En 2021, une femme de 33 ans a été retrouvée morte au domicile de son compagnon, portant des traces de coups.
L'homme, depuis mis en examen pour homicide, avait été dénoncé par sa compagne auprès des forces de l'ordre.
Ce mardi, la famille de la victime a porté plainte contre quatre policiers pour non-assistance à personne en péril.

La famille d'une femme découverte morte à Douai (Nord) en mai 2021, et dont le compagnon est mis en examen pour homicide, a porté plainte pour non-assistance à personne en péril contre quatre policiers, a annoncé ce mercredi son avocat à l'AFP. La plainte, déposée la veille, vise les quatre forces de l'ordre qui sont intervenues au domicile du compagnon de cette jeune femme, Aurélie Langelin, quelques heures avant son décès, après l'appel d'une voisine qui se plaignait de menaces de la part de cet homme.

Âgée de 33 ans et mère d'une adolescente de 14 ans, Aurélie Langelin avait été retrouvée morte le 31 mai 2021, couverte d'ecchymoses, au domicile de son compagnon, condamné à de nombreuses reprises, notamment pour vols, menaces et violences. Peu avant, la victime avait déposé plainte contre lui pour des menaces de mort.

"Les fonctionnaires de police ne lui ont pas porté secours alors qu'elle se trouvait exposée à un risque"

Il n'est "pas contestable que la mort d'Aurélie Langelin est survenue parce que les fonctionnaires de police [...] ne lui ont pas porté secours alors qu'elle se trouvait objectivement exposée à un risque", peut-on lire dans la plainte, déposée par Me Damien Legrand. Ces policiers ont constaté que l'homme, fortement alcoolisé, tenait des propos inquiétants et ont vu la jeune femme dans son appartement avec un "coquart à l'œil", mais ont choisi de ne rien faire, maintenant au contraire la victime en présence de son agresseur, en lui demandant de rester chez lui et de ne plus importuner les voisins, pointe l'avocat. 

Ces policiers avaient connaissance des violences exercées par cet homme sur sa compagne, car l'un d'entre eux était déjà intervenu en avril 2020 après qu'il l'eut rouée de coups, accuse-t-il encore. L'avocat souligne également que les policiers n'ont même pas mentionné ce "coquart" dans la main courante suivant leur intervention. "Je doute qu'elle avait une seule marque de coup, car le lendemain, on la trouve avec 140 ecchymoses, mais même un seul coup est de nature à justifier l'intervention", estime Me Legrand.

Le dépôt de cette plainte fait suite à la réalisation d'une mission d'évaluation par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), versée au dossier par la juge d'instruction fin 2022, selon l'avocat. Ce rapport ne conclut à aucune faute, mais l'IGPN "s'est contentée d'entendre les policiers concernés, sans aucune autre investigation", déplore Me Legrand, estimant donc que seule une enquête pénale permettra de faire la lumière sur leurs responsabilités.


I.N avec AFP

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