Free-party à Redon : la plainte du jeune homme à la main arrachée classée sans suite

Maxence GEVIN
Publié le 12 mars 2022 à 19h25
Arrestations policières lors de la rave-party de Redon

Arrestations policières lors de la rave-party de Redon

Source : LOIC VENANCE / AFP

La plainte d'un jeune homme, dont la main a été arrachée lors d'une free-party à Redon (Ille-et-Vilaine) en juin 2021, a été classée sans suite ce samedi.
Le parquet a estimé qu'il s'agissait d'un usage "nécessaire et proportionné de la force" par les gendarmes.

Pas de faute de la part des autorités. Le parquet a décidé samedi de classer sans suite la plainte d'un jeune homme, dont la main a été arrachée lors d'une free-party à Redon (Ille-et-Vilaine) en juin 2021. Les gendarmes auraient fait un usage "nécessaire et proportionné de la force" sur l'individu de 22 ans. 

La victime s'est "volontairement emparée" de la grenade

Dans un long communiqué, Philippe Astruc, procureur de la République de Rennes, a rappelé que ce rassemblement avait été interdit en amont, via un arrêté préfectoral. Des "violences importantes [avaient ensuite] été commises par les 'teufeurs' [...] à l'encontre des forces de l'ordre". "Des jets de cocktails Molotov, de boules de pétanque, et de troncs d'arbres", avaient notamment eu lieu, justifie-t-il. L'heure de la blessure en question a, elle, été déterminée "à 2H42". Les investigations "tendent à mettre en cause une grenade GM2L". Toutefois, elles semblent aussi montrer que cette grenade "est arrivée au sol et que la victime s'en est volontairement emparée", souligne le magistrat. 

Dans la nuit du 18 au 19 juin 2021, quelque 1.500 personnes avaient participé à cette rave-party non déclarée. Elle avait été organisée en hommage à Steve Maia Caniço, un jeune animateur périscolaire mort noyé à Nantes en 2019 après une charge policière. Peu avant minuit, une tentative de dispersion des teufeurs, qui voulaient s'installer sur l'hippodrome de la ville, avait tourné à l'affrontement avec les gendarmes. Un Rennais y avait perdu la main. 

Dans une enquête parue en juillet de la même année, Mediapart avait démontré que les pompiers avaient été interdits d’accès sur les lieux de la fête par le préfet, après l'accident. Pourtant, selon le procureur, "aucune directive tendant à empêcher l'action des secours n'a été donnée"

"C'est compliqué à entendre"

La victime, et sa défense, n'ont que très peu goûté cette décision. "Même si la grenade n'avait pas été ramassée et lui avait explosé au visage, la problématique reste la même. On a la certitude que c'est une grenade tirée par les forces de l'ordre qui est à l'origine de cette main arrachée et que malgré tout il ne va rien se passer. C'est compliqué à entendre", a déclaré Me Stéphane Vallée. L'avocate se réserve le droit de déposer une plainte avec constitution de partie civile.

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"Il est regrettable d'avoir classé l'affaire alors qu'il n'y a pas eu de communication préalable avec les 'teufeurs' et que des armes mutilantes ont été utilisées dans des conditions très dangereuses : de nuit, sans visibilité, sur une foule de jeunes", a de son côté réagi Amnesty international. "Nous demandons l'interdiction des grenades GM2L dont les effets ne sont pas proportionnés puisqu'elles peuvent mutiler", a ajouté l'ONG. 


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