EN DIRECT - Procès d'une influenceuse pour apologie du terrorisme : 10 mois de prison avec sursis requis

Publié le 22 novembre 2023 à 13h15, mis à jour le 23 novembre 2023 à 0h11

Source : JT 20h Semaine

Le tribunal, qui jugeait l'influenceuse Warda A. ce mercredi 22 novembre, notamment pour apologie du terrorisme, rendra sa décision le 6 décembre.
En cause : des propos tenus dans une vidéo postée sur Instagram ironisant sur la mort d'un bébé israélien, qui aurait été placé dans un four par les commandos du Hamas.
Nous avons assisté au procès, retrouvez les détails dans notre live.

Ce live est à présent terminé. 

MERCI D'AVOIR SUIVI CE DIRECT

Ce direct consacré au procès de Warda A., qui a ironisé en ligne sur la mort d'un bébé israélien, est désormais terminé. La décision du tribunal est attendue le 6 décembre. Merci d'avoir suivi ce live.

DÉCISION RENDUE LE 6 DÉCEMBRE A 13H30

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 6 décembre. 

LES DERNIERS MOTS DE LA PRÉVENUE

Warda A. a la parole en dernier et vient à la barre. "Je voulais juste vous dire : condamnée, je le suis déjà. Je ne peux plus me balader dans la rue avec mes enfants, en sortant de votre palais de justice, je devrai faire attention à qui me suit ou pas..."

"WARDA A. N'EST PAS RADICALISÉE !"

Me Elisa Lashab, qui défend la prévenue, reprend la parole et demande au tribunal d'écarter certains propos du procureur, notamment lorsqu'il a affirmé dans son réquisitoire que Warda A. était "radicalisée". L'avocate justifie sa demande par plusieurs exemples. "Elle fait des vidéos en nuisette", rappelle-t-elle. 

AU SUJET DU HAMAS

L'avocat s'interroge : "Pourquoi l'AFP ne pourrait pas être renvoyée pour apologie du terrorisme puisqu'elle ne nomme pas le Hamas comme étant une organisation terroriste ?"

"Warda A. dit que le Hamas est un groupe politique avec une branche armée", doit-elle être condamnée pour cela, demande Me Maallaoui.

"Dire que Warda A. est coupable de l'apologie du terrorisme sur ces faits-là, c'est prendre une voie qui est extrêmement dangereuse."

"ABSURDITÉ DE QUELQUE CHOSE QUI VIENT AJOUTER DE L'HORREUR A L'HORREUR"

Me Maallaoui : "Quand Warda A. parle de ce bébé qui aurait été brûlé dans un four, elle veut souligner l'absurdité de quelque chose qui vient ajouter de l'horreur à l'horreur."

"WARDA A. PEUT-ELLE FAIRE L'APOLOGIE DE QUELQUE CHOSE QUI N'EST PAS AVÉRÉ ?"

Me Maallaoui, avocat de Warda A. : "Le cœur de cette vidéo (sur le bébé israélien qui aurait été brûlé dans un four) est de savoir si Warda A. peut faire l'apologie de quelque chose qui n'est pas avéré ?"

Me MAALLAOUI DÉBUTE SA PLAIDOIRIE

Me Maallaoui, autre conseil de Warda A., débute sa plaidoirie : "Je crois qu'il y a eu beaucoup d'errance du côté des parties civiles sur le fond du dossier. S'il s'agissait du procès du racisme et de l'antisémitisme, je serais sur les bancs des parties civiles..."

"ELLE IRONISE SUR UNE INFORMATION QU'ELLE SAIT FAUSSE"

"Warda A. ironise sur une information qu'elle sait fausse", reprend son avocate. "Elle vous l'a dit : si c'était vrai, elle ne l'aurait pas fait. La volonté de Mme Warda A. est de commenter le traitement médiatique d'une information." 

"UNE RUMEUR" JAMAIS CONFIRMÉE

Me Elisa Lashab, l'un des conseils de Warda A., cite dans sa plaidoirie l'article de la journaliste Caroline Quevrain sur le site TF1info. 

L'UNE DES VIDÉOS DÉNONCÉES REPOSTÉE

Me Elisa Lashab s'étonne que la vidéo de Warda A. ait été reprise sur le réseau social X (ex-Twitter), notamment par le député Meyer Habib, partie civile dans ce dossier - qui n'est plus à l'audience.  "Un million de vues sur le compte du député Meyer Habib qui a reposté la vidéo, 20.000 vues sur un autre compte Twitter", s'étonne l'avocate. 

"WARDA A. PARLE DU TRAITEMENT MÉDIATIQUE DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN"

Me Elisa Lashab : "Mme Warda A. n'est pas un reporter de guerre, pas une influenceuse, elle vous l'a dit, elle n'est pas née avec un avis tout fait sur le conflit israélo-palestinien. Elle s'informe, reçoit des informations de la part de médias publics. Elle parle du traitement médiatique du conflit israélo-palestinien dans ses vidéos."

L'avocate de la Défense donne des exemples du traitement de la guerre entre Israël et le Hamas dans les médias publics. Elle évoque notamment les propos de Guillaume Meurice sur Benyamin Nétanyahou. 

DU DROIT AU SILENCE

Me Elisa Lashab : "Warda A. a sollicité d'user d'un droit, le droit au silence. Là encore, on lui a dit (une avocate de la partie civile, ndlr), parce qu'elle a usé d'un droit, que son silence signifiait qu'elle était coupable. On lui a dit qu'elle avait gardé le silence comme Dieudonné ou Youssouf Fofana, tous deux reconnus coupables." 

"SONDER LES CŒURS"

Me Elisa Lashab, avocate de la défense : "Concernant l'infraction d'apologie du terrorisme reprochée à Madame Warda A., ce que l'on vous demande aujourd'hui, c'est de sonder les cœurs : celui de Madame Warda A. et celui de ceux qui reçoivent son message (...) Ce contexte est le conflit israélo-palestinien, conflit qui déchaîne les passions et nous en avons eu une démonstration aujourd'hui. Il déchaîne les passions parce qu'il faut avoir un avis. Et si vous n'avez pas d'avis, c'est quand même un avis !"

SUR LA CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE DU DÉPUTÉ MEYER HABIB

Me Elisa Lashab demande de rejeter la constitution de partie civile du député Meyer Habib. Selon l'avocate de la défense, il n'y a pas de lien entre l'élu et les vidéos de sa cliente. "Je n'ai pas compris s'il se présentait en sa qualité personnelle ou en sa qualité de député."

PLAIDOIRIES DE LA DÉFENSE

Me Elisa Lashab, l'un des conseils de Warda A., débute sa plaidoirie. 

L'AUDIENCE REPREND

L'audience reprend après une courte suspension. 

DIX MOIS D'EMPRISONNEMENT AVEC SURSIS REQUIS

Le procureur propose au tribunal "d'entrer en voie de condamnation sous la forme de 10 mois d'emprisonnement assortis du sursis", la prévenue n'étant pas connue de la justice. 

