Le tribunal correctionnel de Dax a relaxé lundi la société Herta huit ans après la mort de Lilian.
Cet enfant de presque 3 ans s'était étouffé avec un bout de saucisse knack dans un camping des Landes.
"Aucun élément constitutif de l'homicide involontaire ne peut être caractérisé", selon la justice.

Un long combat qui finit par une désillusion pour les parents de la victime. Ce lundi, le tribunal correctionnel de Dax a relaxé la société Herta huit ans après la mort de Lilian, un jeune garçon étouffé avec un bout de saucisse knack, dans un camping des Landes. La société Herta, qui commercialise notamment les "Knacki", a été relaxée conformément aux réquisitions du parquet le 20 juin dernier. 

En l'"absence d'enquête pénale" au moment du drame, et donc de l'"absence de constatation matérielle" et "d'autopsie", "aucun élément constitutif de l'homicide involontaire ne peut être caractérisé", a justifié le tribunal dans ses motivations lues à l'audience. "Aucun manquement à une règle de sécurité ni faute d'imprudence", "ni lien de causalité" avec la mort du petit Lilian "ne peut donc être reproché à la société", a poursuivi le tribunal.

La société a toujours réfuté la dangerosité de ses knacks

Le groupe Herta était poursuivi pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence", des faits contestés. La société a toujours réfuté la dangerosité de ses knacks, tout en faisant valoir que subsistait un doute sur la marque de saucisse ingéré ce jour-là par le petit Lilian. L'avocat de la société n'a pas souhaité réagir.

Le garçonnet, alors âgé de 2 ans et 11 mois, est mort le 11 août 2014 dans un camping de Messanges, sur la côte landaise, où sa famille bordelaise séjournait en mobile-home. Après quelques bouchées d'un repas composé de haricots verts et saucisses knacks coupées en rondelles, Lilian s’était étouffé et n’avait pu être ranimé par les secours malgré l’intervention immédiate d’une amie infirmière anesthésiste et de nombreuses manœuvres : méthode d'Heimlich, tapes dans le dos, suspension par les pieds...

L'avocat des parents de Lilian réagit

Contacté par l'AFP, Me Philippe Courtois, l'avocat des parents du garçonnet, Florence et Vincent Lerbey absents au délibéré, a regretté une relaxe fondée plus "sur la forme" que sur le fond. "Le tribunal n'a pas pu se prononcer sur l'absence d'informations données au consommateur sur les risques d'étouffement des jeunes enfants", a-t-il notamment déploré.

Pour l'avocat, "le tribunal justifie sa relaxe non par l'absence de preuve de la dangerosité du produit mais par la non-réalisation d'une enquête préliminaire". Les parents de Lilian, qui avaient porté plainte en 2017 contre Herta pour éviter que le drame ne se reproduise, ont vu leur demande d'un euro symbolique rejetée.


La rédaction de TF1info

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