INCOMPRÉHENSION - Colère et recueillement dominent dans la métropole bordelaise après un nouveau féminicide. Sandra P. a été mortellement poignardée par son ex-compagnon trois jours auparavant.

Un nouveau meurtre de femme, deux mois à peine après le drame de Mérignac... L'homme de 36 ans, arrêté vendredi pour le meurtre de son ex-compagne mortellement poignardée chez elle à Bordeaux, a été mis en examen et placé en détention provisoire dimanche, a annoncé la procureure de la République.

Au moment où le suspect était devant le juge, plusieurs centaines de personnes et des proches, émus aux larmes, avec fleurs et bougies, ont rendu hommage à la victime de 31 ans Sandra P., devant sa maison où elle a été poignardée à la tête et à la gorge, vendredi matin.

L'ex-compagnon avait interdiction d'entrer en contact avec elle

"Ce n'est pas juste, elle s'est battue [...] elle a écrit au procureur, elle a écrit de partout", a lancé en larmes Annie, la mère de Sandra P. , arrivée d'Espagne. "On est restés six mois [chez elle] pour la protéger!".

Mickaël F., l'ex-compagnon interpellé vendredi par le Raid chez lui, à 650 mètres du domicile de la victime, a été mis en examen pour "meurtre par conjoint" par un juge d'instruction, puis placé en détention provisoire, a indiqué la procureure Frédérique Porterie.

Décrit comme dépressif, avec des "addictions" à l'alcool, il s'était rendu chez son ex-compagne, franco-espagnole née en Andorre, en violation d'un contrôle judiciaire ordonné trois jours plus tôt après deux plaintes déposées contre lui pour harcèlement et violences psychologiques. La mère de leur fillette de 4 ans l'avait quitté début janvier après dix ans de vie commune, une séparation qu'il "ne supportait manifestement pas", selon la procureure. 

Sandra P. se sentait traquée par son ex-conjoint

Depuis le début de l'année, Sandra P. disait être "traquée" et "avait tous les jours peur", selon Cécile, une voisine proche. La victime avait porté plainte à la police, en janvier, puis en mars au parquet pour dénoncer le comportement "obsessionnel" de son ex-compagnon qui "rodait autour de chez elle" et la harcelait de messages téléphoniques au sujet de leur séparation et de la garde de la fillette, selon le parquet.

Une première enquête, sur une plainte du 6 janvier dénonçant "violences psychologiques" et "harcèlement téléphonique", avait été classée sous condition pour l'ex-compagnon d'entreprendre un suivi thérapeutique et un stage pour auteurs de violences conjugales. Puis lundi, juste avant le drame, il avait été placé en garde à vue dans le cadre de la plainte du 30 mars. Mardi, le parquet avait décidé de le poursuivre devant le tribunal le 16 novembre prochain pour "envois réitérés de messages malveillants [...] entre le 3 janvier et le 17 juin". Sous contrôle judiciaire, il avait alors "interdiction d'entrer en contact" avec elle et "obligation de se soigner".

Condamné à huit reprises, entre 2004 et 2009 (infractions routières et aux stupéfiants), l'ex-conjoint ne l'avait jamais été pour violences, notamment conjugales, a assuré la procureure de la République. Selon le récit de l'ex-conjoint, il s’est introduit chez Sandra P. à 4h30 du matin vendredi, et s'est caché dans un appentis. Muni de gants, il a attendu que la jeune femme revienne de l'école après avoir déposé sa fille, "pour la pousser" dans le logement et "tenter d’avoir une explication", a rapporté la procureure dans un communiqué. 

Selon la version de l'auteur supposé du féminicide, la jeune femme se serait échappée de son étreinte pour prendre un couteau et une lutte se serait engagée au sol, puis il a évoqué un "trou noir".


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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