"QUÊTE PERMANENTE D'IMPRÉCATION, DE PRÊCHE"

Le procureur : "On est en quête permanente d'une espèce d'imprécation, de prêche et peut-être aussi de faire le buzz."

"RADICALISÉE EN UN TEMPS RECORD"

Le procureur : "On a le sentiment que Warda A. s'est radicalisée en un temps record." Le magistrat estime que la prévenue est antisémite dans son propos. Il donne des exemples : "Radicalisation quand, interrogée à plusieurs reprises par les enquêteurs, elle a refusé de répondre à toute question sur le Hamas..."   

"CONSTITUTIF D'UNE INFRACTION"

Le procureur : "Le fait de présenter les auteurs d'un acte terrorisme sous un jour favorable est bien évidemment constitutif d'une infraction." 

"DOUBLE APOLOGIE"

Le procureur : "Vous avez une double apologie. Mme Warda A. fait passer les attaques du Hamas du 7 octobre comme une action défensive, elle les justifie comme une action de protection du peuple palestinien. (...) D'autre part, Warda A. fait l'apologie du Hamas, présenté sous un jour favorable. On est quasiment dans une organisation charitable. (...) Il n'y a aucune distanciation dans le propos de Warda A. : le Hamas n'est pas un mouvement terroriste, il vient en défense de ces pauvres gens."

"VOUS POURREZ ENTRER EN VOIE DE CONDAMNATION"

Le procureur : "Vous pourrez entrer en voie de condamnation à l'encontre de Mme Warda A. sur la première vidéo (celle du bébé israélien brûlé, ndlr)."

Le représentant du ministère public en vient à la deuxième vidéo dans laquelle Warda A. dit que le Hamas n'est pas une organisation terroriste. Le magistrat revient sur les origines du Hamas et sur ses nombreuses actions. 

"L'HUMOUR NE PERMET PAS TOUT"

Le procureur : "Warda A. invoque l'humour et se justifie en disant qu'elle a agi en ne croyant pas à la réalité des faits évoqués, parlant de manipulation des médias." 

Le procureur indique que le droit à l'humour est possible, puis cite la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) sur une affaire de 2012, celle du petit Jihad à qui des proches avaient fait porter un T-shirt portant l'inscription "je suis une bombe" sur le devant et ces mots au dos : "Jihad, né le 11 septembre". Les proches du petit garçon, jugés, avaient invoqué une plaisanterie. 

La CEDH avait conclu que "l'humour ne permettait pas tout".

"MINIMISATION OUTRANCIÈRE DE L'ACTE DE TERRORISME"

Le procureur revient sur les deux vidéos de Warda A. : la première sur le bébé israélien qui aurait été brûlé dans un four, l'autre sur les femmes notamment éventrées...La prévenue "balaie cela d'un revers de la main", déplore-t-il. 

"C'est une minimisation outrancière de l'acte de terrorisme. En minorant, en banalisant, elle efface la réprobation morale qui s'attache à cet acte."

"DÉDIABOLISATION DES ACTIONS DU HAMAS"

Le procureur : "Il vous appartiendra de dire si, au-delà de la morale, Warda A. avait le droit de tenir ses propos et de les tenir de la façon dont elle l'a fait dans les deux vidéos dont vous êtes saisis et qui ont été tournées à deux ou trois jours d'intervalle début novembre. Ces deux vidéos sont les deux faces d'une pièce : une face porte la dédiabolisation des actions du Hamas et l'autre face la justification, la glorification, et l'adhésion aux actions du Hamas."

RÉQUISITOIRE DU PROCUREUR

Le procureur débute son réquisitoire. Il rappelle que les vidéos de Warda A. ont fait l'objet de nombreux signalements sur Pharos et qu'Europol a été saisi pour certaines d'entre elles.

"VOUS LA CONDAMNEREZ COMME ÉTANT UNE DÉLINQUANTE"

Me Serfati, avocat du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, demande au tribunal "de condamner un sujet de droit sur le fondement de ses agissements".

"Par la condamnation que vous prononcerez, vous montrerez que le racisme, l'antisémitisme ne constituent pas une idée mais un délit. Et vous la condamnerez comme étant une délinquante et au plan matériel, car les deux éléments sont réunis", conclut-il.

"PAS L'OMBRE D'UN DOUTE SUR LA MATÉRIALITÉ DE L'INFRACTION"

Me Serfati pour le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme : "Je vous demanderai d'entrer en voie de condamnation. Il n'y a pas l'ombre d'un doute sur la matérialité de l'infraction. La prévenue est consciente de ses propos, de ses agissements."

L'avocat indique que "des milliers de personnes ont été choquées par les propos de la prévenue".

"IL Y A DES LIMITES A LA LIBERTÉ D'EXPRESSION"

Me Pudlowski, avocat de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), plaide à présent. "Il y a des limites à la liberté d'expression (...) Comparer un enfant israélien à un petit animal qu'on peut faire cuire comme un gigot...", dénonce-t-il.

"1400 civils ont été tués en huit heures sur le sol israélien", rappelle ensuite l'avocat pointant le fait que Warda A. ne reconnaisse pas que le Hamas soit une organisation terroriste.

"JE SUIS CONVAINCU DE LA MAUVAISE FOI DE LA PRÉVENUE"

L'avocat de l'Union des étudiants juifs de France et de SOS Racisme plaide à son tour : "Je suis convaincu de la mauvaise foi de la prévenue." 

Il cite notamment pour justifier son propos les déclarations de Warda A. après qu'elle a vu les images de l'otage israélienne Shani Louk. "Ce que je trouve malheureux, tu vois, c'est que cette image va tourner en boucle", avait commenté la prévenue dans une vidéo.

"NE PAS RÉPONDRE, ÇA VEUT DIRE QUELQUE CHOSE"

Me Ouaknine Melki Muriel, avocate l'Organisation Juive Européenne (OJE), après le refus de Warda A. de répondre aux questions des parties civiles : "Ne pas répondre est un droit mais ça veut dire quelque chose. C'est l'assurance d'une délinquante qui a décidé de choisir à qui elle allait répondre. (...) Aujourd'hui encore, à la barre, elle défie les parties civiles."

"La peine de sept ans de prison est une peine lourde mais vous aurez à y réfléchir", poursuit l'avocate qui demande au tribunal d'entrer en voie de condamnation à l'encontre de Warda A. 

"CES PAROLES INFÂMES, WARDA A. LES A CHOISIES"

Me Oudy Bloch, avocat de l'Organisation juive européenne (OJE), cite les propos de Warda A. au sujet de la vidéo de l'otage Shani Louk après son enlèvement par le Hamas : "Ce que je trouve malheureux, tu vois, c'est que cette image va tourner en boucle."

"Ce qui la gêne, c'est que cette image va tourner en boucle !", s'énerve l'avocat. 

