur HP Probook 6460 découvert rue Max Roos, les enquêteurs ont retrouvé un texte qu'ils ont attribué par la suite à Salah Abdeslam. La première assesseure lit ce texte dans lequel est écrit :"Je suis Abou Abderrahman (kunya de Salah Abdeskamà celui qui a participé à la première attaque bien que j'aurais voulu être parmi les shahid, Allah en a décidé autrement al hamoulillah Allah m'a sauvé de ces kouffars et j'ai réussi à rejoindre le reste des frères car il y avait un défaut dans ma ceinture. J'ai pensé dans un premier temps de venir dans la terre du sham, mais en réfléchissant j'ai conclu que c'était une idée de shaytan et que la meilleure chose étais de finir le travail ici avec les frères cependant j'aimerais juste pour l'avenir être mieux équipé avant de passer à l'action."

ABDESLAM SILENCIEUX ET IMPASSIBLE


Depuis qu'il a indiqué qu'il ferait usage de son droit au silence, Salah Abdeslam s'est assis dans le box. Le président lui demande de répondre au moins par "oui" ou par "non" à ses questions. 

Salah Abdeslam reste silencieux et impassible. Il a remis son masque. L'homme, baraqué, polo noir, cheveux légèrement plaqués par du gel, ne dit rien. Pas un mot.

Y AVAIT-IL UN AUTRE PROJET ?


Le président de la cour d'assises spéciale de Paris Jean-Louis Périès multiplie les questions à Salah Abdeslam. 

Pourquoi est-il allé dans le 18e arrondissement de Paris le soir du 13 novembre après avoir déposé les trois kamikazes au Stade de France? Pourquoi a-t-il abandonné sa Clio dans ce quartier? Pourquoi a-t-il traversé Paris avec sa ceinture explosive, avant de l'abandonnée dans une poubelle de Montrouge. 

L'accusation n'exclut pas qu'il y ait eu un autre projet d'attentat le 13 novembre. 

COUP DE THÉÂTRE : ABDESLAM FAIT USAGE DE SON DROIT AU SILENCE


Salah Abdeslam qui a beaucoup parlé jusqu'à présent au procès indique ce mercredi qu'il souhaite faire usage de son droit au silence. "C'est un droit que j'ai" dit-il au président. 

Les parties civiles, qui attendaient beaucoup d'explications de sa part, sont consternées. "C'est le pire qu'il pouvait nous faire" dit l'une d'elle sur les bancs  dans la salle. 

L'accusé, calme et posé, demande s'il peut se rasseoir. Le président lit les constatations, pose des questions, mais n'obtient pas de réponse.

DES EXPLICATIONS ATTENDUES


De nombreuses parties civiles espèrent que Salah Abdeslam parlera ce mercredi et ce jeudi et donnera des explications sur cette funeste soirée du 13 novembre. A-t-il renoncé ? A-t-il eu un problème avec sa ceinture explosive ? Une autre cible était-elle prévue ce soir-là? Devait-il rejoindre les autres sur les terrasses ou au Bataclan ? 

Autant de questions qui sont, pour l'heure, sans réponse.

SALLE COMBLE


La salle d'audience est pleine à présent. Salah Abdeslam est assis dans le box aux côtés des autres accusés. L'audience ne devrait pas tarder à reprendre.

QUESTION DE LA CEINTURE EXPLOSIVE


Au cours de l'interrogatoire de Salah Abdeslam, il devrait notamment être question de la ceinture explosive qu'il portait le 13 novembre 2015 et qu'il a abandonné dans une poubelle de Montrouge. Avant cela, Salah Abdeslam avait déposé les trois kamikazes du Stade de France et abandonné sa Clio dans le 18e arrondissement de Paris. 

En février, lors de son premier interrogatoire sur les faits, Salah Abdeslam a laissé entendre qu'il avait fait "marche arrière" le soir des attaques.

