Manque de temps, d'infrastructures ou de formateurs... Selon un rapport de la Cour des comptes, de nombreux policiers n'effectuent pas leurs trois entraînements obligatoires chaque année.
Certains reconnaissent que "cela peut poser problème" en intervention.
Regardez cette enquête de TF1.

Un policier qui utilise son arme le fait-il à bon escient ? Est-il suffisamment formé ? La question se pose alors que, selon un rapport de la Cour des comptes, un tiers seulement des commissaires effectuent leurs trois séances obligatoires chaque année, contre la moitié des officiers et deux tiers de gardiens de la paix.

"J'ai peut-être deux séances sur l'année, mais beaucoup de mes collègues en ont une seule ou même parfois pas du tout sur l'année écoulée", témoigne anonymement un policier qui exerce depuis cinq ans, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. "On peut se retrouver en difficulté et ça peut nous mettre en danger, ce qui fait que sur certaines interventions, cela peut se passer mal", poursuit-il.

Plusieurs facteurs en cause

C'est notamment ce qu'il s'est passé dans le 13e arrondissement de Paris le 31 octobre dernier, alors qu'une femme menaçait des fonctionnaires qui ont ouvert le feu. Ce jour-là, sur huit tirs, seuls deux ont atteint la cible. Une enquête est en cours.

Pour expliquer les chiffres qui illustrent une formation des policiers encore insuffisante et inadaptée au tir en France, plusieurs facteurs sont avancés, à commencer par le manque d'infrastructures, de temps ou encore de formateurs.

"On est quand même sur des armes qui sont potentiellement létales ce sont des armes à feu et il est extrêmement important que les policiers puissent en maitriser tous les aspects, techniques et juridiques", insiste pourtant Ludovic Delenclos, commandant divisionnaire fonctionnel.

L'exemple espagnol

Pour pallier au manque de pratique de ses policiers, l'Espagne a innové avec à ce jour une dizaine de simulateurs d'entrainement en service dans le pays, avant une probable généralisation, pour un cout unitaire d'environ 30.000 euros.

Dans la province d'Alicante, à Elche, en plus de leurs trois séances de tirs obligatoires par an, les 380 fonctionnaires de police s'entraînent désormais à l'aide de ce dispositif, équipé de casques virtuels et d'une arme bardée de capteur. 

"Permettre à la police de s'entrainer de cette manière, je trouve que c'est vraiment bien parce que ça nous met dans des situations auxquelles on n'aurait jamais été confrontés sinon", explique José Manuel Quiles, agent de police au sein de la brigade de nuit de la commune. "J'ai l'impression que ça me permet de corriger des erreurs que je commet dans le stand de tir réel en toute sécurité", détaille-t-il. Les progrès et l'efficacité sont bien réels selon les concernés qui ne s'exercent plus uniquement au tir statique. "Un policier travaille dans la rue, il court, il est mouvement, et toute cette pratique statique ne sert à rien, si tu ne t'entraines pas à bouger avec l'arme, c'est difficile", souligne de son côté Ramon Medina, formateur au simulateur "Octopus".


La rédaction de TF1 Reportage : Thomas Misrachi, Corinne Chevreton, Victoria David

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