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Explosion dans une poudrerie à Bergerac : comment sont sécurisés les sites Seveso

Léa Prati | Reportage F.Agnès, L.Adda
Publié le 4 août 2022 à 9h51
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Mercredi, un accident industriel à la poudrerie Eurenco de Bergerac a fait huit blessés, dont un grave.
Le site est classé Seveso dans la catégorie à "haut risque".
TF1info vous explique comment sont sécurisées ces usines qui produisent et stockent des substances dangereuses.

Des procédures pour éviter que de tels faits surviennent de nouveau. Mercredi 3 août 2022, plusieurs explosions ont été entendues à la poudrerie Eurenco, située à Bergerac (Dordogne). Un incendie s'est déclenché et huit personnes ont été blessées, dont une gravement. Mais ce n'est pas la première fois que ce site connaît un tel incident. En 2013, une explosion avait déjà eu lieu sur le site de la Poudrerie. Un an et demi plus tôt, un accident similaire s'était produit, faisant lui aussi huit blessés. Même chose en 2020. 

Des incidents dangereux, d'autant que le site de la poudrerie Eurenco n'est pas une usine comme les autres. Elle est répertoriée dans la catégorie en "seuil haut" des sites Seveso. En France, on en compte environ 1300, dont 700 classés comme étant à haut risque. Certaines d'entre elles sont tristement connues comme l'usine AZF à Toulouse ou Lubrizol à Rouen

Leur particularité est qu'elles produisent ou stockent des substances pouvant être dangereuses pour l’homme et l’environnement. Dans le cas de la poudrerie de Bergerac, le site abrite de la nitrocellulose "pour des raisons à la fois militaires et civiles", pour "de l'explosif dans l'armement" comme pour "des airbags de voiture", explique Jonathan Prioleaud, le maire de Bergerac. Un établissement est classé Seveso en fonction de la quantité maximale de substances dangereuses susceptibles d’être présentes. Dans cette usine de Gironde, ce sont environ deux tonnes de nitrocellulose qui y sont stockées. 

Prévenir tout accident

Pour éviter tout drame, ces entreprises sont soumises à une réglementation très encadrée qui vise à identifier et à prévenir les risques d’accident pour en limiter l’impact. Trois grands risques sont à prendre en compte : l'incendie, l'explosion et la pollution. 

Dans les sites comme celui de Bergerac, l'entreprise doit établir une étude des dangers dans lequel figure le plan de prévention et de gestion des accidents. Il doit être réexaminé tous les cinq ans, et être mis à jour, si nécessaire. Elle doit aussi élaborer un plan d'urgence interne et externe, en cas d'accident majeur. L'objectif est simple : informer à l'avance les services publics de secours quant à la conduite à tenir, s'ils doivent intervenir en cas de sinistre. Grâce à ce document, "le centre de traitement des alertes et des sapeurs-pompiers savent que le sinistre a eu lieu dans tel numéro de bâtiment, que ce bâtiment contient tel et tel équipement ou telle et telle matière et l'engagement des secours est adapté au sinistre en question", explique le lieutenant-colonel Francis Comas, porte-parole de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF).

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Pour prévenir les risques, des inspections sont effectuées par les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), placées sous l'autorité des préfets départementaux. Au total, 1600 inspecteurs réalisent environ 18.000 contrôles par an, mais leur champ d'action ne concerne pas seulement les usines Seveso.

Les règles de sécurité mises en place par l'État évoluent au fil des ans et des accidents. Après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen en 2019, la réglementation sur les stockages de produits chimiques a notamment été renforcée. 


Léa Prati | Reportage F.Agnès, L.Adda

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