"Ces paroles infâmes, Warda A. les a choisies", poursuit-il après avoir évoqué aussi les propos de la prévenue au sujet du "bébé israélien brûlé dans un four". 

"Elle est coupable et je vous demande d'entrer en voie de condamnation."

"WARDA A. EST DANGEREUSE"

Me Oudy Bloch, avocat de l'Organisation juive européenne (OJE), débute sa plaidoirie. Il revient sur ce moment où Warda A. d,epuis son hôtel de Deauville, a posté sa vidéo au sujet du "bébé israélien brûlé dans un four" et "trouvé ça rigolo".

"Depuis le 7 octobre, j'ai la nausée de tous ces propos abjects tenus en publics, j'ai la nausée de ceux qui refusent de voir que l'idéologie du Hamas est la même que celle de Daesh, j'ai la nausée de ceux qui, comme Madame Warda A., viennent répandre leurs propos haineux sur cette poubelle que sont devenus les réseaux sociaux", lâche l'avocat avant de dire que Warda A. est "dangereuse". 

"PEUT-ÊTRE QU'ELLE FERAIT MIEUX DE SE TAIRE"

L'avocate de la partie civile poursuit en rappelant des propos de Warda A. pendant son audition. Elle dit notamment que le Hamas n'est pas un groupe terroriste. "Peut-être que Madame Warda A. ferait mieux de se taire", estime l'avocate. 

"ELLE SAIT QU'ELLE COMMET UN DÉLIT"

Une avocate de la partie civile : "Warda A. sait qu'elle commet un délit puisqu'elle fait tout pour contourner les algorithmes. Elle vous l'a dit tout à l'heure. L'élément intentionnel est caractérisé. (...) Elle n'éprouve aucun regret. Tout à l'heure, quand vous lui avez posé la question, elle a mis 25 secondes à vous répondre. Elle ne regrette pas ses actes."

LES AVOCATS DE LA PARTIE CIVILE SE SUCCÈDENT À LA BARRE

Les avocats de la partie civile se succèdent à la barre. Se sont constituées parties civiles dans ce dossier : l'Organisation juive européenne (OJE), Avocats sans frontières (ASF), le député Meyer Habib, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, la Ligue internationale contre le Racisme et l'antisémitisme (LICRA), l'ambassade d'Israël, et l'Observatoire juif de France (OJF). 

1 EURO DE DOMMAGES ET INTÉRÊTS

Me Pardo demande 1 euro de dommages et intérêts.

Me PARDO DÉBUTE SA PLAIDOIRIE

L'avocat de Meyer Habib, Me Pardo, débute sa plaidoirie. Il cite Robert Faurisson et évoque des crimes antisémites commis par le passé, notamment Mohamed Merah qui, équipé d'une caméra GoPro, avait comme d'autres terroristes la volonté de montrer.

LE DÉPUTÉ MEYER HABIB DEMANDE UNE SANCTION EXEMPLAIRE

Meyer Habib, député, partie civile dans ce dossier: "Je suis touché. Moi et tous les Français que je représente en Israël". Il demande une "sanction exemplaire" contre la prévenue."On ne peut pas laisser passer une vidéo comme ça". 

"Je vous demande de ne pas prendre cette affaire à la légère", conclut-il avant de regagner sa place. 

MEYER HABIB, DÉPUTÉ, VIENT À LA BARRE

Le député Meyer Habib, plaignant dans cette affaire et partie civile, est à la barre : "Au moment où je vous parle, huit Français sont otages, au-delà des Français, on a 240 otages. On a eu l'un des pires crimes de l'humanité avec 1200 personnes tuées. Des femmes ont été violées, des bébés égorgés, des familles entières brûlées... Je vous dis ça parce que j'ai été sur place."

L'élu confirme avoir été très ému par le film des exactions quand il a été projeté. Il revient sur l'otage Shani Louk "violée, empalée" avant d'être tuée. 

Puis Meyer Habib aborde le sujet du "bébé brûlé dans un four". "Lorsqu'une femme structurée intellectuellement, plutôt jolie, moque, c'est terrifiant !", dénonce-t-il.  

Il rappelle ce qu'il s'est passé à Toulouse avec Mohamed Merah et cite d'autres exemples d'antisémitisme. "On ne peut pas jouer avec des choses comme ça. Moralement, c'est insupportable. Six millions de juifs ont été brûlés pendant la guerre."

L'AUDIENCE A REPRIS

L'audience reprend. 

L'AUDIENCE EST SUSPENDUE

L'audience est suspendue, elle reprendra avec les plaidoiries des avocats de la partie civile, les réquisitions du procureur, les plaidoiries de la défense et s'achèvera avec,si elle le souhaite, les derniers mots de Warda A. devant le tribunal. 

ÉLÉMENTS DE PERSONNALITÉ

L'assesseure en vient à la personnalité de la prévenue. Elle n'a pas de casier judiciaire. Elle a été hôtesse dans sa vie et a glissé vers le mannequinat. Elle a deux enfants, est divorcée et partage la garde de ses enfants avec son ex-mari.  Elle n'a pas de problèmes de santé majeurs. 

SUR LE BÉBÉ "BRÛLÉ DANS UN FOUR"

Me Maallaoui, avocat de Warda A. : "Si vous aviez eu la certitude qu'un enfant a été mis dans un four, auriez-vous ironisé sur ce fait ?"

 Warda A. : "Jamais."

"DES SIONISTES M'ONT SIGNALÉE"

Le procureur : "Quand vous dites dans une vidéo, 'il y a des sionistes qui m'ont signalée', que voulez-vous dire ?"

Warda A. : "J'ai déjà répondu à cette question."

Le procureur reprend des propos de l'influenceuse pendant la garde à vue. Celle-ci dit qu'elle était alors très mal à l'aise et qu'il y a beaucoup de questions auxquelles elle n'a pas souhaité répondre.

"DÉNONCER DES FAKE NEWS"

Warda A. refuse de répondre aux questions du procureur. "C'est moi qui vous poursuis, vous n'avez pas envie de savoir pourquoi ?", interroge le magistrat. 

Il tente quand même : "Comment, après les propos équilibrés que vous avez tenus le 7 octobre, vous êtes passée à des propos qui ne font pas l'unanimité ?"

Warda A. : "C'est juste beaucoup de tristesse monsieur."

Le procureur : "Il y a aussi de la colère ?"

Warda A. : "La tristesse, c'est un peu de colère aussi."

Le procureur : "Vous avez dit que vous étiez dans une démarche de dénoncer la manipulation des médias, des deux côtés, qu'avez-vous dénoncé concernant le Hamas ? Des fake news du Hamas ?"

Warda A. : "Bien sûr."

Le procureur : "Lesquelles ?"

Warda A. : "Comme ça je ne sais plus (...)"

"HORREUR DE CETTE VIDÉO"

Une autre avocate de la partie civile : "Dans la mesure où il est possible que ce bébé ait été brûlé dans un four, avez-vous conscience de l'horreur de votre vidéo ?" 

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre."

