Un meurtrier, pas de corps : l'énigme de la cycliste tuée à coup de pelle

Publié le 16 novembre 2022 à 15h13, mis à jour le 17 novembre 2022 à 10h37
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

La Section de recherches de Rouen cherche à identifier la victime d’un homicide, commis le 9 mars 2022, au nord d’Évreux (Eure) en Normandie.
Cette femme circulait à vélo avant d'être renversée puis achevée à coups de pelle.
L'auteur présumé a avoué le meurtre à sa compagne, mais le corps de la victime n'a pas été retrouvé.

Pas d'identité, pas de corps, et un appel à témoins. C'est un scénario inédit et pour le moins extraordinaire qu'ont dévoilé ce mercredi matin, huit mois après les faits, le parquet d'Évreux et la section de recherche de Rouen à l'occasion d'une conférence de presse. 

En juin dernier, un automobiliste de 46 ans a été mis en examen et écroué pour avoir tué dans l'Eure, le 9 mars 2022, une cycliste dont le corps n'a pas été retrouvé et que les enquêteurs cherchent encore à identifier. C'est la femme de ce suspect qui, mi-mai, s'était présentée à la gendarmerie de Dieppe pour dénoncer le meurtre commis, selon elle, par son ex-compagnon deux mois plus tôt.

"Il l'a achevée en lui portant plusieurs coups de pelle"

Aux enquêteurs, l'épouse du mis en cause a ainsi relaté que, le 9 mars, ce dernier, un charpentier d'origine polonaise dont elle venait de se séparer, l'avait appelée "manifestement paniqué et sous l'emprise de l'alcool, pour lui dire qu'il venait de tuer quelqu'un" en voiture, a relaté le procureur de la République d'Évreux, Rémi Coutin. 

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Le 13 mars, son ex-compagnon lui avait confié avoir percuté une femme qui circulait à vélo alors qu’il était ivre. "Cette femme était âgée d’une soixantaine d’années et ressemblait, selon ses termes, à une clocharde", a précisé le procureur. L'homme lui a raconté avoir chargé le corps et le vélo dans son véhicule avant de les cacher dans un talus et être revenu avec une pelle pour les enterrer. À son retour, la cycliste étant toujours vivante, "il l'avait achevée en lui portant plusieurs coups de pelle avant de l’enterrer avec son vélo", selon le récit rapporté par le magistrat.

Deux mois plus tard, le 10 mai, le charpentier avait déclaré le vol de son véhicule, qui avait été découvert calciné le 12 avril sur un chemin.

"Nous nous trouvons face à une situation particulière"

Interpellé le 21 juin, le suspect a donné lors de sa garde à vue "deux versions diamétralement opposées" : d'abord celle d'"une blague à son ex-compagne afin qu’elle le prenne en pitié et revienne vivre avec lui" avant d'expliquer qu'il avait "bien percuté une cycliste" mais que "celle-ci s’était remise et avait pu repartir". Finissant par reconnaître avoir incendié lui-même son véhicule, il "se murait dans le silence" lorsque les enquêteurs lui demandaient pourquoi.

Mis en examen des chefs d’"assassinat, recel de cadavre, destruction de preuve et dénonciations mensongères", il a été placé en détention provisoire. "Mais nous nous trouvons face à une situation particulière puisque nous n’avons pas de corps, et nous n’avons pas non plus d’identité quant à la victime supposée", a souligné Rémi Coutin, qui a lancé un appel à témoins.

Toute personne détenant des éléments sur le déroulement des faits ou susceptibles de permettre l’identification de la victime peut contacter la Section de Recherches de Rouen : 07.77.20.64.00 ou appeltemoins27@gendarmerie.interieur.gouv.fr


La rédaction de TF1info

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