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ENQUÊTE - Sur les traces des pilleurs d'antiquités

TF1info | Reportage : Antoine Bourdarias, Raphaël Maillochon, et Quentin Trigodet
Publié le 13 novembre 2022 à 11h30, mis à jour le 13 novembre 2022 à 12h17
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les vols d'objets datant de l'antiquité se multiplient ces dernières années.
Afghanistan, Syrie, Irak, ou Libye, sont des cibles faciles pour les pilleurs.
Pourtant, ces œuvres finissent souvent aux enchères, où leur origine a été brouillée.

Un service de police très particulier nous a exceptionnellement ouvert ses portes, comme on peut le découvrir dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. La mission de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) est d'enquêter sur les vols d'œuvre d'art, et de démanteler des réseaux de trafiquants. Ses agents nous ont permis d'accéder à une pièce minuscule, où de simples cartons abritent des trésors venus du monde entier.

Un trafic qui prospère sur l'instabilité des pays

Parmi leurs dernières prises les plus spectaculaires, un bas-relief découpé à même une pyramide d'Égypte, ou un buste romain dérobé dans une cité antique libyenne. Une très belle prise pour les limiers de l'OCBC, effectuée dans un marché où il est difficile de retracer l'origine de ces antiquités. Et les réseaux criminels l'ont bien compris. Ils profitent des guerres, ou de l'instabilité politique, pour piller les sites archéologiques, avant de revendre ce patrimoine à prix d'or. Ces œuvres volées finissent souvent dans les galeries et les maisons de ventes les plus prestigieuses.

Des destructions volontaires

À l'école du Louvre, nous rencontrons Morgan Belzic. Il est archéologue, mais surtout enquêteur. Quand il n'enseigne pas, il épluche les catalogues de ventes pour retrouver des pièces dérobées, qui réapparaissent illégalement sur le marché de l'art. Comme une statue vendue aux enchères en 2016 à Londres. Il est parvenu à démontrer qu'elle avait été volée en Libye en 2012, et nous démontre comment les trafiquants sont parvenus à dissimuler sa provenance, quitte à l'endommager volontairement. "Ils ont détruit tous les éléments qui permettaient de l'identifier à coup sûr comme provenant de Libye", nous explique le spécialiste, photos à l'appui, "notamment le drapé en partie inférieure, et les deux bandes qui permettent de le fixer sur les côtés".

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Ils ont même inventé à l'œuvre un faux pedigree, avec d'anciens propriétaires supposés, complètement imaginaires. Un maquillage très difficile à détecter pour les marchands d'art. Une fois la provenance archéologique falsifiée, l'objet libyen a ainsi ressurgi "dans une vente effectuée par l'une des trois plus grandes maisons de vente internationales", souligne Morgan Belzic. Aujourd'hui, le commerce illicite de biens culturels se classe au troisième rang des activités criminelles internationales, derrière les trafics d'armes et de drogue.


TF1info | Reportage : Antoine Bourdarias, Raphaël Maillochon, et Quentin Trigodet

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