Une autre avocate de la partie civile : "Avez-vous déjà cherché dans un dictionnaire le mot 'sionisme' dont, visiblement, vous ne connaissez pas la définition ?"

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre."

"UNE TECHNIQUE UTILISÉE PAR DIEUDONNÉ ET YOUSSOUF FOFANA"

Me Ouaknine Melki Muriel, avocate l'Organisation Juive Européenne (OJE) interroge la prévenue : "Savez-vous que cette technique de ne pas répondre à la partie civile a été utilisée par Youssouf Fofana dans le procès du gang des barbares et par Dieudonné récemment ?" 

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre." 

Me Ouaknine Melki Muriel : "Pour vous, les attentats à New York, le 11 septembre 2001, ont été perpétrés par des mouvements politiques ou par des terroristes ?"

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre."

"JE NE SOUHAITE PAS RÉPONDRE"

Me Pardo, avocat du député Meyer Habib : "Dans votre portable, on a retrouvé le site du BDS, vous savez ce qu'est le BDS ?" 

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre". 

Me Pardo : "Vous avez des amis salafistes?"

Warda A. :"Je ne souhaite pas répondre"

Me Pardo : "Chez vous, on a retrouvé un Coran mais aussi de la documentation salafiste, vous confirmez ?"

Warda A. :"Je ne souhaite pas répondre."

Me Pardo : "On dit que vous êtes parente avec une chanteuse, Amel Bent, est-ce exact ?"

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre."

Me Pardo : "Comment pouvez-vous dire que le bébé brûlé dans un four ce n'est pas vrai, alors que des personnes ont été témoins de cette scène ?"

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre." 

Me Pardo : "Pour vous, le terrorisme est condamnable ?"

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre."

"JE NE SOUHAITE PAS RÉPONDRE"

Me Pardo, avocat de Meyer Habib, député : "Vous avez dit tout à l'heure que les actes du 7 octobre étaient terroristes. Vous avez dit que le Hamas n'était pas une organisation terroriste. Est-ce que les actes revendiqués par le Hamas permettent de qualifier cette organisation de terroriste ? Le Hamas a revendiqué ces actes..."

Warda A. : "Je ne souhaite pas répondre." 

PAS DE RÉPONSE FACE AUX AVOCATS DES PARTIES CIVILES

La présidente demande à Warda A. pourquoi elle ne veut pas répondre aux questions des parties civiles. 

La prévenue ne veut pas s'expliquer. 

"C'EST PAS MOI, C'EST LES MÉDIAS"

La présidente : "Pour vous, quand il n'y a pas de débats, les faits sont vrais, mais quand il y a débat, on n'est pas obligé d'y croire ?"

Warda A. : "C'est pas moi, c'est les médias. Moi, je décris juste les faits qui sont écrits, retranscrits, par les médias français, étrangers." 

"CE QUE JE DÉNONCE, C'EST LA MANIPULATION DES MÉDIAS POUR NOUS DIVISER"

La présidente revient sur le bébé brûlé dans le four. Warda A. dénonce aussi dans sa vidéo les "bébés décapités", "les femmes éventrées" qu'elle qualifie de fake news. "Vous dénoncez de la manipulation, de la propagande... Mais une manipulation de qui ?"

Warda A. : "On veut me mettre l'étiquette de celle qui a dénoncé des propagandes." 

La présidente : "C'est ce que vous avez dit..."

Warda A. : "Depuis le 7 octobre, ce que je dénonce, c'est la manipulation des médias pour nous diviser."

"LA NANA LAMBDA"

Warda A. : "J'ai pas fait de grandes études. Je suis pas journaliste. Je suis la nana lambda qui a voulu partager (son opinion, ndlr)." 

"ON NOUS CENSURE EN BLOC"

La présidente : "Vous avez dit avoir mis le bandeau 'J'aime Israël' dans vos vidéos pour 'déjouer les algorithmes' d'Instagram. Vous avez dit aussi avoir déjà été censurée par le passé par Instagram." 

Warda A. : "Dès qu'on met dans des posts que les Gazaouis sont un peuple martyrisé, on nous censure en bloc."

La présidente : "Vous avez l'impression qu'il y a une censure sur les Gazaouis aujourd'hui ?"

Warda A. : "Oui."  

"AU NOM DU HAMAS"

La présidente demande à la prévenue si elle sait qui a commis les actes du 7 octobre en Israël. 

Warda A. : "Non, je ne sais pas." 

La présidente : "Savez-vous au nom de quel mouvement ces actes ont été commis ?"

Warda A. : "Au nom du Hamas." 

Pour Warda A., le Hamas est un "mouvement politique" et il a pu "commettre un acte terroriste".

"DES BÉBÉS DANS UN FOUR, VOUS EN AVEZ DÉJÀ ENTENDU PARLER?"

L'assesseure : "Vous pouvez être responsable de la haine avec de tels propos". 

Warda A. : "J'espère pas"

L'assesseure : "Des bébés dans un four, vous en avez déjà entendu parler par le passé?"

Warda A. répond par la négative. 

L'autre assesseure lui indique qu'elle avait répondu à cette question aux policiers, évoquant "une période historique assez vague". 

"J'IRONISE SUR L'INFORMATION" PAS SUR "UN BÉBÉ DANS UN FOUR"

L'autre assesseure prend la parole : "Quand on ironise sur un bébé dans un four..."

Warda A. : "J'ironise sur l'information." 

WARDA A. ANNONCE QU'ELLE NE RÉPONDRA PAS AUX QUESTIONS DE LA PARTIE CIVILE

La parole va être donnée aux différentes parties pour poser des questions à la prévenue. 

Warda A. déclare alors : "Je ne veux répondre qu'aux questions du juge et non pas de la partie civile". 

INTERROGÉE SUR LE TERRORISME

Interrogée sur le terrorisme par l'assesseure, Warda A. répond : "Le terrorisme, c'est ce qu'on a, nous, vécu en France, au Bataclan. Pas faire de distinction, tuer tout le monde. Je ne crois pas avoir fait ce genre de choses. Je ne le ferai jamais."

"J'AI L'IMPRESSION QU'ON VEUT ME FAIRE PASSER POUR L'ISLAMISTE, L'EXTRÉMISTE"

L'assesseure : "Je n'ai pas compris en lisant vos auditions si vous vous définissez comme quelqu'un d'engagée dans les débats de société, de la religion..."

Warda A. ne comprend pas la question. L'assesseure lui réexplique. 

Warda A. : "J'ai l'impression qu'on veut me faire passer pour l'islamiste, l'extrémiste. Je me suis renfermée. J'ai pas l'habitude de tout ça (la garde à vue, ndlr)." 

L'assesseure indique qu'à plusieurs reprises, la gardée à vue a dit qu'elle ne savait pas comment expliquer ce qu'elle voulait dire. 

"CE QUE J'ESSAIE DE DÉFENDRE DEPUIS LE DÉBUT, C'EST LA PAIX"

L'assesseure : "Vous vous décrivez comme généreuse, empathique et défavorable à la violence. C'est en contradiction avec la façon dont vos messages ont été reçus..."

