José et Guilherm Duares da Silva ont disparu soudainement en mai 2001, sans aucune explication.
La piste criminelle est privilégiée, mais les corps des victimes n'ont jamais été retrouvés.
Le 20H de TF1 tente de remonter la trace des deux frères.

Le mystère subsiste depuis plus de 21 ans. Depuis le 25 mai 2001, une question hante la famille Da Silva, installée aujourd'hui à Porto (Portugal) : où sont passés José et Guilherm Duares da Silva ? Ce jour-là, les deux frères d'origine portugaise semblent s'être volatilisés, alors qu'ils devaient se rendre dans un immeuble du très huppé 7ᵉ arrondissement de Paris, pour la rénovation d'un appartement.

"Parfois, j'aimerais que mon père soit au cimetière. Je n'ai aucun endroit où me recueillir. Nulle part où déposer des fleurs. Je ne sais toujours pas ce qu'on lui a fait. Je me doute bien qu'il n'est plus vivant, mais il n'a même pas le droit à une dernière demeure", témoigne Leonor Rodrigues, fille de Guilherme dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus.

Sur les lieux du chantier, les deux frères - inséparables - n'ont laissé derrière eux ni lettre d'adieux, ni indices permettant d'identifier d'éventuels agresseurs. Pas plus de traces dans leur petite maison de Saint-Léger-en-Yvelines, à une soixantaine de kilomètres de Paris, où ils vivaient ensemble. Deux décennies plus tard, le maire sans étiquette de la commune vit cette disparition inexpliquée comme une cicatrice. "On y pense toujours. C'est quelque chose qui dépasse ce que l'on a l'habitude de voir dans un petit village comme le nôtre. J'aimerais bien savoir ce qu'ils sont devenus", explique Jean-Pierre Ghibaudo.

Aucune image des deux frères n'a été enregistrée par les caméras de vidéosurveillance des réseaux de transports franciliens.  De multiples fouilles ont été organisées dans les lacs et les forêts de la région, en vain. Les corps des deux frères restent introuvables. 

"Ils n'avaient aucune raison de disparaître"

Leur famille est, encore aujourd'hui, convaincue que la justice n'a pas assez rapidement pris au sérieux la piste criminelle. "On a vu tout de suite qu'une disparition volontaire n'était pas cohérente. Ils avaient une vie rangée. Ils n'avaient aucune raison de disparaître", assure Christian Pascual, un gendarme retraité qui fut longtemps à la tête de l'enquête sur la disparition des deux frères.

Deux hommes ont, un temps, été soupçonnés du meurtre des deux frères. Ils ont été brièvement incarcérés en mars 2004. Il s'agissait de deux frères également, dirigeants d'une société de BTP pour laquelle les deux disparus travaillaient.

Au moment de leur disparition, les deux victimes venaient de gagner aux prud'hommes contre leur employeur et avaient empoché une somme colossale : plus de 100.000 euros.  Les suspects ont, depuis, fait l'objet d'une décision de non-lieu et sont désormais blanchis par la justice. Dans ce reportage, les équipes du 20H de TF1 sont parvenues à retrouver la trace de l'un d'eux, qui continue de clamer son innocence.

Au Portugal, ce "cold case" reste une énigme totale. Pour autant, la justice locale reste en contact avec la France, dans le cas où une piste émergerait. "Si jamais il y a un petit signe de vie, la moindre preuve -  à Porto ou ailleurs - alors les investigations pourront reprendre. Après toutes ces années, cela me semble difficile. Cette affaire restera, sans doute, à jamais un mystère", juge Alexandre Panda, journaliste spécialisé au Jornal de Notícias

Condamnée à attendre des réponses, la famille des deux frères Da Silva sait aujourd'hui que chaque jour, chaque semaine, chaque mois, jouent contre elle et contre la manifestation de la vérité.


Benoît LEROY Reportage : Georges Brenier

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