Gérald Darmanin accusé de viol : le parquet de Paris requiert un non-lieu

Publié le 13 janvier 2022 à 15h43
Gérald Darmanin a annoncé mardi la fermeture à venir de la mosquée de Beauvais.
Gérald Darmanin a annoncé mardi la fermeture à venir de la mosquée de Beauvais. - Source : Bertrand GUAY / AFP

JUSTICE - Visé par la plainte d’une ancienne sympathisante UMP pour des faits qui remontent à 2009, Gérald Darmanin pourrait obtenir un non-lieu. La juge d’instruction doit désormais se prononcer.

L'affaire n'ira sans doute pas plus loin. Accusé de viol depuis 2017, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin devrait bénéficier d'un non-lieu requis, hier, par le parquet de Paris qui a confirmé l'information ce jeudi. Les avocats de Gérald Darmanin, Mathias Chichportich et Pierre-Olivier Sur, ont indiqué "prendre acte de réquisitoire" et attendent "la décision définitive du magistrat instructeur".

Dans ce dossier hautement sensible politiquement, qui a déjà fait l'objet de longs démêlés procéduraux, il appartient désormais à la juge d'instruction de prendre sa décision finale sur un possible non-lieu pour le locataire de la place Beauvau. La magistrate avait placé le ministre sous le statut de témoin assisté en décembre 2020, avant de le confronter en mars à la plaignante, Sophie Patterson-Spatz, pendant neuf heures. Cette dernière n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter, pas plus que son avocat, Me Yann Le Bras.

Une plainte en 2017

Retour cinq ans plus tôt. En 2017, Sophie Patterson-Spatz, sympathisante de l'UMP (ancêtre de LR), accuse Gérald Darmanin de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance et décide de porter plainte. En 2009, la plaignante s'était adressée à l'élu, alors chargé de mission au service des affaires juridiques du parti, pour obtenir un appui. Elle souhaitait qu'il intervienne en sa faveur pour effacer de son casier judiciaire une condamnation de 2004 pour "chantage et appels malveillants" contre son ex-compagnon.

Selon ces accusations, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui en échange de faveurs sexuelles qu'elle aurait acceptées, se sentant contrainte de "passer à la casserole", selon son expression devant les enquêteurs.

"Je suis sans doute un sale con"

Échange-clé du dossier, dans la nuit du 17 décembre 2009, Sophie Patterson-Spatz lui écrit ce SMS : "Abuser de sa position. Pour ma part, c'est être un sale con (...). Quand on sait l'effort qu'il m'a fallu pour baiser avec toi. Pour t'occuper de mon dossier". Moins de deux heures après, celui-ci répond : "Tu as raison, je suis sans doute un sale con. Comment me faire pardonner ?".

Deux plaintes simples de Sophie Patterson-Spatz ont déjà été classées sans suite, tandis qu'une juge d'instruction avait refusé en août 2018 d'enquêter suite à une troisième plainte avec constitution de partie civile. Après de longs démêlés procéduraux, la cour d'appel de Paris avait ordonné en juin 2020 la reprise des investigations.

Ce dossier a constitué un boulet politique pour Gérald Darmanin, critiqué dès sa nomination au gouvernement à l'été 2020 par de nombreuses voix, notamment féministes. De son côté, le ministre a porté plainte pour dénonciation calomnieuse.


La rédaction de TF1info avec AFP

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