Warda A. : "Il y aura toujours des gens qui ne sont pas d'accord avec ce que je dis. (...) Ce que j'essaie de défendre depuis le début, c'est la paix."

"UN BUZZ AUTOUR DU BÉBÉ"

L'assesseure l'interroge sur une vidéo dans laquelle elle dit être en garde à vue, postée après celle où l'influenceuse parle du "bébé brûlé". 

Warda A. : "À partir de la vidéo du bébé, j'ai tout de suite compris qu'il y avait un buzz autour du bébé, je n'ai plus jamais posté de vidéo après." Elle dit que quelqu'un a fait une capture écran de Snapchat pour poster la vidéo dans laquelle elle dit être en garde à vue alors qu'elle n'y est pas. 

PROPOS SUR LE HAMAS

L'assesseure : "Les propos sur le Hamas, vous les tenez le 3 novembre. Vous déniez la notion de terrorisme au Hamas un mois après les massacres du 7 octobre. Vous faites la distinction entre le massacre du 7 octobre et le Hamas ?"

Warda A. : "Oui."

L'assesseure : "Comment, selon vous, quelqu'un qui voit cette vidéo peut la comprendre ?"

Warda A. dit ne pas comprendre que des politiques aient pu mal interpréter ce qu'elle voulait dire dans sa vidéo. Elle cite le député Meyer Habib, qui a porté plainte contre elle après ces faits. 

SUR LA VIDÉO SUR LE HAMAS

L'assesseure interroge sur la vidéo dans laquelle elle caractérise le Hamas. 

Warda A. répond à côté : "Au stade où je poste ces vidéos, il y a eu trop de massacres, de haine. J'espère que ça va s'arrêter. Je suis contre le massacre de civils innocents des deux côtés."

L'assesseure : "Vous ne parlez pas des innocents dans la vidéo mais vous caractérisez le Hamas dans cette vidéo..."

Warda A. : "J'ai estimé que ces gens ne sont pas défendus, les Palestiniens, les Gazaouis plus exactement. J'estimais qu'on leur interdit une défense." Elle ajoute : "Mais pour moi, le 7 octobre est un acte terroriste." 

"JE NE PENSE PAS AVOIR FAIT QUELQUE CHOSE DE MAL"

L'assesseure poursuite ses questions à la prévenue. "Avec l'ensemble de vos messages, vous voulez dire qu'on aurait compris une autre intention?"

"Oui" assure Warda A. d'une petite voix. 

L'assesseure : "Vous comprenez que ça peut être pris autrement?"

Warda A. : "Maintenant je sais que les réseaux sociaux ça peut être très dangereux (...) Ça a été beaucoup trop loin. On m'a fait passer pour une raciste, une antisémite. J'ai eu des menaces de mort, sur moi, mes enfants". 

L'assesseure :" Regrettez-vous d'avoir posté ce message?"

Warda A. "Je ne pense pas avoir fait quelque chose de mal. Ça a été mal interprété. Je n'avais aucune intention de faire du mal à qui que ce soit. "

Elle dit qu'aujourd'hui, elle ne ferait pas passer son message "de la même manière". "Cette information (du bébé brûlé) pour moi ne peut pas être vraie. Ça me choque trop. Je peux comprendre qu'on ne soit pas d'accord avec ce que je pense. Je vois quelque chose qui est dite, qu'on dément, une rumeur... " 

"DÉJOUER L'ALGORITHME"

L'assesseur évoque le bandeau avec une petite abeille et "Israël je t'aime" porté sur des vidéos Instagram par Warda A. 

Warda A. : "C'est une façon de déjouer les algorithmes. Pour qu'il arrête de bloquer mes vidéos. C'est une forme de ruse. (...) J'ai mis ce message parce que j'ai vu qu'avec ce message, j'étais moins bloquée. (...) Mais quand on englobe toutes mes stories, j'ai mis autant de publications d'Israéliens que de Palestiniens. Je me suis aperçue que mes stories étaient bloquées quand je défendais les Gazaouis." 

"JE PARTAGE TOUT AVEC LES GENS"

"Pourquoi dénoncer ?", demande la présidente.

"Je partage tout avec les gens. J'ai l'habitude de partager... même pour un rouge à lèvres", répond Warda A. 

"J'AI VOULU EXPLIQUER QU'ON EST MANIPULÉ PAR LA PROPAGANDE"

La présidente explique que la première vidéo sur le "bébé israélien brûlé dans un four" a été postée par Warda A. depuis Deauville, où elle était venue chercher ses enfants. 

Warda A. : "J'ai voulu expliquer qu'on est manipulé par la propagande qui essaie de nous diviser. C'est rajouter de l'horreur à l'horreur. Ça a été sorti de son (contexte, ndlr)."

Warda A. dit avoir commencé cette vidéo seule dans une pièce et que son fils de 12 ans est arrivé. "Il ne sait pas de quoi je parle à ce moment-là. Il a l'habitude de parler dans mes stories sans que l'on voie sa tête."

"JE NE SUIS PAS ANTISÉMITE"

La présidente : "Vous avez eu manifestement un intérêt pour ce conflit débuté le 7 octobre... Pourquoi ?"

Warda A. : "Aujourd'hui, c'est un peu le débat d'une bonne partie du monde. Donc c'est un peu normal que je me sente impactée par ce qu'il se passe aujourd'hui. Pour moi, le 7 octobre, c'est le début d'une guerre. Je ne remets pas en cause que le 7 octobre soit un acte terroriste. (...) Je suis la fille lambda qui se retrouve otage de tout ce qu'il se passe, qui dit ce qu'elle pense. Je n'ai jamais voulu me retrouver dans tout ça. On m'a énumérée dans les actes antisémites, choses que je ne suis pas."

"JE NE SUIS PAS UNE INFLUENCEUSE"

La présidente demande à Warda A. si elle sait quelles personnes la suivent sur les réseaux sociaux. 

"C'est des amis, des clients, des gens avec lesquels j'interagis... Je ne suis pas une influenceuse et encore moins une mannequin comme on le dit", répond la prévenue. 

Elle explique parler sur ses comptes de l'actualité, de la cuisine, du sport, et précise n'intervenir sur l'actualité que quand "le débat est très très très pesant, comme celui-là".

Elle dit s'informer sur les réseaux sociaux et "regarde sur Google" ensuite. 

SUR SES COMPTES INSTAGRAM ET SNAPCHAT

La présidente demande à la prévenue pourquoi elle a ouvert ses comptes Instagram et Snapchat, au nom de Haneia Nakei. 

Warda A. :"Je suis une femme lambda, c'est une échappatoire." 

WARDA A. À LA BARRE

La présidente interroge Warda A. : "Vous avez été longuement entendue, vous avez fait un grand nombre de déclarations. Avez-vous varié sur votre position générale aujourd'hui à l'audience ?"


