Escroquerie aux aides Covid : sept ans de prison pour l'ex-influenceur "PA7"

L.P., avec AFP
Publié le 6 juillet 2022 à 19h12
JT Perso

Source : TF1 Info

L'ex-influenceur "PA7" a été condamné, mercredi 6 juillet, à sept ans de prison.
Il était accusé d'avoir organisé une fraude aux aides Covid alors qu'il vivait à Dubaï.
Plus de 700 demandes frauduleuses auraient été effectuées.

"PA7", ex-influenceur de 24 ans suivi par 51.000 personnes sur Snapchat, a été condamné, ce mercredi 6 juillet, à Paris à sept ans d'emprisonnement et 80.000 euros d'amende. La cause ? Paul Antony, de son vrai nom, a organisé via les réseaux sociaux une fraude aux aides destinées aux entreprises touchées par la pandémie de Covid-19. Il avait été arrêté en juillet 2021 à Dubaï.

Le jeune homme a été reconnu coupable notamment d'escroquerie et blanchiment en bande organisée, se voyant aussi infliger une interdiction définitive de gérer une entreprise et une inéligibilité de cinq ans. "Le tribunal a voulu faire un exemple, il en a fait un exemple", a regretté son avocate Me Carole Foissy en sortant de la salle d'audience, indiquant étudier l'opportunité de faire appel.

700 demandes frauduleuses

Également condamné à cinq ans d'interdiction de sortie du territoire, l'ex-influenceur Paul Antony avait reconnu avoir organisé, à partir de mars 2020, une escroquerie au fonds de solidarité, en remplissant des formulaires falsifiés, au nom d'auto-entrepreneurs ou d'indépendants recrutés par l'intermédiaire de flyers et vidéos sur Snapchat.

Alors que le prévenu contestait les montants issus des investigations, affirmant avoir en réalité touché une somme bien moindre, le tribunal a estimé qu'il était lié à près de 700 demandes frauduleuses, pour 33,8 millions d'euros réclamés et 7,5 millions effectivement versés entre mars 2020 et juillet 2021. Soit, avec une commission d'environ 40%, plus de 3 millions d'euros pour "PA7", a précisé la présidente Isabelle Prévost-Desprez.

Lors de son arrestation, son casier judiciaire comportait une peine de neuf mois de prison avec sursis pour un démarchage illégal - une partie de ce sursis a été révoquée - et une sanction de deux mois pour avoir eu un téléphone portable pendant sa détention provisoire.

L'existence d'un "réseau structuré"

Le tribunal a par ailleurs conclu qu'il existait bien un "réseau structuré" autour de lui, qui avait un temps "recruté une dizaine de personnes chargées de remplir les dossiers dans des bureaux à Asnières", en région parisienne. Lui était le "front office", ses coprévenus le "back office", a estimé la juridiction.

L'un d'eux s'appelle Julien M. Il avait suivi en décembre 2020 son ami à Dubaï où ils ont "flambé" pendant quelques mois. Il a été condamné à cinq ans d'emprisonnement et 80.000 euros d'amende, avec la même inéligibilité et interdiction de gérer. Le tribunal a jugé que ce jeune homme de 24 ans sans casier, qui comparaissait lui aussi dans le box, avait été le "bras droit" de "PA7" "à tous les stades et niveaux des faits".

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"La peine me paraît d'une dureté extrême", a réagi son avocat Me Mourad Battikh. "La peine a vocation à être exemplaire. L'implication de mon client ne méritait pas une telle sévérité. Il s'est réinséré, a regretté cet accident de parcours. Cette peine le prive de toute voie de réinsertion à court et moyen terme". Le conseil a précisé qu'il ferait "très probablement" appel.

Pour avoir rempli des dossiers d'aides, participé à la "logistique" ou au "blanchiment" des fonds, trois hommes et une femme se sont aussi vu infliger des peines de deux à quatre ans ferme, avec des amendes allant jusqu'à 80.000 euros. Trois d'entre eux, absents au prononcé de la décision, sont visés par des mandats d'arrêt.


L.P., avec AFP

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