ENQUÊTE - Incivilités, agressions... les services publics en première ligne : "Les gens s'énervent tout de suite"

par La rédaction de TF1info | Reportage : Sophie Chevallereau, Amandine Creff, Xavier Boucher
Publié le 11 octobre 2023 à 7h00

Source : JT 20h Semaine

Éboueurs, secrétaires de mairie... Ils sont en première ligne face à la colère et aux incivilités.
Ces employés sont parfois victimes d'agressions, d'injures, ou de menaces.
Un projet de loi vise à mieux les protéger.

Les riverains dorment encore. La collecte des ordures se fait dans le calme des rues désertes. Mais dans quelques heures, les habitants de ce quartier tranquille partiront travailler. Corentin Fernandez sait d'avance qu'il sera confronté à l'exaspération d'automobilistes bloqués derrière son camion. Il reçoit des insultes quasi quotidiennement, comme il l'explique dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Et certains habitants vont même beaucoup plus loin. Il y a trois mois, alors qu'il informe un riverain que sa voiture est mal garée et gêne le ramassage des ordures, Corentin reçoit en retour des insultes et des menaces de mort.

Les gens s'énervent tout de suite, et ça monte très vite jusqu'aux menaces de mort
Yannick Aspord, directeur technique du Syndicat Mixte Nord Dauphiné

C'est une expérience traumatisante, loin d'être un cas isolé. Yannick Aspord, directeur technique du Syndicat Mixte Nord Dauphiné (SMND), constate une augmentation des violences envers les éboueurs. "Il y a une impatience des gens", nous explique-t-il, "une intensité dans les propos, qui fait que les gens s'énervent tout de suite, et ça monte très vite jusqu'aux menaces de mort". Aucun service public n'est épargné, au point que le gouvernement vient de présenter "un plan de protection des agents publics"

Un cadre juridique mal adapté

En septembre dernier, un homme mécontent de la réponse faite à sa demande de RSA s'en était pris aux agents du département du Nord, et avait saccagé leur bureau. Une plainte a immédiatement été déposée. Aujourd'hui, quel que soit le service public concerné, pour que l'administration dépose plainte après l'agression de l'un de ses agents, il faut impérativement qu'il y ait eu aussi dégradation du matériel. 

Le projet gouvernemental prévoit que la seule agression permette à l'employeur de porter plainte. Une façon de soutenir l'agent agressé, qui n'ose pas toujours déposer plainte. C'est notamment le cas de Samantha, secrétaire médicale à l'hôpital de Mulhouse, traumatisée par l'accumulation de mauvaises expériences. Elle ne compte plus les invectives des patients, a déjà fait l'objet d'une tentative d'agression physique, mais semble résignée à la violence qu'elle subit dans l'exercice de son métier. "L'effet répétitif, c'est quotidien, fait qu'on est obligé de faire avec", témoigne-t-elle, estimant que "c'est de pire en pire"


La rédaction de TF1info | Reportage : Sophie Chevallereau, Amandine Creff, Xavier Boucher

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