La députée EELV de Paris livre son sentiment à "Elle" après la multiplication des témoignages contre Gérard Miller.
Le psychanalyste lui avait apporté son soutien lorsqu'elle s'était présentée à la primaire écolo de 2021.
Après avoir mis du temps pour "encaisser le choc", elle présente ses excuses aux femmes concernées.

Elle avait compté sur son soutien lors de la primaire écologiste pour l'élection présidentielle en 2021. Dans un entretien publié dans le nouveau numéro du magazine Elle, Sandrine Rousseau se dit "absolument, totalement, fondamentalement" trahie par le psychanalyste Gérard Miller, accusé de viols et d’agressions sexuelles par plus de quarante femmes. 

La députée EELV de Paris, qui était surtout amie avec la fille de Gérard Miller, Coralie, avait uniquement réagi jusqu'à présent par un tweet de soutien aux victimes, une semaine après les premières révélations sur l'affaire. Elle explique avoir eu besoin de temps pour "pouvoir poser une parole qui a du poids" et "encaisser le choc".

Que vont penser les femmes d'avoir vu Gérard Miller s'afficher avec moi ? Je leur présente mes excuses, même si je ne savais rien
Sandrine Rousseau

Début janvier, Gérard Miller a d’abord été accusé d’agressions sexuelles et de viols sous hypnose entre 1990 et 2004 par trois femmes dans un premier article de Elle. Début février, c’est Mediapart qui a publié des témoignages similaires émanant de dix autres femmes âgées de 16 à 21 ans. Avant que Elle ne publie une nouvelle enquête la semaine dernière, réunissant pas moins de 41 femmes au total, pour certaines mineures au moment des faits.

Après avoir lu ces articles, Sandrine Rousseau dit s'être demandée : "Que vont penser les femmes d'avoir vu Gérard Miller s'afficher avec moi ? Je leur présente mes excuses, même si je ne savais rien", assure la députée. Elle note par ailleurs "une sidération" de la part d'élus de la Nupes, qui ont peu réagi sur l'affaire.

Alors que Gérard Miller a souvent mis en avant ses positions progressistes, Sandrine Rousseau dit avoir "envie d’hurler" et de lui dire : "Vous ne vous rendez pas compte du mal que vous faites, c'est odieux !". "Si même les alliés s'avèrent être des agresseurs ou des violeurs potentiels, sur qui s'appuyer ?", se demande-t-elle, jugeant que "c'est un combat dans lequel on ne peut compter sur aucun homme".

Dans cette affaire, le Parquet de Paris indique n’avoir encore reçu aucune plainte. Quant à Gérard Miller, il a démenti les faits sur le réseau X. S'il reconnaît avoir eu un grand nombre de "rencontres, attractions ou aventures", il certifie s'être "toujours assuré du consentement des femmes" qu'il a pu fréquenter et récuse "de la façon la plus catégorique qui soit toute agression sexuelle et, à plus forte raison, tout viol".


Jérôme VERMELIN

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