Deux fusillades mortelles ont éclaté en 48 heures à Sevran (Seine-Saint-Denis).
Éric Mathais, procureur de la République de Bobigny, fait le point sur ces deux affaires, ce lundi.

Trois personnes décédées, huit blessés et beaucoup de questions après la fin de semaine sanglante dans la ville de Sevran. En 48 heures, deux fusillades mortelles ont éclaté dans la commune de Seine-Saint-Denis : la première vendredi, l'autre dimanche

Ce lundi, dans un communiqué, le procureur de la République de Bobigny, Éric Mathais revient sur ces deux faits, livrant des détails. Il confirme notamment ce qu'une source policière avait indiqué à TF1 dans la matinée, à savoir qu'"aucun lien ne peut être objectivé à ce stade" entre ces deux affaires. 

Un mort et huit blessés vendredi

Concernant la première affaire, celle-ci s'est déroulée vendredi, peu avant minuit. Vers 23h50 exactement, les policiers du commissariat de Sevran sont intervenus avenue Dumont d'Urville, dans le quartier des Beaudottes, après avoir été requis par un passant qui leur a signalé une fusillade sur la voirie. Sur place, les fonctionnaires ont découvert devant le centre culturel "Micro-folie", cinq individus nés entre 1990 et 2001 et présentant diverses blessures par arme à feu. L'un d'eux, "né en juin 1995 et atteint de deux projectiles", détaille le magistrat, est décédé malgré l'intervention des services de secours "arrivés sur les lieux à 23 h 55". "Les autres victimes sont toutes à ce jour dans un état de santé stabilisé n'engageant plus leur pronostic vital", ajoute-t-il. 

Peu après ces premiers tirs, trois personnes se sont présentées à 0 h 10 à l'hôpital. Toutes présentaient des blessures par arme à feu, portant à huit le nombre de personnes ayant essuyé des tirs dans la soirée de vendredi. "L'une des victimes quittait l'hôpital avant d'être enregistrée", fait savoir Eric Mathais.  

Le parquet de Bobigny a immédiatement ouvert une enquête des chefs "d'homicide volontaire en bande organisée et de tentatives d'homicides volontaires en bande organisée". Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle. Sur le lieu de la fusillade, une trentaine d'étuis de calibre 7,62x39, munitions compatibles avec l'usage d'un fusil d'assaut AK 57, ont été retrouvés. Entendus par les enquêteurs, plusieurs témoins ont déclaré "qu'un individu cagoulé était descendu d'un véhicule conduit par un tiers avant de faire feu sur les personnes présentes sur le parking." "L'hypothèse d'un mobile en lien avec un règlement de compte lié au narco-banditisme reste au stade d'une hypothèse de travail. En effet, aucune des victimes ne présente d'antécédents de cette nature", souligne le procureur. 

Un règlement de comptes en lien avec le narcotrafic

Concernant les faits survenus dimanche, vers 18h15, sur la même commune, mais cette fois dans le quartier "Cité basse", plusieurs personnes ont composé le 17 pour signaler des tirs au niveau 2, allée perce-neige. À leur arrivée, les policiers ont retrouvé deux individus blessés par arme à feu, "présentant pour l'un deux impacts dont un au niveau de la tête et pour l'autre six impacts repartis sur l'ensemble du corps". Malgré l'intervention dix minutes plus tard des sapeurs-pompiers, les deux victimes ont succombé à leurs blessures. 

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour "assassinats". Sur les lieux des crimes, les enquêteurs de la brigade criminelle et de la sous-direction de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, chargés des investigations, ont découvert un chargeur vide et 18 étuis de calibre 9 mm.

Sur les circonstances de ce double homicide, les témoins ont fait état de "l'intervention d'un seul individu au visage masqué qui était arrivé et reparti à pied après avoir fait feu sur les deux victimes ciblées". "L'hypothèse d'un règlement de comptes en lien avec le narcotrafic est privilégiée", explique Eric Mathais. 

Tous les auteurs en fuite

Les investigations se poursuivent. "Tout est mis en œuvre pour identifier les auteurs de cette série de faits criminels", insiste le magistrat. Ce lundi en fin d'après-midi, aucun des mis en cause n'avait été retrouvé. Dans un communiqué publié samedi, le maire DVG de la ville, Stéphane Blanchet, avait dénoncé un "déchaînement inouï" de violence qu'il attribue à "l'argent sale de l'économie de la drogue", une "économie de mort qui pourrit nos villes".

Contacté par TF1info ce lundi, l'édile n'a pas souhaité faire de nouveau commentaire. "La priorité va aux habitants, et il est à leurs côtés depuis ce matin, grâce aussi au dévouement des agents du service public municipal. Deux cellules de crise ont été ouvertes dans nos maisons de quartier dès ce matin. Nous avons besoin que le climat s'apaise et que les habitants retrouvent de la sérénité. Pour cela, les forces de sécurité sont mobilisées et l'enquête doit aboutir", nous a fait savoir son cabinet. 


A.S

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