La prévenue parle tout bas : "J'ai pu dire des choses qui n'avaient pas de sens (pendant la garde à vue). J'étais dans le stress. Il y a des choses que j'ai mal formulées."

NOUVELLE VIDÉO

Nouvelle vidéo de Warda A. qui apparait en nuisette léopard. Elle parle d'une israélienne morte."La vidéo de l'israélienne tourne en boucle sur Twitter (...)" dit l'influenceuse qui parle de la vidéo de Shani Louk qui s'est faite enlever par le Hamas le 7 octobre. Son corps inanimé a été exposé à l'arrière d'un pick-up au milieu de la foule après son enlèvement. La mort de Shani Louk a été annoncée le 30 octobre.

"Je trouve malheureux. Cette image-là, elle a touné en boucle. Quand je mets 'Free Palestine', tout le monde croit que je suis pro-Palestine. Je ne serai jamais du côté de l'oppresseur, de l'agresseur. (...) Je déteste l'injustice, le mal, faire souffrir. Je comprends pas qu'on puisse être un être humain. (...) On est tous des frères et sœurs. Beaucoup ont arrêté de me follow ou de me parler dans la vraie vie (...) " poursuit l'influenceuse dans une logorrhée intarissable ponctuée par une série de gros mots.

LES DEUX VIDÉOS À NOUVEAU PROJETÉES

Les deux vidéos de Warda A. sont à nouveau projetées. La prévenue les regarde, les mains croisées devant sa bouche."

VIVES RÉACTIONS DANS LA SALLE

Plusieurs personnes, considérant que les propos de Warda A. sont insoutenables, demandent qu'on arrête les vidéos. Elles sont visionnées jusqu'à la fin. 

Puis dans la salle, une femme, proche de Warda A., s'énerve et affirme que le député Habib Meyer l'a traitée de "pourriture". "Je vais porter plainte" dit-elle.  La police intervient.

La dame se calme et se rassoit. 

VIDEO 2 DE WARDA A.

La vidéo 2 de Warda A. est projetée. Il s'agit de celle où elle parle de "bébé brûlé". 

"À chaque fois que je tombe sur l'histoire du bébé qui a été mis dans le four, je me pose la question de s'ils ont mis du sel, du poivre, du thym... Ils l'ont fait revenir à quoi ? Et ç'a été quoi l’accompagnement ?", y déclare Warda A. 

Une deuxième personne s'exprime dans la vidéo, sans que l'on voie son visage. Visiblement très jeune, celle-ci ajoutait au commentaire de Warda A. : "L'accompagnement de ce gigot de bébé n'était autre qu'une assiette de frites, une sauce ketchup et mayonnaise et on l'a mariné avec du sel, du thym et une sauce barbecue et paprika." 

Warda A. sous-entend aussi que plusieurs massacres sont fictifs, comme aussi les "femmes enceintes éventrées".

VIDÉO 1 DE WARDA A. : "LE HAMAS, C'EST PAS DES TERRORISTES"

La prévenue fixe l'écran géant qui vient de se dérouler devant nous puis baisse les yeux. La vidéo 1 dans laquelle Warda A. s'est filmée est lancée. Il s'agit d'un fichier snapchat. La prévenue regarde.  

Voici ce que dit Warda A. qui se filme avec son téléphone: "Je vous dis le Hamas, c'est pas des terroristes, c'est pas un mouvement terroriste (...) Qui n'a pas mené des guerres, exterminé des peuples (elle cite plusieurs peuples dont les Américains)  (...) Pourquoi on ne les nommerait pas terroristes aussi ? Je comprends pas en fait. Le Hamas c'est un mouvement politique aussi, avec une branche armée. Le Hamas défend les Palestiniens. (...) À un moment donné, il faut bien les défendre ces gens. On ne peut pas les laisser comme ça toute leur vie se faire exterminer à petit feu (...) Moi j'en ai marre avec cette hypocrisie, arrêtez de vous faire manipuler."

OUVERTURE DES SCELLÉS DES VIDÉOS

Des scellés sont ouverts. Deux vidéos de Warda A. vont être projetées.La salle s'éteint.  

INCIDENTS À L'AUDIENCE

Me Maallaoui, avocat de Warda A., prend la parole et dénonce des incidents survenus pendant la suspension d'audience, avec des prises de photos dans la salle, ainsi que des vidéos. La présidente rappelle que seuls les avocats et les journalistes peuvent utiliser leur téléphone. 

VIDEOS PROJETÉES

Le tribunal décide de ne pas projeter les images des vidéos des massacres du Hamas. "Elles sont au dossier", dit-elle. 

Concernant le visionnage des vidéos de Warda A. elle seront projetées.

L'AUDIENCE REPREND

L'audience est reprise. 

INCIDENTS PENDANT LA SUSPENSION

Pendant la suspension, Warda A. est prise à partie par une personne dans la salle, qui lui reproche d'avoir ironisé sur les massacres en Israël et notamment sur la mort de ce bébé qui aurait été brûlé dans un four. Très rapidement, plusieurs personnes interviennent pour ramener le calme. 

SUSPENSION D'AUDIENCE

L'audience est suspendue. Le tribunal s'est retiré pour délibérer. 

"MA CLIENTE N'EST PAS RENVOYÉE POUR ASSASSINAT TERRORISTE"

Me Maallaoui, avocat de Warda A. :"Ma cliente n'est pas renvoyée pour assassinat terroriste mais pour apologie du terrorisme".

Le visionnage du massacre du 7 octobre par le Hamas n'a pas lieu d'être pour lui.

ÉTAT D'ESPRIT DE MME WARDA A.

Le procureur s'adressant au tribunal sur le visionnage des vidéos postées par Mme Warda A. :"Le visionnage des vidéos est de nature à vous éclairer sur l'état d'esprit de Mme Warda A." Il laisse le tribunal statuer sur la demande de parties civiles à visionner des vidéos sur le massacre du 7 octobre en Israël. 

DES EXTRAITS DES VIDÉOS DES EXACTIONS COMMISES PAR LE HAMAS PROJETÉS ?

Me Ouaknine Melki Muriel, avocate l'Organisation Juive Européenne (OJE), demande à ce que l'on visionne un extrait de la vidéo des exactions commises par le Hamas le 7 octobre dernière. "Je considère qu'il est important que votre tribunal soit informé de ces attaques. La prévenue, dans son audition, a parlé de 'cirque médiatique' autour des exactions commises par le Hamas" rappelle l'avocate qui justifie pourquoi elle veut que l'on visionne une partie des exactions du 7 octobre. 

VISIONNAGE DES VIDÉOS DE WARDA A.

Deux vidéos de Warda A. vont être projetées dans la salle d'audience, annonce la présidente. Elle demande aux parties si elles veulent que d'autres vidéos soient projetées.  

ENTENDUE TROIS FOIS

La présidente évoque deux vidéos de Warda A. Dans l'une d'elle qui dure 7mn, Warda A. "semble réagir à une publication sur X portant sur une femme israélienne morte" précise la présidente.

