Une adolescente de 14 ans retrouvée morte en Saône-et-Loire

Meurtrier d'Emma à Clessé : à 14 ans, "on est face à des personnalités en construction qui, naturellement, présentent une forte instabilité"

Léa COUPAU
Publié le 10 juin 2022 à 20h51
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Source : JT 20h WE

Dans un petit village en Saône-et-Loire, une adolescente de 14 ans a été retrouvée morte, jeudi.
Son petit ami, du même âge, a reconnu l'avoir tuée et a été écroué ce vendredi.
Pour TF1info, le psychologue clinicien Cédric Meilac tente d'expliquer comment un jeune homme de 14 ans peut arriver à de tels actes.

Elle portait des dizaines de traces de coups et de coups de couteau sur le haut du torse, les épaules, le visage et le cou. Ce jeudi 9 juin, Emma, 14 ans, a été retrouvée morte dans un village de Saône-et-Loire. Très vite, son petit ami, du même âge, a été placé en garde à vue. L'adolescent, qui risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle - une peine extrêmement rare pour les mineurs -, a depuis reconnu les faits et a été écroué. Mais que s'est-il passé dans la tête du suspect au moment des faits ?

S'il est encore trop pour comprendre les réelles motivations de ce dernier, des premiers examens psychiatriques ont conclu "à une altération importante du discernement, sans abolition, le rendant accessible à ce stade à une sanction pénale", selon le procureur de la République. Une "volonté de tuer" chez le jeune homme a également été mise en évidence, le communiqué soulignant "que son acte pouvait être facilité par le fait que la victime l’aimait".

Pour Cédric Meilac, psychologue clinicien à Marseille, "à cet âge-là, on est face à des personnalités en construction et qui, naturellement, présentent une immaturité et une forte instabilité. Si l'adolescent fait, en plus, état d'un trouble délirant, on peut s'attendre à des conduites à risque" et, possiblement, à des passages à l'acte contre soi - via des mutilations - ou contre l'autre.

Meurtre d'Emma : le profil d'un assassin de 14 ansSource : TF1 Info
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"Mais un adolescent peut agir en l’absence de toute pathologie", fait savoir le spécialiste, évoquant notamment des cas d'impulsivité chez des jeunes en rébellion avec leur famille ou leurs éducateurs. Pour certains, ils ont le plus souvent subi des violences sexuelles ou physiques de la part de leur entourage, à l'image du suspect. "Ce n'est pas un élément explicatif, mais, statistiquement, c'est important", ajoute le psychologue.

Une préméditation ?

Dans le cas de Saône-et-Loire, le jeune homme a également avoué s'être épanché auprès de ses amis, avant son passage à l'acte. Selon le procureur de la République, "ces derniers avaient pris ça pour de l’humour noir et ne l’avaient pas pris au sérieux, tout en étant inquiets". Une marque de préméditation de l'adolescent ? Peut-être pas seulement, réagit Cédric Meilac. "Un adulte qui veut tuer a aussi le souci d'échapper à la justice, de se dérober. Cette dimension-là n'est généralement pas prise en compte par les adolescents. Ils verbalisent beaucoup plus facilement, surtout s'ils ont une pathologie", appuie le psychologue.

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Mais il manque encore plusieurs éléments pour affiner le profil psychologique du suspect, concède le spécialiste. "Pourquoi avait-il envie de tuer, finalement ? Qu'est-ce qu'implique son manque de discernement ? Qu'a-t-il vécu chez lui ?", s'interroge-t-il, alors que le jeune homme a souhaité garder le silence, ce vendredi, face au juge d'instruction en charge de l'information judiciaire.


Léa COUPAU

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