Fausse alerte attentat à Lille pour ne pas rater un train : un homme en détention provisoire

par La rédaction de TF1info
Publié le 22 juillet 2023 à 12h44, mis à jour le 23 juillet 2023 à 7h04

Source : Sujet TF1 Info

Deux gares lilloises ont été évacuées et un quartier bouclé mercredi après une fausse alerte attentat.
Un couple a reconnu en être à l'origine et expliqué avoir voulu déclencher des contrôles pour retarder un train.
L'homme, déjà condamné à plusieurs reprises, a été placé en détention provisoire.

Une fausse alerte terroriste et deux gares évacuées... pour ne pas rater une correspondance. Un homme âgé de 30 ans a été placé en détention provisoire, vendredi, après avoir causé une importante pagaille à Lille deux jours plus tôt. Déjà condamné à plusieurs reprises, l'homme sera jugé le 30 août avec sa compagne, poursuivie pour les mêmes faits. Jugés en comparution immédiate vendredi, leur procès a été renvoyé. 

Après le retard d'un premier train, mercredi, le couple avait décidé de lancer une alerte afin de retarder le train Paris-Lille pour pouvoir attraper la correspondance, a détaillé le tribunal. Si la femme, une aide-soignante de 27 ans, en est présentée comme l'instigatrice, c'est l'homme qui a envoyé deux SMS à une plateforme SNCF : l'un indiquait "alerte terroriste" et l'autre le numéro d'un train Paris-Lille, selon l'avocat de la compagnie ferroviaire, Me Vincent Domnesque. 

L'alerte est alors prise très au sérieux et le train, qui devait arriver en gare de Lille-Flandres, est détourné vers la gare Lille-Europe, tandis que le trafic est interrompu. Aux alentours de 9H45, le préfet ordonne l'évacuation des deux gares, situées à un kilomètre l'une de l'autre. Le quartier est bouclé autour des deux bâtiments par un important dispositif de sécurité impliquant la police nationale, le Raid, les militaires de l'opération Sentinelle et les services de déminages.

"Tout ce qu'elle voulait, c'est voir son enfant"

Après des investigations en téléphonie, le couple est arrêté par le Raid dès son arrivée à Lille. Le suspect, "en pleurs" lorsqu'il a été exfiltré, a "admis" lors de son arrestation avoir passé un "appel fantaisiste pour éviter de rater son train", selon une source policière citée par l'AFP.

L'homme et sa compagne ont expliqué vendredi qu'ils venaient de Gironde, où ils ont emménagé récemment, car ils avaient rendez-vous pour rendre visite à leur enfant placé dans le Pas-de-Calais. "Tout ce qu'elle voulait, c'est voir son enfant", a expliqué Me Zouheir Zairi, l'avocat de la jeune femme, évoquant une "sous-estimation des conséquences d'une fausse alerte". "C'est juste de la bêtise humaine, cette affaire", a-t-il estimé. 

Le parquet a levé le sursis sur deux peines précédemment prononcées contre le trentenaire, dont le casier comporte 18 mentions, dont six pour violences ou menaces envers conjointe. Le tribunal a également pris en compte le fait qu'il s'était affranchi d'une décision de justice de 2022 lui interdisant tout contact avec sa compagne, au point de se pacser avec elle en 2023.

Ce chauffeur-livreur originaire du Nord devra désormais effectuer 18 mois de prison, auxquels s'ajoutera l'éventuelle peine décidée dans cette affaire. Les prévenus encourent deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.


La rédaction de TF1info

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