Warda A. a été entendue à trois reprises. Elle a été placée sous contrôle judiciaire à l'issue de sa garde à vue et a respecté son obligation de pointage. 

INTERPELLATION ET PERQUISITION

La présidente explique que Warda A. a changé de lignes de téléphone après avoir reçu de très nombreux appels, dont plusieurs menaçants. 

Les enquêteurs ont pu déterminer que les vidéos ont été postées par Warda A. depuis Deauville et depuis Paris pour les deux autres. 

Warda A. est interpellée le 9 novembre, une perquisition a lieu à son domicile parisien, ses deux téléphones sont saisis. 

LA BRIGADE CRIMINELLE SAISIE

La présidente dit que les deux comptes, Snapchat et Instagram, correspondent à Haneia Nakai, pseudo de Warda A., influence et mannequin. 

Plusieurs plaintes et signalements ont été faits suite à ces publications. Cela a déclenché une enquête de la brigade criminelle saisie le 6 novembre 2023 des trois propos de Mme Warda A.

RAPPEL DES FAITS

La présidente: "L'affaire débute par 55 signalements au départ et plus encore les 2 et 3 novembre sur Pharos. Les signalements indiquaient qu'une story intitulée 'Israël Je t'aime' et dans laquelle une femme se moquait d'un fait évoqué par une secouriste israélien concernant un bébé brûlé dans un four par le Hamas. (...)"

Dans une seconde publication, Warda A. tient des propos dans laquelle elle dit que les faits concernant le "bébé brûlé dans un four" ont été démentis. 

Ces deux discours ont engendré de très nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Dans une autre vidéo de 31 secondes sur Snapchat, Warda A. prétend être en garde à vue. "Des sionistes m'ont signalée" disait-elle alors qu'en réalité aucune garde à vue n'était alors en cours. 

LE FOND DU DOSSIER (ENFIN) ABORDÉ

La présidente aborde le fond du dossier et rappelle les faits. Des visionnages vont être faits pendant l'audience.

LE PROCUREUR TRÈS ÉTONNÉ

Le procureur : "C'est la première fois que je suis sommé par la défense de m'expliquer sur une procédure moins coercitive et plus respectueuse de ses droits.(...) L'ensemble de la procédure a été respectée."

DEUX VIDÉOS

"Maintenant seules deux des trois vidéos de Warda A. sont poursuivies de qu'un seul chef, 'apologie du terrorisme" rappelle l'une des avocates de la partie civile qui aimerait maintenant que l'on aborde le fond du dossier.

Me PARDO PREND LA PAROLE

Me Pardo, avocat du député Habib Meyer, partie civile : "Rassurez-vous nous saurons faire la différence entre les infractions. L'apologie est une infraction suffisamment grave pour que nous ne soyons pas 'judéocentrés' comme on dit. (...) J'entends qu'on reprocherait au parquet d'avoir utilisé une procédure qui donnerait plus de droits que d'autres. Dans ma carrière j'ai rarement entendu :'retenez la flagrance et pas la préliminaire. Je vous demande de rejeter ces nullités"

"IL Y A UNE VIOLATION DE LA DÉFENSE"

Me Elisa Lashab, autre avocate de Warda A. :"L'enquête préliminaire et l'enquête de flagrance se distingue. L'enquête préliminaire permet des investigations complexes dans un temps plus ou moins long quand les temps de la flagrance ne sont pas réunis. Pour la flagrance, il faut des faits apparents qui viennent de se commettre. Les faits reprochés à Mme Anwar datent du 3 novembre. Les signalements sont immédiats. C'est l'enquête de flagrance qui avait lieu d'être, et non la préliminaire. Il y a une violation des droits de la défense". L'avocate pointe l'irrégularité de la procédure en violation des droits de la défense et demande sa nullité. 

Me MAALLAOUI

Me Maallaoui, avocat de Warda A. :"L'apologie se recoupe avec la provocation. Il est évident que dans les débats qui pourraient agiter aujourd'hui la salle d'audience, il y aura des références à la provocation (...) Dire simplement que la provocation serait entachée et que le reste, l'apologie serait totalement valable alors que le mode d'enquête en préliminaire ne l'est pas...(...) Il appartenait au ministère public de dire alors :'On ne poursuit que sur l'apologie du terrorisme'."

L'AUDIENCE REPREND

Le tribunal indique que les débats vont pouvoir se poursuivre sur les seuls faits concernant "l'apologie du terrorisme". Il a décidé de disjoindre les infractions suite à la question prioritaire de constitutionnalité. .Warda A. devait être jugée aujourd'hui pour "apologie d’un acte de terrorisme au moyen d’un service de communication en ligne" et "provocation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination à raison de l’origine,l’ethnie,la nation,la race ou la religion."

UTILISATION DU TÉLÉPHONE

Et pendant la suspension, Warda A. sort et utilise son téléphone. Un policier lui rappelle qu'elle n'a pas le droit de l'utiliser dans la salle d'audience. 

Pour rappel, seuls les professionnels (avocats, journalistes...) ont le droit d'utiliser leur téléphone dans la salle. 

DES SOUTIENS À LA PRÉVENUE

Pendant la suspension d'audience, la prévenue est restée dans la salle d'audience. Elle échange avec des proches dans la salle. 

LA COUR SE RETIRE POUR DÉLIBÉRER SUR CETTE QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONNALITÉ

L'audience est suspendue pour une durée indeterminée. 

CONTEXTE INTERNATIONAL

"Venir dire à un tribunal :'Vous devez prendre en considération le contexte international, c'est déconcertant et inquiétant!'", estime Me Ilyacine Maallaoui, conseil de Warda A. L'avocat s'exprimait après les propos de Me Ouaknine Melki Muriel, avocate l'Organisation Juive Européenne (OJE), qui est revenue plus tôt sur la situation des otages israéliens notamment. 

Me Elisa Lashab, autre avocate de Warda A. s'adresse au tribunal: "De ce côté de la barre, nous savons aussi ce qui se passe en dehors de cette salle, nous connaissons le contexte international."

TROIS VIDÉOS

Warda A. a publié au total trois vidéos sur les réseaux sociaux qui lui valent aujourd'hui de comparaître devant la 17e chambre du tribunal correctionnel. 

SURSIS À STATUER

Le procureur au tribunal: "Je vous propose un sursis à statuer sur cette question prioritaire de constitutionnalité."

LE PROCUREUR S'EXPRIME

Le procureur prend la parole lui aussi sur cette question prioritaire de constitutionnalité. Là encore, le débat est très technique. La prévenue assise sur l'un des bancs l'écoute attentivement. 

Le procureur dénonce maintenant "le discours de haine ambiant qui sature les réseaux sociaux". 

QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONNALITÉ (SUITE)

Les avocats prennent tour à tour la parole sur cette question prioritaire de constitutionnalité et ses fondements. Il est donc question de la liberté d'expression dans la presse par rapport à la liberté d'expression sur les réseaux sociaux notamment.. "La loi de 1881 a été faite pour des délits de presse, pour des journalistes, et dont la responsabilité incombe, en cas de faute, au directeur de la publication. En 1881, on ne savait pas que tout le monde pourrait un jour s'improviser journaliste et écrire tout et n'importe quoi derrière son téléphone", l'une des avocates qui estime que la loi de 1881 sur la liberté d'expression ne peut s'appliquer à Mme Warda A. 

JUGER SUR LES APOLOGIES DU TERRORISME

Me Ouaknine Melki Muriel, avocate de l'Organisation Juive Européenne (OJE) :"Vous avez aujourd'hui la possibilité de juger sur les apologies du terrorisme. Votre tribunal doit le faire. (...) Vous devez composer avec les éléments de droit que vous avez sous les yeux". 

"Il est impératif que la justice soit le rempart contre les actes antisémites qui ne cessent d'augmenter", poursuit l'avocate.

"DES VIDÉOS MISÉRABLES"

Me Ouaknine Melki Muriel, avocate de l'Organisation Juive Européenne (OJE) : "Nous sommes en apnée depuis le 7 octobre. Je veux vous dire ici la tragique réalité de ce que signifie être en apnée depuis le 7 octobre. Il y a au moment même où nous parlons des négociations pour les otages (...)." L'avocate explique qu'elle défend la famille d'Ethan, 12 ans, otage du Hamas. Elle raconte l'histoire de sa famille depuis le 7 octobre. "Aujourd'hui nous attendons. Vraisemblablement le nom d'Ethan sera sur la liste des otages libérés demain matin".  

"Sur la planète, il y a ceux qui se déchaînent sur les réseaux. Cette avalanche d'actes antisémites nous frappent depuis le 7 octobre 2022. Devant vous aujourd'hui, il y a cette femme et ses vidéos misérables", poursuit l'avocate. 

DU NÉGATIONNISME

Me Pardo, avocat du député Habib Meyer, partie civile : "Notre justice est jugée dans sa capacité à empêcher que l'on laisse place à un négationnisme". 

Me PARDO PREND LA PAROLE

Me Pardo, avocat du député Habib Meyer partie civile dans ce dossier prend la parole sur cette dernière question prioritaire de constitutionnalité (QPC).  "Mme la présidente, vous avez rappelé que plusieurs infractions, plusieurs vidéos étaient poursuivies. M. Habib Meyer a saisi le procureur de l'apologie du terrorisme, c'est une infraction autonome de la liberté de la presse. L'apologie du terrorisme fait partie intrinsèquement du terrorisme", dit l'avocat citant la loi 1881 sur la liberté de la presse. 

L'AUDIENCE REPREND

L'audience est reprise. Me Ilyacine Maallaoui, l'un des avocats de Warda A., prend la parole à la barre et revient sur les questions prioritaires de constitutionnalité. C'est assez technique. 

Puis l'avocat évoque la liberté d'expression. 

AUDIENCE SUSPENDUE JUSQU'À 14H15

La présidente annonce, suite à ces deux questions prioritaires de constitutionnalité, la suspension de l'audience jusqu'à 14h15.

QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONNALITÉ

Une question prioritaire de constitutionnalité s'invite à présent à l'audience. Il est question notamment de "liberté d'expression". 

RÉPONDRE AUX QUESTIONS OU GARDER LE SILENCE

La présidente rappelle à la prévenue qu'elle peut répondre aux questions ou garder le silence.

"Vous avez compris?" demande la présidente à la prévenue. 

"Oui" répond Warda A. d'une toute petite voix avant de retourner à sa place. 

DIVERS PROPOS LUI VALENT D'ÊTRE RENVOYÉE DEVANT LE TRIBUNAL

La présidente rappelle, outre la story Instagram citée dans le post précédent, d'autres propos qu'a tenus Warda A. sur les réseaux sociaux ou Snapchat et qui lui valent aujourd'hui sa comparution devant le tribunal. 

LA PRÉVENUE À LA BARRE

Warda A. est appelée à la barre. Elle est née le 15 juillet 1986 à Djibouti. Elle a les mains posées sur le pupitre devant elle et parle tout bas. 

La présidente lit ce qu'elle disait dans sa story :  "À chaque fois que je tombe sur l'histoire du bébé qui a été mis dans le four, je me pose la question de s'ils ont mis du sel, du poivre, du thym... Ils l'ont fait revenir à quoi ? Et ç'a été quoi l’accompagnement ?". 

La présidente précise qu'une deuxième personne s'exprimait également dans la vidéo, sans que l'on voie son visage. Visiblement très jeune, celle-ci ajoutait au commentaire de Warda A. : "L'accompagnement de ce gigot de bébé n'était autre qu'une assiette de frites, une sauce ketchup et mayonnaise et on l'a mariné avec du sel, du thym et une sauce barbecue et paprika". 

PLUSIEURS PARTIES CIVILES

Se sont constituées parties civiles dans ce dossier : l'Organisation juive européenne (OJE), Avocats sans frontières (ASF), le député Meyer Habib, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme, la Ligue internationale contre le Racisme et l'antisémitisme (LICRA), l'ambassade d'Israël, et l'Observatoire juif de France (OJF). 

L'AUDIENCE EST OUVERTE

L'audience est ouverte. 

BIENVENUE

Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans ce direct consacré au procès de l'influenceuse Warda A., jugée pour des propos tenus dans une vidéo Instagram ironisant sur la mort d'un bébé israélien lors des attaques commises par le Hamas le 7 octobre dernier.

Le 3 novembre dernier, près d'un mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, l'influenceuse Warda A. postait sur Instagram une vidéo dans laquelle elle expliquait être "turlupinée" par quelque chose, avant de s'en expliquer... "À chaque fois que je tombe sur l'histoire du bébé qui a été mis dans le four, je me pose la question de s'ils ont mis du sel, du poivre, du thym... Ils l'ont fait revenir à quoi ? Et ça été quoi l’accompagnement ?", déclarait cette femme également mannequin face caméra. 

Très rapidement, des dizaines de personnes avaient réagi, dénonçant ces propos, auprès de Pharos notamment. Interpellée trois jours plus tard, Warda A. avait été placée 24 heures en garde à vue. Le lendemain, le 10 novembre, elle devait faire l'objet d'une comparution immédiate mais avait demandé un renvoi du procès pour préparer sa défense

C'est finalement ce mercredi 22 novembre, à 13h30, que l'influenceuse doit être jugée devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "apologie d’un acte de terrorisme au moyen d’un service de communication en ligne" et "provocation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination à raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion."

Pour incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination est le fait de pousser par son attitude des tiers à maltraiter certaines personnes, en raison de leur origine, de leur religion, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle, la prévenue encourt un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l'apologie de ces actes est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende. Les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100.000 euros d'amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne.


Aurélie SARROT

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