Un couple de Noyelles-sous-Lens est jugé dès ce mardi 24 janvier pour des maltraitances répétées sur huit de leurs dix enfants.
Ils avaient été dénoncés en août dernier par l'un de leurs aînés.
Ils encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

L'affaire avait horrifié la France l'été dernier. Un couple de Noyelles-sous-Lens, dans le Pas-de-Calais, va être jugé ce mardi 24 janvier pour des maltraitances répétées sur huit de leurs dix enfants, une affaire dans laquelle le gouvernement avait pointé des "défaillances" des services sociaux.

Le père, 44 ans, et la mère, 40 ans, comparaîtront libres, dès 13h30, devant le tribunal correctionnel de Béthune, pour "violences par ascendant" sur mineurs de moins de 15 ans, sans ITT (incapacité totale de travail), et "soustraction par un parent à ses obligations légales". Ils encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

C'est l'appel aux services sociaux d'un des aînés qui avait déclenché la saisie du parquet le 30 août, puis l'interpellation des parents. Le 31 août, les policiers découvrent deux des cadets "attachés" à leurs chaises hautes, "dans un état d'hygiène déplorable", selon le parquet. 

Auditionnée, la fratrie racontera diverses maltraitances subies pendant des années, notamment de graves "négligences dans l'hygiène, les soins" et "carences éducatives". Mais aucune trace de coups n'a été constatée. Selon deux sources proches du dossier, les enfants ont dénoncé des coups occasionnels, mais surtout des violences psychologiques et insultes quotidiennes. Plusieurs présentaient des "dents cariées", "pathologies" et "problèmes de développement" mal pris en charge, précise une de ces sources.

"Défaillances" des services de protection de l'enfance

L'affaire a suscité un emballement médiatique, certains évoquant une "maison de l'horreur". Un qualificatif "exagéré" selon le procureur de Béthune, Thierry Dran. 

Lors d'un déplacement à Arras, la secrétaire d'État chargée de l'enfance Charlotte Caubel a reconnu des "défaillances" dans la "coordination" des services de protection de l'enfance et annonce une enquête administrative. Car le couple avait fait l'objet, depuis 2013, de plusieurs signalements, "non recoupés"

Lors des visites des services sociaux, les parents "préalablement informés", affichaient "une 'normalité de façade'", déplore dans un communiqué l'association l'Enfant Bleu, portée partie civile. Elle plaide pour des "visites inopinées" pour les cas "inquiétants".

Avocat de l'association Enfance et partage, Rodolphe Costantino regrette lui un "traitement judiciaire en retrait", resté au stade de l'enquête préliminaire, et la "sous-évaluation des conséquences des maltraitances". Décerner "zéro jour d'ITT", "c'est les nier", estime-t-il.


F.R avec AFP

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