L'hypothèse d'un dysfonctionnement de sa ceinture explosive est aussi évoquée.

"DÉDOUANER ABDESLAM' ?


Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau", qui a abandonné son charriot d'explosifs et pris la fuite lors des attentats de Bruxelles en mars 2016, a été le premier des accusés à être interrogé cette semaine. Mardi, il a affirmé qu'il était "prévu" pour les attentats de Paris et assuré que, contrairement à lui, son ami d'enfance et coaccusé Salah Abdeslam ne l'était "pas". 

Selon ses déclarations à la cour, Mohamed Abrini a renoncé quelques jours avant les attentats et Salah Abdeslam, à la demande de son frère aîné Brahim Abdeslam - futur tueur des terrasses -, a hérité de son "gilet explosif" et de sa "Kalachnikov". 

L'accusation estime plutôt qu'il s'est désisté à la dernière minute, le soir du 12 novembre 2015, et qu'il cherche maintenant à "dédouaner" Salah Abdeslam. 

INTERROGATOIRE DES ACCUSÉS


Cette semaine, la cour d'assises spéciale de Paris interroge les accusés sur la période allant du 7 au 13 novembre 2015. Après Mohamed Abrini hier, alias "l'homme au chapeau", elle va interroger ce mercredi t ce jeudi Salah Abdeslam. 

LES ACCUSÉS S'INSTALLENT


Les accusés prennent place dans et devant le box. La salle d'audience se remplit progressivement. Beaucoup de personnes portent le masque, qui n'est plus obligatoire mais vivement recommandé au regard de la recrudescence des cas de Covid en France ces derniers temps. 

Pourquoi a-t-il pris la route du 18e arrondissement, où il a abandonné sa Clio, après avoir déposé les kamikazes du Stade de France ?  La ceinture explosive qu'il portait et qu'il a laissée dans une poubelle de Montrouge (Hauts-de-Seine) a-t-elle dysfonctionné ou a-t-il, comme il l'a sous-entendu récemment au procès, renoncé ? A-t-il remplacé Mohamed Abrini dans le commando au dernier moment, comme l'a affirmé ce dernier mardi à l'audience à box ? 

La cour d'assises spéciale de Paris interroge à partir de mercredi et jusqu'à jeudi Salah Abdeslam sur les quelques jours qui ont précédé cette nuit d'horreur et la soirée du 13 novembre 2015. Un interrogatoire particulièrement attendu. 

Lors de son premier interrogatoire sur le fond du dossier, en février, Salah Abdeslam avait laissé entendre qu'il avait fait "marche arrière" et renoncé à tuer le 13-Novembre. 

Le Français de 32 ans avait également dit avoir prêté allégeance à l'Etat islamique (EI) "48 heures" seulement avant les attentats de Paris et Saint-Denis, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Salah Abdeslam avait ensuite dit réserver ses explications pour "plus tard". 

En mars 2016, après quatre mois de cavale et son arrestation en Belgique, il avait déjà affirmé avoir "renoncé" à actionner sa ceinture explosive. Avant de garder le silence pendant les cinq années suivantes, jusqu'au procès. 

Salah Abdeslam avait à l'époque expliqué qu'il aurait dû se faire exploser au Stade de France, mais qu'il avait changé d'avis en arrivant sur place. Il aurait alors déposé les trois autres kamikazes et repris la route, avant d'abandonner sa voiture dans le 18e arrondissement, puis sa ceinture explosive au sud de Paris.

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Une thèse dont il "est permis de douter" selon l'accusation. D'abord parce que le communiqué de revendication de l'organisation État islamique (EI) mentionne une attaque "dans le 18e arrondissement", là où la voiture a été retrouvée, et qui n'a pas eu lieu. Ensuite parce que les experts ont établi que la ceinture était défectueuse. Enfin parce que Salah Abdeslam aurait dit à plusieurs proches qu'elle n'avait pas fonctionné.


Aurélie Sarrot

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