Gilet jaune éborgné par un tir de LBD : la policière finalement renvoyée devant un juge

par A.S
Publié le 14 février 2023 à 11h57

Source : Sujet TF1 Info

La cour d'appel de Paris a infirmé mardi le non-lieu dont a bénéficié une policière accusée d'avoir éborgné par un tir de LBD David Breidenstein, un Gilet jaune.
Les faits avaient eu lieu lors d'une manifestation violente en mars 2019 à Paris.

La cour d'appel de Paris a infirmé mardi le non-lieu dont a bénéficié une policière accusée d'avoir éborgné par un tir de LBD David Breidenstein, un Gilet jaune, lors d'une manifestation violente en mars 2019 à Paris, a appris l'AFP de source judiciaire.

La chambre de l'instruction a "renvoyé le dossier au juge d'instruction", a précisé la source judiciaire, dans cette affaire dans laquelle la policière Marine V. est considérée par la justice comme l'autrice du tir, ce qu'elle conteste.

La policière "sûre" de ne pas avoir atteint la victime

Le 16 mars 2019, lors d'une manifestation houleuse sur les Champs-Élysées, pendant laquelle le restaurant Le Fouquet's avait été incendié, Marine V., policière de la BAC de Paris, avait tiré à 15 reprises avec son LBD, notamment sur le lieu et au moment de la blessure de ce Gilet jaune.  Il s'agissait de ses premiers tirs de LBD en manifestation, selon deux sources proches du dossier. Pendant l'enquête, elle s'est dite "sûre" de ne pas avoir touché l'interessé. "Puisque je n'ai pas tiré dans la partie supérieure du corps et il n'était pas en train de nous jeter un projectile", avait affirmé la fonctionnaire.

Les vidéos du 16 mars tournées par la caméra de son LBD ne figurent pas au dossier.

La juge avait estimé que "Marine V. doit être considérée comme l'auteur du tir" de LBD en cause, mais son tir est réglementaire, au vu des "violences, menaces et voies de fait" concomitantes. 

Le Gilet jaune estime n'avoir représenté aucun danger

En audition, David Breidenstein avait lui déclaré qu'il marchait alors tranquillement sur les Champs-Élysées, loin des personnes violentes, et ne représentait aucun danger. Son avocat Me Arié Alimi avait contesté l'emploi régulier du LBD par Marine V., notamment parce que le tir, via cette arme très précise, a atteint l’œil de son client alors qu'il est interdit de viser au-dessus du torse.

La magistrate avait estimé également "vraisemblable" que M. Breidenstein n'était pas ciblé par le tir, mais le fait que celui-ci "n'ait pas atteint la personne visée ne suffit pas à démontrer" un emploi illégal du LBD.

"J'espère la confirmation du non-lieu pour cette jeune fonctionnaire de police prise dans une situation d'ordre public extrêmement dégradé" avec "un climat de guerre", avait de son côté indiqué l'avocat de Marine V., Me Laurent-Franck Liénard en janvier dernier. Il avait dénoncé les "suppositions" du parquet et du juge d'instruction qui désignent Marine V. comme autrice du tir litigieux.


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