"Fausse victime" du 13 novembre 2015 : le gérant du Casa Nostra condamné à un an ferme

Publié le 9 avril 2019 à 22h13

Source : JT 20h Semaine

JUSTICE - Yann Abdelhamid Mohamadi, gérant du Casa Nostra, restaurant visé par les attentats du 13 novembre, a été condamné à deux ans de prison pour s'être fait passer pour une victime. Serge Dieujuste, autre "fausse victime", a été condamné à la même peine.

Deux ans de prison pour s'être fait passer pour une victime du 13 novembre 2015. Yann Abdelhamid Mohamadi, gérant du restaurant parisien Casa Nostra, visé par les attentats du 13 novembre 2015, a été condamné mardi 9 avril à Paris à deux ans de prison, dont un avec sursis, pour s'être déclaré victime de ces attaques afin de percevoir des indemnisations.

Yann Abdelhamid Mohamadi a été incarcéré à l'issue de l'audience. Il avait déjà été condamné en juin à 6 mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende pour avoir divulgué une vidéo de l'attaque de ce restaurant parisien. Il comparaissait devant le même tribunal que Serge Dieujuste, un quarantenaire jugé dans un dossier distinct et qui a reconnu être une "fausse victime". Ce dernier a été condamné à la même peine et a également été immédiatement écroué. 

"Appât du gain"

Les deux quadragénaires, qui sont apparus psychologiquement fragiles, étaient jugés pour avoir tenté d'escroquer le Fonds de garantie des victimes de terrorisme et autres infractions pénales (FGTI). Dans les deux cas, le FTGI leur avait refusé toute indemnisation et des enquêtes avaient établi qu'ils ne se trouvaient pas sur les lieux des attaques au moment des attentats qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Dans les deux cas, le parquet avait pointé "le but financier", "l'appât du gain", et demandé cette incarcération immédiate. Yann Abdelhamid Mohamadi, 46 ans, a répété à l'audience qu'il se trouvait bien dans "la cave" du Casa Nostra au moment de l'attaque. Une version contredite par son propre avocat qui s'est attaché à décrire la démarche "pas structurée, pas crédible" de son client en demandant, en vain, une expertise psychiatrique.

Hanté par le regard d'une jeune fille

Déplorant qu'il ait "essayé à nouveau de tirer profit de la situation" après l'affaire de la vidéo, le parquet avait requis contre lui trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis assorti d'une une obligation de soins. Serge Dieujuste, 44 ans, avait quant à lui été reconnu comme victime de l'attentat de 1995 à la station de RER Saint-Michel mais a avoué être une "fausse victime" de celui du 13 novembre 2015.

Il avait assuré qu'il dînait seul au Petit Cambodge, où trois personnes ont été tuées par les assaillants du 13-Novembre qui avaient pris ce restaurant pour cible. Selon ses dires, il s'était abrité sous des tables et restait hanté par le regard d'une jeune femme agonisant sous ses yeux.


La rédaction de TF1info

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