Féminicide à Hayange en Moselle : le scénario du drame

La rédaction de LCI
Publié le 25 mai 2021 à 17h22, mis à jour le 25 mai 2021 à 23h55
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

FAIT DIVERS – Une jeune femme de 22 ans a été tuée par son compagnon d'un an son aîné dans la rue à Hayange (Moselle) dans la nuit de samedi à dimanche. Le suspect a été interpellé au lendemain des faits. Le procureur de la République est revenu ce mardi sur le déroulement de cette tragédie.

C'est en tentant d'échapper à son bourreau qu'elle a été rattrapée par ce dernier, avant d'être mortellement poignardée.  Dans la nuit du 23 au 24 mai, Stéphanie Di Vicenzo, 22 ans est morte sous les coups de son compagnon, Liridon Berisa, d'un an son aîné et avec lequel elle avait eu une petite fille, née en 2017. 

Ce mardi, à l'occasion d'une conférence de presse, le procureur de la République de Metz Christian Mercuri a détaillé les circonstances de ce féminicide qui s'est déroulé à la veille de la Pentecôte à Hayange en Moselle. "Les faits ont été commis vraisemblablement après minuit, dans la nuit de dimanche à lundi. Une partie des faits a été commise au domicile commun du couple pour se terminer au pied de l'immeuble dans la rue face au poste de police d'Hayange (qui ferme à 18 heures, ndlr)" a rappelé le magistrat ajoutant que "ces faits ont eu de nombreux témoins malgré l'heure avancée". Ils ont été alertés par les appels aux secours et les cris de la victime.

Des soupçons d'infidélité à l'origine du drame ?

Ainsi, deux des témoins ont fait part  aux policiers de la scène à laquelle ils avaient assisté. "Ils ont eu un rôle actif pour alerter la police, alertés les secours et même faire des gestes de premiers secours auprès de la victime qui se mourait sur le trottoir" a expliqué le magistrat. Des images extraites de diverses caméras de vidéosurveillance sont également en cours d'exploitation sur les événements qui se sont déroulés dans la rue. Car le funeste scénario prend naissance à l'intérieur de l'appartement du couple, là où le suspect avait été placé le 13 mai dernier dans le cadre d'un aménagement de peine. "Dans un premier temps, il a expliqué aux enquêteurs qu'une dispute l'avait opposé à sa conjointe à l'intérieur de l'appartement, qu'ils avaient bu tous les deux des verres d'alcool fort". Le mis en cause explique ensuite qu'ils se sont retrouvés dans la rue. Sur le mobile, le gardé à vue, connu des services de police pour avoir été condamné à 9 reprises (dont 2 pour violences par le tribunal des enfants) a expliqué qu'il s'agirait d'un "soupçon d'infidélité de sa conjointe lorsqu'il était incarcéré".  "Depuis, il ne s'est pas exprimé" a dit le procureur. 

"Quatre ou cinq coups de couteau graves"

Concernant la victime Stéphanie Di Vicenzo, celle-ci est décédée à la suite de plusieurs coups de couteau asséné par son conjoint "dont quatre ou cinq graves". Une autopsie sera pratiquée jeudi à l'institut médico-légal. Certains témoins interrogés par la police ont fait part de l'extrême violence du drame : "Ils ont vu l'intéressé donner un coup de genou ou un coup de pied à la tête de la victime qui était déjà effondrée par terre", dans une pluie d'insultes. "Ça donne une idée du contexte général de cette bien lamentable affaire", a commenté Christian Mercuri. 

Interpellé après avoir pris la fuite

Après les faits, le suspect a pris la fuite. Activement recherché pendant plusieurs heures, il a été interpellé dans l'après-midi de lundi  au domicile d'une autre personne. "Outre Liridon Berisa, deux autres personnes sont actuellement en garde à vue pour recel de malfaiteurs notamment. L'une de ces deux personnes est soupçonnée d'avoir hébergé M. Berisa peu de temps avant son interpellation. Il sera statué sur le cas de ces personnes dans le cadre de la procédure et avec le reste " a conclu le magistrat.


La rédaction de LCI

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