Le trafic illégal de médicaments progresse en France, représentant des millions d'euros de préjudice pour l'assurance maladie.
Les méthodes sont nombreuses pour parvenir à vendre ces produits.
Pourtant, les clients s'exposent à des risques de santé, au-delà des sanctions judiciaires.

Les médicaments sont désormais disponibles en trois clics. Sur des sites frauduleux, des médicaments qui nécessiteraient une ordonnance sont vendus en toute illégalité pour être ensuite envoyés à leurs destinataires, généralement depuis l'étranger. Au centre de tri postal de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, les douaniers s'activent pour tenter de repérer les médicaments importés illégalement, notamment d'Inde. "C'est un des plus grands producteurs de médicaments, donc on le sait et c'est pour ça qu'on les cible", explique un douanier dans le reportage TF1 en tête de cet article.

Un trafic puni jusqu'à sept ans de prison

Chaque mois, les équipes de douaniers interceptent des milliers de médicaments. Ce sont souvent des génériques dont la provenance est douteuse et qui sont vendus bien moins cher qu'en pharmacie. En passant les colis au rayon X, les comprimés sont très clairement visibles. "À la forme des comprimés, on voit du viagra en forme de losange, le cialis en forme d'œuf", explique une douanière.

Obtenus sans ordonnance, les médicaments sont envoyés sans boîte, sans notice et sans indication concernant d'éventuels effets secondaires. "On prend des risques pour sa santé personnelle et aussi, on participe au financement d'organisations criminelles qui alimentent ce trafic", alerte Valérie Besson, chef du bureau du centre douanier postal de Roissy.

Le trafic de médicaments s'organise aussi sous la forme de fausses ordonnances commandées via les réseaux sociaux pour quelques dizaines d'euros. Avec un nom et une date de naissance, il est notamment possible d'obtenir une ordonnance pour du Tramadol, un traitement agissant sur le système nerveux. Pour autant, les pharmacies arrivent parfois à repérer ces faux documents. "Grâce à la Sécurité sociale, pour tous les médicaments de plus de 300 euros, on doit vérifier l'authenticité de l'ordonnance", souligne Christine Bihr, pharmacienne à Paris.

Parmi les médicaments les plus recherchés, il y a les traitements anti-cancéreux, qui peuvent se revendre à l'étranger plusieurs milliers d'euros l'unité. Comme pour la drogue, des passeurs, munis de fausses ordonnances, servent d'intermédiaires. "On leur promet des sommes d'argent qui sont de plusieurs centaines d'euros, contre la récupération d'une boîte de médicaments, finalement, de façon assez simple", souligne Bruno Maleine, président du Conseil central des Pharmaciens. 

"En possession d'un médicament qu'on a obtenu de manière frauduleuse, on ne risque pas de se faire contrôler dans la rue, à la différence d'un stupéfiant", ajoute-t-il. Depuis cinq ans, le trafic d'ordonnances explose en France et les préjudices se comptent en millions d'euros chaque année. Pourtant, le trafic de médicaments est puni jusqu'à sept ans de prison. C'est quatre fois plus que pour le trafic de stupéfiants.


A. Lo. | Reportage : François-Xavier Ménage, Loïc Gorgibus

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