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VIDÉO - Affaire Fauvet : un suspect trahi par son ADN, mais protégé par son acquittement

Benoit Leroy | Reportage : Rym Bey et Simon Humblot
Publié le 2 mai 2022 à 10h05
JT Perso

Source : JT 20h WE

En mars dernier, un pôle spécialisé dans les affaires non résolues a été créé à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Parmi ces cold cases, la disparition de Frédéric Fauvet, survenue en 1985.
La famille espère toujours que la lumière sera faite sur ce qui lui est arrivé.

Le mystère sera-t-il, un jour, levé ? Trente-six ans après, la disparition de Frédéric Fauvet reste une énigme pour la justice. Et ce malgré la présence d'un impact de balle et de traces de sang sur un mur. L'ouverture, le 1er mars dernier, d'un pôle dédié aux affaires non élucidées est synonyme d'espoir pour la famille du jeune disparu de 23 ans. L'espoir de faire - enfin - leur deuil.  

Inquiète dès les premières heures, la famille n'a jamais cru à la disparition volontaire de ce jeune vigneron en décembre 1985. Au bout de trois ans, l'enquête finira par s'arrêter sur un suspect : l'ex-fiancé de la compagne du disparu. Faute de preuve suffisante, l'homme sera acquitté en 1988. "On était révolté, on était colère", se souvient Boris Fauvet, le frère de Frédéric, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Le dossier judiciaire est alors refermé. 

Mais, coup de théâtre, six ans plus tard, quand un homme disant être l'acquitté contacte la famille Fauvet. "Je ne sais pas si je veux soulager ma conscience ou quoi, mais les informations que je détiens, je n'ai pas l'intention de les donner gratuitement. À combien estimez-vous votre fils ?", racontait-il. L'enquête est alors relancée. Interrogé, l'homme acquitté niera tout lien avec cet appel téléphonique. Malgré le fait que sa voix soit reconnue par plusieurs personnes. Les investigations s'arrêtent là.

La justice dans l'impasse malgré les preuves scientifiques

Jusqu'en 2012, quand, face à l'avancée des techniques scientifiques, les avocats de la famille Fauvet réclament des analyses ADN. Une demande qui permet à l'enquête de faire un bond de géant, puisqu'un profil génétique sera identifié. Il s'agit de l'homme poursuivi initialement par la justice et innocenté par la cour d'assises de la Marne. L'individu a-t-il modifié la scène de crime ? D'autres personnes étaient-elles présentes ? 

Aucune piste ne sera explorée. Et pour cause. En France, aucun individu acquitté ne peut être poursuivi dans l'enquête concernée. "Même si des éléments nouveaux viennent démontrer que cela pourrait être lui qui a commis le crime", abonde Me Didier Seban, avocat de la famille. Aujourd'hui, la famille espère que le nouveau pôle "cold case" à Nanterre prendra en charge ce dossier encore non élucidé.

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"Mon but, c'est d'enterrer mon frère à côté de mes parents. La justice fera ce qu'elle voudra, mais une fois que j'aurai le corps, je saurai que c'est fini", confie Boris aux journalistes du 20H de TF1.


Benoit Leroy | Reportage : Rym Bey et Simon Humblot

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